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aquarius

Brésil, France - 2016 - 2h25
sorti en France le 28 septembre 2016
compétition officielle Cannes 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Kleber Mendonça Filho

scénario : Kleber Mendonça Filho
direction de la photographie : Pedro Sotero, Fabricio Tadeu
avec : Sonia Braga (Clara, la locataire de l'aquarius), Irandhir Santos (Roberval, le pompier sauveteur), Maeve Jinkings (Ana Paula, la fille de Clara), Zoraide Coleto (Ladjane, la femme de maison), Fernando Teixeira (Geraldo Bonfim, le patron de la société immobilière), Humberto Carrão (Diego, son petit-fils), Carla Ribas (Cleide, l'amie avocate de Clara), Buda Lira (Antonio), Rubens Santos (Rivanildo), Paula De Renor (Fátima), Bárbara Colen (Clara en 1980), Daniel Porpino Adalberto (Rodrigo), Pedro Queiroz (Tomás), Germano Melo (Martin), Julia Bernat (Julia), Thaia Perez (la tante Lucia en 1980), Arly Arnaud (Letícia), Leo Wainer (Alexandre), Lula Terra (Ronaldo), Allan Souza Lima (Paulo), Valdeci Junior (Josimar, un employé de Bomfim), Clarissa Pinheiro (Ana Paula), Bruno Goya (Daniel), Andrea Rosa (Juvenita, l'ancienne employée de maison), Joana Gatis (Lucia en 1940), Tavinho Teixeira (Augusto)
séances : semaine du mercredi 18 janvier 2017
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
15:45*
21:00
11:00
20:30
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 18 au 24 janvier 2017. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 11 et 18 janvier 2017.

synopsis

Recife, 1980. Clara, qui vient de réchapper d'un cancer du sein, organise la fête d'anniversaire de sa tante âgée de 70 ans. De nos jours, sexagénaire et ancienne critique musicale, Clara habite toujours dans « l'Aquarius », immeuble de caractère des années 1940 situé en bord de mer. Un promoteur a racheté tous les autres appartements et les a vidés de leurs occupants. Clara est la seule à refuser de partir. S'ensuivent harcèlement et intimidation qui troublent Clara et l'amènent à repenser à sa vie...

notes de production

Au Brésil, le film est interdit au moins de 18 ans alors que « les producteurs affirment que le film ne comporte aucune scène de violence et très peu de sexe. La presse locale quant à elle soupçonne le gouvernement d’avoir instauré cette censure en réaction aux pancartes engagées brandies par l’équipe du film sur les marches du festival français. Les artistes protestaient contre la procédure de destitution de Dilma Rousseff (1), l’ex-Présidente du Brésil, lancée en avril dernier par la Chambre des députés du pays en vue d’empêcher le renouvellement de son mandat présidentiel. [...] L’équipe d’Aquarius a comparé cet acte à un coup d’État.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A9dure_de_destitution_de_Dilma_Rousseff

Le film qui était le grand favori dans la profession pour être le candidat brésilien à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, est écarté par le comité de sélection. Le gouvernement avait intégré au comité de sélection le critique Marcos Petrucelli, qui avait déclaré lors du festival de Cannes (2) que l’équipe était partie en vacances à Cannes aux frais de l’État, pour humilier publiquement le pays par ses déclarations tout en revenant bredouille en fait ça s’est passé ainsi : un film fait avec l’argent public va à Cannes pour représenter le Brésil et repart bredouille. Donc, mentir à propos du soi-disant coup d’État dans le pays via des phrases écrites sur des bouts de papier n’aura eu pour conséquence que de ridiculiser le pays.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2016

