l’indomptée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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l’indomptée

France - 2015 - 1h38
sorti en France le 15 février 2017
Prix de la meilleure musique originale (Nicola Piovani), prix du jury jeune festival du cinéma européen des Arcs 2016
film - film francophone
de

Caroline Deruas

scénario : Caroline Deruas, Maud Ameline
direction de la photographie : Pascale Marin
musique ou chansons : Nicola Piovani
avec : Clotilde Hesme (Camille), Jenna Thiam (Axèle), Tchéky Karyo (Marc), Bernard Verley, Renato Carpentieri, Pascal Rénéric, Marilyne Canto, Candela Cottis, Tanya Lopert, Lolita Chammah, Filippo Timi, Fausto Paravidino, Marina Rocca
séances : semaine du mercredi 24 août 2016
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
13:30*
séance spéciale :
* dim 28 à 13h30 - cinéma de la Cité

synopsis

Axèle est photographe, Camille, écrivain. Elles partent pour un an en résidence à la Villa Médicis à Rome. Camille est accompagnée de son mari, l’écrivain réputé, Marc Landré. Alors qu’une étrange rivalité s’installe entre eux, Camille se lie à Axèle. Mais qui est vraiment Axèle ? Une artiste complète, sans concession, qui se confond avec son œuvre ? Ou le fantôme des lieux ? De cette année à la Villa Médicis, où les corps et les esprits se libéreront, personne ne sortira indemne...

notes de production

La villa Médicis (1) est l’axe autour duquel pivotent tous les personnages de L’Indomptée ; elle est, comme il se doit, un refuge où donner libre cours à sa créativité. Deruas dit elle-même que la première fois où elle a passé le seuil de ce lieu mythique, c’est comme si elle avait été frappée par la foudre, et cette histoire d’amour qui l’a vue d’emblée conquise ne s’est plus jamais éteinte. L’année qu’elle a passée là-bas l’a amenée à vouloir évoquer de manière cinématographique cet amour obsessionnel pour un lieu dont elle fait ici un véritable personnage avec lequel dialoguent ses différentes habitants, comme s’ils étaient tous hypnotisés par l’atmosphère de la villa, présentée à la fois comme une prison et un havre. Les éléments biographiques que Deruas a insérés dans son film sont un biais difficile mais nécessaire pour affronter ses propres peurs. Le mystère, l’incarnation cinématographique du subconscient des personnages et la lutte entre la lumière et les forces obscures sont de fait constamment présentes dans L’Indomptée, qui se pose comme une sorte de fenêtre vers un monde qu’on ne peut généralement qu’imaginer. Deruas dramatise, brutalise et transcende sa vie personnelle au moyen de sa caméra. Les sentiments et le monde intérieur des personnages, centraux, semblent aller à contre-courant vers les événements, qui passent inévitablement au second plan. L’imagination est le moteur de toute l’histoire, qui se passe lentement mais inexorablement de la réalité au rêve jusqu’à devenir un cauchemar. Les personnages perdent toute connection avec le réel. L’univers onirique qui se dégage de ces rêves les yeux ouverts devient un élément de la réalité et l’influence de sa caresse. La musique de Nicola Pivani confère au film une mélancolie et une émotivité supplémentaires. Ses mélodies délicates deviennent même comme la voix intérieure de la villa Médicis (1), ensorceleuses comme le chant d’une sirène issue de l’univers mystérieux et sensuel de Dario Argento (2) (en particulier celui de Suspiria) (3)...
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=314010
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_M%C3%A9dicis
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1263
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Suspiria

La réalisatrice Caroline Deruas fait subtilement basculer son film du drame au fantastique, un genre qu’elle affectionne grâce à ses rêves : enfant, mes rêves étaient de véritables films fantastiques. Mon rapport au fantastique trouve plus son origine dans ces rêves que dans des références cinématographiques. Elsa Morante (4) pensait que le secret de l’art était peut-être d’arriver à se souvenir de comment on avait vu notre œuvre en état de rêve et d’essayer de la retranscrire ainsi. Je voulais qu’on soit immergé dans un univers qui parte du réel pour petit à petit basculer dans l’imaginaire et le rêve. Et qu’on finisse par ne plus savoir dans lequel de ces trois mondes on évolue et que cela soit agréable… Je n’ai jamais bien su distinguer les frontières entre la réalité, le rêve et l’imaginaire, j’ai toujours eu un rapport au réel compliqué. Il m’ennuie, et je ne m’y sens pas chez moi, explique Deruas.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Elsa_Morante

Nicola Piovani est un immense musicien et je suis fan de son travail depuis plus de quinze ans. C’est un compositeur très mélodique, ce qui est finalement assez rare aujourd’hui. Et il y a toujours une forme de douce mélancolie dans sa musique qui me touche particulièrement. Quand je lui ai fait la demande pour mon film, je n’y croyais pas. Il a vu le montage et il a senti combien le film attendait sa musique. J’avais laissé de longues plages silencieuses qui attendaient leur voix. On a beaucoup échangé, il a eu la générosité de vraiment m’écouter. Je voulais que la musique soit comme la voix intérieure de la villa, comme un chant de sirène, à la fois envoûtant et angoissant. J’avais également envie de ses sonorités italiennes, et par le choix des instruments de mélanger là aussi les époques et les genres, raconte la réalisatrice.

