blow out - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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blow out

ciné répertoire
Usa - 1981 - 1h47
sorti en France le 17 février 1982
film - version originale sous-titrée en français
de

Brian De Palma

scénario : Brian De Palma, Bill Mesce Jr. (non crédité)
direction de la photographie : Vilmos Zsigmond
musique ou chansons : Pino Donaggio
avec : John Travolta (Jack Terry), Nancy Allen (Sally Badina), John Lithgow (Burke), Dennis Franz (Manny Karp), Peter Boyden (Sam), Curt May (Frank Donahue), John Aquino (détective Mackey), John McMartin (Lawrence Henry), Deborah Everton (Hooker), J. Patrick McNamara (détective de l'hôpital), Thomas J. Carthy (le policier de l'hôpital), Larry Woody (le docteur soignant Sally), Maurice Copeland (Jack Manners), Barbara Siegel (Betsy), Dave Roberts (Bill, le journaliste tv), Dick McGarvin (un journaliste tv), Luddy Tramontana (Freddie Corso)
séances : semaine du mercredi 7 décembre 2016
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : "l’esprit d’Alfred (2)" - séance présentée par Hidden circle - couplé avec "Pulsions" - tarif préférentiel 2 films = 7 €

synopsis

Un soir, dans un parc, Jack Terry, ingénieur du son, enregistre des ambiances pour les besoins d’un film. Il perçoit soudain le bruit d’une voiture arrivant à vive allure. Un pneu éclate. Le véhicule fou défonce le parapet et chute dans la rivière. Jack plonge et arrache à la mort une jeune femme, Sally. Mais le conducteur est déjà mort...

notes de production

Après le succès de Pulsions (1), Brian De Palma est attaché à beaucoup de projets : une série pour Hbo (2), le film Flashdance (3) et un script intitulé Personnal effects. Finalement, il se concentre sur ce dernier qui devient Blow out (4). Il sort à cette époque des recherches faites pour son projet d’adaptation du livre de Robert Daley (5) Prince of the city qu’il n’a pas pu tourner, ayant été renvoyé par la production (6). Ce film devait notamment lui permettre de faire en sorte que sa carrière ne soit pas cantonnée aux films de genres et de passer à des films hollywoodiens différents de ce qu’il a fait jusque là.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1809
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Home_Box_Office
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Flashdance
(4) Ce personnage est inspiré par Gordon Liddy : le chef des plombiers du Watergate.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gordon_Liddy
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Daley
(6) Le film Le Prince de New York sera réalisé par Sidney Lumet.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prince_de_New_York

C’est pendant le mixage de son film précédent, Pulsions (1), que Brian De Palma a l’idée de faire un film sur un preneur de son : le responsable des effets sonores de son film lui faisait écouter des sons et lui donnait leur provenance et le réalisateur a imaginé que ces sons pourraient être la pièce manquante d’une affaire aussi compliquée que l’assassinat de John F. Kennedy (7). Si le cinéaste n’a jamais voulu consacrer un film entier à cet assassinat, le thème de l’assassinat politique est régulièrement présent dans son œuvre. Il s’avoue en effet obsédé par l’assassinat de Kennedy (7) et souhaite faire un film sur l’histoire d’un personnage qui détiendrait la preuve d’un tel crime et réussirait à comprendre ce qui s’est passé. Il s’inspire directement de l’accident de voiture du sénateur Edward Moore Kennedy (8) sur l’Île de Chappaquiddick, en inversant le sort des protagonistes : dans la réalité le sénateur s’en est sorti et le jeune femme est morte.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_de_John_F._Kennedy
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Moore_Kennedy

Après avoir eu l’idée de départ, Brian Palma organise un concours de scénarios par le magazine Take one pour des étudiants canadiens. Il est censé tourner le meilleur des scénarios envoyés mais n’en trouvant aucun suffisamment bon, il décide de l’écrire lui-même. La première version, intitulée Personnal effects (littéralement Effets personnels), lui permet d’avoir un financement.

