corporate - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > corporate

corporate

France - 2017 - 1h35
sorti en France le 5 avril 2017
film - film francophone
de

Nicolas Silhol

scénario : Nicolas Silhol, Nicolas Fleureau
direction de la photographie : Nicolas Gaurin
musique ou chansons : Mike Kourtzer, Alexandre Saada
avec : Céline Sallette (Emilie Tesson-Hansen), Lambert Wilson (Stéphane Froncart), Stéphane De Groodt (Vincent), Violaine Fumeau (Marie Borrel), Alice de Lencquesaing (Sophie), Nathalie Sportiello (directrice de la communication), Hyam Zaytoun (Patricia Suarez), Edith Saulnier (Juliette Dalmat), Antoine Levannier (substitut du procureur), Yun Lai (homme d'affaires), Séverine Warneys (l'infirmière de l'entreprise), Romain Sandère (le chef de chantier)
séances : semaine du mercredi 10 mai 2017
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
20:45
16:30
18:30
18:30
16:30
11:00*
18:30*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Émilie Tesson-Hansen est une brillante et froide directrice du personnel dans un groupe industriel agro-alimentaire. Un jour, un cadre de l'entreprise souhaite la rencontrer jusqu'à ce qu'il se suicide. Une enquête est ouverte, elle est fautive aux yeux du directeur des ressources humaines, de ses supérieurs hiérarchiques et d'une inspectrice du travail. Pour éviter la prison et sauver sa peau, elle décide de révéler à cette dernière les méthodes de harcèlement pernicieux pratiquées dans l'entreprise...

notes de production

Avec Corporate, Nicolas Silhol réalise son premier long métrage. Son premier court métrage, centré sur une séance de jeu de rôles dans une entreprise de pompes funèbres, parlait déjà du monde du travail. C’était plutôt une comédie qui décrivait l’entreprise comme un théâtre où chacun doit jouer un rôle et mettre de côté ce qu’il ressent en tant qu’individu, précise le metteur en scène.

L’une des raisons ayant poussé Nicolas Silhol à choisir Céline Sallette pour le rôle principal réside dans le défi du contre-emplois. Le personnage d’ Emilie est en effet une femme froide coupée de ses émotions tandis que l’actrice est expressive, libre et empathique. C’est devenu une vraie stimulation pour elle et pour moi de construire un personnage plutôt loin d’elle. J’avais l’intuition que si Céline contenait son émotion et que celle-ci passait surtout dans son regard, ce serait encore plus fort, se rappelle-t-il.

Le personnage d’ Emilie joué par Céline Sallette a été inspiré à Nicolas Silhol par le témoignage d’une vraie manageuse. Cette dernière a raconté au cinéaste à quel point elle mettait la pression à des salariés dans la perspective très claire de les pousser dehors. Après, elle m’a simplement dit : ça ne passera plus par moi. J’ai trouvé cette formule très forte et très courageuse. C’est l’affirmation d’une rupture personnelle avec le système, se souvient Silhol.

Comme ce qui intéressait Nicolas Silhol résidait bien plus dans les questions juridiques et éthiques que le quotidien de l’entreprise, il a surtout enquêté auprès des inspecteurs du travail. Le réalisateur a ainsi découvert au travers de leur prisme les outils de management comme la courbe du deuil, la mobilité forcée, l’évaluation comportementale, etc. Par ailleurs, Silhol a aussi cherché, dans son film, à rendre justice à cette profession, qui souffre d’une réputation affreuse.

Côté mise en scène, Nicolas Silhol voulait que le monde de l’entreprise soit représenté avec beaucoup de cadres tranchants qui découpent les personnages et les emprisonnent dans ces espaces vitrés cloisonnés. L’idée était de jouer aussi sur les points de vue, que l’on sente les regards qui pèsent sur Emilie, notamment dans la première partie où l’on est immergé dans ses perceptions un peu paranoïaques, dans une tension permanente, précise-t-il.

Par opposition, Nicolas Silhol a davantage filmé les scènes à l’extérieur (davantage sous le signe de l’énergie et de la vie) caméra à l’épaule. Avec l’envie que cet extérieur, par l’entremise de Marie Borrel, rentre à l’intérieur de l’entreprise. Le parcours d’Emilie fait évoluer la mise en scène. Ça devient plus vivant, ça bouge, Emilie sort du cadre. Le film sort aussi un peu de lui-même grâce aux enregistrements vidéo et audio. J’aime bien utiliser d’autres supports, je l’avais déjà fait dans mes courts-métrages, comme une mise en abyme de la fiction. Ce sont des documents bruts, hyperréalistes, comme des preuves ultimes de la vérité des personnages, confie le metteur en scène.

