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moonlight

Usa - 2016 - 1h51
sorti en France le 1er février 2017
Oscar 2017 du meilleur film, du meilleur acteur dans un second rôle (Mahershala Ali), du meilleur scénario adapté (Tarell Alvin McCraney, Barry Jenkins)
film - version originale sous-titrée en français
de

Barry Jenkins

scénario : Barry Jenkins
d'après l'oeuvre de : Tarell Alvin McCraney
direction de la photographie : James Laxton
musique ou chansons : Nicholas Britell
avec : Alex R. Hibbert (Little, Chiron enfant), Ashton Sanders (Chiron adolescent), Trevante Rhodes (Black, Chiron adulte), Mahershala Ali (Juan, le protecteur de Chiron), Janelle Monáe (Teresa, la femme de Juan), Naomie Harris (Paula, la mère de Chiron), Andre Holland (Kevin adulte), Jaden Piner (Kevin, 9 ans), Jharrel Jerome (Kevin, 16 ans), Edson Jean (Mr. Pierce), Shariff Earp (Terrence), Duan Sanderson (Azu), Jesus C. Mitchell (le vieux gardien de l'école)
séances : semaine du mercredi 10 mai 2017
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
18:30
14:00
21:00
14:30
16:30
18:45
20:30*
séance spéciale :
* lundi 20h30 dernière séance

synopsis

Pendant trois périodes cruciales de sa vie (9-10 ans, 16-17, et dix ans plus tard), Chiron, un afro-américain de Miami se bat contre son milieu (scolaire) et sa famille (mère droguée) pour vivre son homosexualité, essayant de s'affirmer, tout en demeurant fidèle à lui-même...

notes de production

Le projet Moonlight est né dans le cadre d’une école d’art dramatique. C’est le dramaturge Tarell Alvin McCraney, membre de la troupe théâtrale Steppenwolf, qui en a eu l’idée. Grâce à sa trilogie Brother/sister qui se déroule dans une cité de la Louisiane, il s’est imposé comme un auteur majeur de la communauté noire.

En 2013, la productrice Adele Romanski était à la recherche d’un nouveau projet de long métrage pour Barry Jenkins après la réussite de Medicine for melancholy (1). Amis depuis l’université, la productrice et le réalisateur avaient pris l’habitude de se voir deux fois par semaine pour échanger des idées jusqu’à ce qu’une dizaine d’entre elles, plus concrètes que les autres, ne prennent forme. Par l’intermédiaire d’un membre du Borscht festival, Jenkins avait notamment lu le texte de McCraney où il raconte de manière très personnelle sa jeunesse à Miami : Tarell avait formidablement évoqué le calvaire des jeunes Noirs qui grandissent dans les cités de Miami, souligne Jenkins. J’y ai vu l’occasion de m’inspirer de mes propres souvenirs d’enfance, en les relatant par le prisme du magnifique regard de Tarell. Son histoire correspond assez bien à la mienne. C’était donc une rencontre idéale.
(1) https://en.wikipedia.org/wiki/Medicine_for_Melancholy

Le réalisateur Barry Jenkins a grandi dans la même cité violente de Liberty city (2) que Tarell Alvin McCraney, où se déroule l’essentiel du film. Jenkins et McCraney ne se connaissaient pas quand ils étaient enfants mais ont vécu une adolescence comparable. Ils ont fréquenté la même école et le même collège - bien qu’ils n’aient pas le même âge - et sont devenus tous les deux artistes, abordant des thèmes voisins qui s’inspirent de leur parcours, comme l’identité et la masculinité. Plus remarquable encore : ils ont tous les deux grandi auprès d’une mère totalement accro à la drogue. La mère de Jenkins a surmonté sa toxicomanie tout en restant séropositive pendant 24 ans, tandis que celle de McCraney a fini par mourir du sida.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liberty_City_(Miami)

