the young lady - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > the young lady

the young lady

Lady Macbeth
Gb - 2016 - 1h29
sorti en France le 12 avril 2017
Grand prix & prix d'interprétation féminine Valenciennes 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

William Oldroyd

scénario : Alice Birch
d'après l'oeuvre de : Nikolai Leskov
direction de la photographie : Ari Wegner
musique ou chansons : Dan Jones
avec : Florence Pugh (Katherine), Cosmo Jarvis (Sebastian), Paul Hilton (Alexander), Naomi Ackie (Anna), Christopher Fairbank (Boris), Golda Rosheuvel (Agnes), Anton Palmer (Teddy), Rebecca Manley (Mary), Fleur Houdijk (Tessa), Cliff Burnett (le père Peter), Bill Fellows (Dr. Burdon), Ian Conningham (inspecteur Logan), Joseph Teague (sergent Reed), Alan Billingham (gentleman), David Kirkbride (Edward)
séances : semaine du mercredi 12 avril 2017
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
18:30
20:30
14:00
19:00
20:30
18:30
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:30
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:45
14:00
16:30
18:30
20:30
14:00
16:30
18:30
20:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 19 avril 2017
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
18:30
20:45
16:30
20:45
18:30
21:00
11:00*
18:30
21:00
11:00*
18:45
16:30
20:45
18:30
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 26 avril 2017
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
16:30
16:30
16:30*
séance spéciale :
* dimanche 16h30 dernière séance

synopsis

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible...

notes de production

Le scénario est d’ailleurs l’adaptation par Alice Birch d’une nouvelle du Russe Nikolai Leskov, Lady Macbeth de Mtsensk (1), dont Chostakovitch a fait un opéra (2) que Staline (3) lui-même a fait censurer, le jugeant subversif. L’héroïne de l’histoire est une femme (Katerina dans la version russe, ici Katherine) qu’on force à se marier avec un homme de deux fois son âge, mais de bien et de bonne famille, par le fait d’un accord entre les parents où Katherine se voit aussi dotée d’une parcelle qui en fait un encore meilleur parti. Dans les plans, tout est arrêté, symétrique et net, mais dans ceux des personnages, on entrevoit déjà quel va être le pilier central du film : la rébellion d’une héroïne fièrement interprétée par Florence Pugh, brillante jusqu’au moindre regard, geste ou mot...
http://cineuropa.org/ff.aspx?t=ffocusarticle&l=fr&tid=3053&did=317859
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lady_Macbeth_du_district_de_Mtsensk_(roman)
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lady_Macbeth_du_district_de_Mtsensk
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Staline

Le film a été produit avec 500 000 livres (approximativement 580 000 €). Nous étions déterminés à faire de notre petit budget une force. Nous avons donc été obligés de faire des choix dans notre façon de filmer, dans les costumes et les décors, raconte la productrice.
Le réalisateur ajoute : je savais qu’il était possible de faire un film d’époque avec un petit budget. Nous n’avions pas les possibilités de nous offrir de grands extérieurs, ni des scènes avec beaucoup de figurants. Nous nous sommes donc concentrés sur la psychologie d’un groupe de personnages vivant en 1865.

William Oldroyd se souvient du casting de Florence Pugh : je l’avais vue dans The Falling (4) de Carol Morley et j’avais été très impressionné par sa performance. Il a été tout de suite évident que nous avions trouvé quelqu’un qui avait l’esprit de Katherine. Florence nous a offert une performance incroyablement forte. Elle a beaucoup d’instinct et une excellente technique.
Florence Pugh affirme que c’est la transformation du personnage qui l’a séduite en lisant le script : nous voyons une innocente jeune fille se transformer en une femme capable de faire des choses monstrueuses. Ce qu’elle fait est mal mais, malgré tout, le spectateur ressent de la sympathie pour elle et veut qu’elle réussisse.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Falling

