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la colline a des yeux

The Hills have eyes
Usa - 1977 - 1h30
sorti en France le 21 juin 1979
interdit aux moins de 16 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Wes Craven

scénario : Wes Craven
direction de la photographie : Eric Saarinen
musique ou chansons : Don Peake
avec : Susan Lanier (Brenda Carter), Robert Houston (Bobby Carter), Martin Speer (Doug Wood), Dee Wallace-Stone (Lynne Wood), Russ Grieve (Big Bob Carter), John Steadman (Fred), James Whitworth (Jupiter), Virginia Vincent (Ethel Carter), Lance Gordon (Mars), Michael Berryman (Pluto), Janus Blythe (Ruby), Cordy Clark (Mama), Brenda Marinoff (Katy), Peter Locke (Mercury), Flora (Beauty), Striker (la Bête)
séances : semaine du mercredi 30 novembre 2016
mercredi 30 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
04:00*
séance spéciale :
* Nuit fantastique dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique" - tarif préférentiel 5 films = 15,00 €

synopsis

Une famille d'Américains moyens, les Carter, décide de partir en voyage en Californie, afin de pouvoir mieux resserrer les liens. Le père, Big Bob, est un ancien policier de Cleveland mis à la retraite pour des problèmes de cœur. La famille est composée de sa femme Ethel, leur fille ainée et mariée Lynn, son mari Doug et leur fille bébé Catherine, de Brenda, la seconde fille de Bob, et Bobby. Alors qu'ils cherchent un raccourci sur une route du désert du Nouveau-Mexique (zone d'essais nucléaires dans les années 1950 reconvertie en base pour l’aviation) et que Big Bob insiste pour visiter une mine de fer abandonnée, ils ont un accident et les pneus sont crevés. C'est le début d'une longue descente aux enfers, car ils deviennent la proie d'une famille de cannibales vivant cachée dans les collines voisines...

notes de production

Le film (titre provisoire : Blood relations) s’inspire de l’histoire vraie de la famille Sawney Bean (1) qui au XVIIe siècle, en Écosse, tendait des embuscades aux voyageurs sur des routes isolées, les tuait avec sauvagerie et les mangeait ensuite. La famille comptait 48 membres consanguins et a assassiné un grand nombre de personnes. Le roi Jacques VI finit par envoyer 400 soldats pour traquer les assassins dans leur repaire, où ils découvrirent des scènes horribles. Le roi fit exécuter toute la famille aussi cruellement qu’ils avaient tué leurs victimes.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sawney_Bean

Quand le film a été soumis pour la première fois à la Mpaa (2), il a été classé X, ce qui l’aurait relégué au circuit des films pornographiques et aurait sérieusement compromis les recettes du film. Le réalisateur a donc modifié le montage pour qu’il ne soit classé que R (les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte), et le montage original a été perdu à jamais.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Motion_Picture_Association_of_America

Prix du jury lors du festival international du film de Catalogne (3) en 1977.
Nomination au prix du meilleur acteur dans un film d’horreur pour Michael Berryman, par l’Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur (4) en 1978.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_Catalogne
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Academy_of_Science_Fiction,_Fantasy_and_Horror_Films

Ce film a fait l’objet d’une suite en 1985, La Colline a des yeux 2 (5), réalisée également par Wes Craven. En 1995, Hbo (6) produit le film The Outpost, parfois intitulé Mind ripper ou The Hills have eyes III (7). Mais hormis la présence de Wes Craven à la production, ce film n’a aucun lien avec La Colline a des yeux et sa suite.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_colline_a_des_yeux_2_(film,_1985)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Home_Box_Office
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Peur_panique_(film)
Wes Craven a produit un remake de son propre film, réalisé par Alexandre Aja (8), sorti en 2006. Ce film est aussi suivi d’une suite en 2007, La colline a des yeux 2 (9).
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_colline_a_des_yeux_(film,_2006)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_colline_a_des_yeux_2_(film,_2007)

