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la dame de shanghai

ciné répertoire
The Lady from Shanghai
Usa - 1947 - 1h27
sorti en France le 24 décembre 1947
film - version originale sous-titrée en français
de

Orson Welles

scénario : Orson Welles, William Castle
d'après l'oeuvre de : Sherwood King
direction de la photographie : Charles Lawton Jr., Rudolph Maté
musique ou chansons : Heinz Roemheld, Morris Stoloff
avec : Rita Hayworth (Elsa « Rosalie » Bannister), Orson Welles (Michael O'Hara), Everett Sloane (Arthur Bannister), Glenn Anders (George Grisby), Ted de Corsia (Sidney Broome), Erskine Sanford (le juge), Gus Schilling (Goldie), Carl Frank (le procureur de district Galloway), Louis Merrill (Jake Bjornsen), Evelyn Ellis (Saliha Bessie), Harry Shannon (le chauffeur de taxi), Philip Van Zandt (un policier / un voyou)
séances : semaine du mercredi 8 mars 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
20:30*
séance spéciale :
* aspect du film noir (3) - en partenariat avec l’Eesi et Hidden circle - tarif 3,50 €

synopsis

Michael O'Hara fait la connaissance de la ravissante Elsa Bannister, qu'il sauve peu après d'une agression. Mariée à Arthur Bannister, un riche avocat âgé peu scrupuleux, boiteux et de retour de Shanghaï, Elsa fait embaucher Michael sur le yacht de son mari. O'Hara tombe sous le charme d'Elsa sous le regard indifférent de son mari quand, à l'occasion d'une escale, George Grisby, l'avocat associé de Bannister, lui fait une singulière proposition : le tuer sans risque contre une grosse somme d'argent avec l'argument qu'on ne peut pas être poursuivi en Californie tant que le corps n'est pas retrouvé par la police ! À court d'argent, Michael O'Hara hésite...

notes de production

La Dame de Shanghai est tiré du roman If I die before I wake de Sherwood King. Mais l’origine exacte du projet est depuis longtemps entourée de nombreuses affabulations. Dans plusieurs interviews, Orson Welles affirma en effet avoir débuté ce projet sur un coup de bluff : ayant un pressant besoin d’argent, il aurait promis par téléphone à Harry Cohn (1) (directeur de Columbia pictures (2)) une histoire exceptionnelle contre le virement immédiat d’une somme conséquente. Prenant le premier livre qui lui tombait sous la main, il aurait ensuite dû se tenir à ce choix. Les mémoires de William Castle, qui collabora au film, dévoilèrent ce qui est généralement considéré aujourd’hui comme la véritable genèse de La Dame de Shanghai. Jugeant que le roman de Sherwood King contenait la matière d’un bon film, Castle aurait écrit un rapide traitement qu’il proposa au département scénario de la Columbia, mais il essuya un échec. Il le montra alors à Orson Welles, qui le présenta directement à Harry Cohn comme étant de sa propre initiative. Ce dernier accepta et délivra une somme juteuse à Welles...
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Cohn
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Columbia_Pictures

Le tournage ne fut pas exempt de tensions. Orson Welles s’était engagé depuis longtemps à faire un film pour Harry Cohn (1), et La Dame de Shanghai était pour lui le moyen de régler cette dette. Il ne s’agissait donc probablement pas d’un projet lui tenant énormément à cœur. Rita Hayworth, de son côté, avait entamé une procédure de divorce contre Welles (qu’elle avait épousé en 1943), mais elle accepta néanmoins le rôle d’Elsa Bannister. Lorsque les journalistes l’interrogèrent sur ce point, elle répondit qu’elle "le [devait] à Orson". Tout cela sans oublier Errol Flynn (3) qui fit preuve d’une attitude peu respectueuse, imposant le silence aux autres.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Errol_Flynn

Harry Cohn déclara à Orson Welles à l’issue du tournage qu’il ne laisserait plus jamais une même personne produire, jouer et réaliser un film car il ne pourrait dès lors pas le renvoyer.

