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louis, enfant roi

France - 1993 - 2h40
sorti en France le 20 avril 1993
Festival du film francophone Angoulême 2016 : "bijoux de famille" consacré aux "films du Losange"
film - film francophone
de

Roger Planchon

scénario : Roger Planchon, Katharina Baranyai
direction de la photographie : Gérard Simon
musique ou chansons : Jean-Pierre Fouquey, Jean-Baptiste Lully
avec : Maxime Mansion (Louis XIV), Jocelyn Quivrin (Philippe, duc d'Anjou), Paolo Graziosi (Mazarin), Carmen Maura (Anne d'Autriche), Hervé Briaux (Gaston d'Orléans), Serge Dupire (le Grand Condé), Régis Royer (Conti), Michèle Laroque (la duchesse de Longueville), Aurélien Recoing (Gondi, coadjuteur de Retz), Isabelle Gélinas (la duchesse de Châtillon), Brigitte Catillon (la duchesse de Chevreuse), Irina Dalle (la Grande Mademoiselle), Carlo Brandt (François de La Rochefoucauld), Roger Planchon (un domestique, préposé au pot de pisse), Marcel Bozonnet (le fantôme de Louis XIII), Laurent Gamelon (Descouches), Maurice Barrier (François de Comminges, comte de Guitaut), Vanessa Wagner (Charlotte de Chevreuse), Isabelle Renauld (Madame de Beauvais), Max Vialle (Valot), Élodie Frenck (la servante aux grands pieds), Michèle Gleizer (Madame de Noirols), Thierry Bosc (Turenne)
séances : semaine du mercredi 24 août 2016
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
16:00*
séance spéciale :
* sam 27 à 16h00 - espace Franquin

synopsis

Janvier 1649 : depuis la mort de son père, le jeune Louis XIV doit faire le dur apprentissage du pouvoir royal. Il doit faire face aux intrigues des grands du royaume qui mènent la Fronde, aux accords et aux trahisons de ses proches. Il est aidé en cela par sa mère Anne d'Autriche et par Mazarin...

notes de production

J’aime le théâtre et le cinéma, ce sont de très belles boutiques de rêve. Le grand cinéma populaire m’a nourri. Je l’aime à la folie. Si les spectateurs retrouvent en Louis enfant roi le plaisir des westerns et des films de cape et d’épée, je suis comblé.
Roger Planchon

Le tournage s’est déroulé en août et septembre 1991 dans le Rhône (Palais Saint-Pierre, Hôtel de Ville) et aux Carrières de Belmont. Dans l’Isère : à Grenoble (Chapelle Sainte-Marie), à Sassenage, au Château d’Herbeys et en Ardèche : Cirque de Chauzon.