Les producteurs Jeremy Kleiner (3) et Dede Gardner (4) se sont rapprochés de Barry Jenkins peu de temps après la sortie de Medicine for melancholy (1) mais c’est au festival de Telluride (5), en 2013, que leur collaboration sur Moonlight s’est concrétisée. Plan B (6) présentait 12 Years a slave (7) au festival et il se trouve que Jenkins animait un débat avec Steve McQueen après la projection. Kleiner et Dede Gardner ont été profondément émus par le script : l’écriture était magnifique et, comme son film précédent, il possédait une grande élégance et simplicité dans sa construction, déclare Kleiner.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Kleiner
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dede_Gardner
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_film_de_Telluride
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_B_Entertainment
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1204

Le cinéaste Barry Jenkins a fait le choix d’utiliser 3 acteurs différents pour camper le même personnage (Chiron) à 3 époques de sa vie. Il n’a pas voulu que les comédiens choisis se croisent sur le plateau car il souhaitait que ces derniers ne s’influencent pas entre eux afin qu’ils livrent leur propre interprétation du rôle. Pour camper Chiron enfant, Jenkins voulait un jeune comédien issu de Miami. Après avoir placardé des avis de castings dans toute la ville, le réalisateur et sa directrice de casting Yesi Ramirez (8) ont trouvé Alex R. Hibbert.
(8) http://www.imdb.com/name/nm1551480/

Pour trouver l’acteur qui allait incarner le personnage à l’âge de 16 ans, Ramirez a sillonné les Usa. Elle a aussi visionné des enregistrements d’audition, étudié des photos de visages et passé au crible de nombreux clips de lycéens suivant des options théâtre dans leur établissement. Au bout du compte, la production a retenu Ashton Sanders que Yesi Ramirez avait découvert au cours de l’une de ses nombreuses séances de casting à Los Angeles. Il s’était produit dans un film indépendant et avait tenu un second rôle dans N.W.A. (9), mais il s’est surtout distingué grâce à son calme et son visage impassible, qualités indispensables pour Chiron dans le deuxième chapitre du film.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/NWA:_Straight_Outta_Compton

Quant à Black, l’incarnation de Chiron adulte, c’est sur Trevante Rhodes que Barry Jenkins et Yesi Ramirez ont jeté leur dévolu : en tant que directrice de casting, c’est très rare qu’un acteur me fasse un tel effet rien qu’en entrant dans la pièce, mais c’était le cas de Trevante. Outre sa virilité, il fait preuve d’une vulnérabilité dont nous avions besoin pour que le spectateur s’attache à lui, confie Ramirez.

Trevante Rhodes revient sur la personnalité de son personnage : Black est un homme introverti et perturbé qui dissimule sa véritable identité parce qu’il redoute de révéler aux autres son vrai visage, explique l’acteur. Le titre Moonlight fait allusion à la lumière qui brille parfois dans les ténèbres ou qui éclaire des choses qu’on a peur de montrer. Chacun d’entre nous, à un moment ou à un autre, a dû se battre comme Chiron, que ce soit sur une courte période ou pendant toute sa vie. Et tous ceux qui affirment ne pas s’être construit une carapace vivent dans les ténèbres.

La comédienne britannique Naomie Harris incarne Paula, la mère toxicomane de Chiron. Pour l’actrice, qui ne boit pas, ne fume pas et ne se drogue pas, la perspective d’incarner un personnage aussi complexe et perturbé était difficile sur un plan émotionnel. Pour s’y préparer, la comédienne a étudié le mode de vie et le comportement des toxicomanes à l’époque où le crack faisait des ravages aux Usa : j’ai dû m’imaginer son parcours dans ma tête pour arriver à l’interpréter. Paula a un boulot et n’est pas qu’une toxico. Elle est vraiment accro et peu à peu elle développe une accoutumance au crack. Elle privilégie systématiquement son besoin d’obtenir sa dose plutôt que de s’occuper de son fils. Quel que soit le personnage qu’on interprète, il faut toujours le défendre. On doit essayer de comprendre les choix d’une femme comme Paula et de tisser un lien avec elle pour l’incarner avec réalisme et conviction.