Ce très beau titre surréaliste digne d’André Breton (10), cache en fait 90 minutes de massacres "in extenso" viol, meurtre, crucifixion, pendaison, cannibalisme, supplice du feu sont les réjouissances que goûte durant toute une nuit une famille entière bloquée dans un désert à la suite d’un banal accident de la route.
Hills have eyes est certes un film moins subtil que Délivrance (11), mais le récit de l’agression sauvage dont sont victimes "ces gens bien tranquilles" par une horde déficiente et tarée, ne manque ni de brio dans la description réaliste des événements dramatiques, ni d’intensité émotionnelle au niveau des sentiments d’horreur qu’il suscite.
Film dérangeant justement à cause de ses excès : cruauté grand-guignolesque, accoutrements grotesques, descriptions d’un tribalisme au fétichisme baroque, caricature d’un monde marginal atteint par la dégénérescence et la consanguinité, il n’en demeure pas moins que son auteur Wes Craven (Summer of fear) (12) dénonce avec véhémence l’injustice dont furent les boucs émissaires certains laissés pour compte de la prosperity.
Bien sûr, l’alibi moralisateur ne sert souvent de prétexte qu’à un sadisme spectaculaire frôlant souvent la farce et le clin d’œil ; et malgré une réalisation efficace aimant la subjectivité d’une caméra souple et mobile (plans au ras du sol, travelling circulaire) qui s’attache à décrire l’atmosphère malsaine et oppressante des montagnes entourant les lieux de l’holocauste, les performances de Tobe Hooper pour The Texas chainsaw massacre (13) sont loin d’être égalées. Cependant, à la gratuité exaspérante de Cannibal girls (14) s’oppose avec force cette parabole outrancière sur la confrontation de deux microcosmes, où peu à peu les valeurs s’écroulent sous une avalanche de coups régis par l’unique loi du talion, tendant à prouver une fois de plus que la Bête la plus féroce, c’est l’Homme !
Alain Guadalpi in L’Écran fantastique n° 11 (1979)
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Breton
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9livrance_(film,_1972)
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’%C3%89t%C3%A9_de_la_peur
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1350
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cannibal_Girls

(…) il y a quelque part une poigne, un auteur en gestation, celui du sublime La Colline a des yeux. Moins révélateur que son brouillon de 1972, ce nouveau film a immédiatement hissé son auteur au rang de Hooper (13) et de Romero (15) dont il partage les vertus cinématographiques : économie de mouvements de caméra, découpage démesuré, précision graphique du cadre, ivresse synthétique de la bande sonore et discours sociologique percutant. En isolant ses personnages favoris dans un décor d’une nudité et d’une sécheresse hyper-stylisées (un désert de rocaille), Craven a définitivement précisé son point de vue sur la vanité de 2000 ans de progrès. On a prétendu parfois que le cinéaste prônait l’élimination des marginaux et des bannis de notre société, mais ceux-ci sont beaucoup trop caricaturaux (les tueurs en cavale de Last house... (16)), trop délirants (les cannibales de La Colline a des yeux) pour prendre valeur d’exemple. En vérité, ils font office de catalyseur à la mise en accusation d’une middle-class qui a refoulé sa violence derrière la façade d’un modernisme méprisant. Sa réaction est celle de l’individu au contraire des agresseurs qui agissent en bande organisée. De par leur accoutumance à la mort, ceux-ci considèrent la cruauté comme un jeu codifié…
Ceci précisé, l’éboulis de Craven a fait place à une forêt profonde dont les frondaisons obscures procurent une peur insidieuse : l’agresseur véritable serait donc cette Mère-Nature bafouée qui charge ses créatures les plus singulières de laver l’affront des détritus abandonnés, des postes de radio vomitifs, des feux de camps intempestifs...
Christophe Gans in L’Écran fantastique n° 22 (janvier-février 1982)
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film1790
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_Maison_sur_la_gauche_(film,_1972)

