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phase iv

ciné répertoire
Usa - 1974 - 1h33
sorti en France le 1er octobre 1975
prix spécial du jury festival international du film fantastique Avoriaz 1975
film - version originale sous-titrée en français
de

Saul Bass

scénario : Mayo Simon, Barry N. Malzberg
direction de la photographie : Dick Bush
musique ou chansons : Brian Gascoigne
avec : Nigel Davenport (docteur Ernest D. Hubbs), Michael Murphy (James R. Lesko), Lynne Frederick (Kendra Eldridge), Alan Gifford (monsieur Eldridge), Robert Henderson (Clete), Helen Horton (Mildred Eldridge)
séances : semaine du mercredi 15 mars 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
18:30*
séance spéciale :
* proposé dans le cadre de la manifestation "Toute la mémoire du monde, hors les murs", ce film est couplé avec "Un Lion en hiver" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - soirée présentée avec Hidden circle

synopsis

Ernest D. Hubbs, scientifique issu d'une grande université, découvre que le cosmos influence certaines espèces de fourmis, en Arizona Celles-ci s'unissent, éliminent leurs prédateurs et construisent des structures inhabituelles. Elles semblent douées d'intelligence et de stratégie. Hubbs s'associe avec son collègue James Lesko pour en faire une étude plus poussée. Ils font évacuer la région, construisent un laboratoire de pointe et commencent à étudier le comportement des fourmis. Le lendemain de l'installation du laboratoire, celles-ci l'attaquent, mais Lesko diffuse un poison jaune qui tue toutes les assaillantes. Quand Lesko et Hubbs sortent, ils découvrent Kendra, une habitante de la région qui n'avait pas été évacuée. Dans l'impossibilité de le faire, puisque coupés du monde, ils la recueillent...

notes de production

Ce film, le seul long métrage réalisé par Saul Bass, marque les retrouvailles de Nigel Davenport et Lynne Frederick après Terre brûlée (1) et gagna le prix spécial du jury au festival international du film fantastique d’Avoriaz 1975 (2).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_br%C3%BBl%C3%A9e_(film)
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_fantastique_d’Avoriaz_1975

Ken Middleham avait déjà filmé les images d’insectes pour la fiction documentaire Des Insectes et des hommes (3) écrit par David Seltzer et dirigé par Walon Green en 1971. Ce film partage avec Phase IV l’idée que les insectes nous survivront du fait de leur plus grande adaptabilité.
De façon assez paradoxale, l’artiste du générique Saul Bass n’a pas fait de générique de début à son propre film. Et même le logo Paramount (4) n’apparaît pas.
En 2012, une copie de la fin originalement prévue par Saul Bass (et coupée par la Paramount) (4) a été retrouvée. Elle prolonge la scène de fin de quelque 4 minutes, montrant avec beaucoup de lyrisme et de recherches graphiques, le prolongement de l’évolution de l’homme. Assez étonnant. Elle a été projetée dans quelques salles aux Usa. Elle est visible sur YouTube (5).
http://films.blog.lemonde.fr/2017/01/21/phase-iv/
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Des_insectes_et_des_hommes
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paramount_Pictures
(5) https://www.youtube.com/watch?v=oHWSAZ3fZsQ

Saul Bass est le graphiste de génie qui a réalisé les génériques de Vertigo (6), La Mort aux trousses (7), Psychose (8), Autopsie d’un meurtre (9), West side story (10)... affichiste d’Otto Preminger, Alfred Hitchcock, Billy Wilder (11), Stanley Kubrick (12), Steven Spielberg (13)... auteur de logos pour la pub, etc.
Le film n’avait eu aucun succès. Cela arrive souvent avec des chefs d’œuvre atypiques. En plus, les sons électroniques ont été fabriqués par David Vorhaus qui était à la tête du groupe White noise (14) que j’adorais, et les autres effets musicaux par Stomu Yamashta (15) dont les percussions m’avaient emballé en 1971... Mais surtout le film soulève des questions angoissantes qui sont toujours d’actualité depuis 1974.
https://blogs.mediapart.fr/jean-jacques-birge/blog/280716/phase-iv-etonnant-film-de-science-fiction-de-saul-bass
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1807
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mort_aux_trousses
(8)http://www.citebd.org/spip.php?film1783
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Autopsie_d’un_meurtre
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/West_Side_Story_(film)
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1679
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1636
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film542
(14) https://en.wikipedia.org/wiki/White_Noise_(band)
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Stomu_Yamashta

