the fits - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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the fits

Usa, Italie - 2015 - 1h12
sorti en France le 11 janvier 2017
sélection Venise 2015 et Sundance 2016 - prix de la critique Deauville 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Anna Rose Holmer

scénario : Anna Rose Holmer
direction de la photographie : Paul Yee
musique ou chansons : Danny Bensi, Saunder Jurriaans
avec : Royalty Hightower (Toni), Alexis Neblett (Beezy), Da'Sean Minor (Jermaine), Lauren Gibson (Maia), Makyla Burnam (Legs), Inayah Rodgers (Karisma), Antonio A.B. Grant Jr. (Donté)
séances : semaine du mercredi 15 février 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
18:30
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11:00*
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séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 22 février 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
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17:00*
séance spéciale :
* mardi 17h00 dernière séance

synopsis

Toni, 11 ans, s’entraîne dans la salle de boxe de son grand frère. Elle découvre qu’à l’étage au dessus, un groupe de filles apprennent une variante très physique du hip hop, le drill. Attirée par leur énergie, leur force, leur assurance, Toni abandonne peu à peu la boxe pour la danse…

notes de production

Le film est une réflexion sur le mouvement, sur l’hystérie de masse, sur ces maladies psychosomatiques qui touchent particulièrement les jeunes adolescentes. Il met en parallèle les gestes précis, volontaires et puissants de l’entraînement avec les manifestations inconscientes, spontanées et désordonnées de l’hystérie collective. J’ai réalisé The Fits comme un film sur la danse, en prenant chaque mouvement d’acteur et de caméra pour une chorégraphie. Des défis entre danseuses aux séances obsessionnelles de musculation, entre répétitions et improvisations, la narration découle de la performance physique.
En filmant ces mouvements, j’essaie d’explorer plusieurs thématiques. Quels sont les signes d’appartenance à un groupe et comment ces signes se développent-ils ? Comment les jeunes filles utilisent-elles leur corps pour communiquer ? Comment se différencier des autres ? Est-il vraiment possible de se trahir ? Qu’est-ce qu’être soi ?

Anna Rose Holmer

The Fits est le premier long-métrage de fiction d’Anna Rose Holmer. La cinéaste a toutefois une longue expérience dans le cinéma, en tant que réalisatrice de documentaires, directrice de la photographie ou encore productrice, sous le nom d’Anna Farrell.

C’est une véritable troupe de danse que l’on peut voir dans The Fits. Le film a été tourné à Cincinnati, dans l’Ohio.

Anna Rose Holmer a réalisé deux longs-métrages et produit plusieurs courts avec le New York city ballet (1). Une expérience qui a forcément beaucoup influencé la réalisatrice lors du tournage : j’ai énormément appris en observant le processus de création de la chorégraphie. Vous êtes connectés aux danseurs et à leurs corps. Le plus fascinant était de les observer en train d’apprendre la chorégraphie et comment leurs corps initiaient une communication propre grâce à leurs mouvements. C’est une chose à laquelle j’ai beaucoup pensé sur The Fits : la communication par la danse et les mouvements, confie la réalisatrice.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/New_York_City_Ballet

Anna Rose Holmer a accordé une place essentielle à la mise au point et aux jeux de focales dans The Fits. Nous avons utilisé de vieux objectifs, qui n’étaient pas codés. Cela nous a permis d’avoir une précision dans les détails incroyable, explique-t-elle. J’ai commencé en tant qu’assistante caméra. Mon premier travail a consisté à faire le point. Ensuite j’ai été première assistante, puis chef opératrice, et enfin directrice de la photographie. J’ai toujours considéré que faire le point était un outil essentiel. Ici cet outil sert à rendre compte de l’isolement de Toni.

Anna Rose Holmer est allée loin pour travailler le son de The Fits : nous avons testé l’utilisation d’enregistrements médicaux. Nous avons écouté des enregistrements d’échographie ou durant des opérations chirurgicales pour voir ce que cela faisait d’être à l’intérieur du corps de quelqu’un d’autre, raconte la réalisatrice. Nous avons utilisé ce processus pour illustrer son espace mental. Quand elle est concentrée, quand elle s’entraine, tous les sons de la salle de gym lui parviennent avec ce filtre, étouffés. Les bruitages ont également été travaillés pour ressortir et créer un lien plus fort entre le spectateur et Toni.

Anna Rose Holmer a travaillé sur le rythme du film afin de jouer sur l’impression d’élasticité du temps propre à l’adolescence. On retrouve ainsi dans The Fits plusieurs plans-séquences, qui sont interrompus par des scènes fortes lorsqu’un événement survient. De même, Toni est celle qui change le plus physiquement parmi le groupe de filles, afin d’imprimer un plus grand décalage dans sa transformation.