(…) La Colline a des yeux est un petit film d’horreur de série B (17) tourné en cinq semaines avec un budget fort modeste mais c’est néanmoins une œuvre très efficace dans la lignée du célèbre Massacre à la tronçonneuse (13) de Tobe Hooper qui, on se demande pourquoi, est resté si longtemps inédit en France. Les deux films présentent d’ailleurs un assez grand nombre d’analogies ; le scénario est plus ou moins similaire : une famille typique américaine est décimée par une autre famille (aux antipodes de la première) dégénérée et cannibale. Le parallèle entre les deux films ne s’arrête pas là : on y trouve les mêmes outrances : personnages caricaturaux (à noter la composition remarquable de James Whitwoth), débauche d’effets spectaculaires, hurlements hystériques du début à la fin du film, et même humour dévastateur au second degré (comme la scène où l’un des fils dégénérés gobe littéralement un canari dans sa cage).
Comme dans le film de Hooper (13), le décor joue un rôle essentiel, ces immenses collines du désert de Mojave (18) en Californie pèsent constamment de tout le poids de leur nudité et de leur silence et contrastent avec le comportement démentiel des êtres humains qui y évoluent. Bien sûr certains verront dans le film un aspect réactionnaire sinon fascisant, glorification de la famille américaine et de la légitime défense face aux anormaux de toute sorte (le premier film de Wes Craven, The Last house on the left (16), traitait lui aussi d’un thème analogue). On peut cependant remarquer que le comportement des agressés, êtres civilisés et raisonnables, est encore pius cruel et plus brutal que celui de leurs agresseurs. Il est malgré tout évident que Wes Craven a été peu préoccupé par des considérations idéologiques. Son intention est avant tout de titiller constamment les nerfs du spectateur, et en cela il a pleinement atteint son but. Son suspense est très efficace. Primé au festival de Sitgès (3) et nommé, peut-être un peu exagérément, meilleur film d ’horreur de l’année 1977, La Colline a des yeux remplit parfaitement son rôle : nous faire frémir pendant une heure trente sans temps morts…
Philippe Ross in La Saison cinématographique 79
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_B
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sert_des_Mojaves

Lors de la mise en chantier de La Colline a des yeux, Wes Craven ne représente quasiment rien au sein du milieu du cinéma. Ou plutôt si : sa réputation est celle d’un ancien enseignant ayant abandonné sa carrière de chercheur pour se lancer dans le cinéma d’exploitation, et dont la première œuvre, La Dernière maison sur la gauche (16), s’est faite interdire à peu près partout. Au fil des années, ce film d’horreur d’inspiration bergmanienne (19) accèdera à un statut d’icône, d’autant plus culte que la version intégrale semble perdue à jamais - point qu’il partage avec La Colline a des yeux. Cinq ans après ce coup d’essai, il a à nouveau l’occasion de passer derrière la caméra, et cette fois avec un budget avoisinant les 250 000 $ - La Dernière maison sur la gauche (16) en a coûté 90 000 - et une équipe partiellement issue des productions Corman (20)...
http://www.dvdclassik.com/critique/la-colline-a-des-yeux-craven
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ingmar_Bergman
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Corman

La première version de La Colline a des yeux a été réalisée avec une équipe de 15 personnes, pour 350 000 $ de budget. Le film a été tourné dans la petite ville de Victorville (21), en Californie. Le budget était si maigre que le producteur Peter Locke (22) conduisait lui-même les acteurs sur les lieux de tournage dans un Winnebago (23) en bout de course, et que l’équipe technique se protégeait des intempéries avec des sacs poubelle. Les accessoires avaient été récupérés sur le film classique d’horreur de Tobe Hooper Massacre à la tronçonneuse (13), et une station-service abandonnée avait été trouvée pour servir de décor principal. Le film a été tourné avec une caméra 16 mm (24), ce qui lui a conféré un style authentique, brut, qui renforçait l’impact de la terreur.
Malgré ses moyens limités, La Colline a des yeux a battu des records au box-office lors de sa sortie à l’été 1977. La critique fut déroutée et choquée, le public stupéfait. Au contraire des films d’horreur conventionnels de l’époque, avec leurs monstres prévisibles et leurs tueurs évidents, celui-ci repoussait les limites de l’horreur cinématographique bien au-delà des tabous. Devenu un classique, La Colline a des yeux a influencé d’innombrables films d’horreur et continue encore à terrifier..
http://www.cinemotions.com/article/6440
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Victorville
(22) http://www.imdb.com/name/nm0516779/
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Camping-car
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_16_mm