Scène de genre au Palais-Royal (1). Le 6 janvier 1649, P’tit Louis mange la galette des rois (2) avec sa mère, la reine, son frère, le duc d’Anjou (3) , et Mazarin (4) , le Premier ministre. La nuit même, la famille royale devra quitter Paris pour échapper aux périls de la Fronde (5) et rejoindre les armées de Condé (6) à Saint-Germain... Fuite nocturne, honteuse et haletante, dont le souvenir marquera à jamais le futur Louis XIV. Beau moment de cinéma où la mise en scène colle aux soubresauts de l’Histoire. Louis, enfant roi, le film de Roger Planchon, est un récit d’apprentissage, celui du pouvoir, par un petit adolescent sans père, privé de tendresse et n’ayant pas droit aux larmes, dans un royaume de France où tout s’achète et tout se paye. L’enfance d’un chef, comme eût dit Sartre (7), au milieu du chaos, des meurtres, des conspirations, des trahisons et des vilenies de toutes sortes. Avec, par là-dessus, un appétit de vivre et de se donner du plaisir dans la conscience de l’éphémère. Planchon filme tous ces combats douteux, tous ces complots dans l’ombre, comme autant de nuits des longs couteaux (8), sous le regard d’un enfant qui découvre la réalité du monde des adultes, fêtes et massacres, dans son éclairage le plus cru. Le monde est laid, le monde est toujours aussi glacé. Il faudrait, en effet, un bien grand soleil pour le réchauffer... Pour l’heure, tiraillé entre sa mère, le cardinal et le Grand Condé, sans oublier quelques belles intrigantes, l’enfant peut faire ses classes devant le spectacle d’une Histoire sans merci, et ses humanités en pleine inhumanité...
Là où Rossellini, dans La Prise du pouvoir par Louis XIV (9) (qui commence à peu près là où s’achève Louis, enfant roi), voulait faire oublier le cinéma par la méthode documentaire, Planchon, lui, l’homme de théâtre, veut faire cinéma et nous montrer ce qu’il a appris depuis son Dandin (10). Sa sombre farandole est réglée comme un mouvement d’horlogerie ou comme une chorégraphie trop bien amidonnée, où l’Histoire avancerait sur les rails d’un travelling, en un va-et-vient entre scène et coulisse qui se répète, s’agite et s’essouffle. Avec des rebonds de vie et de chair (chair à plaisir, chair à canon) où se retrouve une sorte de jubilation féroce et carnassière. Notamment dans les scènes d’initiation sexuelle du futur roi, vécues comme une affaire d’Etat. Entre l’abstraction et la vie, le film oscille, tentant de réconcilier Guitry (11) et Brecht (12), mots d’auteur et distanciation, spectacle et pédagogie. Car, dans cette réflexion très contemporaine sur la guerre civile et les luttes de pouvoir, le metteur en scène introduit, bien sûr, un commentaire ironique et désinvolte, via le petit duc d’Anjou qui joue le reporter télé face à la caméra. Par le truchement aussi du préposé aux pots de pisse, interprété par Planchon lui-même, dont la dérision, comme il dit, met les choses en place. Ayant beaucoup appris et presque tout compris, et d’abord à dominer ses sentiments et ses actes au nom de la raison d’Etat, le jeune roi, déniaisé dans tous les sens du terme, est prêt à régner. Ne va-t-il pas, pour le signifier, se mettre lui-même en scène, déguisé en astre d’or, dans un ballet à sa seule gloire ? L’invention de la monarchie absolue devait passer par ce spectacle. Comme aujourd’hui l’exercice de la démocratie doit, hélas, passer par le journal de 20 heures... Mise en scène du pouvoir. Pouvoir de la mise en scène ?
Michel Boujut (13) in Télérama
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais-Royal
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Galette_des_Rois
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_comtes_et_ducs_d%27Anjou
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Mazarin
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fronde_(histoire)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_II_de_Bourbon-Cond%C3%A9
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_Longs_Couteaux
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Prise_de_pouvoir_par_Louis_XIV
(10) http://www.filmsdulosange.fr/fr/film/47/dandin
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sacha_Guitry
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertolt_Brecht
(13) Michel Boujut était un ami du cinéma de la Cité et sa brusque disparition nous a beaucoup attristé. Originaire de Jarnac, il venait souvent nous visiter en simple voisin et ami.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Boujut

Roger Planchon a aussi toujours été tenté par le cinéma. Il n’arrivera pas à imposer ses films, Dandin (10), Louis enfant-roi et Lautrec (14). C’était l’un des regrets de cet homme remarquable, qui avait quitté en 2002 le Tnp.
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2009/05/13/roger-planchon-metteur-en-scene-et-directeur-de-theatre-acteur-auteur-cineaste_1192509_3382.html
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lautrec_(film,_1998)

Souvenirs, souvenirs...
Lorsque j’arrive à Reims fin 1972 pour entamer un avenir estudiantin incertain, je trouve un emploi de vacataire à la Maison de la culture André Malraux (15). Robert Hossein (16) est le patron incontesté du Tpr (Théâtre populaire de Reims) et la décentralisation permet la découverte de nombreux spectacles. C’est ainsi qu’à cette époque arrive une pièce de théâtre, La Langue au chat (17), signée Roger Planchon qui mit le feu aux poudres dans l’establishment rémois : il y avait une femme nue sur scène ! Quatre ans après mai 68 et la fin de certaines illusions perdues, j’étais donc fin prêt pour aborder quelques mois plus tard Isabelle Adjani, sublime et dévastatrice dans La Maison de Bernarda (18). Je continuais sans m’en douter la traversée de ma parenthèse enchantée...
Gilles Marchal - la Cité
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Com%C3%A9die_de_Reims
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Hossein
(17) http://www.lesarchivesduspectacle.net/?IDX_Spectacle=11094
(18) http://morganea.free.fr/Theatre/bernarda.html

Entretien avec Roger Planchon
Travailles-tu de la même façon avec les acteurs au théâtre et au cinéma ?
Je ne fais pas de différence entre les acteurs de théâtre et les acteurs de cinéma, et je travaille exactement de la même façon. Au théâtre, j’appartiens à la tradition de Stanislavski (19), on travaille à la table, le cul sur une chaise, on pose les questions, on vit tout cela, et je retarde toujours le moment où on commence à répéter sur scène.
Pour Louis, enfant roi, nous nous sommes réunis pendant un mois et nous avons lu le scénario. Comme je savais qu’on allait tourner très vite et qu’on n’aurait pas le temps de s’occuper des états d’âmes des comédiens ou de répondre aux questions historiques, j’avais prévenu la production que je voulais absolument répéter, pour que les acteurs puissent poser toutes les questions avant. Après cela, quand on tourne, on tourne. Beaucoup d’acteurs sont déroutés par cette façon de faire ; Carmen Maura, par exemple, pensait qu’il n’était pas possible de rester un mois sur un texte sans bouger : "on ne tiendra pas 15 jours, c’est impossible !"
Elle s’est aperçue au bout d’un moment qu’il y avait un vrai intérêt, et tous les acteurs que j’ai fait travailler, sauf un ou deux que je pourrais nommer, finissent par trouver cela très profitable...

