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l’amant d’un jour

France - 2017 - 1h16
sorti en France le 31 mai 2017
quinzaine des réalisateurs Cannes 2017
film - film francophone
de

Philippe Garrel

scénario : Jean-Claude Carrière, Caroline Deruas, Arlette Langmann, Philippe Garrel
direction de la photographie : Renato Berta
musique ou chansons : Jean-Louis Aubert
avec : Éric Caravaca (Gilles), Esther Garrel (Jeanne), Louise Chevillotte (Ariane)
séances : semaine du mercredi 5 juillet 2017
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
18:30
20:30
18:45
11:00*
21:00
18:45*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 18h45 dernière séance

synopsis

Gilles est professeur de philosophie et entretient une liaison avec une de ses élèves, Ariane, qui habite avec lui. Un jour, sa fille, Jeanne, qui a également 23 ans comme Ariane, revient vivre chez son père suite à une rupture amoureuse douloureuse. Les deux femmes font connaissance...

notes de production

Le film s’appelait initialement Les Draps de l’aube, référence vraisemblable à La Frontière de l’aube (1), un précédent film de Philippe Garrel.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film119

Impossible de faire sans la famille Garrel cette année à Cannes. Alors que le fils, Louis, joue les seconds rôles de luxe chez Arnaud Desplechin (Les Fantômes d’Ismaël (2), présenté en ouverture du Festival) et, surtout, incarne Jean-Luc Godard dans le biopic très attendu de Michel Hazanavicius (Le Redoutable (3), en compétition), le reste de la famille fait les beaux jours de la Quinzaine des réalisateurs (4).
Dans L’Amant d’un jour, son nouveau film tourné, comme à son habitude, dans un somptueux noir et blanc, Philippe Garrel dirige sa fille...
Fidèle à sa manière impressionniste et à son mépris pour les lois de l’efficacité dramatique, Philippe Garrel dévoile les intermittences du cœur de ses personnages en privilégiant des fragments de vie et des bribes de récits, qu’il met en scène avec une sensibilité à vif. Si cette fiction secrète et épurée - 1h16 de durée, une exception au Festival de Cannes ! - n’égale pas les plus grandes réussites de son auteur (J’entends plus la guitare (5), Le Vent de la nuit) (6), elle entraîne néanmoins dans son charme mélancolique et sa petite musique singulière. Un film qui ne ressemble à rien de connu dans le paysage du cinéma français. A rien sinon... à un film de Philippe Garrel.
https://www.lesechos.fr/week-end/cinema/films/0212105654269-cannes-2017-lamant-dun-jour-la-deroute-sentimentale-selon-philippe-garrel-2087893.php
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1894
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Redoutable_(film)
(4) http://www.quinzaine-realisateurs.com/fr/edition-2017/
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/J%27entends_plus_la_guitare
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Vent_de_la_nuit_(film)

Depuis 1964 (Les Enfants désaccordés) (7), Philippe Garrel, fugueur impénitent, tient dans le cinéma français la place d’un Rimbaud (8) qui aurait survécu à sa légende. Place problématique, on le conçoit, frappée depuis toujours par le soleil noir de la mélancolie, par la rupture radicale avec la société et l’art dominant, et devant néanmoins justifier, avec le temps, de sa souveraineté. Ses pairs en sainte colère - un Maurice Pialat (9), un Jean Eustache (10), un ­Jacques Rozier (11), une Chantal ­Akerman (12), regroupés dans le mouvement orphelin et informel de la post-Nouvelle Vague (13) - auront quant à eux brûlé leurs vaisseaux par interruption fatale ou épuisement insidieux.
Évitant l’un et l’autre de ces sombres rendez-vous, demeurant en ses films aussi régulier que le coucou, Philippe Garrel, 69 ans, parangon de la rigueur et de la vertu artistiques, cherche depuis la mi-temps des années 1980 à s’accommoder de cette survie, sans doute mystérieuse à ses yeux, et à y raccorder une œuvre qui n’aura jamais rien été d’autre, sous des formes différentes, qu’une extension prodigieuse de lui-même...
http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2017/05/20/cannes-2017-l-amant-d-un-jour-precis-de-reversibilite-amoureuse_5130953_766360.html
(7) http://collections.forumdesimages.fr/CogniTellUI/faces/details.xhtml?id=VDP2101
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Pialat
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Eustache
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Rozier
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantal_Akerman
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague

Troisième volet d’une trilogie non officielle, après La Jalousie (14) et L’Ombre des femmes (15), L’Amant d’un jour possède une autonomie narrative, mais complète les deux autres œuvres par sa description des constances et errances du désir, suivant deux couples aux prises avec l’attachement, le doute et la trahison. Mais Philippe Garrel reste avant tout cohérent avec son cinéma de chambre qu’il n’a cessé d’explorer et de revisiter, depuis Marie pour mémoire (16). Cela a donné parfois des films maladroits mais touchants par leur sincérité, à l’instar de La Frontière de l’aube. Mais de belles pépites ont aussi surgi à l’écran, comme Liberté, la nuit (17), Les Amants réguliers, ou ce dernier opus d’une concision louable, intimiste sans être nombriliste, d’un romantisme poétique qui ne cède en rien à la préciosité...
http://www.avoir-alire.com/l-amant-d-un-jour-la-critique-du-film
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Jalousie_(film,_2013)
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ombre_des_femmes
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_pour_m%C3%A9moire
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9,_la_nuit

