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psychose

ciné répertoire
Psycho
Usa - 1960 - 1h49
sorti en France le 2 novembre 1960
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Alfred Hitchcock

scénario : Joseph Stefano
d'après l'oeuvre de : Robert Bloch
direction de la photographie : John L. Russell
musique ou chansons : Bernard Herrmann
avec : Anthony Perkins (Norman Bates), Janet Leigh (Marion Crane), Vera Miles (Lila Crane), John Gavin (Sam Loomis), Martin Balsam (Milton Arbogast), John McIntire (shérif Chambers), Simon Oakland (docteur Richmond), Patricia Hitchcock (Caroline, la secrétaire), Vaughn Taylor (Mr Lowery), Lurene Tuttle (Mme Chambers), Frank Albertson (Tom Cassidy), Virginia Gregg (la voix de madame Bates), John Anderson (Charlie), Marli Renfro (doublure de Janet Leigh dans la scène de la douche)
séances : semaine du mercredi 16 novembre 2016
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
18:30*
séance spéciale :
* mar 22 à 18h30 : ciné mardi : "les cauchemars d’Alfred" - soirée en partenariat avec Hidden circle - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Les Oiseaux").

synopsis

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire à son ex. Un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s'enfuit avec l'argent. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie, Marion s'arrête près d'un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates...

notes de production

Norman Bates entendit un bruit et un sentiment d’effroi le parcourut. On aurait dit que quelqu’un avait frappé au carreau. Il leva les yeux rapidement, sur le point de se redresser. Le livre lui glissa des mains et tomba sur ses larges cuisses. Alors, il se rendit compte que c’était simplement la pluie. Une pluie de fin d’après-midi, qui heurtait la fenêtre du salon...
Ainsi commence le roman original de Robert Bloch ; ainsi ne commence pas Psychose d’Alfred Hitchcock. Entre le livre et le film adapté, il y a le scénario génial de Joseph Stefano qui a conservé certains éléments, en a retiré d’autres.
http://www.ecranlarge.com/films/839236-psychose/critiques

Le roman de Robert Bloch (1) serait inspiré de faits réels liés au tueur en série Ed Gein (2), alias le boucher de Plainfield.
(1) http://www.lacauselitteraire.fr/psychose-robert-bloch
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein
http://www.citebd.org/spip.php?film1350

Le jeune scénariste Stefano n’avait écrit que deux films, Anna in Brooklyn (3) ainsi que L’Orchidée noire (4), mais le réalisateur n’était pas particulièrement impressionné. Brown, son agent, insista tout de même et Hitchcock céda. Le scénariste réussit à le convaincre qu’il pouvait écrire le film.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_de_Brooklyn
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Orchid%C3%A9e_noire

Pour le jeune homme, la meilleure façon était de l’intéresser à sa propre vision de l’histoire, tout en apportant une solution au problème de l’intrigue : la mère de ce garçon est morte et il faut garder cette information secrète. Il eut l’idée d’introduire Marion, une jolie jeune femme qui a une liaison désastreuse avec un homme qui ne peut l’épouser. De retour au bureau, elle a entre les mains une importante somme d’argent liquide qu’elle décide de voler, dans un moment de folie. Elle prend la route, se perd sous la pluie, tombe sur le motel et y entre. Elle parle au jeune homme qui tient le motel et se rend compte qu’il est pris au piège comme elle et qu’elle doit pouvoir s’en sortir en rendant l’argent. Elle s’y décide, ce qui la soulage, et prend une douche purificatrice. Mais quelqu’un entre et la tue. À ce moment-là, Hitchcock a dit : on pourrait donner ce rôle à une star. Stefano était engagé car Hitchcock avait aimé sa présentation du film. Il appréciait que l’histoire démarre avec elle, puis qu’on horrifie le public pour ensuite recentrer l’histoire sur lui.