https://www.erudit.org/culture/cb1068900/cb1125625/33941ac.pdf
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Stanislavski

Roger Planchon
Né le 12 septembre 1931 à Saint-Chamond et décédé le 12 mai 2009 à Paris.
Figure importante de la décentralisation théâtrale, ia mis en scène Brecht, Molière, Shakespeare, Calderón...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Planchon
http://ilovecinema2.free.fr/spip.php?article1557

Katharina Baranyai
Margaret Ménégoz (née Margit Katalin Baranyai) le 21 avril 1941 à Budapest.
Gérante de la société des films du Losange depuis 1975...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_M%C3%A9n%C3%A9goz

Gérard Simon
http://www.imdb.com/name/nm0800163/

Jean-Pierre Fouquey
http://www.imdb.com/name/nm0288389/

Jean-Baptiste Lully
Né Giovanni Battista Lulli à Florence le 28 novembre 1632, décédé à Paris le 22 mars 1687.
Domina l’ensemble de la vie musicale en France à l’époque du Roi-Soleil...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Lully

Maxime Mansion
http://www.imdb.com/name/nm0543868/

Jocelyn Quivrin
Né Jocelyn Beaufils le 14 février 1979 à Dijon et décédé le 15 novembre 2009 à Saint-Cloud.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jocelyn_Quivrin

Paolo Graziosi
Né le 25 janvier 1940 à Rimini.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paolo_Graziosi

Carmen Maura
voir fiche du film Escalade
http://www.citebd.org/spip.php?film679

Hervé Briaux
https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Briaux

Serge Dupire
Né le 23 mai 1958 à Belœil (Québec).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Dupire

Régis Royer
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_Royer

Michèle Laroque
Née Michèle Doïna Catherine Laroque le 15 juin 1960 à Nice.
C’est Jean Poiret qui lui met le pied à l’étrier pour interpréter sa première pièce en 1987 au Théâtre des Variétés...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Laroque

Aurélien Recoing
voir fiche du film La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2
http://www.citebd.org/spip.php?film1101

Isabelle Gélinas
Née le 13 octobre 1963 à Montréal.
Elle campe Valérie Bouley dans la série tv très drôle Fais pas ci, fais pas ça...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_G%C3%A9linas

Brigitte Catillon
voir fiche du film Marie Heurtin
http://www.citebd.org/spip.php?film1353

Irina Dalle
https://fr.wikipedia.org/wiki/Irina_Dalle

Carlo Brandt
voir fiche du film 17 filles
http://www.citebd.org/spip.php?film745

Marcel Bozonnet
Né à Semur-en-Auxois le 18 mai 1944.
Sa rencontre avec Marcel Maréchal va être déterminante pour sa carrière théâtrale...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Bozonnet

Laurent Gamelon
Né le 19 juin 1960 à Boulogne-Billancourt.
Son rôle de mari dans la série tv Diane, femme flic a assuré sa popularité...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Gamelon

Maurice Barrier
Né Maurice Jean Étienne Barrier le 8 juin 1932 à Malicorne-sur-Sarthe.
Célèbre en tant que second couteau du cinéma français, il a ainsi côtoyé Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Alain Delon, Pierre Richard et Gérard Jugnot...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Barrier

Vanessa Wagner
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vanessa_Wagner_(actrice)

Isabelle Renauld
Née le 24 novembre 1966 à Saint-Malo.
C’est avec Parfait amour ! de Catherine Breillat qu’elle accède à la notoriété...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Renauld

Max Vialle
Né le 4 juillet 1934 à Paris et décédé le 6 janvier 2000 à Tours.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Vialle

Élodie Frenck
Née le 1er janvier 1975 à Lausanne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lodie_Frenck

Michèle Gleizer
Née le 12 juillet 1941 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Gleizer

Thierry Bosc
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Bosc

extrait(s) de presse

Erudit - Avec "Louis, enfant roi", Roger Planchon a découvert (ou retrouvé ?) la voie royale d'un cinéma dont on avait perdu le souvenir.
Vodkaster - Reconstitution et fidélité à l'Histoire parfaite. Planchon décrit avec aisance la naissance de l'idée du pouvoir absolu chez le futur roi.