Le personnage de Jack est fortement influencé par les recherches faites par Brian De Palma pour Prince of the city (6). Le livre raconte l’histoire vraie de Robert Leuci (9), un policier de la brigade des stupéfiants de New York qui dénonça la corruption qui régnait dans sa brigade. Brian De Palma a passé beaucoup de temps avec Leuci (9) et voulait qu’il soit incarné par John Travolta dont il estimait le charme indispensable pour faire accepter au spectateur ses trahisons. C’est de ces recherches que provient le flashback de Blow out où le personnage principal travaille pour la police, Leuci (9) ayant notamment porté un micro afin d’enregistrer ses collègues corrompus. Et le sentiment de culpabilité éprouvé par Leuci (9) a servi le personnage de Jack.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Leuci

L’idée de l’épilogue de Blow out, le cri de Sally utilisé par le héros pour sonoriser un film de série Z (10), est venue à Brian De Palma en découvrant que les anciennes bobines de film ayant été exploitées en salles étaient recyclées en amorce dans les salles de montage. Il a, par exemple, découvert un jour en salle de montage qu’un morceau d’une ancienne copie de Lawrence d’Arabie (11) servait d’amorce entre deux sons. C’est le même processus qui est à l’œuvre dans le film : de cette histoire tragique où un homme et une femme se sont retrouvés mêlés à un assassinat politique, que reste-t-il ? Un effet sonore dans un film. Un cri. C’est la vision la plus désespérée que j’ai jamais eue !
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_Z
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_d’Arabie_(film)

Le projet de film, qui est censé au départ avoir un petit budget, est fortement modifié par l’arrivée de John Travolta qui est à l’époque une star importante. Le budget passe à 18 millions $, le réalisateur expliquant par la suite que sans les excès typiquement capitalistes d’Hollywood le film aurait pu ne coûter que 5 millions $. Un exemple de cette inflation du budget est la scène de fin. Au départ, dans le projet publié dans Take one, Jack doit suivre en voiture Burke et Sally qui se trouvent dans le véhicule devant lui. Mais il arrive trop tard pour sauver la jeune femme et Burke s’enfuit avec le film. Dans la version tournée, non seulement la fin, avec la poursuite au milieu du défilé du Liberty day est beaucoup plus impressionnante et tire Blow out vers le film d’action plutôt que vers le film politique (ce qui n’est pas la volonté de départ de Brian De Palma), mais le fait que Jack arrive finalement à tuer Burke permet une fin à moitié heureuse qui rend le film plus commercial.

Le rôle principal aurait tout d’abord été destiné à Al Pacino (12), mais ce dernier étant indisponible, Brian De Palma accepte de prendre John Travolta, qu’il a dirigé dans Carrie au bal du diable (13). Il lui fait lire le scénario et l’acteur se montre immédiatement enthousiaste à l’idée de jouer ce rôle.
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1474
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1552

Un producteur suggère alors Olivia Newton-John (14) pour le rôle féminin, pour ainsi reformer le duo mythique de Grease (15), ce que Brian De Palma refuse. John Travolta insiste pour que le rôle soit tenu par Nancy Allen, l’épouse de De Palma à cette période, également présente dans Carrie au bal du diable. Le réalisateur n’est pas enchanté par cette idée, car le fait d’avoir tourné plusieurs fois avec elle a usé leur couple. Il accepte néanmoins et, s’il se déclare heureux du jeu de l’actrice, le tournage est difficile pour eux. Ils divorceront peu de temps après.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivia_Newton-John
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grease_(film)

Il s’agit de la deuxième collaboration entre Brian De Palma et son chef opérateur Vilmos Zsigmond avec qui il a travaillé sur Obsession (16). Le réalisateur a expliqué apprécier en particulier la manière dont Vilmos Zsigmond désature les couleurs.
(16) http://www.citebd.org/spip.php?film1808
Initialement prévu au Canada, le tournage se déroule finalement à Philadelphie, ville où le réalisateur a passé une grande partie de sa jeunesse. Brian De Palma est séduit par l’idée de tourner une séquence qui se déroule pendant la fête du Liberty day et qui utilise la cloche Liberty bell (17). Il voit aussi le rendu visuel que lui permet la ville comme il l’expliquera en 2001 : pensez au plan d’hélicoptère où l’on voit la voiture de Travolta traverser la ville et tous ces bâtiments imbriqués les uns dans les autres.
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liberty_Bell

