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clash

Eshtebak
France, Egypte - 2016 - 1h37
sorti en France le 14 septembre 2016
Un certain regard Cannes 2016
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Mohamed Diab

scénario : Mohamed Diab, Khaled Diab
direction de la photographie : Ahmed Gabr
musique ou chansons : Khaled Dagher
avec : Nelly Karim (Nagwa), Hani Adel (Adam), Tarek Abdel Aziz (Hossam), Ahmed Malek (Mans), Ahmed Dash (Fares), Husni Sheta (Fisho), Aly Eltayeb (Huzaifa), Amr El Kady (M. Hashem), Mohamed Abd El Azim (Radwan), Gameel Barsoum (Salah), Ashraf Hamdy (Omar), Mohamed Tarek (Hussein), Ahmed Abdel Hameed (Awad), Waleed Abdel Ghany (Nader), Mai El Ghaity (Aisha), Mohamed El Sebaey (Zein), Mohamed Abu Elsoa’ud (Abdel Hamid), Mohamed Salah (M. Hashem), Mohamed Radwan (Badr), Mohamed El Souisy (Eweis)
séances : semaine du mercredi 5 octobre 2016
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
18:30
20:45
18:30
11:00*
21:00
18:45
20:45
18:30*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s'en sortir ?

notes de production

C’est après les événements qui ont eu lieu en Égypte en 2013 (1) que Mohamed Diab et son frère Khaled ont évoqué l’idée de Clash. Tous les deux avaient la certitude qu’il s’agissait de la meilleure histoire pour parler de l’Égypte de 2013 et de celle d’aujourd’hui. Les forces en présence, et en conflit, étaient les mêmes : les révolutionnaires, les Frères musulmans (2), et l’armée. Ironiquement, le seul sujet qu’on a pu trouver sur la révolution, c’est son échec, se rappelle le metteur en scène.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_3_juillet_2013_en_%C3%89gypte
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_musulmans

Mohamed Diab et son frère ont écrit treize versions du scénario. Pour les comédiens, les deux hommes ont choisi des gens qu’ils connaissaient et des Égyptiens lambda. Ils voulaient mélanger plusieurs visages de l’Égypte sans pour autant établir un panel au sens sociologique (la proportion entre les Révolutionnaires et les Frères musulmans (2) est moins équilibrée dans la vraie vie). Le cinéaste développe : les premiers personnages sont évidemment le journaliste et son photographe. Le premier est inspiré de Mohamed Fahmy (3), un journaliste égypto-canadien qui travaillait pour Al-Jazeera (4) et qui a passé un an et demi en prison, avant d’attaquer la chaîne qui l’avait laissé tomber. Dans le film, il est devenu égypto-américain, c’était une manière de parler de la xénophobie de plus en plus forte en Égypte, de la théorie du complot étranger qui devient permanente. Zein, le photographe, est inspiré de Mahmoud Abouzeid, dit Shawkan (5), qui couvrait les manifs pour un journal égyptien et qui est en prison depuis presque trois ans maintenant. Shawkan (5) était du côté de la Révolution, mais dans ces jours-là, tout le monde pouvait se faire arrêter, et a fortiori les journalistes que chaque camp considérait comme des traitres. D’une certaine façon ces deux-là me représentent : moi aussi je fais des images et moi aussi je suis claustrophobe.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Fahmy
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Jazeera
(5) https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/04/600-days-in-jail-for-taking-pictures/

Clash était un film difficile à faire selon Mohamed Diab. Un an avant le tournage, l’équipe a construit une réplique du fourgon en bois qui a été installée dans un appartement. Le réalisateur se rappelle : "On y a répété pendant plusieurs mois, avec les acteurs, qui nous ont aidés à peaufiner les personnages. On a commencé par improviser et l’écriture s’est affinée peu à peu. Et puis on a filmé ces répétitions : c’était comme tourner le film une première fois, ça nous a donné une sorte de storyboard (6) « live ». Parallèlement, on a fabriqué le fourgon du film, copie conforme de ceux de la police. On pouvait vraiment le conduire… Le film a été tourné dans huit mètres carré, en 26 jours, avec tous les acteurs présents en permanence."
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Storyboard

Avec Clash, Mohamed Diab souhaite faire passer un message d’espoir au peuple égyptien : si l’on continue comme ça, on ne s’en sortira pas mais je continue de rêver où quelqu’un issu de la Révolution qui ne représente aucun mouvement peut gouverner en Égypte.

