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dans la forêt

France, Suède - 2016 - 1h43
sorti en France le 15 février 2017
interdit aux moins de 12 ans
film - film francophone
de

Gilles Marchand

scénario : Dominik Moll, Gilles Marchand
direction de la photographie : Jeanne Lapoirie
musique ou chansons : Philippe Schoeller
avec : Jérémie Elkaïm (le père), Timothé Vom Dorp (Tom), Théo Van de Voorde (Ben), Mika Zimmerman (l’homme défiguré), Sophie Quinton (la mère), Mireille Perrier (la pédopsychiatre), Fredrik Carlsson (campeur 1), Carl Lindbergh (campeur 2), Anna Lindberg (campeur 3)
séances : semaine du mercredi 10 mai 2017
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
21:00*
18:30
11:00*
21:00
14:30
18:30*
séance spéciale :
* jeudi 21h00 - ciné fantastique suivi d'un débat animé par Hidden circle - tarif 3,50 €
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* lundi 18h30 dernière séance

synopsis

Tom et son grand frère Benjamin partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d'été. Tom appréhende les retrouvailles avec cet homme étrange et solitaire. Le père, lui, semble convaincu que Tom a le don de voir des choses que les autres ne voient pas. Quand il leur propose d'aller vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac, les enfants sont ravis. Mais l'endroit est très isolé, au milieu d'une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour…

notes de production

L’idée du trou dans la tête du monstre que voit Tom est venue à Gilles Marchand lorsqu’il a trouvé, en compagnie des maquilleurs Frédéric Lainé (1) et Guillaume Castagne (1), la photo d’une gueule cassée (2) de la guerre de 14-18. Cet homme défiguré avait paradoxalement des yeux très doux et c’est ce contraste que le réalisateur a voulu représenter dans le monstre que l’on voit dans le film.
(1) http://www.grand-ecart.fr/recadrages/histoire-effets-speciaux-maquillage-cinema-horreur-clsfx-atelier-69/
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gueules_cass%C3%A9es

Personnage à part entière, la forêt est montrée comme à la fois féerique et angoissante. Gilles Marchand explique à ce sujet : la forêt c’est le projet du père. L’incarnation d’un idéal qu’il veut partager avec ses enfants. Il fallait qu’elle soit grande et forte, que le voyage soit beau et désirable, qu’il leur apporte des choses. Dans leur vie citadine, Tom et Ben n’ont jamais vu de tels endroits. Avec la pureté de ses paysages, ses grands espaces, ses arbres, ses lacs, la forêt suédoise contient cet idéal. C’est un décor magique et puissant. La forêt ne nous a pas attendus pour exister. Elle n’a pas besoin de nous. On peut s’y perdre.

La cabane du film existe réellement dans la réalité. Gilles Marchand précise même qu’il est très fréquent, dans les forêts de Suède, d’en trouver. Celle-ci était complètement abandonnée. J’aimais l’idée qu’elle paraisse prisonnière des arbres et de la forêt. Et puis ce n’est pas une simple cabane de chasseur, c’est une véritable petite maison. Ça semble incroyable qu’on ait construit une maison pareille, aussi isolée, loin de toute route ou même chemin. Elle paraît assez viable et permet de se projeter dans le désir d’autarcie du père. Mais elle porte déjà en elle l’échec qui a conduit à ce qu’on l’ait déjà abandonnée. C’est une histoire qui a sans doute déjà eu lieu. Et qui se répète.

