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moi, daniel blake

I, Daniel Blake
Gb, France, Belgique - 2016 - 1h39
sorti en France le 26 octobre 2016
Palme d'or Cannes 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Ken Loach

scénario : Paul Laverty
direction de la photographie : Robbie Ryan
musique ou chansons : George Fenton
avec : Dave Johns (Daniel Blake), Hayley Squires (Katie), Dylan McKiernan (Dylan), Briana Shann (Daisy), Micky McGregor (Ivan), John Sumner (Cv Manager)
séances : semaine du mercredi 26 octobre 2016
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
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séance spéciale :
* information : du 24 octobre au 11 novembre 2016, des travaux d’étanchéité vont amener l’activité du cinéma de la Cité à concentrer sa programmation en salle Laloux durant cette période. Merci de votre compréhension.
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 2 novembre 2016
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
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séance spéciale :
* information : des travaux d’étanchéité en cours obligent l’activité du cinéma de la Cité à concentrer sa programmation en salle Laloux jusqu’au 11 novembre 2016. Merci de votre compréhension.
* samedi 11h00 matinale 3.50 €
séances : semaine du mercredi 9 novembre 2016
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
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séance spéciale :
* information : des travaux d’étanchéité en cours obligent l’activité du cinéma de la Cité à concentrer sa programmation en salle Laloux jusqu’au 11 novembre 2016. Merci de votre compréhension.
* dimanche 11h00 matinale 3.50 €
séances : semaine du mercredi 16 novembre 2016
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3.50 €
* lundi 20h30 dernière séance

synopsis

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

notes de production

Depuis octobre 2008, les autorités du Royaume-Uni considèrent que de nombreuses personnes présentant des problèmes de santé ou de handicap peuvent accéder à un travail. Une prestation leur est versée, l’Esa (Employment and support allowance), pour les inciter à retrouver une activité. Ils sont tenus de participer à une série d’entretiens concernant leur recherche d’emploi (1). En mai 2010, le plan d’austérité mis en place par George Osborne (2) prévoit la privatisation du plus grand nombre des services publics. Ceux qui restent en place sont soumis aux mêmes normes managériales que le secteur privé : évaluation et concurrence3. Ce sont désormais des salariés rémunérés sur objectifs qui appliquent les règlements : la gestion sociale s’en trouve bouleversée4.
(1) http://www.cleiss.fr/actu/2009/0903royaume_uni.html
(2) http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/02/le-royaume-uni-prepare-quatre-ans-d-austerite-supplementaires_4532532_3234.html

Ken Loach avait dit que Jimmy’s hall (3) serait son dernier film, ce qui n’est finalement pas été le cas comme le célèbre et engagé metteur en scène livre à présent Moi, Daniel Blake. Il confie : j’ai vraiment dit ça sans réfléchir. Il y a encore énormément d’histoires à raconter et de personnages à faire vivre à l’écran…
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1272

Ken Loach a voulu faire ce film en réponse à une triste réalité : l’attitude de l’Etat dans sa politique de prestations sociales en faveur des plus démunis (1) et l’instrumentalisation de l’administration (l’inefficacité volontaire de l’administration) comme arme politique. C’est comme s’il adressait un message : voilà ce qui arrive si vous ne travaillez pas. Si vous ne trouvez pas de travail, vous allez souffrir, développe-t-il.

Pour se documenter encore davantage sur la précarité, Ken Loach s’est rendu, en compagnie du scénariste Paul Laverty, dans sa ville natale de Nuneaton (4), dans les Midlands (5). Sur place, les deux hommes ont rencontré, via une association tenue par une amie du cinéaste, un groupe de personnes n’arrivant pas à trouver d’emplois pour diverses raisons. C’est à partir des témoignages de ces dernières que le travail de documentation a été entrepris.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuneaton
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Midlands

Bien qu’ayant côtoyé plusieurs tranches d’âges de personnes dans la précarité lors de la phase de documentation, Ken Loach et Paul Laverty ont voulu centrer l’intrigue de Moi, Daniel Blake sur les quinquagénaires et les sexagénaires. Le cinéaste explique : il y a toute une génération de travailleurs manuels qualifiés qui se rapprochent aujourd’hui de l’âge de la retraite. Ils souffrent de problèmes de santé et ils sont incapables de reprendre le travail car ils ne sont plus assez vifs pour jongler entre deux intérims et passer d’un petit boulot à l’autre. Ils sont habitués à un cadre professionnel plus traditionnel et du coup, ils sont perdus. Ils sont déboussolés par les nouvelles technologies, ils ont des problèmes de santé, et leur prise en charge par l’employment support (1) est conditionnée par une série d’évaluations : ils peuvent très bien être jugés aptes au travail alors qu’ils ne le sont pas.