Après avoir campé un ignoble patron dans Tout de suite maintenant, Lambert Wilson reste dans le monde du travail avec Corporate en se glissant dans la peau d’un DRH. Nicolas Silhol ne voulait pas faire de ce personnage une caricature de salaud. Le cinéaste explique : c’est plus sa posture qui est choquante, celle du refus de toute responsabilité. Il est en fait celui qui incarne le déni avec le plus de force. Dans le rôle de cette figure d’autorité, j’avais envie d’un acteur très connu, qu’on identifie tout de suite. Lambert a cette élégance, ce charisme, et en même temps il a un grand capital sympathie auprès du public parce qu’il est aussi touchant et sincère.

Violaine Fumeau incarne Marie, l’inspectrice. Contrairement au personnage tenu par Céline Salette, Nicolas Silhol voulait que l’actrice jouant Marie soit peu connue pour accentuer sa crédibilité. J’avais déjà travaillé avec Violaine sur mes courts métrages. Ce rôle d’inspectrice était pour elle. Elle a passé du temps avec des inspectrices et je pense qu’elle a intimement ressenti leur combat au quotidien. Autant le personnage de Céline me semble loin d’elle, autant Violaine pourrait très bien être inspectrice du travail, note le réalisateur.

Plusieurs films se sont déjà penchés sur des personnages exerçant une profession liée aux ressources humaines. C’est par exemple le cas du récent et sombre Carole Matthieu (1) dans lequel Isabelle Adjani est médecin du travail au sein d’une entreprise particulièrement violente ; In the air (2) où George Clooney est chargé d’annoncer à des employés qu’ils sont licenciés ; ou encore Ressources humaines (3) porté par un jeune Jalil Lespert dans la peau d’un stagiaire RH.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Matthieu
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/In_the_Air
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ressources_humaines_(film)

Le monde de l’entreprise et la déshumanisation de l’employé, même celui qui se croit supérieur aux autres, tel est le thème de Corporate (comprendre celui qui aime et défend l’entreprise, mais qui se doit aussi d’être proactif, c’est-à-dire de toujours aller de l’avant). Le film explore donc les arcanes du pouvoir d’entreprise à travers Esen et ses dirigeants à la morale douteuse. Parmi eux, une figure intéresse plus particulièrement : celle d’Emilie, la DRH. Cette femme en apparence froide et calculatrice va devenir héroïne le temps d’un film. Céline Sallette offre à ce personnage une force inattendue, celle d’un regard qui accroche, d’un corps qui décroche pour mieux rebondir. C’est par le vêtement, mais aussi la posture qu’Emilie se transforme. Ce personnage est assez nouveau dans la filmographie de l’actrice. Habituée à faire le lien entre les protagonistes (Cessez le feu (4), Geronimo (5)…), elle est ici solitaire, désemparée face au groupe. D’abord louée, cette killeuse devra faire des choix radicaux pour changer sa vie et peut-être celle des autres. Construit comme une sorte de thriller, Corporate surprend moins par son scénario que par les dilemmes qu’il offre à certains de ses personnages, mais aussi et surtout la confrontation entre Emilie et l’inspectrice du travail. D’abord rivales, les deux femmes vont vite devenir des alliées de choix. Il y a quelque chose de jouissif à les voir gérer, de manière plutôt incongrue, la sécurité sur un chantier d’hommes. Les deux actrices sont superbes de nuances dans ce grand jeu macabre qu’elles tentent de camoufler, puis de dénoncer. Leurs enjeux sont tour à tour dissonants puis complémentaires. A ce jeu-là, Violaine Fumeau vient parfaitement compléter le jeu de Céline Sallette. Autour d’elles gravitent d’autres figures convaincantes : Lambert Wilson, Stéphane de Groodt, Alice de Lencquesaing et des plus ou moins anonymes dont les visages ne nous sont pourtant pas inconnus...
https://www.cineseries-mag.fr/corporate-un-film-de-nicolas-silhol-critique-92826/
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cessez-le-feu_(film)
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1363