Hitchcock l’apprécia immédiatement et, contrairement à son habitude d’embaucher à la semaine, loua ses services tout au long des trois mois que prit la production.
Le point de départ imaginé par Stefano était bon et ses idées convainquirent le réalisateur. Un écrivain plus expérimenté n’aurait pas eu l’audace d’une telle scène

Dans le roman de Robert Bloch, Norman Bates est un homme entre deux âges, obèse et alcoolique. Stefano proposa un Norman plus jeune, svelte et vulnérable. Anthony Perkins alors âgé de 27 ans, aux allures d’idole des jeunes, allait se révéler être l’acteur parfait. De plus, Perkins devait un rôle à la Paramount pictures (5) et put être embauché pour 40 000 $. L’acteur décrira l’expérience comme le plus grand pari de sa carrière. Pari qui s’avèrera à la fois gagné et perdu. Son interprétation était si brillante qu’elle le catalogua et que sa carrière perdit de son élan.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paramount_Pictures

Pour le rôle de Marion Crane, Hitchcock cherchait la plus brillante star que ses moyens lui permettraient d’obtenir. Il savait que plus l’actrice serait connue, plus la disparition précoce de son personnage allait produire d’effet. Et le choix de Janet Leigh allait s’avérer aussi surprenant que celui d’Anthony Perkins. Hitchcock lui envoya le livre de Bloch accompagné d’une note l’informant que le personnage serait amélioré. Le réalisateur en profita pour changer le prénom du personnage de Mary en Marion. Leigh fut alors invitée à déjeuner chez Hitchcock, à Bellagio road. Elle put y découvrir les méthodes de travail du maître. Il esquissait son plan de travail se rappellera-t-elle. Le cadrage et l’image de chaque scène étaient préalablement déterminés, et soigneusement planifiés avant même le début du tournage. Il ne pouvait y avoir aucun écart. Son art était absolu.

L’amant de Marion, Sam Loomis, était joué par John Gavin, que Stefano avait repéré dans Le Temps d’aimer et le temps de mourir (6), et sa sœur Lila Crane par Vera Miles. L’actrice avait déjà joué dans Le Faux coupable (7). Le réalisateur avait eu l’ambition de la faire devenir une star avec un rôle dans Sueurs froides (8), auquel elle avait renoncé en raison de sa grossesse d’alors.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temps_d%27aimer_et_le_Temps_de_mourir
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Faux_Coupable
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sueurs_froides

Le tournage débuta le 30 novembre 1959, et, dès le début, le réalisateur imposa un silence strict sur la composition des décors, demandant à l’équipe de garder le secret absolu. Il supprima même toute présentation du synopsis au public. Mais, il arrangea certaines séances photographiques impromptues et, durant tout le tournage, se servit d’un fauteuil de réalisateur au nom de Madame Bates.
Lors de la réalisation, Hitchcock était d’un tel sérieux que son autorité fut incontestée. Avec ses manières rigoureuses et classiques, Hitchcock portait invariablement un costume sombre. Toute l’équipe de tournage l’imita en s’habillant de la même manière, ce qui allait donner au tournage une atmosphère très old fashioned.
Les moins familiers avec les méthodes de travail d’Hitchcock le trouvaient fréquemment ennuyé ou distrait sur le tournage. Mais son maintien en retrait tenait au fait qu’ayant tout planifié avec tant de précision il ne lui restait plus qu’à regarder le film se faire. En travaillant avec des gens qu’il appréciait, Hitchcock pouvait pourtant être atrocement drôle

Le tournage de la mort de Marion Crane se fit en sept jours et 70 prises différentes pour seulement 45 secondes de plans rapidement enchaînés. On avait rarement vu une scène d’un tel impact. Le meurtre de Marion Crane n’était pas seulement une scène pivot pour la cohérence de Psychose ; il allait donner à Hitchcock le rang de maître. Le tournage de cette scène coûta 62 000 $.
Hitchcock répétait souvent qu’il dirigeait le tournage avant de diriger son public. Et c’est bien ce qu’il fit dans la salle de bains blanche du Bates motel. L’intention est de souligner le voyeurisme face à cette femme séduisante, nue sous la douche ; l’accent est mis sur l’effrayant couteau et le sang qui gicle. La vraie force de Psychose, sa véritable horreur, repose sur la manière dont Hitchcock tue l’émotion du public

À l’époque où Alfred Hitchcock réalise Psychose, son apparition dans ses films est incontournable. On le voit ici attendant devant l’agence immobilière, coiffé d’un chapeau mou clair. Ce qui lui permet non seulement de se montrer dès le début du film (à la 7e minute, soit précisément à 6 min 18 s), mais aussi de figurer dans la même scène que sa fille, Patricia qui interprète Caroline, la collègue de Janet Leigh.