Nancy Allen souffre de claustrophobie, ce qui complique le tournage de la scène de l’accident durant lequel elle fait une crise violente. Elle doit entrer dans un cube transparent lui-même placé dans la voiture qui se remplit d’eau ce qui est très angoissant pour une claustrophobe. Brian De Palma pense la faire remplacer par une doublure mais l’actrice tient à jouer la scène elle-même. Pâle comme la mort, elle commence à pleurer et à paniquer totalement lorsqu’il a lui est demandé d’entrer dans le cube. Une dispute éclate entre elle et De Palma et il finit par annoncer qu’il tournera la scène d’une autre manière. Entendant cela, Nancy Allen entre dans le cube et la scène peut être tournée.

À la suite d’un vol du négatif, des scènes de la Liberty parade ont dû être retournées. Plusieurs plans sur Jack ont pu être conservés mais la parade, c’est-à-dire la partie la plus coûteuse de la scène, a dû être refaite, demandant trois jours de tournage. Brian De Palma pense l’avoir filmé exactement de la même manière qu’au premier tournage. Comme le chef opérateur Vilmos Zsigmond n’était plus disponible, il est remplacé par László Kovács (18).
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1szl%C3%B3_Kov%C3%A1cs_(chef_op%C3%A9rateur)

La bande originale est composée par l’Italien Pino Donaggio, qui avait déjà collaboré avec Brian De Palma en 1976 pour Carrie au bal du diable (13), en 1980 pour Home movies (19) et Pulsions (1). Ils se retrouveront en 1984 pour Body double (20), en 1992 pour L’Esprit de Caïn (21) et enfin en 2012 pour Passion (22).
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Home_Movies
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Body_Double
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Esprit_de_Ca%C3%AFn
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Passion_(film,_2012)
Le titre Sally & Jack sera plus tard repris brièvement dans Boulevard de la mort (23), de Quentin Tarantino, dont Blow out est un des films préférés.
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Boulevard_de_la_mort

À sa sortie, le film est plutôt mal reçu par la critique qui ne le voit que comme un thriller classique et passe à côté des implications politiques. On trouve néanmoins quelques très bonnes critiques du film.
Blow out totalise 13 747 234 $ de recettes aux Usa, pour un budget de 18 millions. En France, le film enregistre 613 083 entrées.

Le réalisateur estime à l’époque que le choix de John Travolta pour le rôle explique en partie cet échec au box-office : l’acteur est à l’époque une telle star que le public s’imagine nécessairement une histoire d’amour avec le personnage de Nancy Allen et n’est pas préparé à une fin aussi dure. C’est aussi la nature hybride de Blow out, entre film d’action et film politique qui éloigne le public du film.

Le film deviendra peu à peu un film culte. C’est un des films préférés de Quentin Tarantino (24) , pour lui le meilleur des De Palma. Il eu d’ailleurs l’idée d’engager John Travolta pour Pulp fiction (25) grâce à Blow out.
(24) http://www.citebd.org/spip.php?film265
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pulp_Fiction

Plusieurs éléments du film rappellent un des films préférés de Brian De Palma, Sueurs froides (26) d’Alfred Hitchcock : la culpabilité du personnage principal concernant la mort d’un policier, le sauvetage d’une femme en train de se noyer, l’incapacité à sauver la femme aimée et la frustration qui en découle et même la présence d’une cloche dans la scène finale. Tout comme Scottie, le héros du film d’Alfred Hitchcock, Jack est dépassé, enfermé dans une machination plus large.
(26) http://www.citebd.org/spip.php?film1807

