gwen, le livre de sable - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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gwen, le livre de sable

France - 1984 - 1h07
sorti en France le 6 février 1985
Prix de la critique Annecy 1985
accessible aux enfants à partir de 6 ans
film d'animation - film francophone
de

Jean-François Laguionie

scénario : Jean-Paul Gaspari, Jean-François Laguionie
musique ou chansons : Pierre Alrand
voix : Michel Robin (Roseline), Lorella Di Cicco (Gwen), Armand Babel (premier jumeau), Raymond Jourdan (deuxième jumeau), Saïd Amadis (nomade), Jacques Bouvier (nomade), Bertrand Beautheau (nomade), Jacques Ruisseau (voix diverses)
séances : semaine du mercredi 5 avril 2017
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
21:00*
séance spéciale :
* après la conférence "Parlons d'images" (organisée en partenariat avec le pôle image Magelis, le réseau Canopé de la Charente, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Ciné passion 16, l’Emca et avec le soutien du Cnc), le film "Gwen, le livre de sable", précédé de la projection de "La Traversée de l'Atlantique à la rame", sera présenté par Jean-François Laguionie - tarif 3,50 €

synopsis

Une jeune fille, Gwen, a été adoptée par une tribu de nomades, dans un monde post-apocalyptique envahi par le sable. Dans ce désert, où ne subsistent que de rares animaux, une autruche, une gerboise ou un scorpion, une entité inconnue (le Makou) déverse parfois des flots d'objets, reproductions gigantesques de produits banals de notre monde (valises, téléphones, horloges...). Quand le jeune garçon avec lequel Gwen s'est liée d'amitié est enlevé par l'entité, Gwen part avec Roseline, une vieille dame, à sa recherche...

notes de production

La Traversée de l’Atlantique à la rame
France 1979, 24’
réalisation Jean-François Laguionie
scénario Jean-Paul Gaspari, Jean-François Laguionie
musique Pierre Alrand
voix de Charlotte Maury, Jean-Pierre Sentier
- Palme d’or court métrage Cannes 1978 (1)
- César 1979 meilleur court-métrage d’animation (2)
- sorti en France le 25 octobre 1979
- numérisé et restauré à l’occasion des 30 ans du festival de Clermont-Ferrand 2013
Pendant le générique de début est intercalée une première scène : l’épave d’une barque vide de tout occupant est rejetée par la mer sur une plage. À bord se trouve encore un cahier couvert d’écriture. L’histoire proprement dite commence ensuite. Au début du XXe siècle, un couple d’amoureux, financé par le journal The Daily star, part des États-unis et se lance dans une traversée de l’Océan Atlantique à la rame, à bord d’une petite barque. Ils ont embarqué divers objets de la vie quotidienne ainsi que des instruments de musique, et tiennent un journal de leur voyage sur un cahier. À mesure que le temps passe et qu’ils s’éloignent au large, leur voyage prend un tour de plus en plus fantastique...
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1978
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/4e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_C%C3%A9sar

Gwen, le livre de sable
Entièrement peint à la gouache et utilisant l’animation en papier-découpé, comme ce fut le cas pour La Planète sauvage (3) de Roland Topor et René Laloux, Gwen, le livre de sable est un film au rythme très lent et à l’ambiance peu avenante au premier abord, mais surtout, c’est une expérience visuelle très intéressante.
Présenté comme une succession d’images sans réel fond narratif, le film est avant tout un immense tableau prenant vie, que le spectateur peut interpréter comme il l’entend. Certains plans font d’ailleurs penser à la très célèbre Persistance du temps (4) de Salvador Dali, le fameux tableau où l’on voit des pendules en train de fondre dans un désert saharien. L’ambiance même du film renvoi (in)directement à cette toile, car elle est emprunte de tristesse et de mystère, le seul élément vraiment attractif étant ce garçon sans voile...
http://www.planete-jeunesse.com/fiche-2428-gwen-le-livre-de-sable.html
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film801
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Persistance_de_la_m%C3%A9moire

