monsieur verdoux - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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monsieur verdoux

ciné répertoire
A Comedy of murders
Usa - 1947 - 2h04
sorti en France le 14 janvier 1948
film - version originale sous-titrée en français
de

Charlie Chaplin

scénario : Charlie Chaplin
d'après l'oeuvre de : sur une idée d'Orson Welles
direction de la photographie : Roland Totheroh, Curt Courant
musique ou chansons : Charlie Chaplin
avec : Charlie Chaplin (Henri Verdoux et le narrateur), Mady Correll (Mona Verdoux), Allison Roddan (Peter Verdoux), Martha Raye (Annabella Bonheur), Robert Lewis (M. Botello), Audrey Betz (Mme Botello), Marilyn Nash (la jeune femme), Marjorie Bennett (la bonne de Monsieur Verdoux), Isobel Elsom (Marie Grosnay), Ada May (Annette), Helen High (Yvonne), Margaret Hoffman (Lydia Floray), Irving Bacon (Pierre Couvais), Virginia Brissac (Carlotta Couvais), Almira Sessions (Lena Couvais), Fritz Leiber (le prêtre), Charles Evans (détective Morrow), William Frawley (Georges / Jean La Salle), Joseph Crehan (un courtier), Cyril Delevanti (le facteur), Arthur Hohl (l'agent immobilier), Barry Norton (un invité de la garden-party)
séances : semaine du mercredi 21 juin 2017
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
18:30*
séance spéciale :
* "Charlot revient (7)" - soirée en partenariat avec Hidden circle (tarif 3,50 €) - pendant la "Fête du cinéma" (4 €), les tarifs habituels restent également en usage.

synopsis

Un employé de banque parisien, Henri Verdoux, est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa femme invalide et de son fils, il épouse de riches veuves qui meurent rapidement après les noces. Mais, les proches de la dernière victime ont des soupçons. Une première enquête menée contre lui n'aboutit pas. Verdoux multiplie ses victimes, et finit par se rendre à la justice...

notes de production

En 1941, Orson Welles (1) souhaite tourner un documentaire dramatique sur le meurtrier Henri-Désiré Landru (2). Il propose le rôle à Charles Chaplin qui décline l’offre car il voue une fascination à Landru depuis bien avant la guerre et il désire réaliser lui-même le film. Chaplin paya 5.000 $ à Welles pour son idée, avec garantie que le générique mentionne sur une idée de Orson Welles. Un accord est signé, il faudra quatre ans à Chaplin pour boucler son scénario. Le climat est tendu, Chaplin est ralenti dans son travail suite aux procès dont il fait l’objet. Le Breen office, fidèle à son rôle de censeur, rejeta la première mouture du scénario écrite en 1946. Chaplin s’en sortit en effectuant quelques coupes. Le tournage fut bouclé en moins de trois mois. Un record pour Chaplin qui adore travailler à l’expérimentation, refaisant scène sur scène afin d’arriver au résultat escompté. Période de l’après-guerre oblige, Chaplin n’a pu s’offrir ce luxe, car la pellicule est rare. Pour la première fois, Chaplin planifie minutieusement un film. Un plan de tournage précis est réalisé. Le film sort aux Usa en avril 1947 ; lors de la première les spectateurs et la critique sont mitigés. La conférence de presse est un désastre, Chaplin s’accapare le ton désabusé de son personnage Verdoux. Des manifestations de sympathisants de droite appellent au boycott pur et simple du film. United artists (3) retire provisoirement le film de l’affiche. Outre les reproches personnels faits à Chaplin, on ne lui pardonne pas la rhétorique véhiculée dans le film. Verdoux se défend de ses crimes en prétextant : guerres, conflits, toujours les affaires. Un meurtre fait un bandit, des millions, un héros. Le nombre sanctifie !
Autre critique véhiculée : Monsieur Verdoux est un film athée ; confronté au père Féraud lors de la scène finale, Verdoux ne reconnaît pas ses pêchés. Comme l’analyse Claude Chabrol (4), la transcendance ne passe par Dieu. Une vision qui s’avère intolérable pour l’Amérique bien pensante. Enfin, Verdoux est un meurtrier raffiné, charismatique et bien éduqué. Chaplin a travaillé dans ce sens ; faire de Verdoux un personnage plus sympathique que ses victimes. Verdoux émeut, attendrit, fait rire aux larmes sans pourtant jamais cacher sa brutalité...
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1831
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_D%C3%A9sir%C3%A9_Landru
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/United_Artists
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film292
Si le film fut enterré aux Usa, il remporta un vif succès en Europe, succès probablement lié à la présence de Chaplin qui quitte définitivement les Usa en 1952. A propos du film, François Truffaut (5) disait : c’est une réussite prodigieuse. La construction du scénario, le dialogue, le rythme, le jeu de tous ses partenaires, tout est génial dans ce film et d’un génie nouveau. La scène du voyage chez Lydia, qui voit Verdoux monter l’escalier de la maison pour se rendre dans la chambre à coucher est prodigieuse : un plan fixe nous montre le couloir menant à la chambre, Lydia va se coucher, disparaît du champ et appelle Verdoux pour qu’il la rejoigne. Il s’engouffre à son tour hors caméra pour ne réapparaître dans le cadre que quelques secondes plus tard. Le matin fait son apparition, Verdoux sort guilleret, il tient la cassette de Lydia entre ses mains. Chaplin ne nous montre rien et pourtant nous savons tout. Verdoux assassine Lydia d’une manière que nous ne pouvons qu’imaginer. Tout est laissé à l’interprétation du spectateur...
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1411
Une partie du public n’a malheureusement pas compris son génie. Comme son anti-héros, Chaplin échoue, comme Verdoux, il se retrouve à la barre des accusés. Il ne lui reste plus qu’à endosser une dernière fois les habits du clown et de se jeter sous les Feux de la rampe (6). Un mythe touche bientôt à sa fin.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Feux_de_la_rampe
http://www.dvdclassik.com/critique/monsieur-verdoux-chaplin