Wes Craven
voir fiche du film My soul to take
http://www.citebd.org/spip.php?film950

Eric Saarinen
http://www.imdb.com/name/nm0754363/

Don Peake
Né le 7 juin 1940 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0668838/

Susan Lanier
Née Susan Jean Engledow le 1er août 1947 à Dallas.
Célèbre photographe reconnue pour ses portraits régulièrement publiés dans des magazines...
http://www.imdb.com/name/nm0486839/

Robert Houston
http://www.imdb.com/name/nm0396884/

Martin Speer
http://www.imdb.com/name/nm0817571/

Dee Wallace-Stone
voir fiche du film E.t. l’extra-terrestre
http://www.citebd.org/spip.php?film1795

Russ Grieve
http://www.imdb.com/name/nm0341045/

John Steadman
http://www.imdb.com/name/nm0824113/

James Whitworth
http://www.imdb.com/name/nm0926612/

Virginia Vincent
http://www.imdb.com/name/nm0898782/

Lance Gordon
http://www.imdb.com/name/nm0330378/

Michael Berryman
Né le 4 septembre 1948 à Los Angeles.
Inoubliable dans Vol au-dessus d’un nid de coucou aux côtés de Jack Nicholson...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Berryman

Janus Blythe
http://www.imdb.com/name/nm0090041/

Cordy Clark
http://www.imdb.com/name/nm0163788/

Brenda Marinoff
http://www.imdb.com/name/nm0547861/

extrait(s) de presse

Dvd classik - (...) un précieux témoignage de ce que le cinéma d’horreur américain pouvait nous offrir dans les années 70.
Cinéma fantastique - Moins nihiliste et jusqu’au-boutiste que "Massacre à la tronçonneuse" dont il s’inspire fortement, "La Colline a des yeux" se pose comme un digne représentant du genre qu’il aborde, fournissant un traitement brut et réaliste, à la limite du documentaire, de cette lutte d’influence entre deux camps ennemis tout aussi barbares l’un que l’autre...
Gamekult - "La Colline a des yeux" millésimée 1977 est un excellent survival, doublé d'une réflexion intéressante sur la violence au sein de la société dite "civilisée"...
Psychovision - "La Colline a des yeux" a certainement aujourd'hui rejoint "Delivrance" et "Massacre à la tronçonneuse" au rayon des films fondateurs du "survival"...
Le film était presque parfait - Véritable chaînon manquant entre "Delivrance" et "Massacre à la tronçonneuse", le film enfonce le clou (rouillé) dans l’œil du spectateur en proposant le choc sordide et violentissime de deux familles américaines, l’une, faite proie et encore civilisée, l’autre, prédatrice et animale...
Cinémachoc - Ancien professeur de philosophie, Craven ne nous transporte pas dans la "Caverne" de Platon, mais devant un portrait au vitriol (un peu exagéré quand même) des américains des seventies !
Horreur - "La Colline a des yeux" nous révèle qui nous sommes vraiment, nous, les hommes de la soit-disant civilisation. Bien qu'un peu vieilli sur le plan formel, l'impact du film reste sur le fond toujours d'actualité.
Sueurs froides - "La Colline a des yeux" est un film qui reste superbe en alignant en outre des scènes d'anthologie comme celle de l'attaque du camping-car. Un très grand film.