Gilles Marchand avait en tête d’engager Jérémie Elkaïm pour le rôle qu’a finalement tenu Melvil Poupaud dans son précédent film L’Autre monde (3) mais les choses ne se sont pas faites. Pour Dans la forêt, le cinéaste a d’abord envisagé de prendre quelqu’un de plus âgé avant de le choisir. Jérémie a des enfants de l’âge de ceux du film, il sait parfaitement ce que c’est que d’être père, confie Marchand.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Autre_Monde_(film,_2010)

Jérémie Elkaïm a suivi le projet dès l’origine puisqu’il en est le producteur avec Valérie Donzelli. Ils ont ainsi été les premiers lecteurs du scénario et étaient présents lors des repérages en Suède. L’acteur s’est par ailleurs préparé physiquement pour le rôle comme s’en rappelle Gilles Marchand : physiquement, je lui ai demandé d’oublier son côté urbain et de se préparer à ce que le tournage soit éprouvant. Tirer la barque dans la forêt, ramer pendant des heures, jouer seul face à des enfants, et surtout plonger dans le cerveau d’un homme tourmenté, ce n’est pas forcément facile ou agréable.

Pour trouver l’interprète de Tom, Gilles Marchand et les personnes en charge du casting ont vu une centaine d’enfants. Parmi eux, Timothé Vom Dorp s’est démarqué. Ce n’est pas seulement qu’il a d’incroyables dons de comédien, une compréhension des situations, une présence et une justesse hors du commun, une façon d’amener systématiquement du concret dans les scènes... Autant de choses que bien des comédiens expérimentés ne possèdent pas toujours..., confie le réalisateur.

Gilles Marchand et la directrice de la photographie Jeanne Lapoirie ont cherché à sentir les yeux des enfants briller dans la nuit. Que se dessine une petite lueur dans le noir des pupilles. Je souhaitais une image presque « manga » des enfants, selon le premier, qui poursuit : je lui ai aussi beaucoup parlé des cadres. Je les voulais alternativement serrés sur les visages, ou au contraire très larges, avec les personnages minuscules au milieu des arbres ou des lacs. Ce contraste, entre la présence des visages et le côté perdu des corps dans le paysage en scope, me semblait simple mais fort.

Gilles Marchand retrouve Sophie Quinton qui tenait le rôle principal de Qui a tué Bambi ? (4). A noter également que Jérémie Elkaïm avait un petit rôle dans ce film et que Valérie Donzelli y jouait Nathalie.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_a_tu%C3%A9_Bambi_%3F

Côté références, Gilles Marchand avait en tête La Nuit du chasseur (5) de Charles Laughton, La Féline (6) de Jacques Tourneur, Shining (7) de Stanley Kubrick (pour la thématique de la folie du père), Le Retour (8) d’Andreï Zviaguintsev (dont les éléments de départ sont très proches de ceux de Dans la forêt), L’Esprit de la ruche (9) de Victor Erice, Délivrance (10) de John Boorman, Sixième sens (11) de Shyamalan mais également les films de Hayao Miyazaki (12), David Lynch (13) ainsi que le livre Sukkwan island (14) de David Vann.
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1012
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%A9line_(film,_1942)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shining_(film)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Retour_(film,_2003)
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film228
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9livrance_(film,_1972)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sixi%C3%A8me_Sens_(film)
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1013
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1863
(14) http://www.gallmeister.fr/livres/fiche/28/vann-david-sukkwan-island

(...) Dans la forêt parle du silence. Un silence qui, tel le bruit de la neige au dernier plan du film, donne le sentiment de ne pas être seul. Quelque chose est là, aux aguets, qui retient sa respiration, ni une personne, ni un animal, plutôt une profondeur, un principe général de vie qui englobe toute la forêt et les mortels qui sont venus déranger sa permanence. On dit des forêts qui ont échappé à l’exploitation des hommes qu’elles sont primales.
Dans la forêt est un récit primal. Ses protagonistes parcourent en voyageurs venus d’ailleurs une contrée qui leur semble familière et qu’ils entendent bien habiter. Mais, persuadés qu’ils sont sur le bon chemin, ils se sont égarés depuis longtemps et le refuge de la nature, paradis perdu ou à venir, est une maison délabrée.
Des orphelins de père en fils, comme une fratrie fédérée par la même blessure inguérissable, le même sentiment de dissipation d’une origine ancestrale qui excède la civilisation. Dans la forêt se cachent des arbres et, derrière eux, en embuscade, l’enfance d’un monde qui nous a précédés et nous survivra.
http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/dans-la-foret/