Extérieurs immenses et désertiques. Intérieurs restreints et étouffants. Nos personnages sont enfermés et seuls au monde, où qu’ils aillent. Bass les observe comme il observe les fourmis, avec une curiosité mêlée de crainte. Tout peut basculer à tout moment, et plus l’histoire avance, plus elle a des chances de mal finir ...
Il y a un curieux trio qui se met en place au cours du film.
Chacun des personnages va finir par faire ses choix, en dépit de ce que pensent ou veulent les autres. C’est aussi un film sur le libre-arbitre, sur la condition humaine. Sur l’infiniment petit (les fourmis) et l’infiniment grand (le cosmos), sur le mystique et sur le rationnel, tout ça avec des putains de fourmis évoluées. Et ce n’est pas le moindre des tours de forces du film que de nous faire comprendre progressivement que les fourmis, elles aussi, réfléchissent et font des choix ....
Le final, quasi psychotronique, en surprendra plus d’un. Il est abrupt, comme pour nombre de films de genre de l’époque. Il ouvre le film à des horizons fascinants, et effrayants ...
http://www.mad-movies.com/forums/index.php?showtopic=38614

La première chose qui frappe en visionnant Phase IV est toutefois de constater à quel point la réalisation est imaginative et non-conventionnelle. Que ce soit dans son ambiance particulière, ses décors inhabituels ou ses idées excentriques, on peut dire que le film de Bass puise sa force dans plusieurs sources riches en nutriments artistiques. De par leurs angles de vue, la profondeur de leurs plans et même certains éléments de décors, les scènes tournées à la surface du désert donnent souvent l’impression d’observer une peinture surréaliste. Pour contraster, les décors souterrains sont beaucoup plus renfermés (nous nous trouvons dans une fourmilière !) et le cadrage donne une ambiance étouffante au film. Cet aspect n’est pas sans rappeler certains films expressionnistes allemands (16) des années 20. Malgré ses changements de ton, Phase IV réussit toutefois à demeurer cohérent. Il est rare de voir un réalisateur alterner habilement entre plusieurs trames narratives tout en gardant une ambiance générale homogène et Bass a réussi son pari ! Ajoutez à tout cela des éclairages colorés occasionnels, un soucis du détail hallucinant, des effets de chaleur n’ayant rien à envier à The Texas chain saw massacre (17) et une bande sonore plus qu’adéquate entrecoupée de moments silencieux lourds et vous obtenez un classique oublié des années 70...
http://www.horreur-web.com/phase4.html
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_expressionniste
(17) http://www.citebd.org/spip.php?film1350

Le scénario est logiquement découpé en les trois phases (le film se clôturant sur la quatrième) d’un même phénomène cosmique, initiateur, chez plusieurs colonies de fourmis, d’une organisation aussi agressive que redoutablement intelligente. Le film relate donc ce qui s’apparente à une complexe partie d’échecs entre les fourmis et les chercheurs, ceux-ci tentant, en mettant en relation les sons que les insectes émettent et leurs déplacements à l’aide d’un matériel sophistiqué, de comprendre leur langage et d’anticiper leurs mouvements.
Saul Bass montre donc tour à tour les actions et réactions des deux partis, soit la confrontation entre deux intelligences ; et le soin et la précision qu’il témoigne en filmant le comportement des uns et des autres, à travers des séquences plutôt lentes et détaillées, confirme qu’il cherche avant tout à raconter une histoire, sans recourir à des effets faciles que le scénario de base aurait pu aisément suggérer à un metteur en scène de moindre talent. Sa réalisation souligne très bien l’étrangeté du phénomène auquel les protagonistes sont confrontés ; en un seul plan large montrant les deux hommes seuls dans un paysage désertique, il exprime leur isolement au milieu d’une nature hostile et insondable. L’arrivée en voiture des deux chercheurs donne également lieu à un enchainement de plans efficaces, qui laissent subtilement appréhender de singuliers et mystérieux événements...
http://www.citizenpoulpe.com/phase-iv-saul-bass/

