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lola pater

France, Belgique - 2017 - 1h35
sorti en France le 9 août 2017
film - film francophone
de

Nadir Moknèche

scénario : Nadir Moknèche
direction de la photographie : Jeanne Lapoirie
musique ou chansons : Pierre Bastaroli
avec : Fanny Ardant (Lola), Tewfik Jallab (Zino), Nadia Kaci, Lucie Debay, Lubna Azabal, Véronique Dumont, Raphaëlle Lubansu
séances : semaine du mercredi 30 août 2017
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
18:30
20:30
18:45
11:00*
18:45
16:30
18:30*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* lundi 18h30 dernière séance

synopsis

Zino, 27 ans, fils d'immigrés algériens, enterre sa mère à Paris. Enfant unique, il a grandi avec elle après le départ brutal de son père Farid, parti depuis plus de 20 ans. Sur la foi de ce que lui a dit sa mère, Zino croit que son père l'a abandonné. Il apprend du notaire que Farid n'est pas retourné en Algérie, mais qu'il réside en Camargue, et que ses parents n'ont jamais divorcé. Pourquoi sa mère lui a-t-elle menti ?

notes de production

Nadir Moknèche explique la genèse du projet Lola Pater : dans les années 1980, j’habitais Pigalle. Il y avait dans ma rue deux prostituées transsexuelles avec lesquelles j’entretenais un bon rapport de voisinage. Un après-midi du mois de mai, je rentrais de la fac, l’une d’elles m’apostrophe, me demandant si elle pouvait monter à la maison pour voir à la télé l’ouverture du procès de Klaus Barbie (1). Nous étions le 11 mai 1987. Et je me pressais, justement, pour suivre la retransmission sur Antenne 2. Je me souviens de façon très précise de mon air condescendant du haut de mes 22 ans et de ma condition d’étudiant en droit : « une pute qui s’intéresse au procès Barbie ! » Voilà que je découvre une toute autre vie. Un individu né garçon, et qui se ressent fille. Elle fut ma première « Lola ». Par la suite, j’ai rencontré d’autres « Lola », recueilli d’autres histoires de transsexuels… une avocate radiée du barreau, des Algériennes ayant fui leur pays, et pour certaines l’hôpital psychiatrique.
Un autre élément déclencheur fut la rencontre d’un groupe de femmes m’abordant à la sortie d’une projection de mon film Viva Laldjérie (2) pour m’exprimer leur enthousiasme. J’ai fini par comprendre qu’elles étaient transsexuelles. Parmi elles, Pascale Ourbih (3) originaire de mon quartier d’Alger ; depuis, on est devenu amis.

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Klaus_Barbie#Le_proc.C3.A8s
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Viva_Laldj%C3%A9rie
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascale_Ourbih

Le personnage de Zino, interprété par Tewfik Jallab, est inspiré de la propre histoire du cinéaste Nadir Moknèche : mon père débarque à Paris en 1946. Il avait 19 ans. Peintre en bâtiment, il meurt à 40 ans en tombant du haut de son échafaudage. J’ai toujours eu le désir d’évoquer ce père que je n’ai pas connu, mais je n’avais pas le goût de raconter cette histoire tragique. Je savais qu’il était fan de Coccinelle (4) (première artiste française connue à avoir changé de sexe), qu’il allait l’applaudir chez Madame Arthur. Ici commence la fiction, le romanesque. Je me suis mis en perspective, m’imaginant un père vivant quelque part, devenu une femme ; est-ce que j’accepterais, ou pas, de le voir. Pour finir par me dire : mieux vaut un père en vie, même s’il n’est pas à l’image d’un pater traditionnel, qu’un père mort.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Coccinelle_(artiste)

Nadir Moknèche a choisi Fanny Ardant pour camper le transsexuel Lola / Farid. Il explique ce choix : lors d’un déjeuner chez ma mère, on parlait du scénario, du personnage. Tout à coup, elle lance : « ne cherche pas, il y a une seule actrice qui peut jouer ce rôle. Pas deux, pas trois, une seule : Fanny Ardant ». J’avoue que j’ai dissimulé mon enthousiasme pour ne pas lui attribuer totalement la paternité de cette illumination. M’est venu aussitôt le souvenir d’une silhouette « masculine » dans un imperméable se précipitant dans une rue sombre. C’était dans Vivement dimanche ! (5) que j’avais vu à sa sortie.
Je découvrais à l’époque Fanny Ardant. L’énergie et l’humour qu’elle dégageait m’avaient beaucoup marqué. Elle avait cette griffe italienne que j’aime beaucoup chez les acteurs. Tout s’est passé très vite : la rencontre, la lecture du scénario, les discussions sur le personnage. Dès notre première entrevue, elle m’a envoyé un message très clair : « je suis entre vos mains. Vous êtes le réalisateur ». J’ai donc pu travailler en toute liberté
.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vivement_dimanche_!

