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la forêt de quinconces

France - 2016 - 1h49
sorti en France le 22 juin 2016
Sélection officielle Cannes 2016 (séance spéciale)
film - film francophone
de

Grégoire Leprince-Ringuet

scénario : Grégoire Leprince-Ringuet
direction de la photographie : David Chambille
musique ou chansons : Clément Doumic
avec : Grégoire Leprince-Ringuet (Paul), Pauline Caupenne (Camille), Amandine Truffy (Ondine), Marilyne Canto (Eve), Antoine Chappey (Bruno), Thierry Hancisse (le clochard), Héloïse Godet (l'amie d'Ondine), Arthur Teboul (lui-même), Fatima Soualhia-Manet (la marraine), Caterina Barone (la libraire), Olga Sékulic (l'assistante de la boutique d'encadrement)
séances : semaine du mercredi 17 août 2016
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
20:30
18:30
21:00
14:00
18:30*
séance spéciale :
* samedi 18h30 dernière séance

synopsis

Ondine et Paul s’aiment fort. Un jour, Ondine quitte Paul. Ce dernier décide qu’il ne l’aimera plus et qu’il n’aimera plus jamais personne. Il décide alors de séduire des femmes avant de les délaisser. Sa première « victime » sera Camille, une danseuse. Mais celle-ci tombe amoureuse de Paul, au point même de l’envoûter afin que son désir soit exclusif. Et plus son désir pour Camille grandit, plus Paul se souvient d’Ondine...

notes de production

La Forêt de Quinconces est le premier long-métrage en tant que réalisateur du comédien de 28 ans, Grégoire Leprince-Ringuet. Le néo-cinéaste s’est basé sur ses propres poèmes pour écrire le scénario de son film : le scénario est né d’une suite de six ou sept poèmes que j’avais écrits il y a longtemps. Des poèmes sentimentaux, mais avec aussi des choses plus oniriques. En les rangeant dans un certain ordre, avec l’idée de les réunir dans un recueil, je me suis aperçu qu’il y avait un fil dramatique, une narration qui s’ébauchait. J’ai étoffé le récit, les personnages se sont dessinés petit à petit. Epreuve après épreuve, c’est devenu un long métrage, confie le metteur en scène.

La Forêt de Quinconces a été intégralement tourné à Paris : on a tourné exclusivement dans le nord et l’est parisien. Dans certains quartiers, il y a encore des gens qui travaillent dans la rue, des ateliers, donc ça rend les scènes de rue crédibles. C’est important pour moi qu’on se réapproprie la ville. On doit pouvoir poser une caméra et dire : « C’est à nous, je vous le montre ! » Dans l’est parisien, il y a aussi plusieurs villes en une. Les stations de métro aérien, avec cette lumière de sodium orangé, font un peu penser à New York. Et puis ce sont tout simplement les quartiers de Paris que je connais le mieux, avec cette idée de ne pas chercher trop loin ce qui est sous nos fenêtres, raconte Grégoire Leprince-Ringuet.

Grégoire Leprince-Ringuet a décidé d’écrire ses dialogues en vers : j’aime écrire en vers car étrangement je trouve ça plus facile. La contrainte est très libératrice : les rimes et la métrique guident l’écriture. (...) Il fallait que l’oreille du spectateur soit simplement charmée par un aspect de la langue enchanteur, et en même temps que la parole poétique se confonde avec des éléments quotidiens. Pauline Caupenne, qui joue dans le film, a été ma relectrice. Elle était intraitable sur la compréhension, la clarté, et la nécessité des vers. (...) Les personnages s’expliquent, se disputent, argumentent. Et ça me plaisait qu’on puisse rattacher la versification à la dimension fantastique du film. Les vers invitent le spectateur à ouvrir son imagination. Mais on entend aussi des vers dans des situations très concrètes ou austères, comme la séquence des escaliers avec Ondine, ou celle où Camille pleure. Il faut que les personnages se disent vraiment les choses. Et les vers participent de ce plaisir de la formulation, explique le metteur en scène.

