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la jeune fille sans mains

France - 2016 - 1h13
sorti en France le 1er décembre 2016
programmation Acid Cannes 2016 - prix du jury Annecy 2016
film d'animation - film francophone
de

Sébastien Laudenbach

scénario : Sébastien Laudenbach
d'après l'oeuvre de : conte des frères Grimm
musique ou chansons : Olivier Mellano
voix : Anaïs Demoustier (la jeune fille), Jérémie Elkaïm (le prince), Philippe Laudenbach (le diable), Olivier Broche (le père), Françoise Lebrun (la mère), Sacha Bourdo (le jardinier), Elina Löwensohn (la déesse)
séances : semaine du mercredi 12 octobre 2016
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
20:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "Annecy 2016, quand la France s'anime" - séance en présence de Sébastien Laudenbach (dans le cadre de la 15ème fête du cinéma d’animation) - soirée en partenariat avec Hidden circle - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Ma vie de courgette").

synopsis

En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l'eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière...

notes de production

Produit par Jean-Christophe Soulageon (1), ce premier long métrage de Sébastien Laudenbach a été animé, presque entièrement, par son seul réalisateur.
Sébastien Laudenbach a déjà réalisé sept courts métrages, les alternant avec des travaux de commande, comme des génériques pour les films d’Emmanuel Mouret (2). Pour autant, il est difficile de trouver le fil rouge entre toutes ses œuvres, notamment du point de vue de la technique. Ma particularité, c’est que je recommence à chaque fois, précise le cinéaste. Je dis souvent que j’ai fait sept premiers films, tous différents. Certes, il y a une thématique commune mais je n’ai pas un style marqué.
La rencontre avec Jean-Christophe Soulageon (Les Films sauvages) (3) s’est faite en 1999, lors du festival de Clermont-Ferrand (4) où Sébastien Laudenbach présentait Journal (5), son film de fin d’études.
(1) http://www.imdb.com/name/nm1258546/
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Mouret
(3) http://www.filmsauvages.com/lfs/indexhibit/
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_court_m%C3%A9trage_de_Clermont-Ferrand
(5) http://www.formatcourt.com/2010/12/sebastien-laudenbach-bd-reactions-et-petit-coin/
La genèse de La Jeune fille sans mains est complexe. Les films Pelléas (6) m’ont proposé d’adapter une pièce d’Olivier Py (7), La Jeune fille, le diable et le moulin (8). C’était en 2001 et je sortais à peine de l’école. On a développé le projet pendant sept ans, en écrivant plusieurs versions du scénario et en faisant un storyboard complet. On a fait des marchés avec différents pilotes, on avait des partenaires en distribution mais on n’a pas trouvé assez d’argent pour faire le film tel qu’on le voulait.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Films_Pell%C3%A9as
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Py
(8) http://www.i-profs.fr/fiches_pedagogiques/la-jeune-fille-le-diable-et-le-moulin/Dossier_pedagogique.pdf
Mis de côté, le projet a continué d’habiter Sébastien Laudenbach qui lit également le conte de Grimm (9) ayant inspiré Olivier Py (7). J’ai pensé alors le faire en prises de vues réelles avec des acteurs. J’ai envoyé un synopsis d’une dizaine de pages à un producteur italien qui ne l’a jamais reçu. Ensuite, le projet est resté dans un tiroir. La réalisation de son dernier court métrage XI la force (10), en une dizaine de jours, lui donne l’idée de reprendre La Jeune fille sans mains. Accompagnant sa femme cinéaste en résidence à la Villa Médicis (11), Sébastien Laudenbach décide de se lancer tout seul dans la réalisation de son film. Les temps d’attente étaient trop insupportables, notamment les délais de réponse de diffuseurs qui peuvent prendre un an pour dire non. Alors j’ai mis à la poubelle tout ce qui avait été développé et je suis reparti de zéro, en improvisant du premier plan jusqu’au dernier, en suivant juste le canevas du conte. Et j’ai dessiné pendant neuf mois en filmant au banc titre. Je suis rentré à Paris avec plein de dessins sans savoir ce que cela pouvait donner de façon précise. Je pensais avoir environs 45 minutes de film.
(9) http://www.grimmstories.com/language.php?grimm=031&l=fr&r=en
(10) http://www.lamenagerie.com/prod_realisations/xi-la-force/
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_M%C3%A9dicis

