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harmonium

Fuchi ni tatsu
Japon, France - 2016 - 1h58
sorti en France le 11 janvier 2017
prix du jury Un certain regard Cannes 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Kôji Fukada

scénario : Kôji Fukada
direction de la photographie : Ken'ichi Negishi
musique ou chansons : Hiroyuki Onogawa
avec : Tadanobu Asano (Yasaka), Mariko Tsutsui (Akié), Kanji Furutachi (Toshio), Taiga (Takashi), Momone Shinokawa (Hotaru jeune), Kana Mahiro (Hotaru adolescente)
séances : semaine du mercredi 1er mars 2017
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
18:30
20:45
18:30
21:00
11:00*
18:30
20:45
18:30
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 8 mars 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
16:30
16:45
17:00*
séance spéciale :
* dimanche 17h00 dernière séance

synopsis

Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d'Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l'harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié...

notes de production

Pour Koji Fukada, la famille s’oppose au fait que l’être humain porte en lui une solitude contre laquelle il ne peut pas lutter. Avec Harmonium, il est parti de ce constat pour décrire une famille dont les membres prennent conscience de cet état tout en étant obligés de cohabiter. Le metteur en scène développe : le cinéma japonais idéalise le lien familial, mais en diffusant ainsi l’image d’une famille idéale démodée et stéréotypée, on renie les divers types de familles qui existent réellement. Je tiens à décrire une famille déjà effondrée parce que considérer l’effondrement d’une famille comme une tragédie c’est idéaliser ce qu’elle aurait pu être. Harmonium pose la question du système familial, il ébranle, montre la solitude originelle et fait apparaître le lien qui perdure, malgré tout.

Koji Fukada a commencé à penser à ce film en 2007 en imaginant que la venue d’un intrus violent pourrait être le point de départ de la réflexion d’un couple sur l’état de sa relation. Il a ensuite commencé à questionner la définition même de la violence. Le cinéaste explique : en fait la violence est inexplicable. Comme dans une catastrophe naturelle où les causes ne relèvent ni du bien ni du mal, le criminel, au moment de commettre son crime, ne peut expliquer avec précision les motifs de son action. Je pense que nous vivons dans une certaine ambiguïté ordinaire, loin du concept du Bien et du Mal. Je ne vois pas en Yasaka le symbole du Mal. Il n’est ni bon ni mauvais, je veux montrer que le Bien ou le Mal en chacun vient de ce que la relation à autrui fait de lui.

Le réalisateur Koji Fukada connaît bien son comédien Kanji Furutachi dans la mesure où les deux hommes travaillent ensemble depuis un court métrage que le premier a réalisé en 2008. Ils ont ainsi collaboré sur Tokyo ningen kigeki (2008), Hospitalité (1), Au revoir l’été (2), Sayônara (3) et Harmonium.
(1) http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Hospitalite-3798.html
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_revoir_l’%C3%A9t%C3%A9
(3) http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Sayonara-5661.html

Harmonium possède une tonalité plus sombre que les précédents films de Koji Fukada. Le metteur en scène a ainsi cherché à dépeindre la vie des hommes en s’approchant de la noirceur de leur cœur mais sans basculer complètement dedans. Et pour cela il faut avoir conscience de jusqu’où on peut aller. Ce film, comparé aux précédents, est un pas de plus en avant vers les tréfonds de l’âme.

Koji Fukada se sent proche du travail d’Eric Rohmer (4) en ce qui concerne le réalisme de son film. Il développe : il s’entretient avec les acteurs et ainsi construit un texte très précis. Avec ce texte, les acteurs vont développer un jeu qui leur est absolument propre. Rohmer (4) est un génie de la construction du récit et c’est grâce à ce texte très strict qu’il dirige les comédiens. Il n’explique pas la psychologie des personnages mais donne à l’imaginer, avec cette structure précise , où, dans chaque scène, le comédien doit fabriquer son propre espace. Je crois qu’ainsi le comédien donne au spectateur le temps de développer son imagination. C’est le secret du réalisme moderne.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1745

Le sujet du nucléaire revient souvent dans le cinéma japonais - ce qu’on peut aisément comprendre. S’il n’est guère cité dans Harmonium, on le note dans d’autres films du réalisateur, c’est pourquoi nous lui avons demandé de nous en dire plus, s’il souhaitait exprimer une chose particulière, comment le cinéma japonais abordait ce sujet si délicat…
http://cinephilia.fr/blog/interview-koji-fukada-harmonium/

Kôji Fukada
https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C5%8Dji_Fukada

Ken’ichi Negishi
http://www.imdb.com/name/nm3398477/

Hiroyuki Onogawa
http://www.imdb.com/name/nm0648824/

Tadanobu Asano
voir fiche du film Vers l’autre rive
http://www.citebd.org/spip.php?film1596

Mariko Tsutsui
http://www.imdb.com/name/nm1353095/

Kanji Furutachi
http://www.imdb.com/name/nm1967617/

Momone Shinokawa
http://www.imdb.com/name/nm5840275/

extrait(s) de presse

Culturebox - "Harmonium" distille l’étrangeté d’un quotidien bousculé, perturbé jusqu’au trauma...
L'Express - La réalisation est sèche et les dérives fantastiques n'en sont que plus surprenantes. A découvrir.
Positif - Mariko Tsutsui excelle dans l'incarnation du malheur de cette femme de foi protestante brisée, tour à tour retenue, passionnée et délirante, prise dans l'étau de la culpabilité.
Fiches du cinéma - À travers ce drame familial, Kôji Fukada sonde les affres des relations humaines avec une délicatesse bouleversante.
L'Humanité - Avec ce quatrième film, "Harmonium", le japonais Koji Fukada explore les tréfonds de l’âme humaine au prisme de la structure familiale. Un thriller psychologique au-delà du bien et du mal.
Culturopoing - La structure du récit est complexe, mais subtile. La narration est assez elliptique. (...). Les personnages semblent retenir leur réel ressenti au fond de leur cœur. L’intemporalité des lieux (quartier mi-résidentiel et mi-industriel, rivière, église) donne une dimension universelle au récit.
Télérama - Le cinéaste a lui-même écrit cette histoire tarabiscotée, à la violence sourde, révélatrice de rancoeurs effrayantes. La vision qu'il offre de la famille est cinglante à souhait. Mais non dénuée d'empathie pour les solitudes qui la constituent.
La Croix - Lent et dense, ce long-métrage séduit par son étrangeté et celle de ses personnages dont, au fil du récit, on parvient à comprendre la logique. Fantomatique, Yakasa, raide comme la mort et tout vêtu de blanc, incarne le retour du passé, avec son lot de secrets et de culpabilité.