Psychose est classé, par l’American film institute (9), 18e sur les cent meilleurs films étatsuniens de l’histoire du septième art, et 1er sur les cent meilleurs thrillers. Le personnage de Norman Bates a été classé 2e plus grand méchant juste derrière Hannibal Lecter (10). Sur les 25 meilleures musiques, celle de Bernard Herrmann a été classée 4e, et la citation de Bates La meilleure amie d’un garçon est sa mère est placée à la 56e place des cent meilleurs répliques du cinéma étatsunien.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Film_Institute
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hannibal_Lecter

Psychose a fait l’objet de trois suites, toutes avec Anthony Perkins, réalisées en 1983 (11), 1986 (12) et 1990 (13). En 1998, Gus Van Sant en a tourné un remake (14) plan pour plan (ce que réfute Philippe Rouyer de la revue Positif (15)) avec entre autres Vince Vaughn dans le rôle de Norman Bates et Julianne Moore dans celui de Lila Crane. La série Bates motel (16) évoque pour sa part l’enfance de Norman Bates.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_2
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_3
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_4
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psycho_(film,_1998)
(15) http://www.charentelibre.fr/2012/04/11/je-voulais-etre-critique-a-12-ans,1089480.php
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bates_Motel_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

Hitchcock tourna Psychose en noir et blanc, pensant que sinon la scène de la douche n ’eût pas été acceptée par le public ; la rumeur veut cependant qu’il ait conservé dans ses archives personnelles des essais en couleur du film . Produit par Hitchcock et réalisé, pour des raisons pratiques, avec des techniciens venus de la télévision, Psychose ne coûta que 800 000 $ et s’avéra le plus grand succès commercial de son auteur en rapportant au total 16 millions $, recettes cumulées de la première sortie et de la réédition de 1966, où il était couplé en double programme avec Les Oiseaux (17).
Un critique a écrit de Psychose qu’il était le film d ’horreur le plus étonnant, le plus audacieux et le plus réussi que l’on ait jamais réalisé. Si la louange est méritée, l’étiquette délivrée au film ne l’est pas. Psychose comporte deux meurtres qui agressent le spectateur car ils sont soudains, brutaux, sauvages, mais le film est ondé sur le principe du Maître selon lequel le suspense, qui fait battre le pouls plus vite et plus fort, est plus terrifiant par lui-même que par son objet. Autrement dit, si ces meurtres provoquent des chocs émotionnels de courte durée, ce sont la peur et l’attente engendrées par l’ignorance où nous sommes du moment exact où ils se produiront qui nous effraient véritablement. Précédant toujours son public , Hitchcock prévoit ses pensées : il sait que celui -ci aime devancer l’action ; Psychose se joue de lui car, au moment même où il croit avoir deviné ce qui va suivre, il s’aperçoit que ses pronostics sont faux . Ne possédant pas toutes les clés du mystère, il devient un simple jouet entre les mains du réalisateur et ne peut que le suivre en se cachant le visage, tout en regardant par en dessous pour voir ce qui va se passer.
Lors d’une interview Janet Leigh déclara au sujet de son metteur en scène que c’était "un homme très posé". Au cours de plusieurs réunions de travail ayant précédé le tournage, elle s’était entendue expliquer ainsi ce qu’on attendait d’elle : je ne vais pas vous apprendre à jouer la comédie. Si je pensais que vous n ’en étiez pas capable, je ne vous aurais pas engagée pour mon film. Je veux vous indiquer seulement les
qualités qui me sont nécessaires, à quels moments j’aurai besoin de certains effets précis, et je vous rappellerai au fur et à mesure du tournage des scènes comment celles-ci s’intègrent dans la continuité de la séquence. Si vous êtes un degré au-dessus, je vous le dirai ; si vous êtes un degré au-dessous, je vous le dirai aussi. Mais tant que votre conception du personnage ne s’oppose pas à la mienne, faites ce que vous voulez.