Jean-Christophe Soulageon (1), qui travaillait parallèlement avec le réalisateur sur un autre projet, découvre alors ce travail et s’y intéresse aussitôt. Une aide à la réécriture est décrochée au Fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle du Cnc (12). On l’a eu en disant que ce film avait été écrit avec des dessins, ce que la commission a accepté. Six mois plus tard, une vision d’ensemble du film commence à apparaître. Puis les 20 premières minutes sont finalisées, ce qui permet à Jean-Christophe Soulageon (1) de convaincre Shellac (13) de mettre un MG pour la distribution. Mais il faudra encore de nombreux tours de table avant de réussir à boucler un financement minimum. Car le film est atypique. Sans scénario, il a été animé entièrement seul par son réalisateur. Il y a juste eu le renfort d’un animateur extérieur pour les papillons. Et à la fin, j’ai reçu de l’aide pour le compositing et le montage image et son.
(12) http://www.cnc.fr/web/fr/fiction-fonds-d-aide-a-l-innovation-audiovisuelle-aide-a-la-creation
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shellac_(soci%C3%A9t%C3%A9_de_distribution)
Le bout à bout est terminé en novembre 2015. Mais du fait de la méthode de travail utilisée, le film présente alors de nombreux problèmes de narration, de raccords et de rythme. Tout ce qui aurait dû être réglé au storyboard l’a été en fait à la fin. Même chose pour les dialogues. Quelque part, c’est un peu un film fait à l’envers, comme une chaussette retournée. Je sais ce que j’ai perdu, mais je sais aussi que j’ai gagné beaucoup plus, à commencer par une énorme liberté doublée d’un vrai plaisir. L’animation n’était plus l’exécution de quelque chose qui était prévu à l’avance. C’était presque de l’ordre de l’écriture automatique. Et il fallait que j’aille vite et que je fasse environs 15 secondes d’animation utile par jour. C’était énorme mais cela m’a permis d’être dans une sorte de flux continu.
Trois ans pile se seront écoulés entre les premiers dessins et la première projection à Cannes dans le cadre de l’Acid (14). Et la sélection d’Annecy arrive comme une sorte de couronnement puisque six des courts métrages de Sébastien Laudenbach y ont déjà été sélectionnés. Je suis très content d’y aller car je vais pouvoir parler de ma démarche à mes pairs en animation. Ce n’est pas la première expérience d’un film fait quasiment tout seul, mais au-delà de la perception que l’on peut en avoir je pense que cela peut être une boîte à outils intéressante. Et j’espère que cela va susciter des désirs.
Patrice Carré in Le Film français
http://www.lacid.org/

Le dessin bruisse dans La Jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach. Un jeu graphique mouvant, incessant qui nous emporte dans l’épopée de cette jeune fille vendue au Diable par son père, un meunier avide... Une bande son charnelle, très présente accompagne des images colorées, palpitantes qui convoquent ellipses, changements d’axe, ruptures de perspectives pour construire d’un trait ou d’une couleur l’espace du conte. Le monde cruel des frères Grimm surgit par petites touches organiques. Ce monde impitoyable qui permet aux parents de devenir les bourreaux de leurs enfants, naît au détour d’un dessin.
Gros plans sur des regards, plans larges qui distillent la nostalgie de l’attente, du temps qui passe, suggestions, apparitions/disparitions dans un même mouvement, ruptures de rythme, autant de cinéma qui interpelle notre imaginaire, nous bouscule, nous surprend et nous accroche au destin de cette jeune fille amputée de ses mains car trop pure.
Sébastien Laudenbach n’illustre pas le conte de Grimm (9), il en redigère la cruauté initiale dans une explosion de couleurs et de sentiments forts, puissants, pour notre plus grand plaisir.
Marion Lary (cinéaste)
http://www.lacid.org/La-Jeune-fille-sans-mains

