les lumières de la ville - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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les lumières de la ville

ciné répertoire
City lights
Usa - 1931 - 1h27
sorti en France le 7 avril 1931
accessible à partir de 6 ans
film - film muet
de

Charles Chaplin

scénario : Charles Chaplin
direction de la photographie : Roland Totheroh
musique ou chansons : Charles Chaplin, José Padilla, pour le thème "Flower Girl" (La Violetera)
avec : Charles Chaplin (e vagabond), Virginia Cherrill (la jeune fleuriste aveugle), Florence Lee (la grand-mère de la jeune fille), Harry Myers (le millionnaire suicidaire), Allan Garcia (le valet de chambre), Hank Mann (le boxeur), Henry Bergman (le maire et le voisin de la jeune aveugle), Victor Alexander (le boxeur superstitieux), Albert Austin (le balayeur et le cambrioleur), Joe Van Meter (l'autre cambrioleur), James Donnely (le contremaître), T.S. Alexander (le docteur), Eddie Baker (l'arbitre), Granville Redmond (le sculpteur), Robert Parrish (le jeune vendeur de journaux), Harry Ayers (le policier), Eddie Mc Auliffe (le boxeur qui s'enfuit), Stanhope Wheatcroft (le client du café), Jean Harlow (une cliente du restaurant)
séances : semaine du mercredi 12 avril 2017
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
18:30*
séance spéciale :
* "Charlot revient (4)" - en partenariat avec Hidden circle - tarif 3,50 €

synopsis

Usa, une métropole à la fin des années 20. Un vagabond s’éprend d’une belle et jeune vendeuse de fleurs aveugle qui vit avec sa mère, couverte de dettes. Suite à un savoureux quiproquo, la fleuriste s’imagine le pauvre hère, qui vient de lui acheter une fleur, en milliardaire. Ce qu’il n’est pas… même s’il se lie d’amitié avec un homme riche et suicidaire qui le prend sous son aile, mais uniquement sous l’emprise de l’alcool. Une fois sobre, le milliardaire renvoie invariablement le vagabond à son triste sort. C’est donc seul que Charlot se met en tête de réunir les fonds pour guérir la jeune fleuriste de sa cécité. De petits boulots sordides en matchs de boxe truqués, c’est une avalanche de gags qui mènera notre héros vers une des fins les plus célèbres de l’Histoire du cinéma...

notes de production

La production du film s’étale sur trois ans, dont 534 jours de tournage. La scène au cours de laquelle la fleuriste aveugle prend le vagabond pour un homme riche a notamment nécessité rien de moins qu’un record de 342 prises, pour ne trouver sa version définitive qu’au dernier jour de tournage. La richesse n’étant pas a priori un état perceptible par d’autres sens que la vue, Chaplin a en effet dû déployer tous les ressorts de son talent de metteur en scène pour imaginer un concours de circonstances suffisamment crédible... Une exigence folle qui fut tolérée grâce au producteur du long-métrage : Charles Chaplin lui-même...

La scène de l’élévateur devant le magasin d’antiquité a été préférée au montage à une autre scène au cours de laquelle le vagabond joue avec un morceau de bois coincé dans une grille d’aération sans parvenir à l’y glisser. La foule curieuse s’amasse bientôt autour de lui et un employé derrière sa vitrine, très docte, lui explique par gestes, la méthode la plus rationnelle pour faire tomber le bout de bois.

Toute la séquence de boxe est inspirée du court métrage Charlot boxeur (1). L’attente dans le vestiaire durant laquelle le vagabond prend conscience de la violence des combats en voyant revenir les perdants inanimés et le combat lui-même, lorsqu’il tire parti de tous les moyens qui sont mis à sa disposition (l’arbitre, les cordes...) pour éviter les coups de son adversaire, figurent déjà dans ce précédent film de Chaplin. La séquence est néanmoins enrichie de nouveaux gags ainsi que d’une intrigue et d’une mise en scène plus soignées.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlot_boxeur

Les Lumières de la ville est au même titre que Les Temps modernes (2) un long adieu que Charlie Chaplin fait au cinéma muet. Ces deux films sonores, sans dialogue, précèdent son premier film parlant, Le Dictateur (3).
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1678
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dictateur

La sauvegarde de la pantomime s’accompagne d’un refus de la technologie du parlant. L’intérêt visuel et gesticulant du personnage doit l’emporter sur une mobilité plus restreinte due à la parole qui positionne davantage dans l’immobilisme.
Chaplin désire également conserver la suprématie du mouvement pur, l’apport de la voix risquant de démasquer dans le personnage une seconde nature.