. Janet Leigh é tait fascinée par le fait que son personnage dans l’histoire ne correspondait qu’à une petite partie du film, lequel ne commence vraiment qu’après sa mort ; mais une fois qu’elle est tuée, on ne cesse de penser à elle.
Le film fut tourné très rapidement, mais la scène de la douche exigea à elle seule une semaine entière avec un torse factice et soixante-dix positions de caméra différentes pour aboutir aux quarante-cinq secondes d ’images que l’on voit sur l’écra n. Soulignant l’illusion du cinéma, Hitchcock affirme qu’à aucun moment le couteau ne touche le corps de la victime et que seule la rapidité du montage donne l’impression que Janet Leigh est poignardée sans relâche ; en fait , nous ne voyons le sang que lorsqu’il gicle sur le mur et s’écoule au fond de la douche. En réalité, ce n’est que du chocolat fondu !
Ce qui procure beaucoup de satisfaction à Hitchcock, c’est qu’avec Psychose on a affaire à du pur cinéma, ayant un impact sur le public du monde entier : aucun message destiné à le remue r , aucune performance d ’acteur particulière ; Psychose est , d’après lui , un film qui appartient aux cinéastes, qui rassemble différents éléments - morceaux de film, sons d ’origines diverses, techniques artistiques - en vue de créer une œuvre dont les spectateurs se rappellent et parlent entre eux. La musique de Bernard Herrmann y joue un rôle essentiel ; le grand compositeur pensait que seule une musique en noir et blanc pouvait con venir à une intrigue en noir et blanc filmée en noir et blanc. Résultat : c’est la seule partition de
film enregistrée par un orchestre comprenant uniquement des instruments à cordes. Le son perçant et aigu des cordes de violon détermine le tempo visuel de la scène de la douche et renforce la tension dramatique pendant tout le reste du film.
Distribué a lors que la popularité de Hitchcock était à son apogée (son émission de télévision hebdomadaire (18) était en tête des sondages, et sa durée passa alors d ’une demi-heure à une heure), Psychose bénéficia d ’un lancement publicitaire entièrement centré sur le nom du réalisateur. Aucune visite n’ avait été autorisée sur le plateau pendant le tournage, les photos des scènes les plus importantes, contrairement à l’habitude, n’avaient pas été diffusées et ni les critiques, ni les exploitants ne purent voir le film avant sa sortie. En vieux routier du spectacle, Hitchcock obligea tout le monde à voir le film dès la première minute : interdiction à quiconque d’entrer dans la salle après le début de la projection. Hitchcock força la Paramount (19) à mettre cette exigence en pratique, en faisant inscrire cette clause dans les contrats passés entre la compagnie et les cinémas projetant le film. Tout cela concourut à la publicité même du film et lui donna une aura particulière ; les spectateurs rangés en longues files d’attente des heures avant l’ouverture des guichets attestaient de l’impact d’une telle campagne.
Bien entendu, lorsque Psychose vit ses recettes croître de façon vertigineuse, une longue série de pâles imitations sortit des studios de Hollywood, aucune ne pouvant, naturellement, soutenir la comparaison avec le film d’Hitchcock.
Anthony Perkins dira : peu de gens le savent, mais je répétais une pièce à New York lorsque fut filmée à Hollywood la scène de la douche. C’est plutôt étrange de se voir constamment associé à elle alors qu’elle a été tournée avec une doublure. En fait, lorsque j’ai vu pour la première fois au studio la scène de la douche de Psychose, je l’ai trouvée terrifiante. ]’ai eu aussi peur que n’importe quel spectateur. Néanmoins,
participer à ce film a été l’une des expériences les plus heureuses dans ma vie d’acteur. Nous nous sommes amusés à tourner ce film et à aucun moment ne nous sommes doutés de l’impact qu’il aurait sur le public.