Au départ, le comédien Ahmed Zerari est venu passer le casting pour le rôle de Zino (Tewfik Jallab). Et là, le réalisateur Nadir Moknèche a eu comme une vision : Fanny Ardant en garçon. Il lui a donc proposé le rôle de Farid jeune.

Nadir Moknèche revient sur le choix des lieux de tournage : après avoir filmé Alger, la ville de mon enfance, il fallait filmer Paris. A part quelques parenthèses, je vis à Paris depuis plus d’une trentaine d’années. Je sillonne ses rues en deux roues depuis presque autant de temps. Ça a été un repérage permanent. Les lieux ont inspiré le scénario : la rue Poliveau et son architecture « moderne » pour Malika, l’haussmannien pour Zino, le passage Verdeau où j’ai suivi pendant plusieurs années un cours de théâtre, l’hôtel pour son décor romain, et bien sûr la Seine : le passage en moto de la rive gauche à la rive droite.

Quand le personnage de Belmelok marche sur la rambarde de l’immeuble, avec en arrière-plan le Panthéon, la tour Eiffel, le minaret de la Grande Mosquée de Paris, on peut apercevoir un chat (6) sur les toits. Il s’agit d’un subtil hommage du réalisateur Nadir Moknèche à un autre cinéaste, Chris Marker (7).
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/M._Chat
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1005

Quand on demande à Nadir Moknèche s’il n’a pas peur qu’on lui reproche de ne pas avoir engagé une actrice transgenre, il répond : pourquoi pas algérienne, arabe ? Devrait-on faire jouer Shakespeare uniquement par des aristocrates britanniques ? L’identité de l’acteur et du rôle serait la fin de la représentation. Le jeu théâtral ou cinématographique permet tout à la fois de questionner les identités et de les explorer - on aurait tort de s’en priver. Je pense que je suis bien placé pour connaître les problèmes des minorités. J’ai parlé de la liberté des femmes, y compris dans le mariage interreligieux, interdit aux musulmanes. Dans mes films, il y a toujours eu un personnage ouvertement homosexuel. Je contribue, je l’espère, à l’évolution des mentalités. Dois-je attendre une fatwa contre moi pour être homologué ? Le choix de Fanny Ardant s’est imposé de lui-même. Elle et moi, nous nous sommes investis corps et âme dans ce personnage de Lola.

Nadir Moknèche
Né le 21 février 1965 à Paris.
Cinéaste portraitiste, il dévoile une galerie de personnages de la société algérienne d’aujourd’hui...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nadir_Mokn%C3%A8che

Jeanne Lapoirie
voir fiche du film Le Procès de Viviane Amsalem
http://www.citebd.org/spip.php?film1476

Pierre Bastaroli
http://www.imdb.com/name/nm1304135/

Fanny Ardant
voir fiche du film Casanova variations
http://www.citebd.org/spip.php?film1356

Tewfik Jallab
Né le 9 janvier 1982 à Argenteuil.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tewfik_Jallab

Nadia Kaci
voir fiche du film Nationale 7
http://www.citebd.org/spip.php?film606

Lucie Debay
voir fiche du film Un Français
http://www.citebd.org/spip.php?film1478

Lubna Azabal
voir fiche du film Rock the casbah
http://www.citebd.org/spip.php?film1100

Véronique Dumont
http://www.imdb.com/name/nm0241697/

Raphaëlle Lubansu
Née Raphaëlle Bruneau le 5 janvier 19761 à Reims.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABlle_Lubansu

extrait(s) de presse

Télérama - (...) "Lola pater" est un western, avec affrontement et apprentissage. Un père et un fils s'y opposent, d'abord ennemis, puis complices possibles...
Le Monde - Le cinéaste Nadir Moknèche désarçonne en confiant le rôle d’une femme transgenre à Fanny Ardant...
Le Figaro madame - Avec "Lola pater", Nadir Moknèche aborde la question du genre avec humanité, tout en évitant les clichés.
Les Inrocks - Ce qui intéresse Nadir Moknèche n’est donc pas le suspense sur l’identité du père mais comment fils et père/mère vont se reconnecter (ou pas)...
Le Nouvel obs - Une Lola qui nous ravage le cœur, interprétée avec gourmandise et complicité par une Fanny Ardant étincelante.
Un Grand moment de cinéma - En quelques plans, Nadir Moknèche pose le cadre du deuil. Il impressionne la douleur de Zino à travers son silence...
Le Masque et la plume - Fanny Ardant est une comédienne magnifique : elle est formidable dans le rôle, parce qu'elle l'empoigne, parce qu'elle n'en a pas honte...
L'Express - "Lola pater" : Fanny Ardant dans un récit filial d'une sensibilité bouleversante...