Pour la première du film aux Usa, Charles Chaplin fut rejoint par Albert Einstein (4) en personne ! Et pour la première du film en Angleterre, c’est le célèbre scénariste George Bernard Shaw (5) qui l’accompagna.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Einstein
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Bernard_Shaw

Au début du film, le maire et une officielle inaugure une statue. On entend alors des dialogues indescriptibles prononcés à travers un instrument. C’est en réalité la voix de Charles Chaplin lui-même, et la première fois que celle-ci est entendue dans un film.

Orson Welles (6) confia dans un interview que Les Lumières de la ville était son film préféré de tous les temps.
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1831

Le 15 février 1931, Charles Chaplin embarque pour l’Angleterre, peu de temps après la présentation triomphale du film Les Lumières de la ville aux Usa. Deux semaines plus tard, pour la première européenne, au Dominion theatre (7) à Londres, c’était trois mille spectateurs très enthousiastes, dont Winston Churchill (8), qui saluèrent cette œuvre, présentée aujourd’hui comme culte.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominion_Theatre
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill

Le désintérêt de Virginia Cherrill pour son rôle de fleuriste pousse Charles Chaplin à renvoyer l’actrice. Après des essais catastrophiques avec Georgia Hale (9) (personnage féminin principal de La Ruée vers l’or), le cinéaste engage à nouveau l’actrice renvoyée... contre une hausse de son salaire !
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1136

1929. A l’aune du cinéma parlant, Chaplin décide de tourner le dos aux innovations techniques et se résout à la production d’un nouveau long-métrage sans paroles. Ce seront Les Lumières de la ville, dernier film muet de Charlot et ultime occasion pour les spectateurs du monde entier de s’imaginer une voix pour leur héros. Conscient qu’il devra faire face au cinéma sonore tôt ou tard sous peine de disparition, Chaplin trouve alors un compromis afin de se donner encore un peu le temps de la réflexion quant aux premiers pas de Charlot dans le monde du dialogue : sa nouvelle création sera un film muet, mais sonore - comprendre avec musique et effets bruités. Musique qu’il composera lui-même, confirmant ainsi une des multiples facettes de son talent.
Accouché dans la douleur, Les Lumières de la ville est au final un petit miracle de fraîcheur et d‘équilibre qui pourrait résumer à lui seul l’art de Chaplin. Mais que de souffrances et de doutes avant de toucher à ce naturel cinématographique et comique. Étalé sur 32 mois - un record pour l’époque - le tournage du quatrième long-métrage de Charlie Chaplin se révélera un vrai calvaire. Chaplin, connu pour son perfectionnisme et ses méthodes de travail dégagées de toute inféodation aux studios, multiplia les prises - notamment pour les scènes de la rencontre avec la fleuriste et pour leurs retrouvailles. Au point que le métrage de rushes représente au bout du compte 150 fois le métrage du montage final… Triturée dans tous les sens, objet de toute la réflexion de l’artiste, la scène qui voit la jeune aveugle confondre le vagabond avec un milliardaire ne fut ainsi achevée qu’au 535° jour de tournage, après plus de 320 prises ! De même, Chaplin n’hésita pas à retourner toutes les séquences du milliardaire ivre, joué dans un premier temps par Henry Clive, finalement remplacé par un Harry Myers des grands jours...
http://www.dvdclassik.com/critique/les-lumieres-de-la-ville-chaplin

(...) On pourrait considérer cette manière qu’eut Chaplin de réaliser ses films comme relevant d’une période archaïque et d’autant moins envisageable qu’elle induit des coûts de production intenables. N’apparaît-elle pas en même temps comme au plus proche de la création artistique, qui, lorsqu’elle se réduit à n’être que l’illustration d’une idée ou l’exécution d’un programme, touche assez vite ses limites. La substance principale d’un cinéaste ce sont les plans et leurs agencements, c’est-à-dire du temps, des sensations d’espaces, de la vitesse, des gestes, des déplacements, des rythmes… Et tout cela, sauf prescience exceptionnelle - Fritz Lang (10), Hitchcock (11) peut-être - ne peut s’éprouver qu’au moment du tournage, dans la confrontation avec la matière.
Alors que les caméras numériques permettent d’enregistrer sans limite, sans craindre de grever les budgets en pellicules et développements, ne serait-il pas le moment que les jeunes réalisateurs s’inspirent de la façon dont Chaplin abordait la création. Après tout, cela ne lui a pas trop mal réussi.
Jacques Kermabon in L’Avant-scène cinéma
http://www.avantscenecinema.com/numero-614-les-lumieres-de-la-ville-de-charles-chaplin/
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1244
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1670