Dans son film précédent, Les Bruits de Récife (3), Kleber Mendonça Filho s’attachait déjà à la construction d’un microcosme complexe, avec les différentes relations d’affect et de pouvoir qui l’habitent. Le réalisateur note : je pense qu’on ne peut pas représenter la vie et les actions quotidiennes sans mettre en lumière leurs contradictions, qui peuvent être intéressantes, drolatiques ou sinistres. En fait, dans l’écriture de mes films, il m’est difficile d’ignorer ces aspects de la société, et notamment de la société brésilienne. Aussi, ai-je toujours été frappé par les contradictions idéologiques des Brésiliens issus des classes sociales aisées : ils peuvent avoir une posture aristocratique et en même temps soutenir l’abolitionnisme et des valeurs de gauche… En somme, mon défi est de chercher à représenter cette société dans sa complexité.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bruits_de_Recife

Sonia Braga campe Clara. Durant l’écriture, Kleber Mendonça Filho n’avait pas l’actrice en tête mais envisageait de découvrir une femme inconnue qui puisse jouer ce personnage. C’est au moment où il allait se lancer dans la production que le co-directeur de la photographie Pedro Sotero lui a suggéré Sonia Braga. Alors Marcelo Cætano, notre directeur de casting, a envoyé le scénario à Sonia aux Usa. Elle a répondu sous 48 heures en signalant qu’elle voulait faire le film. Je suis allé à New York faire sa connaissance, et je l’ai adorée. L’une des plus belles choses dans tout ça, c’est que Sonia faisait déjà partie de ma vie, comme c’est souvent le cas avec les grands artistes, et elle est devenue une collaboratrice, puis une amie aussi, se souvient le metteur en scène.

Aquarius possède quelques éléments du cinéma fantastique, notamment via des scènes qui suggèrent un fort sentiment de peur (une peur mystérieuse). Kleber Mendonça Filho voit son film comme appartenant au siege movie (films autour d’un état de siège). Le cinéaste développe cette idée : le bâtiment est constamment violé et l’appartement, la partie plus intime de cet univers, subit des menaces. Les fenêtres ouvertes dégagent aussi ce sentiment-là, car il s’agit d’un élément classique à mes yeux, celui de l’extérieur/intérieur. Et il y aussi le fait malheureux qu’au Brésil les fenêtres ouvertes nous rappellent cette pratique sociale établie qui consiste à mettre des clôtures sur toutes les fenêtres, à n’importe quel étage, pour éviter toutes sortes d’effractions. Je pense donc que tous les éléments du film sont ordinaires, courants, mais il y a sans doute quelque chose dans le cadrage et dans le découpage qui renforce ce ton fantastique apparent.

Le titre du film est le nom de l’immeuble, renforçant ainsi l’idée que le lieu de l’action est le point d’ancrage du récit. Kleber Mendonça Filho voit l’immeuble comme un personnage et son défi était de le présenter subtilement, comme ayant une certaine dignité : un immeuble un peu plus ancien, mais déjà condamné. Le cinéaste poursuit : il était important qu’il n’ait pas l’air décadent ou précaire, c’est-à-dire qu’il soit un accusé innocent, et que ce soit clair dans le film que ses problèmes venaient du dehors et non pas de l’intérieur, de sa structure. Aussi, dans une sorte de jeu avec le spectateur, fallait-il montrer l’appartement de Clara d’une façon suffisamment précise pour qu’en voyant le film on soit capable de dessiner le plan de l’appartement sur un bout de papier, l’utilisation d’un vrai appartement pour le tournage m’a beaucoup fait réfléchir à l’espace lui-même et à ses contraintes. Car les besoins d’un film, comme les angles de prise de vue et l’emploi des fenêtres et des portes, ouvrent une série de difficultés concrètes qui nous révèle des idées nouvelles sur l’espace réel et sur l’espace cinématographique.

