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une jeunesse allemande

Allemagne, France, Suisse - 2015 - 1h35
sorti en France le 14 octobre 2015
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Jean-Gabriel Périot

scénario : Jean-Gabriel Périot, Anne Paschetta, Pierre Hodgson, Nicole Brenez, Anne Steiner
direction de la photographie : Thierry Beaumel
musique ou chansons : Alan Mumenthaler
avec : Andreas Baader, Heinrich Böll, Rudi Dutschke, Gudrun Ensslin, Rainer Werner Fassbinder, Jürgen Habermas, Helmut Kohl, Horst Mahler, Ulrike Meinhof, Holger Meins, Hanns-Martin Schleyer, Helmut Schmidt, Franz Josef Strauß
séances : semaine du mercredi 4 janvier 2017
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
20:30*
séance spéciale :
* Cinédoc en partenariat avec Créadoc, en présence de Jean-Gabriel Périot - tarif préférentiel 3,50 €

synopsis

La Fraction Armée Rouge (Raf), organisation terroriste d’extrême gauche, également surnommée « la bande à Baader » ou « groupe Baader-Meinhof », opère en Allemagne dans les années 70. Ses membres, qui croient en la force de l’image, expriment pourtant d’abord leur militantisme dans des actions artistiques, médiatiques et cinématographiques. Mais devant l’échec de leur portée, ils se radicalisent dans une lutte armée, jusqu’à commettre des attentats meurtriers qui contribueront au climat de violence sociale et politique durant « les années de plomb »...

notes de production

Ayant l’habitude de réaliser des courts-métrages sur ce qu’il y a de plus sombre dans l’humanité, Jean-Gabriel Périot a décidé de monter un documentaire sur des individus proches de ses idées politiques mais qui ont fini par tomber dans la violence. Le documentariste a étendu ses recherches sur les mouvements d’émancipation des années 60 et 70 pour finalement se concentrer sur la Fraction armée rouge (1), un groupe terroriste d’extrême-gauche.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fraction_arm%C3%A9e_rouge

La jeune démocratie de l’Allemagne de l’Ouest (2) des années 60 est embarrassée par son passé nazi et étriquée dans son rôle d’avant-poste de l’impérialisme et du capitalisme face à son double communiste. La génération de l’après-guerre, en plein conflit avec ses pères, cherche sa place. En 1966, c’est l’explosion du mouvement étudiant. Le pas de deux qui se danse entre les étudiants et le gouvernement dégénère et radicalise ceux qui y participent dans un déploiement progressif de violences et de contre-violences. De cette jeunesse bouillonnante vont surgir la journaliste Ulrike Meinhof, le cinéaste Holger Meins, les étudiants Andreas Baader et Gudrun Ensslin et l’avocat Horst Malher. Fin 68, lorsque que le mouvement étudiant s’effondre, ceux-ci restent isolés dans leur radicalisme et cherchent désespérément les moyens de continuer la lutte vers la révolution.
En 1970, la Raf (Rote armee fraktion ou Fraction armée rouge) (1) est fondée, ses militants disparaissent dans la clandestinité. L’État comme les sympathisants semblent circonspects. Les premières actions de la Raf (1), comme les réponses de la police, relèvent d’une certaine improvisation. Arrive alors 1972 et c’est la cassure irrémédiable : la Raf (1) commet, en moins d’une semaine, cinq attentats de grande ampleur faisant de nombreuses victimes...
http://www.gncr.fr/films-soutenus/une-jeunesse-allemande
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Allemagne_de_l’Ouest

Une Jeunesse allemande a été réalisé et monté uniquement avec les archives de la télévision allemande. Cependant, les chaînes germaniques n’ont commencé à archiver systématiquement leur production qu’à partir du début des années 80. Ainsi, le réalisateur Jean-Gabriel Périot a dû chercher tout le matériel sauvegardé de l’époque et le montage a consisté à relier ces images fragmentaires pour en faire un ensemble cohérent.

