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la belle et la meute

Aala Kaf Ifrit
Tunisie, France, Suéde, Norvége, Liban, Qatar, Suisse - 2017 - 1h40
sorti en France le 18 octobre 2017
Un certain regard Cannes 2017 - Valois Magelis (prix du jury étudiant présidé par Cristiana Reali) festival du film francophone Angoulême 2017
film - film francophone
de

Kaouther Ben Hania

scénario : Kaouther Ben Hania
d'après l'oeuvre de : Meriem Ben Mohamed, Ava Djamshidi
direction de la photographie : Johan Holmquist
musique ou chansons : Amine Bouhafa
avec : Mariam Al Ferjani (Mariam), Ghanem Zrelli (Youssef), Noomane Hamda (Chedly), Anissa Daoud (Faiza)
séances : semaine du mercredi 23 août 2017
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
22:00*
14:00
19:30
11:00
séance spéciale :
* mer 23 à 22h00 (espace Franquin) - jeu 24 à 14h00 (auditorium Le Nil) - ven 25 à 19h30 (cinéma de la Cité) - sam 26 à 11h00 (auditorium Le Nil)
séances : semaine du mercredi 8 novembre 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
16:30
20:45
11:00*
16:45
18:30
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 15 novembre 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
20:30
21:00
16:30
18:30*
séance spéciale :
* lundi 18h30 dernière séance

synopsis

Lors d'une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

notes de production

La Belle et la meute est librement adapté du livre Coupable d’avoir été violée (1) de Meriem Ben Mohamed et Ava Djamshidi (paru aux éditions Michel Lafon), d’après des faits réels qui ont secoué la société tunisienne.
(1) http://www.michel-lafon.fr/livre/1234-Coupable_d_avoir_ete_violee.html
L’affaire (2) avait fait grand bruit dans la Tunisie post-révolution de 2011 : la jeune Myriam, violée par des policiers lors d’un contrôle nocturne, avait décidé de lutter jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix, pour faire condamner ses bourreaux.
(2) http://www.france24.com/fr/20120926-tunisie-societe-justice-islamisme-femme-violee-accusee-atteinte-pudeur-justice-condition-feminine

(...) ce que montre Kaouther Ben Hnia s’avère encore pire que le viol physique : la véritable torture morale que subit sans discontinuer la victime, qu’elle réussit à communiquer avec force aux spectateurs, les tenant en haleine entre la stupeur et l’indignation jusqu’à la fin du film, où la jeune fille, soutenue en tout dernier recours par un policier intègre, décidé de poursuivre son combat jusqu’au bout malgré le scandale.
Pour cela la jeune cinéaste a choisi une technique qui n’est pas sans risque : celle de tout filmer en longs plans-séquences, tournés en caméra à l’épaule, accompagnant les personnages en permanence. Ce qui aboutit à un réalisme accru, plaçant le spectateur dans une immersion complète, dans l’unité de temps d’une nuit interminable où l’on avance en parallèle à l’éveil progressif d’une conscience : celle d’une héroïne qui, entre hésitations, humiliations nécessaires et voltes-faces, finit par se persuader et nous persuader que la seule issue possible est celle de la résistance : la force du film est aussi de ne pas caricaturer les policiers vivant quotidiennement dans la brutalité et la violence et essayant de protéger leurs collègues ripoux, en expliquant à la victime que le discrédit possible sur les forces de l’ordre les affaiblirait dans leur lutte contre le terrorisme…
La conclusion réelle de l’affaire (la condamnation des coupables à 12 ans de prison) après le soutien de la société civile apporté à la jeune Myriam grâce à une large campagne médiatique, et l’existence du film lui-même prouvent, a contrario de la colère que suscite sa vision, que malgré le marasme économique qui a suivi la révolution et s’aggrave encore de nos jours, la liberté d’expression de la Tunisie, qui s’est affirmée même pendant le gouvernement majoritairement islamiste, demeure en Tunisie un acquis qui semble pour le moment irréversible : il est évident que sous l’ère Ben Ali (3), les médias n’auraient pu faire campagne, l’affaire aurait été rapidement étouffée et en aucun cas un tel film n’aurait pu voir le jour.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Zine_el-Abidine_Ben_Ali
http://www.jeuneafrique.com/440607/culture/belle-meute-film-tunisien-inspire-dun-viol-secoue-festival-de-cannes/