L’augmentation des coûts de production, les rationnements de pellicule dans l’après-guerre, lui interdirent le luxe d’improviser et d’expérimenter sur le plateau, ce qui avait jusque-là caractérisé sa méthode de travail.
L’économie l’obligeait désormais à tout méticuleusement préparer à l’avance. Pour la première fois, Chaplin travaillait avec un scénario complètement terminé, un plan de tournage précis, des dessins minutieux pour chaque plan. Pour garantir l’authenticité du décor français, il engagea à ses côtés le réalisateur français Robert Florey (7), son vieil ami et admirateur. Authentique aussi, la moustache de Monsieur Verdoux : pour la première fois à l’écran, Chaplin arborait une vraie moustache. Le tournage fut terminé en moins de trois mois.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Florey
Monsieur Verdoux sortit à New York en avril 1947, alors que la paranoïa politique atteignait un premier sommet. Chaplin, vaguement suspect de sympathies extrémistes, en fut une des victimes les plus notables.
Déjà affecté par la réaction générale peu favorable lors de la première, il le fut plus encore par une conférence de presse où des journalistes hostiles se refusèrent à parler du film mais lui posèrent avec insistance des questions sur ses opinions politiques, son patriotisme, ses problèmes d’impôts et son refus d’adopter la nationalité américaine.
Par la suite, les fanatiques de droite qui avaient organisé ce harcèlement fomentèrent des manifestations pour boycotter les cinémas présentant le film, et forcèrent les Artistes associés à le retirer provisoirement de la circulation. Ce fut le début de la dernière, et plus malheureuse, période de la vie de Chaplin aux Usa, qu’il quittera définitivement en 1952...
http://www.charliechaplin.com/fr/films/1-Le-Kid/articles/74-Monsieur-Verdoux

Autre élément qui n’a guère plu à l’époque, Verdoux proclame de manière flagrante un athéisme qui ne peut guère trouver d’écho aux Usa. Pourtant, ce sont ces propos qui font de Monsieur Verdoux une comédie délicieuse, à la fois cynique, rageuse et d’un humour noir profondément corrosif, même encore de nos jours. La science des cadrages et la beauté de la photographie de Roland Totheroh, fidèle collaborateur du réalisateur, font du métrage un petit bijou qui mérite largement une réévaluation. Effectivement, lors de sa sortie aux Usa, le film fut très critiqué et même boycotté dans de nombreuses villes, au point de devenir le plus cuisant échec financier de son auteur. A l’étranger, Monsieur Verdoux a été globalement mieux accueilli, notamment en France où il a glané plus de deux millions de spectateurs. Toutefois, il ne s’agissait aucunement d’une performance à l’heure où le cinéma connaissait une embellie des entrées dans l’Hexagone. Ce n’est donc que très tardivement que le film fut redécouvert, notamment dans les années 70, prouvant que Chaplin avait eu une fois de plus de l’avance sur son temps. Son propos humaniste et progressiste est d’ailleurs toujours d’actualité.
http://www.avoir-alire.com/monsieur-verdoux-la-critique-du-film