Ken Loach a tourné dans des banques alimentaires (6). Il nous fait part d’un incident survenu dans l’une d’entre elles, à Glasgow (7), et qui a inspiré le film : un homme s’est présenté à la porte. Il a jeté un œil à l’intérieur, il est resté là un moment, et puis il est reparti. Une des femmes qui travaillent là lui a couru après, parce qu’il était visiblement démuni, mais il n’a pas pu se résoudre à venir demander de la nourriture : l’humiliation était trop forte. Je pense que ce genre de choses se produit en permanence.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_alimentaire
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Glasgow

Moi, Daniel Blake a obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes de 2016 (8). Dix ans après Le Vent se lève (9), Ken Loach reçoit donc pour la deuxième fois cette prestigieuse récompense. Lorsque le prix lui a été remis, le metteur en scène engagé a fait un discours témoignant du fait que le cinéma se doit de pointer du doigt les injustices générées par des pratiques libérales toujours plus impitoyables.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2016
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_vent_se_l%C3%A8ve_(film,_2006)

Le film se situe et a été tourné à Newcastle (10). Ken Loach a choisi cette ville parce qu’il ne la connaît pas bien et qu’il voulait découvrir un autre endroit. Il poursuit : Newcastle est d’une grande richesse culturelle. Comme Liverpool (11), Glasgow (7) et ces autres grandes villes de bord de mer. Elles rendent magnifiquement bien à l’image, le patrimoine culturel y est très riche, et les particularismes linguistiques y sont très marqués. C’est une région qui affirme sa différence : des générations d’hommes et de femmes se sont battus et ont développé une conscience politique très solidement ancrée.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Newcastle_upon_Tyne
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liverpool

La thématique principale de Moi, Daniel Blake est le poids d’une administration particulièrement étouffante accroissant encore plus la précarité. Quand on a affaire à une administration aussi consternante de bêtise, aussi ouvertement déterminée à vous rendre fou, on éprouve une terrible frustration qui peut donner lieu à de vraies scènes d’humour noir. À mon avis, si on arrive à raconter cela de manière réaliste, et si on réussit à percevoir les sous-entendus d’une relation entre un citoyen lambda et un fonctionnaire, au guichet ou au téléphone, on devrait en comprendre l’humour, la cruauté et, au final, le tragique. Les pauvres sont responsables de leur pauvreté. Voilà qui protège le pouvoir de la classe dominante, confie Ken Loach.

Dave Johns a été choisi par Ken Loach pour se glisser dans la peau du rôle-titre. Ce dernier a jeté son dévolu sur lui parce qu’il est aussi humoriste et, selon le cinéaste, les humoristes connaissent généralement bien le monde ouvrier (12). Ils sont marqués par leurs origines et leur personnage sur scène s’en fait l’écho - et c’est ça que nous recherchions. Dave possède cette dimension. Il est de Byker, où nous avons tourné certaines scènes. Il a l’âge du rôle, et c’est un garçon d’origine ouvrière capable de vous faire rire et sourire - ce qui correspond à ce que l’on voulait, note Loach.
(12) Je ne peux m’empêcher de penser à Coluche et à sa magistrale interprétation dans Tchao pantin (13) qui lui valut le César d’interprétation. Gilles Marchal (la Cité)
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchao_Pantin

Pour se préparer au tournage, Dave Johns a suivi un apprentissage de menuiserie. Il a par ailleurs passé deux jours sous un pont, dans un endroit où les Sdf (14) peuvent se rendre et réparer des meubles, aux côtés d’un sculpteur sur bois pour apprendre à faire les poissons que son personnage Dan aime sculpter.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sans-abri