William Oldroyd a recruté des comédiens expérimentés du théâtre et du cinéma. Il savait qu’il voulait Paul Hilton dans le rôle d’Alexander, le mari de Katherine : j’ai toujours pensé à Paul pour le rôle. J’étais impressionné en découvrant les essais qu’il nous a envoyés : je n’avais jamais vu personne s’investir autant, à tous les niveaux : costume, plateau, éclairage ... Nous avons plus ou moins repris toutes ses idées sur le tournage !
Pour le rôle de Boris, le patriarche de la famille qui cherche désespérément un héritier, l’équipe a jeté son dévolu sur Christopher Fairbank : il nous fallait quelqu’un qui puisse représenter le pouvoir écrasant du patriarcat contre lequel Katherine se rebelle. Et Christopher avait vraiment cette puissance en lui. C’est le script d’Alice Birch qui a convaincu l’acteur de rejoindre le casting du film : j’ai été séduit par la profondeur et la subtilité de ce personnage de tyran domestique.

Le lieu du tournage était un élément crucial pour le film. La grande bâtisse dans laquelle Katherine est piégée est oppressante, mais elle peut également offrir au personnage des moments de liberté, à la fois physique et métaphorique. La majorité du film se situe à l’intérieur ou dans les dépendances, tandis que la forêt et les champs balayés par le vent où Katherine aime s’échapper sont des éléments inhérents à l’histoire.

La relation entre les personnages et leur environnement m’a fascinée. Ce dernier est intégré à leur monde : la bruyère, les collines, les landes, la rivière sont tous des éléments vitaux qui évoluent au fur et à mesure que Katherine prend conscience de son existence et développe ses sens, remarque Alice Birch.

Depuis le début du projet, William Oldroyd voulait faire de la région de la ville de Durham et du comté de Northumberland (5) le décor de son film. Northumberland est une région sauvage des Îles Britanniques et semblait bien refléter la solitude de Katherine. De surcroît, le Nord-Est de l ’Angleterre est une région que William Oldroyd connaît bien puisqu’il a étudié à l’ université de Durham (6). L’équipe a finalement eu la chance de trouver l’emplacement parfait : le château de Lambton, à côté de Chester. Il s’agit d’une majestueuse demeure, construite au début du XIX• siècle, avec de nombreuses salles d’époque (la cuisine, les écuries, les escaliers) et d’immenses terrains aux alentours. L’équipe du film s’est installé dans le village voisin. Tourner dans un lieu unique a permis aux acteurs de garder les mêmes costumes tout au long du tournage.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Northumberland_(comt%C3%A9)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Durham

William Oldroyd a également pu répéter sur place, avec les accessoires et les costumes à disposition. Le film étant son premier long-métrage, il était très important pour lui de travailler en amont avec les acteurs : j’avais besoin de temps pour répéter. Les acteurs se sentaient en confiance pour faire des suggestions, alors qu’il est difficile d’en faire pendant le tournage.

Pour redonner vie à l’Angleterre du XIX• siècle avec un budget très réduit, la direction artistique s’est entourée de gens talentueux et motivés par la qualité du script et la créativité du réalisateur.
La collaboration avec Jacqueline Abrahams (7), la chef décoratrice qui avait travaillé sur The Lobster (8) et La Dame en noir 2 (9) a été une évidence. Le chef-costumier avait un rôle-dé à jouer et, malgré le petit budget, l’équipe a pu s’entourer de Holly Waddington (10), qui avait auparavant travaillé sur Lincoln (11) et Cheval de guerre (12). Les connaissances de Holly, sa passion pour les motifs et le dessin sont incroyables. Elle a confectionné des corsets et des peignoirs à la main, voyagé en France pour trouver des pièces d’époque. Grâce à elle, on a le sentiment que les personnages portent des vêtements, et non des costumes. On ne voulait pas qu’ils aient de nouveaux costumes chaque fois qu’ils apparaissaient à l’écran.
(7) http://www.imdb.com/name/nm0009008/
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1555
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_en_noir_2_:_L%27Ange_de_la_mort
(10) http://www.imdb.com/name/nm3052795/
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lincoln_(film,_2012)
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval_de_guerre_(film)