Quant à Janet Leigh : chaque fois que Psychose passe à la télévision, je reçois des sacs entiers de lettres de cinglés. Certaines me menacent de sévices corporels, d’autres me réclament de l’argent, mais les plus terrifiantes sont celles qui me menacent de la mort horrible que j’ai jouée dans la scène de la douche. Il se trouve que j’avais une doublure pour cette scène. Les lettres de détraqués n’ont commencé à m’arriver qu’à partir de la diffusion du film à la télévision. Aujourd’hui Psychose passe vingt-cinq fois par an sur les chaînes locales, et à chaque fois me parviennent des lettres de menace, que je transmets au Fbi (20). Je devrais y être habituée maintenant, mais ce n’est pas le cas. Je n’ai pas eu peur de cette scène de douche, mais ces détraqués me hanteront tout le reste de ma vie.
in Hitchcok de Robert A.Harris & Michaël S. Lasky (ed. Henri Veyrier, 1980)
(17) http://www.citebd.org/spip.php?film1787
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Hitchcock_pr%C3%A9sente_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e,_1955)
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paramount_Pictures
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Federal_Bureau_of_Investigation

Les implications homosexuelles du personnage de Norman apparaissent dans ses rapports avec Sam et Arbogast, et dans la vision finale du psychiatre. Sam est une sorte de double hétérosexuel, sain et placide, de Norman. Il confie au début à Marion, en une phrase qui résume bien le film : je dois payer les dettes de ma mère et elle est dans sa tombe. Quand Sam interroge Norman, leurs mains se rapprochent sur le comptoir. Norman le tapote du bout des doigts en grimaçant. Dans la cave, ils se battent au corps à corps. Norman brandit le couteau et perd sa perruque qui glisse, tandis que Sam ouvre la robe de Norman. Leurs bras sont dressés, avec le couteau au bout. Cette danse sauvage a été annoncée par une statue qui décore la maison de Norman : elle représente un androgyne en pagne qui danse, les bras levés. Avec Arbogast, Norman mange des bonbons : il est à la fois un petit garçon, et un tueur qui prépare son prochain crime. Une contre-plongée le montre par en-dessous, en train de mastiquer, comme il le faisait devant la voiture de Marion qui s’engloutissait dans l’étang. Norman se met à bégayer, il répond par oui ou par non en souriant et en
secouant la tête comme un enfant. Quand il regarde le détective qui s’en va, son sourire sinistre signale qu’il va tuer à nouveau. Après le meurtre, au bord de l’étang, il jette un regard terrifiant à la caméra, au spectateur. Dans sa chambre d’enfant, ses jouets, son ours en peluche usé, sont déjà des animaux momifiés. Le psychiatre fait son discours explicatif à côté d’une curieuse photographie, qui montre un motard debout près de son engin. Le psychiatre se trouve ainsi associé au policier qui avait effrayé Marion par son regard opaque et ses questions inquiétantes. Le psychiatre exerce dans un poste de police, et ce qu’il dit ne compte pas, venant juste avant le monologue final de Norman : ils vont l’enfermer, comme j’aurais dû le faire il y a des années. Il a toujours été mauvais, et il avait l’intention de leur dire que c’était moi qui avais tué ces filles et cet homme. Comme si je pouvais faire autre chose que rester assise à regarder en face de moi comme un de ses oiseaux empaillés. Ils savent que je ne peux pas bouger le petit doigt, et je veux rester assise et rester tranquille, juste au cas où ils me soupçonneraient. lis sont sans doute en train de me regarder. Et bien qu’ils me regardent... J’espère qu’ils me regardent. Ils verront. Ils verront et ils
diront : quoi, elle ne ferait même pas de mal à une mouche !
Et la mère laisse une mouche se promener en liberté, comme pour délimiter son nouveau royaume. Ce ils vengeur qui désigne les spectateurs renvoie chacun à ses propres ténèbres.
in Hitchcock de Bruno Villien (ed. Colona, 1982)

Entretien avec Saul Bass
Concernant "Psychose", il semble que vous ayez fait même un peu plus que la scène de la douche. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En effet, j’ai fait le générique, la scène de la douche et aussi dans les escaliers, la découverte du corps. Très franchement, j’ai aussi travaillé sur la maison et j’ai conçu la scène avec Anthony Perkins quand il est au commissariat à la fin du film.
Il y a eu un problème sur ces scènes dans le livre d’entretien Hitchcock Truffaut. Ils ont totalement omis votre participation…
C’est justement ce que je vous disais. (rires) Laissez-moi vous expliquer. Cela n’a pas beaucoup d’importance. Hitchcock a été formidable avec moi. C’était un grand patron, j’étais jeune un peu comme un étudiant et m’a pris pour ce film. Il a été très généreux. J’étais auprès de lui quand il discutait avec les scénaristes sur certains choix. Il m’a donné une grande leçon sur la façon de faire un film. Dans Psychose, je voulais faire certaines scènes, dont la principale était la disparition de Janet Leigh. Nous devions faire quelque chose de très particulier pour cette scène. Alors, j’ai proposé à Hitchcock de faire un découpage rapide de la scène du meurtre, afin de la rendre extrêmement sanglante et aussi très effrayante. C’était ma conception, j’étais très attiré par le montage. En particulier dans le cinéma soviétique qui utilise le montage de façon dynamique. J’ai donc fait le story-board de la scène et l’ai montré à Hitchcock qui n’a pas vraiment apprécié. Il faut dire que le style d’Hitchcock était très élaboré et avec de merveilleuses prises de vue en continue. Il prenait la caméra et vous suivait partout ou vous alliez, du rez-de-chaussée aux étages, dans toutes les pièces. Donc ma conception de la scène l’a choqué. A la fin du tournage de cette scène, j’ai fait quelques prises de vues, je les ai montées et lui ai montrées. Cela lui a plu et il a décidé que nous pouvions continuer ainsi. Voilà, comme cela s’est déroulé. Vous savez, je me sens très à l’aise pour en parler. Hitchcock était le réalisateur du film. C’était un génie quoi qu’il ait pu arriver sur ce film. Il lui appartenait dans sa conception propre. C’était le fruit d’un grand talent. Je lui suis très reconnaissant et je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu...
http://www.generique-cinema.net/histoire/saulbass.html