Le film est aussi très influencé par deux films qui sont à l’époque parmi les préférés de Brian De Palma : Blow-up (27) de Michelangelo Antonioni et Conversation secrète (28) de Francis Ford Coppola. D’après Brian De Palma, ces deux films, tout comme Blow out, racontent des histoires spécifiquement cinématographiques, qui ne pourraient pas être racontées ailleurs qu’au cinéma. Dans Blow-up (27), auquel le titre du film se réfère, un photographe de mode, prend une photo, apparemment banale, dans un espace vert. Au tirage, il découvre un détail intrigant : un agrandissement semble révéler, au fond de l’image, un revolver sortant des feuillages. Dans Conversation secrète (28), un spécialiste de la filature écoute et ré-écoute la conversation d’un couple qu’il a espionné, découvrant peu à peu un sens caché à leurs paroles. Dans ces trois films la preuve par le son ou l’image sont des moyens d’accéder à une vérité dont les personnages n’ont au départ qu’une perception partielle. En s’inspirant de ces films, Brian De Palma effectue un travail de montage qui se rapproche de celui du personnage principal : dans Blow-up (27) il y a de l’image sans son, dans Conversation secrète (28) c’est du son sans image ; Blow out réunit deux histoires en une seule.
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Blow-Up
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Conversation_secr%C3%A8te

Si Blow out fait beaucoup penser à Blow-up (27), il est néanmoins possible de distinguer une importante différence dans la façon dont les personnages cherchent la vérité. Chez Antonioni, c’est en agrandissant la photo, en essayant d’avoir la meilleure définition que la vérité est recherchée. L’information est déjà dans la prise de vue, il faut l’améliorer pour la distinguer. À l’inverse, dans Blow out, il ne faut pas resserrer le cadre mais plutôt l’élargir, le voir différemment, trouver ce qui n’y figure pas. Le titre du film, littéralement explosion peut alors se comprendre comme le fait de faire exploser l’événement qui a été vu dans la série de photos auquel Jack associe sa bande son. Le film d’Antonioni est donc un film qui se base plus sur des questions photographiques, alors que celui de De Palma, par cet usage de l’idée du montage, fait une recherche plus cinématographique.

Le film est très marqué par la façon que les Usa ont eu de contrôler les images après la Guerre du Viêt Nam (29). Alors qu’ils ont laissé montrer à la télévision des images traumatisantes de cette guerre, engendrant des réactions négatives du peuple américain, les Usa vont, lors d’autres conflits, montrer des images périphériques et jouer sur le montage pour, sans faire de censure directe, éviter de laisser voir une image négative de leur action. Cette manipulation des images se ressent dès le générique de début du film : le journal télévisé est vu sur la moitié d’un écran divisé, sur l’autre se trouve Jack qui manipule et monte ses sons. Le parallèle est donc fait entre la manipulation des informations et celle du montage.
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Vi%C3%AAt_Nam

Le film que reconstitue Jack semble inspiré par le film de l’assassinat de Kennedy tourné par Abraham Zapruder (30). Ce film, muet, montre l’assassinat d’un seul point de vue, sans par exemple se retourner vers là d’où sont venus les coups de feu. Or dans Blow out, Jack, face à des images qui rappellent le film Zapruder (30), va tenter de reconstituer le film-témoin parfait en y ajoutant le son, sans lequel le film Abraham Zapruder (30) ne permet de se rendre compte qu’à retardement du coup de feu. Dans le film que confectionne Jack, le son permet de mieux comprendre l’image, et l’image permet de mieux comprendre le son.
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Zapruder

- dans la scène où Dennis Franz est dérangé par Sally qui vient chez lui à l’improviste, c’est un extrait d’un des premiers longs métrages de Brian de Palma qui passe à la télévision : Murder à la mod (31).
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Murder_%C3%A0_la_mod
- dans la version française, Gérard Depardieu (32) prête sa voix à John Travolta, à la demande de ce dernier avec qui il est ami.
(32) http://www.citebd.org/spip.php?film1742
- le magnétophone utilisé par John Travolta est un Nagra III (33) de la firme suisse Kudelski.
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nagra

(...) Avec l’aide de son chef-opérateur Vilmos Zsigmond, De Palma multiplie les morceaux de bravoure, suit Travolta dans ses courses effrénées à travers la ville,
nous communique la fièvre paranoïaque de la conspiration avec un
kaléidoscope d’images et des travellings fous. Hommage au cinéma, Blow out exprime aussi à merveille le plaisir de filmer. L’œuvre de De Palma a ses limites, mais la griserie qu’il sait ici nous faire partager suffit en l’occurrence à notre bonheur.
Michel Ciment in Positif n° 248 (novembre 1981)