Entretien avec Sébastien Laudenbach
Est-ce que ce conte cruel avec fin heureuse peut s’adresser à un public de 7 à 77 ans ? Y avez-vous songé ?
Le film a été démarré de façon libre. Je n’ai pas seulement pensé au public, alors. Mais je crois que ce conte s’adresse à tous. Les thèmes du film : le corps, l’émancipation et l’amour sont des choses qui intéressent les enfants. Ils n’ont pas de jugement moral. Et si ils ont peur du diable, le sang ne les effraie pas. Ils ne sont pas choqués non plus par la nudité. Tout est dessiné, rien n’est vrai, on est dans la métaphore. Les enfants le ressentent, les adultes le comprennent...
http://www.shellac-altern.org/sites/default/files/films/la-jeune-fille-sans-mains/la-jeune-fille-sans-mains-dossierpresse-1847.pdf

Sébastien Laudenbach
Né le 12 octobre 1973.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_Laudenbach
http://www.imdb.com/name/nm0490736/

frères Grimm
Jacob (né le 4 janvier 1785 à Hanau et décédé le 20 septembre 1863 à Berlin) et Wilhelm (né le 24 février 1786 à Hanau et décédé le 16 décembre 1859 à Berlin).
Leurs œuvres communes les plus significatives sont leurs collections de contes pour enfants...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_Grimm

Olivier Mellano
Né à Paris en 1971.
Musicien, compositeur, improvisateur, auteur et guitariste dans plus de cinquante groupes depuis le début des années 90, son travail de composition s’étend également au cinéma...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Mellano

Anaïs Demoustier
voir fiche du film Marguerite et Julien
http://www.citebd.org/spip.php?film1510

Jérémie Elkaïm
voir fiche du film Marguerite et Julien
http://www.citebd.org/spip.php?film1510

Philippe Laudenbach
voir fiche du film La Loi de la jungle
http://www.citebd.org/spip.php?film1710

Olivier Broche
voir fiche du film A trois on y va
http://www.citebd.org/spip.php?film1428

Françoise Lebrun
voir fiche du film Trois souvenirs de ma jeunesse
http://www.citebd.org/spip.php?film1470

Sacha Bourdo
Né le 8 janvier 1962 à Orel (Russie).
C’est le film Western de Manuel Poirier qui le révèle au public...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sacha_Bourdo

Elina Löwensohn
voir fiche du film Suite armoricaine
http://www.citebd.org/spip.php?film1671

extrait(s) de presse

Télérama - De cette implacable récit métaphorique sur la noirceur de la nature humaine, Sébastien Laudenbach tire un film lumineux, une œuvre qui ne cesse de se réinventer sous nos yeux...
Les Inrocks - On pense souvent au "Conte de la princesse Kaguya" : art de conserver l’irrégularité infiniment vivante du croquis, description apaisée de la nudité et de la sexualité (si précieux dans un cinéma jeune public), personnage féminin exploré dans son intimité et ses affects, mais qui tire aussi vers le divin et la fée…
Le Monde - Empruntée à un conte des frères Grimm, la trame condense toute la cruauté médiocre et la grandeur sublime dont est capable l’être humain dans une épure musicale saisissante, emportée par un dessin vif, lorgnant du côté de la calligraphie chinoise...
Film de culte - "La Jeune fille sans mains" reste une singulière découverte.
Politis - Au lieu d’avoir un film dont tous les dessins sont léchés et finis, ici le mouvement donne aux dessins, réduits à l’essentiel mais pleins d’inventions, une formidable respiration...
Fiches du cinéma - (...) où puise-t-il sa magie, ce long-métrage d’une heure et quart ? Dans la liberté. Une liberté fulgurante et belle. Qu’il a fallu oser prendre pour réaliser un tel film. Et une liberté, qu’en retour, et sans demi-mesure, Sébastien Laudenbach offre au spectateur ; au point de le rendre ivre de vie et de cinéma.
Rictus - À l’instar d’un Bill Plymton à ses débuts, Sébastien Laudenbach a choisi de s’offrir plus d’indépendance via un travail en solo, une économie de moyen et un style elliptique...
Cinema teaser - (...) l’émotion affleure et on se laisse emporter par ce récit initiatique spectaculaire et onirique. Du pouvoir du cinéma de redonner toute leur puissance aux contes d’antan.