les malheurs de sophie - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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les malheurs de sophie

France - 2016 - 1h46
sorti en France le 20 avril 2016
à partir de 7 ans
film - film francophone
de

Christophe Honoré

scénario : Christophe Honoré, Gilles Taurand
d'après l'oeuvre de : Comtesse de Ségur
direction de la photographie : André Chémétoff
musique ou chansons : Alex Beaupain
avec : Anaïs Demoustier (madame de Fleurville), Golshifteh Farahani (madame de Réan), Muriel Robin (madame Fichini), Caroline Grant (Sophie de Réan), Céleste Carrale (Camille de Fleurville), Justine Morin (madeleine de Fleurville), David Prat (Joseph), Aélys Le Nevé (Marguerite de Rosbourg), Tristan Farge (Paul d’Aubert), Marlène Saldana (madame de Rosbourg), Jean-Charles Clichet (Baptistin), Laetitia Dosch (Noémie), Elsa Lepoivre (madame d’Auber), Michel Fau (père Huc)
séances : semaine du mercredi 15 février 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
14:30*
séance spéciale :
* 1ère édition du Festival Télérama Enfants : "pour voir et revoir les films jeune public qui ont marqué l’année 2016" - 3,50€ la séance pour tous avec le pass dans Télérama.
séances : semaine du mercredi 22 février 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
14:30*
14:00
séance spéciale :
* 1ère édition du Festival Télérama Enfants : "pour voir et revoir les films jeune public qui ont marqué l’année 2016" - 3,50€ la séance pour tous avec le pass dans Télérama.

synopsis

Depuis son château, la petite Sophie ne peut résister à la tentation de l'interdit et ce qu'elle aime par dessus tout, c'est faire des bêtises avec son cousin Paul. Lorsque ses parents décident de rejoindre l'Amérique, Sophie est enchantée. Un an plus tard, elle est de retour en France avec son horrible belle-mère, Madame Fichini. Mais Sophie va pouvoir compter sur l'aide de ses deux amies, les petites filles modèles, et de leur mère, Madame de Fleurville pour se sauver des griffes de cette femme...

notes de production

Les Malheurs de Sophie est une adaptation du roman pour enfants écrit par la Comtesse de Ségur et publié en 1858 (1). C’est la 3ème adaptation cinématographique de l’œuvre après une première réalisée par Jacqueline Audry (2) et une seconde mise en scène par Jean-Claude Brialy (3).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Malheurs_de_Sophie
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Malheurs_de_Sophie_(film,_1946)
(3) https://www.filmotv.fr/film/les-malheurs-de-sophie/8266.html
autres adaptations de la Comtesse de Ségur
- 1952 : Les Petites filles modèles
d’Éric Rohmer (inachevé)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Petites_Filles_mod%C3%A8les_(film,_1952)
- 1971 : Les Petites filles modèles
de Jean-Claude Roy
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Petites_Filles_mod%C3%A8les_(film,_1971)
- 1983 : Un Bon petit diable
de Jean-Claude Brialy
https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_bon_petit_diable_(film,_1983)
- 1993 : La Fortune de Gaspard
de Gérard Blain (téléfilm)
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fortune_de_Gaspard_(t%C3%A9l%C3%A9film,_1993)

Après avoir adapté les poèmes d’Ovide avec Métamorphoses (4), Christophe Honoré s’attaque à une nouvelle adaptation de classique de la littérature avec Les Malheurs de Sophie. Le cinéaste a découvert la célèbre auteure à la fin de l’école primaire en dévorant toutes ses œuvres.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tamorphoses_(film,_2014)

Pour trouver sa Sophie, Christophe Honoré a auditionné plus de 800 fillettes. Il tenait à ce qu’elle dégage la spontanéité et l’énergie de la Sophie du livre, c’est pour cela que le metteur en scène souhaitait une actrice qui n’ait pas l’intelligence de la caméra et qui jouerait pour la première fois à l’écran. L’artiste a finalement jeté son dévolu sur Caroline Grant : j’ai remarqué très vite, qu’elle avait un goût pour le jeu très fort. Physiquement, en plus, elle correspondait à la petite fille de château que j’imaginais : ses grands yeux, ses boucles noires, sa vivacité, son énergie, et même le timbre de sa voix, relate le réalisateur.

Christophe Honoré a pris quelques libertés avec le roman original (1) en mélangeant les intrigues des Malheurs de Sophie et des Petites filles modèles. Les deux livres font partie d’une trilogie publiée entre 1857 et 1859 (Les Petites filles modèles, Les Malheurs de Sophie et Les Vacances) : il m’a semblé qu’en réunissant dans un même film « Les Malheurs de Sophie » et « Les Petites Filles modèles », je pouvais construire un modèle de récit brisé que j’affectionne. L’idylle et la disgrâce. Et surtout, je pouvais compter sur un héros enfant. J’étais très curieux de pouvoir filmer pendant des semaines une petite fille de cinq ans, confie le réalisateur.