Barbara Laage (4) était le choix initial d’Orson Welles pour interpréter le personnage d’Elsa. Par la suite, le fait d’avoir Rita Hayworth pour vedette l’obligera à faire évoluer le rôle, devenu plus complexe. Le cinéaste l’enrichira en outre d’allusions autobiographiques, évoquant par divers moyens artistiques les échecs de leur relation amoureuse. Ainsi les thèmes de la culpabilité et de l’abandon imprègnent entièrement la fin du film.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara_Laage

Pour les besoins du film, Orson Welles modifia largement la coiffure de Rita Hayworth : celle-ci y porte pour la première fois des cheveux plus courts et en partie bouclés, teints en blond platine. Appréciant peu cette initiative unilatérale, alors que l’actrice était encore sous contrat avec la Columbia pictures (2) et que sa chevelure rousse s’imposait comme une "valeur" appartenant au studio, Harry Cohn (1) se serait exclamé : mon Dieu, regardez ce qu’a fait ce fou ! Il accentua ensuite son contrôle sur le film, effectuant un montage selon son désir, au détriment des vœux du cinéaste. Ce dernier reconnut par la suite avoir ainsi métamorphosé son icône afin de la démythifier et de régler ses comptes avec l’univers d’illusion hollywoodien.

Harry Cohn (1) reprocha en règle générale à Orson Welles un manque de glamour qu’il estimait potentiellement préjudiciable pour Rita Hayworth. Il exigea en outre l’ajout de gros plans ainsi que le tournage d’une scène de chant, afin de valoriser l’actrice.

Un poster montrant la star mexicaine Dolores del Río (5) apparaît furtivement dans le film. Il s’agit d’un clin d’œil d’Orson Welles à son ex-compagne.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dolores_del_R%C3%ADo

Suite à un conflit avec Orson Welles, le maquilleur attitré de Rita Hayworth, Robert J. Schiffer (6), fut renvoyé du tournage, au grand désespoir de l’actrice qui, sans le dire à son ex-mari, le réengagea le lendemain. Il fut convenu que le maquilleur reste discret et se fasse remplacer par son assistant pour les retouches. L’arrangement fonctionna jusqu’au moment du tournage au Mexique, où Welles rencontra Schiffer dans l’avion, malgré les précautions prises. Devant l’insistance et la fermeté de sa comédienne-vedette, le réalisateur dut s’incliner.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_J._Schiffer

Rita Hayworth est tombée malade durant le tournage, obligeant l’équipe à arrêter le travail durant un mois. Orson Welles fut par la suite critiqué pour avoir dépassé le budget du film.

La présentation du film aux pontes de la Columbia pictures (2) ne se déroula pas exactement de manière idyllique. Jugées désolantes, les images laissèrent les spectateurs sans voix. Harry Cohn (1) promit alors mille dollars à quiconque pourrait lui résumer l’intrigue du film, jugée incompréhensible dans le présent montage.

La Dame de Shanghai a connu un avenir contrasté. Si le film a été, à sa sortie, un échec sur le plan commercial, il est en revanche devenu depuis l’un des grands classiques du cinéma, notamment du fait de la célèbre scène finale "aux miroirs", maintes fois imitée voire parodiée. Dans Meurtre mystérieux à Manhattan (7), Woody Allen tournera quelques plans identiques en hommage à Orson Welles.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Meurtre_myst%C3%A9rieux_%C3%A0_Manhattan
Quelques autres films ont tenté la référence directe, notamment Inception (8) réalisé par Christopher Nolan, mais dès 1949, à la fin de Le Troisième homme (9) de Carol Reed, on peut voir Orson Welles dans les égouts face à plusieurs entrées de couloirs comme autant de miroirs obscurs d’où lui parviennent les appels des hommes qui le pourchassent, sans qu’il puisse savoir si emprunter l’un ou l’autre pourrait lui donner une chance de s’échapper. C’est une sorte de transposition en négatif (la scène est souterraine et aucune lumière ne provient de ces portes miroirs) mettant en jeu l’ouïe au lieu de la vue. À la fin du générique d’ouverture de Skyfall (10), James Bond brise de nombreux miroirs lui faisant face avec son arme.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Inception
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Troisi%C3%A8me_Homme_(film)
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Skyfall

Le titre définitif du film, adopté en cours de tournage, n’est pas à prendre au pied de la lettre : il fait en réalité référence à la célèbre scène finale du film, qui se déroule... dans le quartier chinois de San Fransisco. Différents titres ont été envisagés pour le film, dont Black irish et If I die before I wake.

Orson Welles n’a pas apprécié la musique composée pour les besoins du film. Il était notamment mécontent qu’une musique accompagne la scène finale des miroirs, qu’il voulait silencieuse.