Entretien avec Kaouther Ben Hania
Votre film "La Belle et la meute" a reçu une standing ovation au festival de Cannes. Votre voix a tremblé. Comment avez-vous vécu cette première à Cannes ?
C’était une première très émouvante : le fait de se retrouver en sélection officielle, il y avait une partie de mon équipe et c’était la consécration d’un long et très dur travail. Donc, c’était à la fois un moment pour fêter ça et pour réaliser qu’on a fait un film qu’on a réalisé tous ensemble, avec l’aide de chacun. C’était aussi un moment très important pour rendre hommage à la mémoire du comédien Mohamed Akkari qui nous a quittés juste avant Cannes. Donc, pour toutes ces raisons-là, c’était émouvant...

http://www.rfi.fr/culture/20170523-kaouther-ben-hania-cineaste-tunisienne-battre-devenir-folle-belle-meute

Débuté comme un thriller, La Belle et la meute emprunte dans sa dernière partie les codes du cinéma d’horreur, à mesure que Mariam, poursuivie par ses agresseurs, est précipitée dans une traque haletante. La tension créée par ce mélange des genres vient souligner l’injustice vécue par l’héroïne, aux prises avec une administration qui l’ignore ou La condamne. Dans ce contexte de transition politique post-révolution, Mariam devient militante Lorsqu’elle est sommée de se taire pour ne pas fragiliser l’institution policière garante de la reconstruction du pays. Incarnation d"une jeunesse qui croit en un nouvel État de droit, Youssef s’empare quant à lui de ce drame pour dénoncer la corruption des autorités. Au-delà de sa revendication féministe, La Belle et la meute illustre à travers ces deux portraits la naissance d’une véritable conscience citoyenne.
Aude Jouanne in Fiches du cinéma n°2115 (octobre 2017)

Kaouther Ben Hania
Née le 27 août 1977 à Sidi Bouzid.
http://www.africine.org/?menu=fiche&no=19162

Meriem Ben Mohamed
http://www.liberation.fr/planete/2014/03/30/meriem-ben-mohamed-voile-leve-sur-le-viol_991462

Johan Holmquist
http://www.imdb.com/name/nm1048710/

Amine Bouhafa
https://fr.wikipedia.org/wiki/Amine_Bouhafa

extrait(s) de presse

Télérama - Thriller féministe étonnant, "La Belle et la meute" est, avant tout, la chronique haletante de la naissance d’une conscience politique.
Toute la culture - (...) "La Belle et la meute" parvient à s’élever au rang de film marquant, et à composer une union d’envies et de talents, désireux d’aller jusqu’au bout d’une tristesse, à évoquer…
Cineuropa - Percutant et réaliste, "La Belle et la meute" dissèque avec une très grande intensité les ressorts tordus d'un système schizophrénique où la loi est utilisée à des fins dévoyées...
Abus de ciné - "La Belle et la meute" réussit sa charge contre un système sous le joug d'une police toujours corrompue et abusant de sa position de force...
Cinémaniac - Le film, tiré d’une histoire vraie, a un aspect documentaire sur la place des femmes en Tunisie aujourd’hui et la non reconnaissance de leur statut de victime qui dérange une société macho jusqu’à la tentation de les traiter en coupables...
Bande à part - Un film à couper le souffle.
Libération - (...) on reste estomaqué par la maîtrise de la cinéaste, formée à la section scénario de la Femis, et l’émotion qui se dégage du film, notamment grâce aux acteurs, en premier lieu Mariam Al Ferjani mais aussi Ghanem Zrelli.
Le Parisien - Un film étonnant, remarquablement interprété par la jeune comédienne Mariam Al Ferjani, et mené comme un thriller par la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.