Pour Jean-Gabriel Périot, il était important de montrer comment la télévision a participé activement à la scénarisation des faits d’armes de la bande à Baader (3). Il y a eu plusieurs changements techniques importants au début des années 70 qui ont bouleversé la grammaire télévisuelle. Le changement le plus important fut la mobilité du matériel, ce qui a permis la diffusion en direct depuis l’extérieur des studios, par exemple, l’arrestation à la télévision des chefs de la Raf (1), Meins et Baader aurait été impossible un ou deux ans plus tôt. Cette possibilité du direct a permis à la fois de créer des effets hyper-spectaculaires, presque hollywoodiens, et en même temps a détruit le temps nécessaire entre la captation et la diffusion d’un événement et son interprétation.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bande_%C3%A0_Baader

Une Jeunesse allemande a été diffusé lors de nombreux festivals partout dans le monde. On peut citer le festival israélien DocAviv où le film a reçu la mention spéciale du jury ou encore le Lima independiente film festival où il sera récompensé dans la catégorie du meilleur premier film.

Entretien avec Jean-Gabriel Périot
Travailler à partir d’archives est habituel dans vos courts métrages, toutefois, pour Une jeunesse allemande tout particulièrement, ce geste pourrait laisser penser qu’il se fait « contre » la fiction ; j’entends par là fiction traditionnelle, avec une reconstitution historique.
Pas du tout ! En général je ne pense pas par la négative, je ne fais pas des films « contre ». Étonnamment ici, il s’agit d’un film qui, dans sa construction même, se rapproche d’une fiction, notamment quant aux personnages. Les protagonistes réels de cette histoire apparaissent dans le film presque comme tels et il n’y a pas de voix off pour les présenter ou prendre en charge la narration. On vit avec ces personnages jusqu’à la fin du film sans savoir où ils vont, même si évidemment on sait, ou si l’on sent que la fin sera inéluctable - tout comme en fiction on pressent souvent ce qui va arriver aux personnages. Une Jeunesse allemande est construit avec des ressorts de la fiction : une narration au présent, un attachement pour les personnages pour ne pas dire une certaine empathie et une histoire finalement très proche de la tragédie. Le film est un documentaire usant des schémas narratifs fictionnels presque classiques...
http://www.critikat.com/actualite-cine/entretien/jean-gabriel-periot.html

Jean-Gabriel Périot
Jean-Gabriel Périot a été engagé au sein du service Court-métrage et création de Canal Plus en 1998, puis comme monteur pour des documentaires pour Arte et France 3. C’est au début du nouveau millénaire qu’il s’est lancé dans ses premiers travaux personnels. Il a construit ses films à partir d’archives préexistantes, de photographies et de fichiers trouvés sur internet. Son œuvre s’est surtout concentrée sur le statut polymorphe de la violence dans la société occidentale moderne et le pouvoir des images. Les courts-métrages de Périot ont été sélectionnés et primés dans différents festivals à travers le globe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Gabriel_P%C3%A9riot

Anne Paschetta
http://bdd.videadoc.com/videadoc/intro/equipe.htm

Pierre Hodgson
http://www.imdb.com/name/nm0388293/

Nicole Brenez
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Brenez

Anne Steiner
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Steiner

Alan Mumenthaler
http://www.imdb.com/name/nm1877897/

Andreas Baader
Né le 6 mai 1943 à Munich. Son père, historien, mourut sur le front russe en 1945. Il a été élevé par sa mère, seule, travaillant comme secrétaire. Il a participé au mouvement étudiant allemand en 1967, pour protester contre les bombardements américains au Sud Vietnam. En novembre 1969, il est entré en clandestinité. En avril 1970, il a été arrêté à Berlin mais un commando armé le libéra le 15 mai de la même année et revendiqua cette action en tant que Raf (1). Accusé d’avoir joué un rôle majeur dans la préparation et la réalisation des attentats revendiqués par la Raf (1) en 1972, il est condamné à la prison à perpétuité par le tribunal de Stuttgart - Stammheim le 28 avril 1977. Le 18 octobre au matin, les gardiens de la prison de Stammheim l’ont découvert dans sa cellule, tué d’une balle de revolver dans la tête...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andreas_Baader

Heinrich Böll
Né à Cologne le 21 décembre 1917, décédé le 16 juillet 1985 à Kreuzau-Langenbroich.
Considéré comme l’un des plus grands auteurs allemands de la période de l’après-guerre...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_B%C3%B6ll

Rudi Dutschke
Né Alfred Willi Rudolf Dutschke le 7 mars 1940 à Schönefeld, décédé le 24 décembre 1979 à Aarhus (Danemark).
Sociologue marxiste allemand, le représentant le plus connu du mouvement étudiant d’Allemagne de l’Ouest en 1968...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudi_Dutschke