Entretien avec Philippe Garrel
"L’Amant d’un jour" est le troisième volet d’une trilogie, après "La Jalousie" et "L’Ombre des femmes".
Oui, j’avais déjà fait un triptyque avec La Cicatrice intérieure (18), Athanor (19) et Le Berceau de cristal (20) : c’était fait pour faire une séance de cinéma, de 2h45. Ça a eu lieu une fois, à Chaillot. Pour une rétrospective, ils m’avaient demandé quel cadeau ils pouvaient me faire, et j’avais demandé deux séances gratuites, une de La Cicatrice intérieure et une de Marie pour mémoire (16), et de faire une séance avec les trois films d’affilée, sans rallumer la lumière. Avant ça, Athanor avait été attaqué, un critique avait dit que je me heurtais à un mur, à l’évidence que le cinéma, c’est du mouvement. La Cicatrice, c’était des travellings et de la musique, Athanor c’était du silence et de plans fixes et ensuite on reprenait Le Berceau, avec la musique d’Ash Ra Tempel (21). Donc Athanor marchait bien comme interlude entre deux parties d’un concert. Mais là c’est une trilogie, ce n’est pas fait pour être projeté ensemble...
http://www.gncr.fr/films-soutenus/l-amant-d-un-jour
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cicatrice_int%C3%A9rieure
(19) http://www.unifrance.org/film/34122/athanor
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Berceau_de_cristal
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ash_Ra_Tempel

Philippe Garrel
voir fiche du film La Frontière de l’aube
http://www.citebd.org/spip.php?film119

Jean-Claude Carrière
voir fiche du film L’Artiste et son modèle
http://www.citebd.org/spip.php?film1036

Caroline Deruas
voir fiche du film L’Indomptée
http://www.citebd.org/spip.php?film1755

Arlette Langmann
voir fiche du film La Frontière de l’aube
http://www.citebd.org/spip.php?film119

Renato Berta
voir fiche du film Un Enfant de toi
http://www.citebd.org/spip.php?film1000

Jean-Louis Aubert
Né le 12 avril 1955 à Nantua (Ain).
Membre fondateur du groupe Téléphone...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Aubert

Éric Caravaca
voir fiche du film Ici-bas
http://www.citebd.org/spip.php?film770

Esther Garrel
voir fiche du film L’Astragale
http://www.citebd.org/spip.php?film1447

Louise Chevillotte
https://agence-caracteres.com/louise-chevillotte/

extrait(s) de presse

Le Monde - "L’Amant d’un jour" s’inscrit dans la continuité du récent virage négocié par Garrel avec "La Jalousie" et "L’Ombre des femmes", qui dessinent une série de films pointillistes, aussi concis que des nouvelles, brossés dans de splendides lavis en noir et blanc, et consacrés à chaque fois au récit particulier d’un "épisode" amoureux.
L'Humanité - Observateur à distance choisie des aspirations féminines au désir, Philippe Garrel éclaire de sa lanterne le "continent noir" freudien par la belle limpidité de sa maîtrise.
Positif - (...) ces magnifiques et pures lignes de scénario n'auraient sans doute pas valu une heure de peine si elles ne s'étaient pas immédiatement transformées en film de Philippe Garrel - en émotion pure, pas seulement sentimentale, mais physique, simple, quotidienne, sexuelle, parisienne, jeune et musicale.
Bande à part - Les visages, les cheveux, les peaux, les corps, les regards, les souffles, les voix. Philippe Garrel célèbre l’humain dans ses moindres recoins, dans ses moindres frémissements. Ceux de l’âme et du cœur. Un défrichage existentiel total, que son œuvre entière expose avec un brio sans cesse renouvelé.
Critikat - "L'Amant d'un jour" tisse un réseau d’échos intérieurs qui subliment des situations d’une certaine banalité.
Les Inrocks - C’est le sommet de l’art : la simplicité. Philippe Garrel n’a plus rien à prouver, il creuse son art, il est au travail, comme un peintre tous les jours dans son atelier, avec les mêmes pinceaux, les mêmes couleurs, il travaille et progresse, essaie d’être encore meilleur.
Libération - Légèreté primesautière, vitesse, autodérision : dans "l’Amant d’un jour", le cinéaste filme les états d’âme d’un quinquagénaire confronté au regard amusé de sa maîtresse de 23 ans (...).
Télérama - Avec les années, l'ancien chantre de l'underground a gagné en concision, en force expressive dans la peinture des sentiments et des visages, distordus par les pleurs, rieurs aussi, sereins et lumineux.