(...) Devant Blow out (comme devant Blow up (27)), le spectateur se sent comme un voyeur et c’est, comme chacun sait, la source principale du plaisir cinématographique : il voit quelqu’un en train de voir, en quelque sorte par-dessus son épaule, il assiste à une découverte qui a lieu par l’intermédiaire non pas d’images du film, mais d’images dans le film, des images qui montrent les faits à travers le regard du personnage médiatisé par un instrument (caméra, appareil photo, comme dans Fenêtre sur cour ou le célèbre Voyeur de Michael Powell), personnage avec lequel le spectateur peut facilement s’identifier dans la mesure où il est lui-même en situation de voyeur.
Ainsi, l’effet de Blow out sur le spectateur ne relève pas seulement du travail à l’estomac mais aussi du titillement cérébral et c’est ce qui en fait l’originalité. Les simples amateurs de thriller ne seront pas déçus car ils auront leur ration de péripéties et les cinéphiles pourront apprécier le superbe travail technique du cinéaste, les prouesses d’une caméra féline et les belles images de Vilmos Zsigmond en même temps que l’intelligente performance de Travolta dans un rôle assez inattendu de la part du roi du disco .
Marcel Martin in La Revue du cinéma n° 369 (février 1982)
http://www.citebd.org/spip.php?film835
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyeur_(film,_1960)
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fi%C3%A8vre_du_samedi_soir

(...) Qui dit film de De Palma dit aussi une fin après la fin. Fidèle à la tradition de Carrie (13) et Dressed to kill (1), De Palma réussit encore une fois à nous surprendre, à nous arracher une dernière bouffée d’émotion avant de conclure. Il ne s’agit pas ici du choc brutal de Carrie ou du grand-guignol de Dressed to kill (1) mais de quelque chose de bien plus subtil, de plus poignant, qui renoue avec le début du film en ayant en même temps pour but de restaurer le cynisme du magicien - Travolta. Le reste du monde continue à vivre - Blow out, contrairement aux Hommes du Président, n’expose pas de grand scandale : film intimiste, il dévoile une petite tragédie à nos yeux de voyeurs, un mystère dont nous allons désormais, non sans une certaine honte ou gêne, partager le secret avec Travolta. En ce sens, Blow out va bien au-delà d’Hitchcock, d’un simple thriller : il nous donne une occasion unique, comme le héros, d’être le témoin d’un drame secret.
Jean-Marc Lofficier in L’Écran fantastique n° 23 (mars 1982)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Hommes_du_pr%C3%A9sident_(film)

(...) Brian de Palma est avant tout un cinéaste contemporain. Il témoigne d’une civilisation, alors même que ses films sont les plus éloignés d’un reportage tant ils sont sophistiqués (avec plus ou moins de bonheur), fabriqués (avec les excès qui caractérisent ce cinéaste).
Au-delà des jugements de valeur, on peut y voir la raison pour laquelle il s’impose comme un auteur dont l’audience s’élargit.
Un mauvais procès pourrait lui être intenté : la veine fantastique est à la mode, la référence aux classiques, à Hitchcock en particulier, de bon goût, l’utilisation exacerbée des couleurs et des éclairages fort prisée, tous les ingrédients sont là pour contribuer au succès.
Sans intérêt.
Ingrédients ou pas, sincérité ou non, Brian de Palma rend compte avec une grande acuité de la fantastique horreur des sociétés industrielles, et si, parfois, il devient irritant tant il y insiste, il n’en poursuit pas moins l’une des œuvres les plus personnelles du cinéma d’aujourd’hui.
Alain Carbonnier in Cinéma 82 n° 280 (avril 1982)