Entretien avec Kleber Mendonça Filho
Comment est né ce projet ? Quel était l’élément déclencheur de l’histoire ?
Au départ, je voulais faire un film sur des archives, et Aquarius est peut-être un premier pas vers un autre film sur le goût de conserver des objets et sur la divergence entre les documents et les souvenirs. Il m’a semblé intéressant d’avoir comme protagonistes une personne et un immeuble ayant tous les deux à peu près le même âge et se trouvant d’une certaine manière menacés. Le film est né d’une série d’évènements, dont un assez banal : un flot d’appels téléphoniques reçus chez moi. Des appels publicitaires voulant vendre toutes sortes de souscriptions : cartes de crédit, mutuelles, abonnements télé ou presse. Je l’ai ressenti comme une attaque du marché, pour forcer les gens à acheter ce qu’ils ne désirent pas...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/aquarius,349144

Kleber Mendonça Filho
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kleber_Mendon%C3%A7a_Filho

Pedro Sotero
http://www.imdb.com/name/nm3087076/

Fabricio Tadeu
http://www.imdb.com/name/nm0846301/

Sonia Braga
Née Sônia Maria Campos Braga le 8 juin 1950 à Maringá.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B4nia_Braga

Irandhir Santos
http://www.imdb.com/name/nm2046691/

Maeve Jinkings
http://www.imdb.com/name/nm2701325/

Fernando Teixeira
http://www.imdb.com/name/nm1176711/

Humberto Carrão
http://www.imdb.com/name/nm1658753/

Carla Ribas
http://www.imdb.com/name/nm2045457/

Buda Lira
http://www.imdb.com/name/nm4136076/

Rubens Santos
http://www.imdb.com/name/nm0764257/

Pedro Queiroz
http://www.imdb.com/name/nm0703156/

Germano Melo
http://www.imdb.com/name/nm0578248/

Julia Bernat
http://www.imdb.com/name/nm3256308/

Thaia Perez
http://www.imdb.com/name/nm0673631/

Arly Arnaud
http://www.imdb.com/name/nm2136009/

Leo Wainer
http://www.imdb.com/name/nm0906503/

Lula Terra
http://www.imdb.com/name/nm4924730/

Allan Souza Lima
http://www.imdb.com/name/nm4965018/

Clarissa Pinheiro
http://www.imdb.com/name/nm5410468/

Joana Gatis
http://www.imdb.com/name/nm2663810/

Tavinho Teixeira
http://www.imdb.com/name/nm2854121/

extrait(s) de presse

Sud ouest - Parfois, elliptique, soudain rattrapé par un moment du passé qui ralentit la chronologie, le récit adopte des registres de vitesses différents, joue avec les voix intérieures de ses personnages et va du particulier au général avec une fluidité lumineuse. C'est un organisme vivant, baigné par le soleil équatorial et l'océan émeraude.
Libération - Instantané rageur du Brésil contemporain, chronique du temps qui passe, "Aquarius" est aussi un solaire portrait de femme, entièrement arrimé à l’impériale Sonia Braga qui, dans le rôle de Clara, (...) semble porter sur son visage toute l’intelligence du film et les destinées du pays.
Elle - C’est un film politique aussi bien sûr, contre l’agressivité d’un capitalisme débridé, qui frôle souvent l’absurdité. Mais c’est surtout un portrait de femme magnifique et sensuel porté par la solaire Sonia Braga, cette grande actrice brésilienne qui fait de Clara une résistante d’une dignité poignante et inoubliable.
Le Nouvel obs - "Aquarius", œuvre immense, avance à pas feutrés, se donne des airs de telenovela, joue la carte de l’intime alors qu’elle raconte autant le destin de cette femme que celui du Brésil et notre époque.
Les Inrocks - L’indolence du film, la patience avec laquelle il prend le soin de ne rien négliger des zones les plus infimes, qui, agrégées, constituent le quotidien, est splendide.
Bande à part - La finesse et l’originalité de Mendonça Filho reposent sur le jaillissement de l’humain malgré tout. Sur sa force dans l’adversité. Sur l’universalité du combat. "Aquarius" est un acte de cinéma.
Fiches du cinéma - Après “Les Bruits de Recife”, Kleber Mendonça Filho signe un puissant récit de résistance à la marche du monde, et un somptueux portrait de femme.
Télérama - Entre chronique, douce divagation et guerre froide, la force du film est de dépasser la situation individuelle de Clara pour une allégorie plus large, sociale et politique, de la société brésilienne contemporaine - ses mutations comme ses immobilismes.