The Fits a été sélectionné à Sundance (2) et a reçu le prix de la critique au festival américain de Deauville (3).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_film_de_Sundance_2016
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_cin%C3%A9ma_am%C3%A9ricain_de_Deauville_2016

Entretiens avec Anna Rose Holmer
Comment avez-vous eu l’idée du film ?
Je me suis d’abord passionnée pour la photographie, à l’adolescence. C’est par l’œuvre de Mary Ellen Mark que je suis arrivée au cinéma, via Streetwise (4), le film réalisé par Martin Bell dans les années 80 à partir de sa série sur les adolescents fugueurs de Seattle. C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à la réalisation comme art, en lien direct avec la chorégraphie. Je vois d’abord le cinéma comme le moyen de capter un mouvement dans un cadre, un corps qui interagit avec une caméra. En travaillant avec le New York city ballet (1), je me suis rendu compte de la physicalité paradoxale qu’il y a à filmer une activité en temps réel, comme dans le cinéma-vérité. Il y a un aspect performatif dans le fait de se fondre dans la captation d’une activité avec une caméra à l’épaule. On se retrouve dans un état d’extrême attention où il est essentiel d’anticiper ce qui va se passer. C’est un peu comme de la danse, quand on y songe. Les danseurs m’ont beaucoup appris sur la manière d’observer les autres corps, de lire les langages avec lesquels ils s’expriment, et par extension sur mon activité de cinéaste...
http://next.liberation.fr/cinema/2017/01/10/anna-rose-holmer-les-danseurs-m-ont-appris-a-observer-les-autres-corps_1540440
Comment êtes-vous devenue metteur en scène ?
Quand j’ai étudié le cinéma, je voulais devenir chef opérateur, j’ai donc passé beaucoup d’heures sur des plateaux et, quand vous êtes à l’image, vous êtes au plus près du réalisateur, de ses rapports avec son directeur de la photo et avec ses acteurs, donc vous apprenez sur le terrain, ce qui est la meilleure des formations. Ensuite, j’ai été productrice, avant de passer à la réalisation...
http://www.cinemotions.com/The-Fits-tt121881/interviews/interview-124268
(4) https://en.wikipedia.org/wiki/Streetwise_(1984_film)

Anna Rose Holmer
http://www.imdb.com/name/nm2326407/

Paul Yee
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Yee

Danny Bensi
voir fiche du film Martha Marcy May Marlene
http://www.citebd.org/spip.php?film851
http://www.imdb.com/name/nm3737483/

Saunder Jurriaans
voir fiche du film Martha Marcy May Marlene
http://www.citebd.org/spip.php?film851
http://www.imdb.com/name/nm2450367/

Royalty Hightower
http://www.imdb.com/name/nm7513399/

Alexis Neblett
http://www.imdb.com/name/nm7513400/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Film de silence, oeuvre d’ambiance, "The Fits" s’est imposé cette année à Sundance et Deauville comme un ovni précieux, dont la personnalité n’est peut-être pas la plus aimable pour les spectateurs réfractaires aux grammaires alambiquées, mais son regard puissant sur l’enfance et l’adolescence, en fait l’une des productions les plus enthousiasmantes et les plus marquantes de son époque.
La Croix - D’une opacité hypnotique, The Fits sonde avec douceur la peur et l’envie des filles de devenir adolescentes dans une alchimie émouvante d’inconfort et de poésie.
Critikat - Avec ce premier long qui regorge de trouvailles et se détourne constamment des évidences, Anna Rose Holmer fait du corps le site d’une ambivalence, d’une lutte pour tenter d’être soi parmi les autres.
Libération - Cet archaïsme rarement revendiqué dans le cinéma contemporain, dont on peut raisonnablement soupçonner ici ou là qu’il est exagéré par la réalisatrice, donne en tout cas à "The Fits" un cachet assez singulier, voire, dans ses scènes les plus réussies, le sentiment d’avoir affaire à un vrai bel objet non identifié dont la danse est à la fois le sujet et le principal argument de cinéma.
Positif - (Un) premier film au mini-budget et à l'énergie vraie.
Bande à part - Dans une lumière saturant les couleurs et dessinant une ambiance de gymnases aux murs brique, de toilettes blanches et de passerelles grises, au son d’une mélopée dissonante et ensorcelante, "The Fits" saisit l’impalpable.
Film de culte - Une telle audace narrative couplée à une telle maîtrise formelle font d'Anna Rose Helmer un talent à suivre de très près.
Africultures - La polysémie du titre est à l'instar du parti pris : ne pas expliquer, montrer de l'intérieur et laisser comprendre...