Moi, Daniel Blake est un projet qui a été soutenu par Why not productions (15) et la société de ventes internationales Wild bunch (16). La productrice attitrée de Ken Loach Rebecca O’Brien (17) a par la suite été accompagnée par Bbc films (18) et le Bfi (19) après qu’elle leur ait déposé un dossier de demande d’aide ainsi que le scénario finalisé. Elle se rappelle : comme tout s’est passé très vite, je crois qu’ils avaient épuisé l’essentiel de leur budget annuel, si bien qu’on n’a pas obtenu autant qu’on aurait pu l’espérer, mais nos partenaires français nous ont permis de boucler le budget. Ils ont de nouveau convaincu Les Films du fleuve (20), nos partenaires belges, de nous accompagner et on a donc conclu une coproduction avec la Belgique et la France. Globalement, c’est un budget un peu plus modeste que nos derniers films, notamment parce qu’il y a moins d’acteurs. C’est davantage une œuvre intimiste.
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Why_Not_Productions
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wild_Bunch_(soci%C3%A9t%C3%A9)
(17) http://www.imdb.com/name/nm0639780/
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/BBC_Films
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/British_Film_Institute
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Films_du_Fleuve

Entretien avec Ken Loach
On a entendu des rumeurs disant que "Jimmy’s hall" (3) serait votre dernier film. L’avez-vous envisagé sérieusement ? Et si oui, qu’est-ce qui vous a convaincu de vous atteler à "Moi, Daniel Blake" ?
C’est en effet ce que j’ai dit au moment de la préparation de Jimmy’s hall (3). Avant le début du tournage, j’avais le sentiment d’avoir une montagne à gravir, et je me suis dit : je ne pourrai plus jamais revivre une telle expérience. Mais c’était une réflexion liée aux circonstances du tournage. Une fois le tournage terminé, bien entendu, tout est rentré dans l’ordre et je me suis demandé pourquoi j’en avais fait toute une affaire et ce qui m’avait tant inquiété ! Tandis qu’on achevait le montage de Jimmy’s hall (3), je me suis dit qu’il y avait encore énormément d’histoires à raconter. Du coup, j’en ai parlé à Paul [Laverty]. Ce film était beaucoup plus modeste de toute façon : le tournage a duré à peine plus de cinq semaines, ce qui était beaucoup plus simple que sept semaines dans la tourbière irlandaise avec une pléiade d’acteurs. Mais s’il s’agissait d’un tournage plus intime, le sujet n’en est pas moins captivant...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/moi-daniel-blake,349107-note-140690

Ken Loach
voir fiche du film Jimmy’s hall
http://www.citebd.org/spip.php?film1272

Paul Laverty
voir fiche du film Jimmy’s hall
http://www.citebd.org/spip.php?film1272

Robbie Ryan
voir fiche du film Jimmy’s hall
http://www.citebd.org/spip.php?film1272

George Fenton
voir fiche du film Jimmy’s hall
http://www.citebd.org/spip.php?film1272

Dave Johns
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dave_Johns

Hayley Squires
http://www.imdb.com/name/nm4842197/

Micky McGregor
http://www.imdb.com/name/nm7300124/

John Sumner
http://www.imdb.com/name/nm0838605/

extrait(s) de presse

L'Express - "Moi, Daniel Blake": un grand Ken Loach poignant mais jamais larmoyant...
àVoir-àLire - Cela faisait un moment que le regard de Ken Loach n’avait pas paru aussi perçant et affuté, se chargeant exclusivement et avec une facilité confondante de dénoncer les inepties de nos sociétés. Dans un élan vital absolu, le britannique fait donc ce qu’il sait faire de mieux, avec "Moi, Daniel Blake" : un cinéma social façon documentaire radical et sans concession...
Le Monde - « Moi, Daniel Blake » : l’Angleterre néo-victorienne selon Ken Loach...
Le Jdd - Bertrand Tavernier sur le film "Moi, Daniel Blake" : "voilà ce que nous prépare Macron"...
La Croix - Il y a, chez Ken Loach et Paul Laverty, sous les braises de la colère une empathie, un sens de la compassion, une humanité sans effets, directe, franche, frontale qui ébranle, touche, invite à ouvrir les yeux, à prendre la mesure des injustices, à constater les dégâts, en espérant que personne ne se résigne. Ils arrivent même à injecter de l’humour au cœur de cette situation...
Le Temps - Ken Loach retrouve la forme dans ce film bouleversant qui suit deux damnés de la terre dans les dédales de l’administration britannique...
Les Echos - "Moi, Daniel Blake" dresse un constat terrible de la précarité et du cynisme de l'administration. Le cynisme aussi des marchands de misère qui profitent de la détresse des gens. A l'inverse, il décrit les gestes de solidarité et de compassion qui se développent au sein des classes défavorisées...
Paris match - Sorte de remake de "My Name is Joe" à l'heure de la fracture numérique et de la Loi Travail, "Moi, Daniel Blake" pourrait bien valoir à Ken Loach un énième prix à Cannes...