Entretien avec Nicolas Silhol
Quel est le point de départ de "Corporate" ?
J’ai toujours été intéressé par les rapports humains en entreprise. Ce n’est pas vraiment un hasard puisque mon père est prof de management en école de commerce et consultant en Ressources Humaines. J’ai passé beaucoup de temps à discuter de ces enjeux avec lui.
Mon premier court-métrage racontait déjà une séance de jeu de rôles dans une entreprise de pompes funèbres. C’était plutôt une comédie qui décrivait l’entreprise comme un théâtre où chacun doit jouer un rôle et mettre de côté ce qu’il ressent en tant qu’individu.
Ensuite, comme beaucoup d’entre nous, j’ai été frappé par la série de suicides chez France Télécom. Je découvrais qu’un certain système de "management par la terreur" pouvait réellement détruire des vies et des individus. Le cynisme du PDG de France Télécom, déclarant qu’il fallait mettre un terme à cette "mode du suicide", m’avait particulièrement choqué. Comme si c’était ceux qui souffrent qui étaient responsables…

http://www.francetvinfo.fr/partenariats/cinema-corporate-un-film-de-nicolas-silhol-avec-celine-sallette-et-lambert-wilson-au-cinema-le-5-avril_2122251.html

Nicolas Silhol
http://www.imdb.com/name/nm2216739/

Nicolas Fleureau
http://www.imdb.com/name/nm3905621/

Nicolas Gaurin
http://www.imdb.com/name/nm0310180/

Mike Kourtzer
voir fiche du film Much loved
http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Alexandre Saada
Né le 15 août 1977 à Avignon.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Saada

Céline Sallette
voir fiche du film Je vous souhaite d’être follement aimée
http://www.citebd.org/spip.php?film1658

Lambert Wilson
voir fiche du film Tout de suite maintenant
http://www.citebd.org/spip.php?film1711

Stéphane De Groodt
voir fiche du film Paris-Willouby
http://www.citebd.org/spip.php?film1518

Violaine Fumeau
http://www.imdb.com/name/nm1934656/

Alice de Lencquesaing
voir fiche du film Frantz
http://www.citebd.org/spip.php?film1750

Nathalie Sportiello
http://www.imdb.com/name/nm7849745/

Hyam Zaytoun
http://www.imdb.com/name/nm1328517/

Edith Saulnier
http://www.imdb.com/name/nm7123745/

Antoine Levannier
http://www.imdb.com/name/nm3409824/

Yun Lai
http://www.imdb.com/name/nm6895259/

Séverine Warneys
http://www.imdb.com/name/nm5668061/

Romain Sandère
http://www.agence-oz.com/artiste.cfm/502490_a554-Romain_Sand%C3%A8re.html

extrait(s) de presse

L'Humanité - La « désintégration » programmée d’un être humain, et toujours sans qu’un mot d’ordre « d’en haut » ne soit donné, est le sujet même du film. Là est sa force, là peut-être aussi sa limite, car tout se passe sur le plan de la psychologie.
Le Figaro - Un thriller efficace sur le harcèlement en entreprise. Nicolas Silhol se penche sur la justice sociale sans se poser en juge. Il offre à Céline Sallette un rôle inédit. L’actrice, que l’on verra dans le prochain Téchiné, est prodigieuse en chef des ressources humaines impitoyable.
Le Parisien - Céline Sallette remplissait toutes les conditions pour enfiler le strict tailleur de la fonction. Son regard électrique, sa sauvage puissance de jeu crèvent l'écran. Mais ce serait une faute professionnelle de ne pas faire l'éloge d'une inconnue, Violaine Fumeau, dans le rôle de l'inspectrice du travail.
Télérama - "Corporate" est un film important. Marquant.
àVoir-àLire - La description sans concession d’une vie en entreprise hautement déshumanisée. Un beau coup de tonnerre sociétal !
Sud ouest - Une responsable des Ressources humaines fait corps avec son entreprise. Trop ? Bien vu, bien fait, bien joué.
La Croix - Ce premier long métrage pointe avec force les stratégies froides et délétères qui dévoient la gestion des ressources humaines sans considération pour l’être humain.
Culturebox - Abordant un sujet grave de la société actuelle, Nicolas Silhol le traite avec acuité et la dramaturgie nécessaire pour le partager, sans jamais relâcher l’intérêt du spectateur.