Le cinéaste Christophe Honoré nous explique sa vision de la petite Sophie : je la vois comme une exploratrice du quotidien. Sophie est avant tout courageuse, elle fait tout ce que les enfants rêvent de faire sans jamais le faire ! Son absolue liberté en fait une héroïne de la transgression. Alors oui, Sophie détruit toujours ce qu’elle aime : sa poupée, les animaux qu’elle capture… Mais cette destruction s’accorde toujours avec un sentiment plus mélancolique, c’est comme si elle cherchait sans cesse les preuves qu’elle est bien seule au monde. Voilà, Sophie est une exploratrice échouée, qui prend peu à peu conscience que le monde est désert autour d’elle.

La poupée de Sophie est un cadeau de son père ; l’enfant la maltraite tout au long du film car elle représente tout ce que la fillette ne veut pas être, une poupée bien coiffée, muette, et qu’on oublie sur une chaise, selon Christophe Honoré. Pour le cinéaste, c’est également une métaphore de l’enfance et de la perte de l’innocence : contre l’image convenue que le père porte sur les filles, contre le destin convenu qu’il lui promet, Sophie lutte. Elle donne à sa poupée, et à elle-même la possibilité de vivre une vie héroïque, analyse le metteur en scène.

Christophe Honoré nous fait voyager jusqu’à l’époque napoléonienne (5) dans Les Malheurs de Sophie. Il a préféré transposer son histoire à cette époque plutôt qu’au 19ème siècle car cela correspond à l’époque de la propre enfance de la Comtesse de Ségur, une époque où les hommes n’étaient pas concernés par le monde de l’enfance, selon le réalisateur. C’est pour cette raison que le cinéaste ne filme pas en entier le père de Sophie, on ne le voit seulement que de dos ou juste ses pieds.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_Empire

Christophe Honoré pensait déjà à Golshifteh Farahani pour incarner la mère de Sophie mais préférait trouver d’abord l’interprète de la fillette avant de confirmer son choix : Golshifteh Farahani a quelque chose de princier dans son allure. Je savais qu’elle apporterait un mystère dans ce château au fin de fond de la Normandie. La Comtesse de Ségur est russe, elle a vécu comme une étrangère, jamais vraiment acceptée par les cercles parisiens. J’aimais que Golshifteh nous donne ce sentiment d’ailleurs, qu’elle ne soit pas d’ici, raconte le cinéaste.

Tourner avec des enfants est très difficile, surtout quand ces derniers ne savent pas encore lire et ne peuvent donc pas apprendre le texte. Christophe Honoré a sa méthode : avant le tournage, pendant quatre mois, nous avons appris des scènes dans le désordre comme on aurait appris les paroles d’une chanson, sans rentrer dans le jeu. Plus tard, juste avant les prises, les enfants reprenaient la scène qu’on allait filmer et les phrases apprises quelques mois auparavant revenaient alors de manière mécanique. (...) Je ne cessais de parler aux enfants pour avoir un maximum de spontanéité (Attention, tu rentres dans la pièce, tu lui montres la poupée, tu prends le coussin, tu lances le coussin, etc…) et éviter à tout prix qu’ils se mettent à exécuter des gestes qui ne leur auraient pas appartenu, explique le metteur en scène.

Christophe Honoré a donné la priorité aux enfants dans sa mise en scène en privilégiant les gros plans sur eux et les moments de vérité captés à la volée ; les acteurs adultes, eux, ont dû s’adapter : impossible de faire sept prises parce qu’un comédien adulte est bon à la septième ! L’enfant, lui, à la septième prise, il dort ! Anaïs Demoustier est une actrice des premières prises, elle est toujours juste. Je savais qu’elle s’adapterait sans problème. Muriel Robin, elle, a l’habitude du théâtre. Elle est arrivée sur le plateau très préparée, confie le cinéaste.