Gudrun Ensslin
Née le 15 août 1940 à Bartholomä Stuttgart, décédée le 18 octobre 1977 à Stuttgart.
Le film Les Années de plomb de Margarethe von Trotta est inspiré de sa vie. Elle fait partie des 4 suicidés de la prison de Stuttgart-Stammheim...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gudrun_Ensslin

Rainer Werner Fassbinder
Né le 31 mai 1945 à Bad Wörishofen (Bavière), décédé le 10 juin 1982 à Munich.
Un des représentants du nouveau cinéma allemand des années 1960-1970...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rainer_Werner_Fassbinder

Jürgen Habermas
Né le18 juin 1929 à Düsseldorf.
Théoricien allemand en philosophie et en sciences sociales...
https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCrgen_Habermas

Helmut Kohl
Né Helmut Josef Michael Kohl le 3 avril 1930 à Ludwigshafen.
Alors chancelier, il est l’un des deux hommes d’État, main dans la main, avec François Mitterrand durant la cérémonie au mémorial de Verdun le 22 septembre 1984...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Helmut_Kohl

Horst Mahler
Né le 23 janvier 1936 à Haynau (maintenant Chojnów, en Pologne).
Avocat allemand connu pour avoir été membre fondateur de l’organisation révolutionnaire Fraction armée rouge (1) dans les années 1970...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Horst_Mahler

Ulrike Meinhof
Née Ulrike Marie Meinhof le 7 octobre 1934 à Oldenbourg, décédée le 9 mai 1976 à Stuttgart.
D’abord journaliste, elle deviendra l’une des terroristes les plus actives du groupe Fraction armée rouge.Elle sera la première suicidée de la bande à Baader (3)...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ulrike_Meinhof

Holger Meins
Né Holger Klaus Meins le 26 octobre 1941 à Hambourg, décédé le 9 novembre 1974 à Wittlich.
Meurt des suites d’une grève de la faim durant son incarcération...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Holger_Meins

Hanns-Martin Schleyer
Né 1er mai 1915 à Offenbourg, décédé le 18 octobre 1977 à Mulhouse.
Représentant du patronat allemand, il sera enlevé et exécuté par la Fraction armée rouge (1) qui ne manquera pas de rappeler son passé nazi...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hanns_Martin_Schleyer

Helmut Schmidt
Né Helmut Heinrich Waldemar Schmidt le 23 décembre 1918 à Hambourg où il est décédé le 10 novembre 2015.
Successeur de Willy Brandt, il sera chancelier pendant les années de plomb...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Helmut_Schmidt

Franz Josef Strauß
Né le 6 septembre 1915 à Munich, décédé le 3 octobre 1988 à Ratisbonne.
Surnommé le taureau de Bavière, il a laissé son empreinte dans le domaine de l’aéronautique en assurant la création de la compagnie Airbus...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Josef_Strau%C3%9F

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Le film de Périot est absolument passionnant : on assiste au dévoiement d’un combat, à la perversion des valeurs.
Critikat - Précisément, ce à quoi s’arrime [Une Jeunesse allemande], c’est le basculement de l’utopie de mener une lutte politique par l’image.
àVoir-àLire - Au final l’amateurisme baadérien de ces révolutionnaires aux petits pieds desservira leur cause (...) Avec ses images d’archives, le film en fait une démonstration patente et surtout passionnante.
Télérama - Ce sont ces documents passionnants — interviews, bouts de films —, retrouvés par Jean-Gabriel Périot, qui révèlent, peu à peu, le gouffre qui séparait la jeunesse de l'époque d'une télévision au service du gouvernement et d'une presse ficelée par des financiers tout-puissants.
Culturopoing - Courageux, ambitieux, rigoureux, Jean-Gabriel Périot aborde de manière frontale la question de la violence politique et tente d’analyser en profondeur l’éventail des actions concrètes d’ordre révolutionnaire, de 1965 à 1977, contre une Allemagne de l’Ouest qui a été érigée en hâte sur le champ de ruines idéologiques du IIIe Reich et sans véritable dénazification.
Première - Ce documentaire original évoque leur parcours (les enfants de nazis) en compilant sans commentaires des images d’archives, laissant le spectateur leur donner du sens.
Les Inrocks - Une plongée documentaire dans le parcours des fondateurs de la bande à Baader.
Le Monde - « Une Jeunesse allemande » : de la révolte à la terreur...