Le yacht sur lequel se déroule la majeure partie de l’action, le Zaca (11), appartenait en fait à Errol Flynn. Ce dernier, qui exigea d’ailleurs de diriger lui-même le navire pour les différentes étapes du voyage, peut être aperçu en arrière-plan durant une scène.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Zaca_(yacht)

Le film fut tourné dans les studios de Columbia pictures (2) ainsi qu’à San Francisco, Sausalito (12) et Acapulco (13). Les lieux figurés à l’écran sont New York (dont Central park), la mer des Antilles et San Francisco.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sausalito_(Californie)
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Acapulco

La Dame de Shanghai marque la venue de Welles au film hollywoodien avec le mélange de deux genres typiques : le film noir et le film d’aventure. Car si l’intrigue, basée sur la corruption et la manipulation, avec en plus la présence d’une femme fatale, est typique du genre noir, son décor et son déroulement font plus penser au film d’aventure. Le Film noir est un genre immobile, clos, nocturne. Ici, on va de San Francisco aux Caraïbes pour se retrouver au tribunal et quelques minutes plus tard à Chinatown, et la plus grande partie du film s’est déroulée à bord d’un yacht, décor mobile par excellence. La fusion de ces deux genres diamétralement opposés fait de La Dame de Shanghai un film hollywoodien atypique, et l’un des films les plus étranges tout court...
http://www.dvdclassik.com/critique/la-dame-de-shanghai-welles

Orson Welles
voir fiche du film La Soif du mal
http://www.citebd.org/spip.php?film1831

William Castle
voir fiche du film Rosemary’s baby
http://www.citebd.org/spip.php?film1471

Sherwood King
http://www.imdb.com/name/nm0455271/

Charles Lawton Jr.
Né le 6 avril 1904 à Los Angeles où il est décédé le 11 juillet 1965.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Lawton_Jr.

Rudolph Maté
voir fiche du film Jeux dangereux (To be or not to be)
http://www.citebd.org/spip.php?film599

Heinz Roemheld
Né le 1er mai 1901 à Milwaukee (Wisconsin), décédé le 11 février 1985 à Huntington beach (Californie).
http://www.imdb.com/name/nm0006257/

Morris Stoloff
Né le 1er août 1898 à Philadelphie et décédé le 16 avril 1980 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0006304/

Rita Hayworth
Née Margarita Carmen Cansino le 17 octobre 1918 à New York où elle est décédée le 14 mai 1987.
Surnommée « la déesse de l’amour », elle devient une légende vivante avec son rôle principal dans le film mythique Gilda...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rita_Hayworth

Everett Sloane
Né le 1er octobre 1909 à New york, décédé le 6 août 1965 à Los Angeles.
Membre fondateur (au même titre que Joseph Cotten ou Agnes Moorehead) de la troupe du Mercury theater créée par Orson Welles...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Everett_Sloane

Glenn Anders
Né le 1er septembre 1889 à Los Angeles, décédé le 28 octobre 1981 à Englewood.
http://www.imdb.com/name/nm0026011/

Ted de Corsia
Né Edward Gildea De Corsia à New York le 29 septembre 1903, décédé à Los Angeles le 11 avril 1973.
On n’oublie pas son rôle de tueur impitoyable face à Humprey Bogart dans La Femme à abattre de Raoul Walsh...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ted_de_Corsia

Erskine Sanford
Né le 19 novembre 1885 à Trinidad (Colorado), décédé à Los Angeles le 7 juillet 1969.
http://www.imdb.com/name/nm0762557/

Gus Schilling
Né le 20 juin 1908 à New York, décédé le 16 juin 1957 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0771696/

Carl Frank
http://www.imdb.com/name/nm0290866/

Louis Merrill
http://www.imdb.com/name/nm0581308/

Evelyn Ellis
http://www.imdb.com/name/nm0254833/

Harry Shannon
voir fiche du film La Soif du mal
http://www.citebd.org/spip.php?film1831

Philip Van Zandt
voir fiche du film La Main au collet
http://www.citebd.org/spip.php?film1713

extrait(s) de presse

Dvd classik - Aujourd'hui encore, La Dame de Shanghai est un film déroutant...
Critikat - ... si le film est si beau, s’il est un des plus grands chefs d’œuvre du film noir, c’est avant tout parce que Welles y sonde avec désinvolture et insolence vis-à-vis des lois fondamentales de la narration l’ambivalence de l’âme humaine.
Télérama - Conçu comme un cauchemar parfois grotesque, le film se justifie par la célèbre séquence des miroirs...
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