Mohamed Diab a fait le choix de ne pas montrer dans son film les Frères musulmans (2) en train de prier. Il confie ainsi avoir coupé une séquence assez drôle dans laquelle plus personne dans le fourgon ne savait où se situe La Mecque (7) et tous priaient dans des directions différentes. Le metteur en scène justifie ce choix : mais si je montrais les Frères (2) en train de prier, on m’aurait dit : ah, les vrais croyants, ce sont donc eux ! Je sais que chaque scène de Clash va être analysée, scrutée, interprétée. J’ai tenté de me débarrasser des controverses les moins importantes.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mecque

Le réalisateur Mohamed Diab explique comment la fin de son film doit être comprise par les spectateurs : le fourgon est pris dans une manifestation chaotique. Ni les personnages, ni les spectateurs ne peuvent dire dans quel camp se situent les manifestants. L’ironie, c’est que les détenus se battent depuis le début pour sortir du fourgon et que là, face à la folie meurtrière, ils se retrouvent à s’entraider pour rester à l’intérieur. Est-ce qu’ils vont mourir ? Je ne sais pas. Le pronostic n’est certes pas très bon, mais c’est assez proche de notre situation en Égypte.

Clash a récolté plus de 5 millions de livres égyptiennes (soit environ 500 000 €) en un peu plus d’un mois lors de sa sortie en salles dans ce pays.

Entretiens avec Mohamed Diab
"Clash", est-ce pour vous le meilleur mot pour dresser un bilan provisoire de la Révolution égyptienne ?
Ce titre et le film captent exactement ce que les Égyptiens vivent aujourd’hui. Ce clash n’a pas seulement lieu dans la rue. Dans chaque maison en Égypte, il y a aujourd’hui des profondes divisions. J’ai tous les jours des clashs avec mon père et ma belle-mère. Certains amis ou membres de ma famille, je ne les vois plus. Ce ne sont pas des disputes comme lors d’un match de foot. Chacun accuse l’autre d’être un assassin. Il y a une vraie escalade, partout. Chez les Frères musulmans (2), tout le monde compte quelqu’un dans sa famille qui était officier de police ou révolutionnaire...
http://www.rfi.fr/culture/20160913-cineaste-egyptien-mohamed-diab-clash-chaos
Comment vous est venue l’idée d’aborder cette période de l’histoire récente de l’Égypte au cinéma ?
J’ai personnellement pris part à la révolution de 2011. Depuis cinq ans, je réfléchissais à la meilleure façon de la raconter. Mon frère Khaled [coauteur du scénario] a évoqué cette idée de policiers qui arrêtent la population au fil des manifestations. J’ai pensé que c’était une belle façon d’exprimer notre sentiment, pas seulement le mien ou celui de mon frère mais celui de toutes les composantes de la société, particulièrement durant cette période de l’été 2013 où les Égyptiens étaient divisés et que s’exprimaient différents points de vue dans la rue. Le plus dur a été de trouver les financements car tout le monde était effrayé par le thème du film...
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/08/05/mohamed-diab-si-je-devais-refaire-ce-film-je-ne-changerais-pas-une-seule-seconde_4978984_3212.html

Mohamed Diab
voir fiche du film Les Femmes du Bus 678
http://www.citebd.org/spip.php?film833
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Diab

Khaled Diab
http://www.imdb.com/name/nm2409430/

Ahmed Gabr
voir fiche du film Les Femmes du Bus 678
http://www.citebd.org/spip.php?film833
http://www.imdb.com/name/nm2425283/

Khaled Dagher
http://www.imdb.com/name/nm4553307/

Nelly Karim
Née le 18 décembre 1974 à Alexandrie.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nelly_Karim

Hani Adel
http://www.imdb.com/name/nm3192881/

Tarek Abdel Aziz
http://www.imdb.com/name/nm1669689/

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Un film aussi efficace et virtuose dans la mise en scène très théâtrale du huis clos que dans le découpage très cinématographique, à travers les fenestrons, de la guérilla urbaine.
Critikat - Là où l’on pouvait craindre que Diab se cantonne au petit théâtre en vase clos d’une Égypte au lendemain bien amer de son "printemps" politique confisqué, le voilà qui rend ces personnages acteurs et témoins impliqués des événements en cours, nous offrant de nous placer à leur niveau d’observation.
Télérama - Malin dans ce petit théâtre filmé, le cinéaste est encore meilleur dans sa mise en scène des extérieurs.
Sud ouest - La façon dont Mohamed Diab rend compte de l'isolement et de la pagaille autour, des conflits internes aux prisonniers et de leur solidarité, du vertige qui peu à peu s'empare de tout, est proprement bluffante, réduisant hommes et femmes à l'essentiel, les dépouillant de ce qui les sépare, allant vers ce qui les soude, inexorablement : leur humanité.
àVoir-àLire - Percutant et efficace, d’un suspense haletant, ce huis-clos frappe par sa réussite technique et son courage politique.
Africultures - (...) plutôt qu'un film politique, Mohamed Diab fait un film humain...
Café pédagogique - Mohamed Diab relève avec « Clash » un défi d’une grande audace...
Courrier international - "Clash", un long-métrage aussi courageux sur le fond qu’inventif sur la forme, a valu à son auteur d’être pris à partie par les médias d’État et sur les réseaux sociaux égyptiens...