Alfred Hitchcock
voir fiche du film La Taverne de la Jamaïque
http://www.citebd.org/spip.php?film1669

Joseph Stefano
Né Joseph William Stefano le 5 mai 1922 à Philadelphie, décédé le 25 août 2006 à Thousand oaks.
Il écrivit des scénarios pour Vittorio De Sica et Martin Ritt avant de travailler avec Alfred Hitchcock...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Stefano

Robert Bloch
Né le 5 avril 1917 à Chicago et décédé le 23 septembre 1994 à Los Angeles.
Utilisant également les pseudonymes de Tarleton Fiske, Sherry Malone, E.K. Jarvis, Wilson Kane, John Sheldon et Will Folke, on peut considérer Robert Bloch comme un des plus grands écrivains de polar étatsunien...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Bloch

John L. Russell
Né le 15 mai 1905 et décédé le 22 juillet 1967 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_L._Russell

Bernard Herrmann
voir fiche du film Les Nerfs à vif
http://www.citebd.org/spip.php?film1655

Anthony Perkins
Né le 4 avril 1932 à New York et décédé le 12 septembre 1992 à Los Angeles.
C’est avec le rôle de Norman Bates qu’il obtient sa réputation mondiale...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Perkins

Janet Leigh
voir fiche du film Prince Vaillant
http://www.citebd.org/spip.php?film553

Vera Miles
voir fiche du film La Prisonnière du désert
http://www.citebd.org/spip.php?film1442

John Gavin
Né John Anthony Golenor le 8 avril 1931 à Los Angeles.
Sera nommé ambassadeur des Usa au Mexique par son ami le président Ronald Reagan...
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Gavin

Martin Balsam
voir fiche du film 12 hommes en colère
http://www.citebd.org/spip.php?film512

John McIntire
Né le 27 juin 1907 à Spokane, décédé le 30 janvier 1991 à Pasadena.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_McIntire

Simon Oakland
Né à New York le 28 août 1915, décédé à Cathedral City le 29 août 1983.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Oakland

Patricia Hitchcock
Née le 7 juillet 1928 à Londres.
Fille du maître du suspense et de Alma Reville...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Hitchcock

Vaughn Taylor
Né le 22 février 1910 à Boston, décédé le 26 avril 1983 à Los Angeles.
Fut aussi un acteur récurrent dans plusieurs séries tv dont Les Incorruptibles et La Quatrième dimension...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaughn_Taylor

Lurene Tuttle
Née à Pleasant Lake le 20 août 1907, décédée le 28 mai 1986 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lurene_Tuttle

Frank Albertson
Né le 2 février 1909 à Fergus Falls, décédé le 29 février 1964 à Santa Monica.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Albertson

Virginia Gregg
Née Virginia Gregg Burket le 6 mars 1916 à Harrisburg (Illinois), décédée le 15 septembre 1986 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Gregg

John Anderson
Né le 20 octobre 1922 à Clayton (Illinois), décédé le 7 août 1992 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Anderson_(acteur)

Marli Renfro
http://www.lesinrocks.com/2014/02/16/livres/lever-de-rideau-sur-la-fille-mystere-du-psychose-dhitchcock-11472260/
http://www.cinemateaser.com/2010/03/7121-le-fait-divers-derriere-psychose

extrait(s) de presse

Télérama - Le génie de Hitchcock est d'avoir fait de "Psychose" le chef-d'oeuvre de ses spectateurs.
Les ingoruptibles - On se laisse prendre par ce grand classique du cinéma !
LibreSavoir - (...) l’un des films fondateurs du cinéma moderne, qui marque encore les mémoires des cinéphiles et inspire toujours les réalisateurs et les critiques plus de quarante années après sa sortie sur les écrans...
Horreur - Oui c'est du grand cinéma, un film mythique, probablement le thriller le plus connu !
Ecran large - Un des meilleurs films d'Hitchcock, au carrefour du film noir et du cinéma fantastique...
Serial lectrice - C’est un film d’une richesse inouïe, qui se prête à toutes les analyses, à tous les niveaux de compréhension. Un chef d’oeuvre à ne pas rater !
Il était une fois le cinéma - "Psychose" est un film qui mérite d’être vu et revu...
Cinéma fantastique - Ode magistrale à la schizophrénie. Œuvre d’un génie dégénéré qui a su surprendre et effrayer comme plus personne n’y parviendra.