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nothingwood

France, Afghanistan - 2017 - 1h25
sorti en France le 14 juin 2017
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2017
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Sonia Kronlund

scénario : Sonia Kronlund
direction de la photographie : Alexander Nanau, Hassan Shabankareh
avec : Salim Shaheen
séances : semaine du mercredi 14 juin 2017
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 21 juin 2017
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
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16:30
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séance spéciale :
* mardi 20h45 dernière séance

synopsis

À une centaine de kilomètres de Kaboul, Salim Shaheen, l'acteur-réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan, est venu projeter quelques-uns de ses 110 films et tourner le 111ème au passage. Ce voyage dans lequel il a entraîné sa bande de comédiens, tous plus excentriques et incontrôlables les uns que les autres, est l'occasion de faire la connaissance de cet amoureux du cinéma, qui fabrique sans relâche des films de série Z dans un pays en guerre depuis plus de trente ans...

notes de production

Au centre du film de Sonia Kronlund se trouve le cinéaste Salim Shaheen, sorte d’Ed Wood (1) afghan qui a réalisé plus de cent films, tournés en général en quatre jours. Cet homme connu en Afganistan est aussi producteur, acteur, et fait jouer les membres de sa famille ainsi que des tas d’autres personnes (qui ne sont pas des comédiens professionnels) dans ses films.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1335
Kronlund explique : c’est un bonimenteur incroyable qui garde en lui quelque chose de profondément enfantin, ce rêve de faire des films avec ses copains. Lui et son équipe sont comme des gosses dans la cour de récréation qui jouent au cinéma. La magie du cinéma les sauve d’un quotidien peu réjouissant. Shaheen est un homme assez complexe mais sa part d’enfance me semblait universelle. Au début, c’est cette part d’enfance qui m’a attirée, cette naïveté et puis j’ai découvert bien d’autres aspects surprenants.
J’aime l’idée que Shaheen tourne des films sans arrêt, comme un besoin vital, avec une énergie de forcené, et une croyance inébranlable dans ce qu’il fait. Au-delà de la qualité de ses films, les Afghans aiment son cinéma car il leur donne un visage et une voix qui n’existent nulle part ailleurs. Il les représente. Dans les films de Shaheen, les gens du peuple sont des héros. Les pauvres réussissent à vaincre les riches. Les faibles sortent vainqueurs. Les puissants sont punis. Ses histoires racontent les tracas des petites gens et vous trouverez parmi ses personnages des muletiers, des paysans, des petits commerçants. Shaheen fait aussi jouer des policiers et des soldats qui interprètent leur propre rôle et sont fiers d’être dans un film. Son cinéma donne une image et une existence à des gens qui n’en ont pas. C’est ce qui me touche chez lui.

La Française Sonia Kronlund connaît bien l’Afghanistan pour y avoir réalisé de nombreux documentaires pour la télévision et la radio. La première fois, c’était en 2000, sous les talibans, pour France Culture et elle y est retournée depuis une quinzaine de fois. Pour Nothingwood, la réalisatrice a filmé dans le seul endroit du pays où la situation est à peu près stable, à Bamiyan (2).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2miy%C3%A2n
Elle poursuit : le tournage était sympathique, on passait notre temps à rire, à manger,… Il fallait, à un moment, réintroduire du réel, redonner de la crédibilité et du sens à cette image un peu trop déconnectée et faussée de l’Afghanistan, qui est en guerre depuis 40 ans et qui n’est pas vraiment dans une bonne passe.

A l’origine, Sonia Kronlund ne devait pas apparaître à l’image. C’est son directeur de la photographie Alexander Nanau qui a un jour pris l’initiative de la mettre dans le cadre, et tous les deux ont alors pensé qu’il s’agissait de la bonne solution. La réalisatrice développe au sujet de Nanau, qui est aussi le metteur en scène du documentaire Toto et ses sœurs : il était transparent, ne disait rien, filmait tout le temps, avec des caméras légères, c’était parfait. Ses images correspondent à ce que je voulais faire.

Nothingwood évoque une formule inventée par Salim Shaheen : ici, ce n’est pas Hollywood, ce n’est pas Bollywood, c’est Nothingwood.
Sonia Kronlund confie : le jeu de mot marche aussi en persan. Il le répète à qui veut l’entendre. On peut lui faire refaire dix fois la prise ! Et c’est vrai que cet homme réussit à fabriquer du rêve avec rien du tout.

Hormis la jeune actrice que l’on voit au début de Nothingwood, Sonia Kronlund est la seule femme qui apparaît à l’écran, faisant ainsi ressortir dans le film l’absence des femmes afghanes (la cinéaste a été acceptée sans aucune difficulté par les hommes parce qu’elle, est étrangère, non-musulmane et réalisatrice).

Kronlund explique : Shaheen a deux femmes, je les connais mais il n’était pas question que je les filme. Même s’il ne me l’a jamais dit directement, je le sais bien. Il n’a jamais dit non mais toujours trouvé une bonne raison pour que cela ne se fasse pas. Il n’a même pas voulu que je les enregistre. Shaheen vient d’un milieu très traditionnel, où la pression sociale est énorme vis-à-vis des femmes : on ne montre pas le visage de sa femme et même prononcer son prénom est déjà une familiarité trop grande ! Il est encore le chef de son quartier, de son clan. Ce serait une honte de montrer sa femme.

Sonia Kronlund
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonia_Kronlund

Alexander Nanau
http://www.imdb.com/name/nm1681049/

Hassan Shabankareh
http://www.imdb.com/name/nm4699917/