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la permanence

France - 2014 - 1h38
Prix de l'institut français Louis Marcorelles festival du Cinéma du réel 2016
documentaire - film francophone
de

Alice Diop

direction de la photographie : Alice Diop
séances : semaine du mercredi 2 novembre 2016
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
20:30*
séance spéciale :
* cinédoc : en présence de Alice Diop - soirée organisée en partenariat avec le Créadoc - tarif 3,50 €

synopsis

La consultation se trouve à l'intérieur de l'hôpital Avicenne. C'est un ilôt qui semble abandonné au fond d'un couloir. Une grande pièce obscure et vétuste où atterrissent des hommes malades, marques dans leur chair, et pour qui la douleur dit les peines de l'exil. S'ils y reviennent encore, c'est qu'ils ne désespèrent pas de trouver ici le moyen de tenir debout, de résister au naufrage...

notes de production

Influencée par une photo de Gordon Parks (1) prise à Harlem (2) en 1967 et le souvenir marquant d’une scène de Public housing (3), film de Frederick Wiseman à l’origine de sa vocation de cinéaste, Alice Diop a mis ses intentions politiques dans ses seuls choix de réalisation. Je n’ai pas voulu faire un film militant qui dénoncerait quoi que ce soit, explique-t-elle. Mais un film qui assigne une place au spectateur, l’inviter à regarder ces hommes comme on a rarement l’occasion de les voir. Ces hommes, dit-elle, car si des femmes se présentent aussi - moins nombreuses - à la permanence du docteur Geeraert, leurs histoires sont la plupart du temps trop terrifiantes pour que l’on puisse se reconnaître en elles, penser à travers elles.
Si la première à intervenir dans le film est cadrée de dos, c’est parce que son visage a été rongé par l’acide. La plupart du temps, la caméra était placée derrière le médecin, axée sur le patient. Mais pas toujours.
Avant chaque consultation, je décidai de ma position en fonction d’une intuition construite au fil de mon année de repérage. Selon ce que je savais de la personne qui se présentait. Car il n’était pas question d’envisager des contrechamps à l’intérieur d’une consultation. Ces moments sont trop intimes pour qu’on les perturbe.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gordon_Parks
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Harlem
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Public_Housing
Si sa présence au cadre et celle de l’ingénieur du son Clément Alline étaient extrêmement visibles dans la pièce où tout s’est tourné, Alice Diop pense ne pas avoir nui au travail accompli par le docteur Geeraert - bien au contraire. Je dirais même que le fait d’être là participait aux soins, affirme-t-elle. Non seulement parce que j’étais le troisième œil et qu’il m’arrivait de relever des choses que lui n’avait pas vues ; mais aussi parce que la caméra apportait aux consultations comme un surcroît d’intensité.
http://television.telerama.fr/television/la-permanence-d-alice-diop-un-film-a-voir-d-urgence-au-cinema-du-reel,139990.php

A quoi tient l’évidence du sentiment qu’avec La Permanence Alice Diop accède à un niveau dans l’art documentaire que ses précédents films avaient juste frôlé ? A la confiance qu’elle a acquise dans les moyens qu’offre le cinéma pour rendre compte du réel en se libérant des discours. A sa capacité à en tirer parti pour suggérer des ­questionnements, non pour les clôturer en faisant mine de les résoudre...
http://television.telerama.fr/television/alice-diop-une-documentariste-proche-des-douleurs-de-l-exil,146153.php

Entretien avec Alice Diop
Quelle place aménagez-vous au spectateur dans votre film ? Qu’est-ce que vous cherchez à transmettre comme message ?
Je ne cherche pas à transmettre de message, je ne suis pas une militante. Ce dont j’ai envie, c’est que les spectateurs travaillent avec ces visages-là, avec la réalité des vies qui leur sont présentées durant ce film. J’ai envie que les questions politiques soient éprouvées par le biais de la sensibilité et de l’empathie que peut susciter l’exposition de ses visages et de ses histoires extrêmes dramatiques. Ces hommes que j’ai filmés, ce sont des hommes qu’on croise tous dans le rue sans forcément les voir, ce sont des vendeurs de fleurs bengalis, ou des vendeurs de marrons au pied du métro. Pour moi c’est important de leur donner un visage, de leur donner une chair et un corps, c’est ça que je veux que le spectateur puisse éprouver en regardant mon film...
https://leblogdocumentaire.fr/alice-diop-questions-politiques-biais-de-sensibilite-de-lempathie/

Alice Diop
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Diop
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=15295

extrait(s) de presse

Arte - C'est le seul lieu en Seine-Saint-Denis à proposer des consultations gratuites et sans rendez-vous aux migrants primo-arrivants...
Cinématraque - Il y a, dans La Permanence, une scène qui résume tout aussi bien ce qu’est le métier d’un documentariste et l’état du monde actuel...
Le magazine de la Cité - "La Permanence" est un havre de paix et de gentillesse dans un océan de violence et de solitude. Merci à Alice Diop de nous avoir permis de rentrer discrètement dans ce lieu d’humanité.
Africultures - "La Permanence" est un film qui marque, essentiel dans une Europe qui prend peur devant l'afflux de réfugiés et de migrants...
Cases rebelles - Le film d’Alice Diop va au contact. Il ne change pas le monde. Il n’a pas de promesses rassurantes pour le futur. Il est indispensable.
Radio Prague - "La Permanence" est le seul film français en compétition au festival international du film de Karlovy Vary...