La ville de Miami est un personnage à part entière dans Moonlight : c’est une ville unique au monde et c’est le seul endroit que je connaisse sans pouvoir le décrypter. Miami souffre des innombrables difficultés qui frappent l’Amérique, mais elle semble hors du temps car, le plus souvent, c’est un paradis sur terre. On ne peut pas vraiment se retrouver enfermé dans la routine du quotidien quand il fait bon et chaud en permanence et qu’on est environné de palmiers ! Il y a aussi une dimension atemporelle propre à cette ville qu’on retrouve dans Moonlight. On y ressent toutes les émotions caractéristiques de Miami, sans que le réalisateur ait omis d’évoquer sa luxuriance, explique Tarell Alvin McCraney.

Le réalisateut Barry Jenkins a travaillé avec le chef-opérateur James Laxton sur le tournage de Moonlight : à Miami, on a l’impression qu’un millier d’univers différents se télescopent. Les influences des Caraïbes et de Cuba se mêlent aux traditions sud-américaines ; les plus fortunés côtoient les plus pauvres ; et même les couleurs vives utilisées pour peindre les maisons et les immeubles sont spécifiques à la ville. En outre, le climat tropical favorise une végétation omniprésente - à tel point que l’atmosphère est presque fluorescente, estime le technicien.
On se répétait souvent tous les deux que notre film n’avait rien à voir avec le néo-réalisme, explique le réalisateur. L’intrigue est ancrée dans la réalité mais on lui a aussi donné une dimension onirique à bien des égards. Pour nous, ce film s’apparente à une hallucination. On voulait que Moonlight nous plonge au cœur de la ville, intervient le cinéaste. Les personnages regardent souvent le spectateur droit dans les yeux, comme pour indiquer qu’il est avec eux à Miami.

Barry Jenkins et son équipe ont tourné dans le quartier de Liberty square qui fait partie de la cité de Liberty city où vivent Paula et Chiron. Il a la triste réputation d’être l’une des zones les plus dangereuses des États-Unis. Pour Jenkins, lui-même originaire de Liberty City, il était essentiel de restituer la beauté du milieu où, adolescent, il s’est construit, tout comme celui-ci a façonné la personnalité de Chiron : Liberty city est l’un des quartiers les plus déshérités de Miami, mais ce qu’on voit dans le film, ce sont ses couleurs chatoyantes. Tous les immeubles sont peints dans des teintes pastel de bleu, rose et orange. Ils n’ont pas été rénovés depuis 40 ans mais les couleurs tiennent toujours. Moonlight aborde des sujets graves, mais je tenais à dépeindre l’éclat inattendu de ce quartier, surtout lorsqu’il est éclairé par la lumière propre à Miami, relate le metteur en scène.

Nicholas Britell a commencé à écrire la musique de Moonlight avant même de visionner un premier montage du film. En découvrant le scénario, il a été frappé par le goût de Barry Jenkins pour le lyrisme. Il a cherché à transposer ces émotions par la musique en écrivant un premier morceau, le thème de Chiron, qui est devenu la pierre angulaire de la bande-originale où se mêlent accords majeurs et mineurs au piano : là-dessus, on entend quelques notes de violon en contrepoint, poursuit-il. Je voulais que les harmonies donnent le sentiment de sonder les sentiments des personnages, tout comme Chiron explore ses propres émotions tout au long de l’histoire, explique le musicien.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le réalisateur de Moonlight, Barry Jenkins, est passé par toute une gamme d’émotions dimanche. Quelques secondes à peine après avoir accepté le fait que La la land (10) avait été sacré meilleur film, il apprenait dans un revirement de situation aussi absurde qu’incroyable que c’était finalement son film qui remportait le prestigieux prix...
http://www.journaldemontreal.com/2017/02/27/cafouillage-aux-oscars-le-realisateur-de-moonlight-tenait-a-voir-le-carton
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_La_Land_(film)

Après Moonlight, Barry Jenkins se lance dans une série sur l’esclavage
Elle sera adaptée du roman à succès Underground railroad, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires aux États-Unis.
Le roman éponyme de l’écrivain américain Colson Whitehead (11), qui se déroule avant la Guerre de Sécession, retrace l’histoire de Cora, une jeune fille qui s’échappe du Sud esclavagiste vers le Nord des Usa et le Canada, via un réseau clandestin de routes secrètes. Celui-ci aurait permis à plus de 100 000 personnes d’échapper à l’esclavage pendant les soixante ans qui ont précédé la guerre, initiée en 1861...
http://www.clique.tv/apres-moonlight-barry-jenkins-se-lance-serie-lesclavage/
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Colson_Whitehead