Caroline Deruas tenait à tourner L’Indomptée en 35mm (5) ; la cinéaste n’a pas été en mesure de le faire pour une question de budget mais souhaitait que la gestion du numérique soit la plus proche possible du rendu 35mm : tourner en 35mm aujourd’hui, ça a réellement un coût et nous étions au bord de ne pas pouvoir tourner le film. En revanche, j’ai tout fait pour que mon image numérique se rapproche du 35. J’ai essayé d’avoir l’image que je voulais, malgré le numérique. Je ne suis pas contre le numérique, pour moi c’est un progrès, une richesse, dans le sens où il est un nouveau moyen. Mais à partir du moment où ce nouveau moyen vient tuer l’autre, cela me pose problème. On n’est plus dans le progrès mais dans la destruction, la bêtise, la pure stratégie économique dévastatrice. C’est pareil pour la photo. On est tous d’accord pour dire que la photo argentique était plus belle, mais pourtant elle n’existe presque plus, déplore Deruas.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm

Caroline Deruas a choisi les belles et talentueuses Clotilde Hesme et Jenna Thiam pour incarner Camille et Axèle, les deux protagonistes du film. Les deux femmes s’étaient déjà donné la réplique dans la série Les Revenants (6) : je connais Clotilde Hesme depuis Les Amants réguliers (7). Il y a même un plan dans le film où l’on se regarde longuement. Ça me fait sourire quand j’y pense. J’ai toujours senti que Clotilde me comprenait intimement. Clotilde est une alter-ego évidente, j’ai écrit le rôle pour elle. Axèle est fantomatique, aérienne, insaisissable, forte et fragile en même temps. Jenna est tout ça à la fois : flottante, mystérieuse, magique par sa rousseur... Elle a quelque chose d’irréel. Je l’avais repérée dans Les Revenants (6). J’en ai beaucoup parlé avec Anne Consigny (8), qui jouait sa mère dans la série et qui a été une sorte de marraine entre nous. Quand j’ai donné rendez-vous à Jenna dans un café, elle m’a rappelée deux heures après notre entrevue, elle n’avait pas quitté le café et avait dévoré le scénario. Elle s’est immédiatement emparée du personnage et c’était très agréable pour moi, se souvient la réalisatrice.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Revenants_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Amants_r%C3%A9guliers
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1685

Caroline Deruas est fascinée par Tchéky Karyo depuis son adolescence : Tchéky est un immense acteur, d’une très grande subtilité, et il a une très grande expérience du jeu. J’étais ébahie de retrouver dans son jeu toutes les informations et directions que je lui avais données, toutes. Je trouve ça extraordinaire… Il est aussi d’une grande délicatesse. La scène où il fond en larmes, c’est un cadeau qu’il m’a fait. Voir un homme pleurer, c’est très rare, très intime, et pour moi c’est très émouvant. Pendant longtemps je croyais que les hommes ne pleuraient pas, confie la cinéaste.

Caroline Deruas
Née à Cannes en 1978.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Deruas

Maud Ameline
voir fiche du film La Loi de la jungle
http://www.citebd.org/spip.php?film1710
http://www.scenarioaulongcourt.com/Maud-AMELINE-1150

Pascale Marin
voir fiche du film J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd
http://www.citebd.org/spip.php?film1654
http://www.imdb.com/name/nm1083853/

Nicola Piovani
Né le 26 mai 1946 à Rome.
A composé de nombreuses musiques de films avec entre autres pour les derniers titres de Federico Fellini...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola_Piovani

Clotilde Hesme
voir fiche du film L’Échappée belle
http://www.citebd.org/spip.php?film1475

Jenna Thiam
Joue notamment le rôle de Léna dans la série Les Revenants...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenna_Thiam

Tchéky Karyo
voir fiche du film De guerre lasse
http://www.citebd.org/spip.php?film1277

Bernard Verley
voir fiche du film Au galop
http://www.citebd.org/spip.php?film932

Renato Carpentieri
https://fr.wikipedia.org/wiki/Renato_Carpentieri

Pascal Rénéric
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/8905-pascal-reneric.html

Marilyne Canto
voir fiche du film La Forêt de quinconces
http://www.citebd.org/spip.php?film1728

Candela Cottis
http://www.imdb.com/name/nm5141800/

Tanya Lopert
Née Tanya Louise Lopert le 19 juin 1942 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanya_Lopert

Lolita Chammah
voir fiche du film Gaby baby doll
http://www.citebd.org/spip.php?film1369

Filippo Timi
Né le 25 juin 1974 à Pérouse.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Filippo_Timi

Fausto Paravidino
Né à Gênes le 15 juin 1976.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fausto_Paravidino

Marina Rocca
http://www.imdb.com/name/nm1301997/

extrait(s) de presse

Cineuropa - Le premier long-métrage de la Française Caroline Deruas étonne par la légèreté avec laquelle il rend compte d’une question profonde et par plusieurs surprises déstabilisantes...