Charles Chaplin
voir fiche du film La Ruée vers l’or
http://www.citebd.org/spip.php?film1136

Roland Totheroh
voir fiche du film La Ruée vers l’or
http://www.citebd.org/spip.php?film1136

José Padilla
Né José Padilla Sánchez à Almería le 23 mai 1889, décédé à Madrid le 25 octobre 1960.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Padilla_S%C3%A1nchez

Virginia Cherrill
Née le 12 avril 1908 à Carthage (Illinois) et décédée le 14 novembre 1996 à Santa Barbara.
Après avoir épousé Cary Grant, elle passa une grande partie de la Seconde Guerre mondiale à travailler pour la Croix-Rouge...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Cherrill

Florence Lee
http://www.imdb.com/name/nm5681967/

Harry Myers
Né le 5 septembre 1882 à New Haven (Connecticut), décédé le 25 décembre 1938 à Hollywood.
http://www.imdb.com/name/nm0616729/

Allan Garcia
voir fiche du film Le Cirque
http://www.citebd.org/spip.php?film162

Hank Mann
Né le 28 mai 1887 à New York, décédé le 25 novembre 1971 à Pasadena.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hank_Mann

Henry Bergman
voir fiche du film Le Cirque
http://www.citebd.org/spip.php?film162

Victor Alexander
http://www.imdb.com/name/nm1033907/

Albert Austin
voir fiche du film Le Cirque
http://www.citebd.org/spip.php?film162

Joe Van Meter
http://www.imdb.com/name/nm0887504/

James Donnely
http://www.imdb.com/name/nm0232717/

Eddie Baker
http://www.imdb.com/name/nm0048417/

Granville Redmond
Né le 9 mars 1871 à Philadelphie, décédé le 24 mai 1935 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Granville_Redmond

Robert Parrish
Né le 4 janvier 1916 à Columbus (Géorgie), décédé le 4 décembre 1995 à Southampton (Long Island).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Parrish

Stanhope Wheatcroft
http://www.imdb.com/name/nm0923657/

Jean Harlow
Née Harlean Harlow Carpenter le 3 mars 1911 à Kansas City, décédée le 7 juin 1937 à Los Angeles.
Sex symbol des années 1930, elle était surnommée la blonde platine...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Harlow

extrait(s) de presse

Critikat - Séduire une femme qui ne voit pas, émouvoir un public qui n'entend pas : les deux entreprises se juxtaposent facilement. Chaplin propose un très métalinguistique manifeste pour la privation sensorielle.
Charlie Chaplin - Si Chaplin était sévère avec les autres, il était toujours encore plus dur envers lui-même. Dans ce cas précis, il eut la force de couper une scène qu’il savait magnifique mais qui n’avait pas sa place dans le film terminé...
Dvd classik - La marque des grands… saluée par Orson Welles qui n’avait de cesse de répéter que "Les Lumières de la ville" était le plus beau film de tous les temps. On connaît le sens de l’exagération du grand Orson, mais là, promis, vous pouvez le croire sur parole !
Télérama - Pour Chaplin, c'est sûr, l'amour n'est pas seulement aveugle, il est féminin...
L'Oeil sur l'écran - "Les lumières de ville" est l’un des plus grands films de toute l’histoire du cinéma...
Critique film - Charles Chaplin nous parle d’une société qui construit de gigantesques statues à la mémoire de tel ou tel illustre ou comme ici pour glorifier « la postérité » mais qui laisse les siens dormir dehors...
Classiques du cinéma - Une fois de plus, et peut-être plus que jamais, Chaplin touche et séduit...
Les chroniques du canapé... - Absolument délicieux, hilarant, et émouvant, "Les Lumières de la ville" est simplement un classique.