Entretien avec Barry Jenkins
Comment conçoit-on la conscience d’un personnage incarné par trois acteurs ?
Ce film était si personnel pour Tarell et moi, nous revenions chez nous, avec cette formidable actrice pour jouer notre mère dans une situation très désespérée, je ne voulais pas que le film soit purement voyeur, avec le public ici et les acteurs là, sans que le premier ne croise jamais le regard des seconds pour voir ce qu’ils ont au fond des yeux. Or, je savais que dans ce film, la caméra allait par moments permettre cela. Et parce que les spectateurs allaient regarder ce garçon, cet ado, cet homme, les yeux dans les yeux, il fallait que pour chaque acteur appelé à incarner Chiron à différents âges, ils aient le sentiment d’y voir la même âme. J’ai observé chez les hommes noirs avec qui j’ai grandi combien ils sont très expressifs, enfants, avant que le monde ne les brutalise jusqu’à ce qu’ils se ferment : plus tu en montres, plus tu es vulnérable. Il me fallait donc des acteurs qui puissent jouer comme des actrices françaises...
http://next.liberation.fr/cinema/2017/01/31/barry-jenkins-plus-tu-en-montres-plus-tu-es-vulnerable_1545388

Barry Jenkins
Né le 19 novembre 1979 à Miami.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_Jenkins_(r%C3%A9alisateur)

Tarell Alvin McCraney
Né le 17 octobre 1980 à Miami.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarell_Alvin_McCraney

James Laxton
http://www.imdb.com/name/nm0493439/

Nicholas Britell
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Britell

Alex R. Hibbert
http://www.imdb.com/name/nm7683379/

Ashton Sanders
http://www.imdb.com/name/nm5480894/

Trevante Rhodes
Né le 10 février 1990 à Ponchatoula (Louisiane).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trevante_Rhodes

Mahershala Ali
Né le 16 février 1974 à Oakland.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahershala_Ali

Janelle Monáe
Née Janelle Robinson le 1er décembre 1985 à Kansas city.
Elle sera également Mary Jackson dans Les Figures de l’ombre...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Janelle_Mon%C3%A1e

Naomie Harris
Née le 6 septembre 1976 à Londres.
Elle aura été Miss Moneypenny aux côtés de James Bond dans Skyfall...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Naomie_Harris

Andre Holland
voir fiche du film Selma
http://www.citebd.org/spip.php?film1451

Jaden Piner
http://www.imdb.com/name/nm7683380/

Jharrel Jerome
http://www.imdb.com/name/nm7851611/

Edson Jean
http://www.imdb.com/name/nm6211068/

Duan Sanderson
http://www.imdb.com/name/nm5429086/

extrait(s) de presse

Libération - Une quête d’identité traversée par le rejet et l’insulte qu’illumine une approche pleine d’élégance et d’empathie.
Le Parisien - (...) Jenkins a filmé au plus près, presque comme un documentaire, les trois acteurs qui incarnent Chiron aux différents âges. Ceux-ci semblent parfois regarder la caméra, rendant palpable la douloureuse quête d'identité du personnage.
Critikat - Ce soin apporté à l’écriture, ce désir de saisir avec acuité toute l’humanité de chaque personnage, de ne pas céder aux facilités scénaristiques, de privilégier le hors-champ et les ellipses autant que possible, hissent le film vers des sommets de délicatesse (...)
Sud ouest - En adaptant le texte autobiographique de Tarell Alvin McCraney, le réalisateur Barry Jenkins a opté pour une combustion douce, en trois âges, avec des étincelles ici et là, et une manière sourde d’épouser le mutique apprentissage de Chiron.
Le Nouvel obs - Ce film est une claque, à triple détente. On se croit d'abord face à une chronique du ghetto type "Boyz n the hood", on craint le virage mélo doloriste façon "Precious". Or, c'est vers une déchirante romance homo, un "In the mood for love" gay que le cinéaste nous entraîne.
àVoir-àLire - Barry Jenkins échappe à tous les écueils et signe un film d’un romantisme et d’une sensibilité inouïs.
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