Quant à la direction de la photographie, elle est revenue à Ari Wegner, qui a travaillé sur plusieurs films présentés aux festivals de Venise, Cannes et Berlin. Son travail correspondait exactement à ce que William Oldroyd recherchait. Ari Wegner étant cependant basée à Melbourne, il a fallu qu’elle soit capable de travailler à distance avec le réalisateur pour la préparation du film. Nous discutions tous les jours pendant des heures sur Skype (13). Nous partagions des images et des références raconte William Oldroyd. Elle a repris mes idées et m’a poussé dans des directions auxquelles je n’avais pas pensé. Et nous avons réfléchi à la meilleure façon de rendre ces choix possibles économiquement.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Skype

Les semaines précédant le tournage, toute l’équipe a consacré beaucoup de temps à faire des recherches et à se préparer pour recréer l’atmosphère du XIX• siècle.
L’équipe technique a également dû faire des recherches sur la période historique pour s’assurer que le film était le plus vraisemblable possible.
Le département des costumes a consacré toute son énergie et son budget à repousser les limites de l’authenticité. Nous avons utilisé des pièces d’époque autant que possible et nous nous sommes procurés des tissus et des imprimés un peu partout, dans des collections de costumes, des boutiques vintage et des magasins d’antiquités, raconte Holly Waddington (10).

Katherine entre dans un monde dans lequel la beauté n’a pas beaucoup de place. Alexander et Boris ont construit leur fortune sur la révolution industrielle et ne s’intéressent pas à l’esthétique, il y a donc peu de couleurs dans la maison. Les costumes des années 1860 étaient très intéressants, les crinolines et les corsets étaient de puissants symboles pour le personnage de Katherine, ils l’enserrent aussi bien physiquement que mentalement. Nous avons opté pour un style dépouillé et austère dans un univers conservateur, en utilisant les couleurs très sombres de cette période.
De même, les maquilleurs recherchaient l’authenticité avant tout. Nous voulions que le maquillage soit aussi simple et naturel que possible, affirme William Oldroyd. Les gens de l’époque ne se lavaient pas tous les jours, nous voulions recréer cela.

Le directeur de la photographie et le réalisateur ont également fait des recherches plus inhabituelles sur la période et notamment sur les spécificités de la lumière dans la peinture de l’Europe continentale : nous voulions ajouter une lumière nordique au film, c’est pourquoi nous nous sommes davantage inspirés des peintres scandinaves de la période plutôt que de ceux du sud de l’Europe.

Entretien avec William Oldroyd
Le roman dont vous êtes parti est très intéressant. Comment avez procédé pour le développer pour le grand écran ?
C’est Birch qui m’a amené le livre, "Lady Macbeth de Mtsensk" de Nikolaï Leskov (1), et qui m’a dit qu’il ferait un film formidable. Nous étions même surpris qu’il n’ait pas déjà donné lieu à plus de films (14). Nous savions qu’il avait inspiré un opéra (15), et certains motifs mélodramatiques - que nous ne voulions pas garder dans le film, parce qu’en Angleterre, “mélodrame” est comme un gros mot. Cela vise les mauvais mélodrames, bien sûr, un bon mélodrame peut être excellent, mais disons que nous avons une relation compliquée avec le concept. Nous avons discuté de la synopsis et écrit un traitement, et à partir de là, nous savions exactement sur quoi nous voulions travailler. Le scénario s’est alors mis à prendre forme. Il faut tout de même dire que l’histoire du roman est une bonne histoire, mais ça s’arrête là, dans le sens où l’intrigue est assez simple. Il est vrai qu’au bout du compte, ce qu’il y a dans le film correspond à ce qui était dans le livre - avec seulement quelques changements, notamment la fin -, mais là où Alice a fait un travail brillant, c’est qu’elle est parvenue à créer de vrais personnages à partir de l’intrigue, en développant bien leur psychologie...
http://cineuropa.org/ff.aspx?t=ffocusinterview&l=fr&tid=3053&did=317961
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lady_Macbeth_sib%C3%A9rienne
(15) http://www.lemonde.fr/scenes/article/2016/01/29/la-puissance-erotique-du-lady-macbeth-de-mtsensk_4855797_1654999.html