Pourquoi cette technique du papier découpé ?
C’était un procédé très utilisé par les Tchèques (Bretislav Pojar (5) en tête), que j’avais découvert au festival d’Annecy où mon ami Jacques Colombat (également scénariste-réalisateur entre autres de Calaveras (6) et Robinson & compagnie (7) ) m’avait emmené en 1963. Après mes ombres chinoises, j’étais à l’aise pour faire bouger mes personnages directement sous la caméra. Cela correspond aussi à ce besoin de "mise en scène visuelle" : tandis que le dessin animé aborde le mouvement de façon très progressive, le papier découpé (comme les autres formes d’animation directe, huile, poudre, pastel, marionnettes, morceaux d’allumettes, etc.) permet de sentir le mouvement immédiatement.
Un autre avantage du papier découpé, c’est qu’il n’y a pas d’altération de votre dessin, de votre style, entre les mains d’une équipe de dessinateurs... Cela définit plutôt la différence entre le court et le long métrage. La durée d’un long vous contraint à déléguer à un grand nombre de collaborateurs. Le dessin animé permet ce partage. Sur le plan artistique, c’est loin d’être aussi satisfaisant que le court métrage, pour lequel vous êtes seul… souvent par manque d’argent ! Le court reste pour moi le plus beau moyen de faire du cinéma d’animation.

Jean-François Laguionie in Positif n°472 (juin 2000)
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C5%99etislav_Pojar
(6) http://www.anima-studio.com/blog/calaveras-2/
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robinson_et_compagnie

Ce premier long métrage de Jean-François Laguionie, peint à la gouache et réalisé par le studio La Fabrique (8), a obtenu le prix de la critique à Annecy en 1985.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fabrique_(animation)

Entretien avec Jean-François Laguionie
Votre premier long métrage, "Gwen ou le livre de sable", était produit par Gaumont : c’est une curieuse anomalie dans son catalogue…
Pendant les trois ans de production, personne de chez Gaumont n’a demandé à voir quoi que ce soit. Quand je leur ai montré le film terminé, ils étaient très perplexes : ça ne correspondait pas du tout à ce qu’ils attendaient d’un dessin animé. Ils devaient penser à Astérix et se demander ce qu’ils allaient bien pouvoir faire de ce film pour lequel ils avaient versé un avaloir consistant. De même pour le coproducteur Antenne 2, qui ne pouvait pas imaginer passer pareille chose à l’antenne ! Gaumont a donné le film à Claude Philippot, à qui on confiait les films difficiles. Il a fait un travail formidable avec les exploitants indépendants, et le film a totalisé 60 000 entrées... En fait, tout cela était le résultat d’un malentendu : quand La Planète sauvage (9) de René Laloux et Roland Topor est sorti en 1973, nous étions quelques-uns à se dire que le long métrage d’animation avait atteint sa maturité, et qu’on irait désormais voir un film de Laloux ou de Colombat (10) comme on va voir un film de Chabrol (11) ou de Polanski (12). Le temps a passé, on en est encore loin !
Gilles Ciment in Positif n°472 (juin 2000)
http://gciment.free.fr/caentretienlaguionie.htm
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film801
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Colombat
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film292
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1156

Jean-François Laguionie
voir fiche du film Le Tableau
http://www.citebd.org/spip.php?film735

Jean-Paul Gaspari
http://www.imdb.com/name/nm0309218/

Pierre Alrand
http://www.imdb.com/name/nm0022478/

Michel Robin
voir fiche du film L’Important c’est d’aimer
http://www.citebd.org/spip.php?film888

Lorella Di Cicco
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lorella_Di_Cicco

Armand Babel
http://www.imdb.com/name/nm0044869/

Raymond Jourdan
Né à Lyon le 26 octobre 1930, décédé à Paris le 17 août 1991.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Jourdan

Saïd Amadis
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Amadis

Jacques Ruisseau
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ruisseau

Charlotte Maury
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Maury-Sentier

Jean-Pierre Sentier
Né à Beaugency le 7 avril 1940 et décédé à Boulogne-Billancourt le 5 janvier 1995.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Sentier

extrait(s) de presse

Planète jeunesse - "Gwen, le livre de sable est un film étonnant à voir principalement pour son esthétique originale.
Vidéale - Loin de tout ce que le jeune ou moins jeune spectateur a l'habitude de regarder, "Gwen, le livre de sable" suspend le temps...
Sens critique - Une réussite rare en France.
Laterna magica - "Gwen" est l’un des trop rares long-métrages d’animation français, et sans doute l’un des plus audacieux...
Le Cinématographe - "Gwen" est une élégante chanson de gestes, aux images lumineuses...
Films pour enfants - Un petit peut regarder, mais mieux vaut l'accompagner, ça peut être étrange et effrayant.