(...) La conception que de Palma s’est faite d’un film relève d’une façon de voir le monde propre au cinéma. Alors que Lucas et Spielberg restent attachés à l’histoire, lui se préoccupe de mise en scène d’abord. Il se nourrit de lui-même autant sinon plus que d’autres cinéastes (l’emploi des couleurs dans Blow out ne vient-il pas du Désert rouge ?). Il exploite un petit nombre de thèmes fournissant matière à des motifs visuels. Dans Blow out il a su leur faire servir l’intrigue et les harmoniser mieux qu’en Pulsions (1). Mais son cinéma ne change pas. Formé par le
cinéma même, alimenté par des imitations qui ne peuvent ni égaler les modèles ni susciter le même enthousiasme qu’eux, il manifeste incontestablement une forme de la sensibilité moderne, de cette sensibilité modelée par l’image cinématographique, que le critique, le cinéphile, l’amateur ne saurait mépriser sans se renier lui-même.
Alain Garsault in Positif n° 253 (avril 1982)
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Lucas
http://www.citebd.org/spip.php?film542
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9sert_rouge_(film,_1964)

Brian De Palma
voir fiche du film Pulsions
http://www.citebd.org/spip.php?film1809

Bill Mesce Jr.
http://www.imdb.com/name/nm0581785/

Vilmos Zsigmond
voir fiche du film La Porte du paradis
http://www.citebd.org/spip.php?film1761

Pino Donaggio
voir fiche du film Pulsions
http://www.citebd.org/spip.php?film1809

John Travolta
voir fiche du film Carrie au bal du diable
http://www.citebd.org/spip.php?film1552

Nancy Allen
voir fiche du film Robocop
http://www.citebd.org/spip.php?film1568

John Lithgow
voir fiche du film Obsession
http://www.citebd.org/spip.php?film1808

Dennis Franz
voir fiche du film Pulsions
http://www.citebd.org/spip.php?film1809

Peter Boyden
http://www.imdb.com/name/nm0101972/

Curt May
http://www.imdb.com/name/nm0561903/

John Aquino
http://www.imdb.com/name/nm0032640/

John McMartin
Né le 18 novembre 1929 à Warsaw (Indiana), décédé le 6 juillet 2016 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_McMartin

Deborah Everton
http://www.imdb.com/name/nm0263715/

J. Patrick McNamara
http://www.imdb.com/name/nm0573688/

Thomas J. Carthy
http://www.imdb.com/name/nm0565339/

Larry Woody
http://www.imdb.com/name/nm0941038/

Maurice Copeland
http://www.imdb.com/name/nm0178641/

Barbara Siegel
http://www.imdb.com/name/nm0797420/

Dave Roberts
http://www.imdb.com/name/nm0730985/

Dick McGarvin
http://www.imdb.com/name/nm0568975/

extrait(s) de presse

Ecran large - "Blow out" est sans conteste le film le plus personnel et le plus audacieux sur le plan esthétique de Brian De Palma.
Les Inrocks - Filmer l'échec avec maestria. Tel est le coeur de ce thriller, peut-être le meilleur de De Palma, hommage croisé au "Blow up" d'Antonioni et au "Conversation secrète" de Coppola.
Critikat - On finit par comprendre que ces personnages de film noir, ce héros obsédé et traumatisé, cette intrigue à base de paranoïa zapruder-watergatienne sont les ingrédients nécessaires à la tambouille palmassienne, les assaisonnements d'une recette qui ne manque pas de saveur...
Télérama - De Palma signe simplement l'un des meilleurs films américains des années 1980...
Fenêtre sur écran - Oeuvre phare du cinéma, "Blow out" est un chef-d’oeuvre, un film culte, celui qui est le plus abouti dans la carrière du cinéaste...
Citizen poulpe - Aux côtés de son cousin "Body double", "Blow out" est un film clé dans la carrière de Brian De Palma...
Ciné chronicle - Si Brian De Palma proposait ici l’une de ses réalisations les plus virtuoses, c’est l’occasion de (re)voir aujourd’hui ce chef-d’oeuvre sur grand écran.
àVoir-àLire - Un vrai bijou signé Brian de Palma qui s’amuse au thriller expérimental et référentiel avec un John Travolta juvénile qui ne manque pas d’étoffe.