(...) Le premier long métrage du britannique William Oldroyd reprend le thème de la soumission des femmes dans la société rurale corsetée d’un XIXéme siècle excluant toute passion amoureuse. Dés les premières scènes de The Young lady, l’atmosphère oppressante s’installe. Le spectateur compatit au sort de l’héroïne, jeune fille innocente mariée sans amour, voire achetée par un patriarche acariâtre pour
son vieux fils unique antipathique, aux seules fins d’un héritier. Telle Emma Bovary (16) ou Lady Chatterley (17), Katherine se morfond dans une bâtisse glaciale. Sa vie solitaire n’est scandée que par le tic-tac de l’horloge et l’intrusion matinale d’Anna, soubrette omniprésente qui l’espionne en silence, surgissant dans sa chambre pour ouvrir les volets et lacer son corset sans douceur. Doté d’un budget réduit pour un film d’époque, le cadre se limite à l’intérieur et aux dépendances du château, ainsi qu’à quelques visions d’une nature sauvage battue par les vents, un lieu d’évasion pour Katherine.
Le réalisateur apporte un soin particulier aux salles austères et dépouillés baignées d’une lumière froide quasi scandinave, ainsi qu’à la modeste robe bleue à crinolines et au corset enserrant Katherine physiquement autant que mentalement. Mais, outre les décors qui redonnent vie avec justesse à l’Angleterre du XIXème siècle, c’est la métamorphose de l’héroïne qui est spectaculaire - étonnante Florence Pughl. Par sa passion irrépressible, la douce jeune fille humiliée s’émancipe et s’endurcit jusqu’à devenir une tueuse en série. Un beau film au scénario ciselé jusqu ’à son cynique dénouement final.
Marie Toutée in Fiches du cinéma n° 2107 (mars 2017)
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Bovary
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Amant_de_lady_Chatterley

William Oldroyd
http://www.imdb.com/name/nm4399706/

Alice Birch
http://www.imdb.com/name/nm2690539/

Nikolai Leskov
Né Nikolaï Semionovitch Leskov le 16 février 1831 à Gorokhovo, décédé le 21 février 1895 à Saint-Pétersbourg.
Essayiste et romancier très fécond, de nombreux Russes le considèrent comme le plus russe de tous les écrivains russes...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Leskov

Ari Wegner
http://www.imdb.com/name/nm1645832/

Dan Jones
http://www.imdb.com/name/nm0427831/

Florence Pugh
http://www.imdb.com/name/nm6073955/

Cosmo Jarvis
http://www.imdb.com/name/nm4008605/

Paul Hilton
http://www.imdb.com/name/nm1746997/

Naomi Ackie
http://www.imdb.com/name/nm7609875/

Christopher Fairbank
http://www.imdb.com/name/nm0265457/

Golda Rosheuvel
http://www.imdb.com/name/nm0742929/

Rebecca Manley
http://www.imdb.com/name/nm0542598/

Fleur Houdijk
http://www.imdb.com/name/nm5149832/

Cliff Burnett
http://www.imdb.com/name/nm0122346/

Bill Fellows
http://www.imdb.com/name/nm0271499/

Ian Conningham
http://www.imdb.com/name/nm1878273/

Joseph Teague
http://www.imdb.com/name/nm3650136/

Alan Billingham
http://www.imdb.com/name/nm5011016/

David Kirkbride
http://www.imdb.com/name/nm1719268/

extrait(s) de presse

Cinédingue - Remarquablement mis en scène tout en plans fixes magnifiquement travaillés, "The Young lady" est un premier film surprenant par sa maîtrise...
Cinématraque - La fin âpre et ironique du film nous renvoie à nos propres questionnements : la passion aliène-t-elle les âmes, ou n’y a-t-il que des âmes aliénées pour céder à la passion ?
Paperblog - La somptueuse photo du film est un écrin pour la jeune Florence Pugh, d’une beauté et au jeu d’une intensité rares. Un grand film !