Christophe Honoré a choisi d’utiliser l’animation pour les scènes avec des animaux : je ne me voyais pas demander à un petit animal sauvage de faire un premier saut sur le dossier d’un fauteuil, de gagner une armoire, de sortir par la fenêtre et de se faufiler sur la gouttière ! Mais je n’avais pas envie non plus de me priver de la précision de la Comtesse de Ségur. L’animation a été la solution. Cela me rappelle aussi Peter et Elliott le dragon (6), un de mes films d’enfant préférés. L’animation apporte une impureté dans l’image que j’aime, analyse l’artiste. À noter que c’est Benjamin Renner, un des réalisateurs d’Ernest et Célestine (7), qui s’est occupé de donner vie à ces animaux animés.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_et_Elliott_le_dragon
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1053

Entretien avec Christophe Honoré
Sophie fait partie de ces personnages que l’on a l’impression de connaître mais qu’en réalité on a parfois un peu oublié… Quel genre d’héroïne est-elle ?
Sophie est un personnage plus complexe qu’on imagine. Elle n’est pas que l’enfant roi, capricieuse, qui plierait le monde à ses désirs. Je la vois comme une exploratrice du quotidien. Sophie est avant tout courageuse, elle fait tout ce que les enfants rêvent de faire sans jamais le faire ! Son absolue liberté en fait une héroïne de la transgression. Alors oui, Sophie détruit toujours ce qu’elle aime : sa poupée, les animaux qu’elle capture… Mais cette destruction s’accorde toujours avec un sentiment plus mélancolique, c’est comme si elle cherchait sans cesse les preuves qu’elle est bien seule au monde. Voilà, Sophie est une exploratrice échouée, qui prend peu à peu conscience que le monde est désert autour d’elle...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/les-malheurs-de-sophie,336112

Christophe Honoré
voir fiche du film Les Bien-aimés
http://www.citebd.org/spip.php?film752

Gilles Taurand
voir fiche du film Une Histoire de fou
http://www.citebd.org/spip.php?film1564

Comtesse de Ségur
Née Sophie Rostopchine le 1er août 1799 à Saint-Pétersbourg, décédée le 9 février 1874 à Paris.
Dans ses romans, l’éducation est un facteur déterminant dans l’évolution de l’individu...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Comtesse_de_S%C3%A9gur

André Chémétoff
http://www.imdb.com/name/nm0155127/

Alex Beaupain
voir fiche du film Les Bien-aimés
http://www.citebd.org/spip.php?film752

Anaïs Demoustier
voir fiche du film Marguerite et Julien
http://www.citebd.org/spip.php?film1510

Golshifteh Farahani
voir fiche du film Paterson
http://www.citebd.org/spip.php?film1814

Muriel Robin
Née le 2 août 1955 à Montbrison (Loire).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Muriel_Robin

Caroline Grant
http://www.imdb.com/name/nm5506925/

David Prat
http://www.imdb.com/name/nm4391146/

Marlène Saldana
http://www.imdb.com/name/nm3736855/

Jean-Charles Clichet
voir fiche du film La Prunelle de mes yeux
http://www.citebd.org/spip.php?film1833

Laetitia Dosch
voir fiche du film Keeper
http://www.citebd.org/spip.php?film1770

Elsa Lepoivre
Née le 30 décembre 1972 à Caen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Elsa_Lepoivre

Michel Fau
voir fiche du film Marguerite
http://www.citebd.org/spip.php?film1594

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Elle découpe des poissons rouges comme du saucisson, martyrise un écureuil et torture sa poupée, sert l'eau du chien à ses cousines dans une théière. C'est Sophie de Réan (...). Un siècle et demi plus tard, Christophe Honoré réussit ce miracle : lui donner un coup de jeune, sans rien gommer de ce qui la sépare de notre époque.
Le Point - Christophe Honoré réussit son pari : pour son premier film pour enfants, s'attaquer à la comtesse de Ségur tout en échappant à l'adaptation compassée.
Bande à part - Christophe Honoré s’empare des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur et en propose une adaptation délicate, où fantaisie, mélancolie et noirceur se font la courte échelle.
Télérama - De bout en bout s'exprime l'envie d'entraîner personnages et spectateurs dans une ronde, souvent en musique. Et ça marche : ces "Malheurs de Sophie" ont un air de fête.
Les Inrocks - Ce qui frappe d’emblée dans ce conte pour enfants, dont l’intelligence et la sensibilité ringardisent la production mainstream abrutissante adressée à un public jeune ("Le Petit Nicolas", "Les Profs" et autre "Guerre des boutons"), c’est la manière dont Honoré respecte le cahier des charges du genre tout en restant fidèle à son imaginaire...
Sens critique - (...) le réalisateur des "Métamorphoses" signe un film doux, simple et sincère.
Le Monde - (...) un film moderne, fidèle à l’esprit de leur auteure. Le résultat, enlevé, débordant d’imagination, tout en restant proche des textes, dépasse les ­espérances...
Cinéséries - Une belle relecture de l’œuvre de la Comtesse de Ségur qui ravira petits et grands….