Entretien avec Saul Bass
Comment avez-vous commencé votre carrière ?
A l’origine, j’ai commencé comme graphic designer. Et lorsque je suis arrivé à Hollywood, j’ai travaillé sur des symboles graphiques dans la publicité avec l’équipe de Motion pictures. J’ai aussi conçu des logos publicitaires. C’est à ce moment qu’il nous a paru intéressant de traduire ses symboles graphiques en image. Nous travaillions alors sur le film L’Homme au bras d’or avec Franck Sinatra et Kim Novak. Nous pensions pouvoir traduire en images, le ton dramatique du film et le mettre à l’écran., au début du film. J’avais à l’esprit qu’en général l’ouverture des films était totalement ennuyeuse. C’était donc une opportunité.
A mon avis, la première image du film et son générique présentaient la possibilité de créer une ambiance, un état d’esprit propice à la réception, dès le début du film. Nous avions le sentiment que nous devions saisir cette chance. Une autre point important, c’est l’élément graphique du film qui le représente. C’est son symbole publicitaire et surtout il résume et il donne une opinion du film. Il intègre donc ses caractéristiques. Voilà comment j’ai débuté...

http://www.generique-cinema.net/histoire/saulbass.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Homme_au_bras_d’or

Saul Bass
Né le 8 mai 1920 à New York, décédé le 25 avril 1996 à Los Angeles.
Il a collaboré avec les plus grands réalisateurs pour la création de génériques et pour la conception d’affiches...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saul_Bass

Mayo Simon
http://www.imdb.com/name/nm0800294/

Barry N. Malzberg
Né Barry Nathaniel Malzberg le 24 juillet 1939 à New York.
Ses livres, souvent empreints de pessimisme, ne sont pas sans ressemblance avec les écrits de Kafka...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_N._Malzberg

Dick Bush
Né le 2 décembre 1931 à Devonport où il est décédé le 4 août 1997.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dick_Bush

Brian Gascoigne
http://www.imdb.com/name/nm0309057/

Nigel Davenport
voir fiche du film Cyclone à la Jamaïque
http://www.citebd.org/spip.php?film710

Michael Murphy
Né le 5 mai 1938 à Los Angeles.
Il reconnaîtra que c’est grâce à Robert Altman, avec qui il a tourné sept fois, qu’il a pu faire carrière dans le cinéma...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Murphy_(acteur)

Lynne Frederick
Née le 25 juillet 1954 à Hillingdon (Gb), décédée le 27 avril 1994 à Los Angeles.
Elle sera la quatrième et dernière épouse de Peter Sellers...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lynne_Frederick

Alan Gifford
voir fiche du film 2001, l’odyssée de l’espace
http://www.citebd.org/spip.php?film1636

Robert Henderson
http://www.imdb.com/name/nm0376580/

Helen Horton
http://www.imdb.com/name/nm0395600/

extrait(s) de presse

Sens critique - "Phase IV" est un film avant-gardiste à (re)découvrir de toute urgence, une oeuvre déstabilisante et paranoïaque à souhait d'autant plus précieuse qu'elle reste l'unique tentative de son auteur dans ce format.
Télérama - (...) plus angoissant que "La Planète des singes", "Phase IV" nous raconte une autre fin du Monde, sujet de prédilection des films de SF des années 70, mais toute aussi terrifiante. Un grand Classique.
Mad movies - Seule et unique réalisation de l'immense Saul Bass, "Phase IV" est, comment dire ...... un curieux croisement entre "Les Oiseaux" de Hitchcock (sorti l'année d'avant), et le "2001" de Kubrick. Ouais, carrément.
Horreur - Habile mélange entre "Microcosmos", "Tremors" et "2001 : a space odyssey", "Phase IV" est un film à découvrir...
Citizen poulpe - "Phase IV", unique long métrage de Saul Bass, demeure un joli coup d'essai, témoignant de son talent en matière de composition et de découpage des plans...
àVoir-àLire - Très proche du "Mystère Andromède", ce film de science-fiction parvient à créer une ambiance anxiogène avec trois fois rien. Un petit classique du genre en quelque sorte.
Journal cinéphile lyonnais - "Phase IV" est désormais un classique de la SF haut de gamme.