Charlie Chaplin
voir fiche du film Le Dictateur
http://www.citebd.org/spip.php?film1873

Roland Totheroh
voir fiche du film Le Dictateur
http://www.citebd.org/spip.php?film1873

Curt Courant
Né le 11 mai 1899 à Berlin, décédé le 20 avril 1968 à Los Angeles.
A travaillé notamment avec Fritz Lang, Alfred Hitchcock, Jean Renoir...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Curt_Courant

Mady Correll
http://www.imdb.com/name/nm0180900/

Martha Raye
Née Margaret Teresa Yvonne Reed le 27 août 1916 à Butte (Montana), décédée le 19 octobre 1994 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Martha_Raye

Robert Lewis
Né le 16 mars 1909 à New york où il est décédé le 23 novembre 1997.
http://www.imdb.com/name/nm0507673/

Audrey Betz
http://www.imdb.com/name/nm0079473/

Marilyn Nash
Née le 26 octobre 1926 à Flint (Michigan), décédée le 6 octobre 2011 à Oroville (Californie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marilyn_Nash

Marjorie Bennett
voir fiche du film Tuez Charley Varrick !
http://www.citebd.org/spip.php?film1250

Isobel Elsom
voir fiche du film L’Aventure de Mme Muir
http://www.citebd.org/spip.php?film776

Ada May
http://www.imdb.com/name/nm0561857/

Margaret Hoffman
http://www.imdb.com/name/nm0389013/

Irving Bacon
Né à Saint Joseph (Missouri) le 6 septembre 1893, décédé à Hollywood le 5 février 1965.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Irving_Bacon

Virginia Brissac
Née à San Jose (Californie) le 11 juin 1883, décédée à Santa Fe (Nouveau-Mexique) le 26 juillet 1979.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Brissac

Almira Sessions
voir fiche du film Rosemary’s baby
http://www.citebd.org/spip.php?film1471

Fritz Leiber
Né Fritz Reuter Leiber à Chicago le 31 janvier 1882, décédé à Los Angeles le 14 octobre 1949.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Leiber_(acteur)

Charles Evans
http://www.imdb.com/name/nm0262623/

William Frawley
Né William Clement Frawley le 26 février 1887 à Burlington (Iowa), décédé le 3 mars 1966 à Hollywood.
http://www.imdb.com/name/nm0292433/

Joseph Crehan
Né le 15 juillet 1883 à Baltimore (Maryland), décédé le 15 avril 1966 à Los Angeles.
Après son unique film muet, il participe à trois-cent-trois huit autres films, principalement des westerns et des serials...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Crehan

Cyril Delevanti
Né le 23 février 1889 à Londres, décédé le 13 décembre 1975 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyril_Delevanti

Arthur Hohl
Né à Pittsburgh le 21 mai 1889, décédé à Los Angeles le 10 mars 1964.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Hohl

Barry Norton
voir fiche du film La Main au collet
http://www.citebd.org/spip.php?film1713

extrait(s) de presse

Dvd classik - "Monsieur Verdoux" est une comédie satirique sur le crime et représente, selon Charles Chaplin, le film le plus intelligent de sa carrière...
Critikat - Difficile de nier à quel point Chaplin s’appliqua à faire de son Henri Verdoux le parfait négatif de Charlot...
Le Monde - C’est un film subtil et profond, mais aussi d’une grande sensibilité.
Télérama - (...) Chaplin est le héros omniprésent de cette « comédie de meurtre », dans laquelle il manie l'humour noir avec une férocité surprenante. Chaplin se moque de la société, des femmes, de la religion et de la vie ellemême...
àVoir-àLire - Charles Chaplin troque le costume du vagabond pour celui d’un serial-killer philosophe et signe ainsi une comédie cynique à l’humour noir particulièrement cinglant. Son propos, d’une belle intelligence, élève ce divertissement au rang des chefs d’œuvre des années 40...
Il était une fois le cinéma - Au final, "Monsieur Verdoux" est un film courageux dont Chaplin sera d’ailleurs éminemment fier. Probablement parce qu’il s’y dévoile sans retenue, se met à nu pour sauter sans filet...
Crimino corpus - En aucun cas il fut question pour Chaplin de faire un film sur Landru, en revanche il se servit de sa célébrité pour créer un personnage à son idée...
Nezumi - Chaplin règle des comptes aussi bien avec l’Amérique capitaliste qu’avec les femmes membres des ligues de vertu...