Entretien avec Gilles Marchand
D’où est née l’idée du film ?
Le point de départ est étroitement lié à des voyages que mon frère et moi faisions enfants pour rejoindre mon père qui vivait à l’étranger. C’était impressionnant d’aller le voir dans un pays lointain, de découvrir une vie dont on ignorait tout. À l’inquiétude se mêlaient la curiosité et une forme d’attention très aiguë. J’ai fait appel à des souvenirs, mais surtout à des sensations. Je voulais faire ressentir des choses à travers des yeux d’enfant. Le regard qu’on porte sur les choses quand on est petit est tellement puissant. On ressent le réel comme une aventure. Avec Dans la forêt j’avais envie de rouvrir des portes que chacun de nous apprend.à fermer en devenant adulte...
http://distrib.pyramidefilms.com/content/dans-la-for%C3%AAt-0

Gilles Marchand
voir fiche du film Main dans la main
http://www.citebd.org/spip.php?film958

Dominik Moll
Né le 7 mai 1962 à Bühl (Allemagne).
Son premier court-métrage The Blanket est adapté de Charles Bukowski...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominik_Moll

Jeanne Lapoirie
voir fiche du film Gaby baby doll
http://www.citebd.org/spip.php?film1369

Philippe Schoeller
voir fiche du film L’Exercice de l’État
http://www.citebd.org/spip.php?film662

Jérémie Elkaïm
voir fiche du film Marguerite et Julien
http://www.citebd.org/spip.php?film1510

Timothé Vom Dorp
voir fiche du film Ce sentiment de l’été
http://www.citebd.org/spip.php?film1622

Théo Van de Voorde
http://www.imdb.com/name/nm6362163/

Mika Zimmerman
http://www.imdb.com/name/nm5312211/

Sophie Quinton
voir fiche du film 38 témoins
http://www.citebd.org/spip.php?film791

Mireille Perrier
voir fiche du film Qu’Allah bénisse la France
http://www.citebd.org/spip.php?film1311

Fredrik Carlsson
http://www.imdb.com/name/nm7261351/

extrait(s) de presse

Positif - Servi par une belle utilisation de l'écran large 2.35 et une bande sonore aux effets parcimonieux d'une grande efficacité, "Dans la forêt" présente à ce jour aussi la meilleure interprétation de Jérémie Elkaïm...
Télérama - En favorisant une ­totale immersion dans les paysages, le réalisateur atteint une forme de fantastique poétique, où la peur se transforme en énergie positive.
Ecran large - À l’heure où le cinéma français cherche encore ses marques dès lors qu’il s’aventure hors des sentiers de la philosophie de comptoir parisienne ou de la comédie réac, s’égarer dans une œuvre maîtrisée, peu soucieuse des codes préétablis et capable de transcender un dispositif aussi éminemment simple, fait un bien immense.
Critikat - "Dans la forêt" est beau parce qu’il n’est pas immédiatement lisible, et parce que Gilles Marchand parvient à y projeter ses propres obsessions et à les rendre universelles.
Le Figaro - Scénariste d'"Harry, un ami qui vous veut du bien", Gilles Marchand crée une atmosphère étrange et un suspense anxiogène, transmis à travers le regard d'un enfant. Frissons assurés.
Sud ouest - Film d’initiation tenu par la sobriété de l’intrigue et par la finesse des effets, "Dans la forêt" conjugue un beau portrait d’enfance, à la fois âpre et juste, et donne à Jérémie Elkaïm l’occasion de se montrer sous un jour inattendu en père austère.
Libération - Gilles Marchand raconte avec finesse les retrouvailles d’un père aux idées étranges et de ses deux fils dans la nature suédoise.
La Croix - Cette habileté dans l’art de renvoyer le spectateur à ses peurs profondes est habilement servie par les trois acteurs principaux.