Grégoire Leprince-Ringuet revendique l’influence de plusieurs grands poètes français : Paul Valéry (1) est mon poète préféré. Concernant les références poétiques du film, il y a bien sûr Baudelaire (2) et cette façon sublime d’écrire des poèmes qui se passent dans la rue, mais aussi évidemment Racine (3), Corneille (4) et Molière (5) pour les scènes en alexandrins. Je mentionnerais Aragon (6) et Supervielle (7) pour certains passages en octosyllabes, relate le cinéaste.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Val%C3%A9ry
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Racine
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Moli%C3%A8re
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Aragon
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Supervielle

Grégoire Leprince-Ringuet explique le choix de son titre : la forêt de quinconces est un univers mental où le personnage prend conscience que toutes les voies qui s’offrent à lui sont parfaitement droites et infinies : il est prisonnier de cette trop grande liberté. Je pense que le désordre des choses nous aide à faire des choix. Dans un deuxième temps, la figure du quinconce est reprise pour sa connotation ésotérique et mystérieuse avec le clochard.

Grégoire Leprince-Ringuet a inclus des éléments fantastiques dans son film : c’est le principe du conte : un élément de la réalité est exagéré jusqu’à devenir invraisemblable mais plus pertinent. Le sortilège, dans mon film, en est l’expression la plus forte : c’est un événement magique, mais Camille dira plus tard que c’était juste une prière, qu’elle a simplement espéré que ce garçon l’aime, et ça c’est vraisemblable. De même, quand Paul se retourne dans l’escalier et dit « Oh ! Une apparition… », c’est ironique parce qu’Ondine est vraiment devant lui, mais en même temps il y a quelque chose d’un peu extraordinaire. Il fallait maintenir une ambiguïté entre le merveilleux et le vraisemblable pour que ni l’un ni l’autre ne paraissent superficiels, analyse le réalisateur.

Le personnage de Paul est un hommage à Paul Dédalus, héros de Comment je me suis disputé... (8) d’Arnaud Desplechin, un cinéaste adulé par Leprince-Ringuet : je ne vous cacherai pas que Desplechin est un maître pour moi, s’enthousiasme le cinéaste. "Pour Camille, on pense évidemment à Musset (9), mais c’était davantage pour la consonance du prénom, avec le i qui brille, par opposition à Ondine, personnage de l’eau, avec ce O initial. Ondine n’est pas une référence à Giraudoux (10), plutôt à l’onde, à quelque chose de fuyant, d’un peu mélancolique, nostalgique", raconte le réalisateur.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Comment_je_me_suis_disput%C3%A9%E2%80%A6_(ma_vie_sexuelle)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_de_Musset
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudoux

La Forêt de Quinconces joue beaucoup avec les formats (11), passant parfois du 2.40 au 1.33 en passant par le 1.66 : les changements de format se sont imposés par nécessité esthétique : le format 2.40 pour les scènes les plus spectaculaires, le 1.33 pour tout le ventre du film, les scènes de folie, pour lesquelles on avait besoin d’isoler les éléments dans l’image. Et le 1.66 était le format d’équilibre entre les deux, confie Grégoire Leprince-Ringuet.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_d%27image

Grégoire Leprince-Ringuet a choisi ses acteurs en prenant en compte leurs capacités en matière théâtrale, étant donné les dialogues du film, devant être déclamés en vers. Il a immédiatement pensé à Pauline Caupenne pour le rôle de Camille, comédienne qu’il avait déjà dirigé au théâtre. Le cinéaste a également su dès les premiers essais qu’Amandine Truffy serait parfaite pour incarner Ondine : j’avais besoin de cette aisance dans le texte qu’ont les acteurs de théâtre, indique le metteur en scène. À noter aussi que Leprince-Ringuet a très vite su qu’il devait jouer lui-même le rôle principal, celui de Paul, notamment à cause des difficultés de financement : les autres acteurs me dirigeaient en même temps que je les dirigeais. À la fin d’une prise, je disais ce que je pensais d’eux, mais je leur demandais aussi ce qu’ils pensaient de moi. Ça responsabilise les acteurs, une confiance s’instaure, et ça tire tout le monde vers le haut.

Entretien avec Grégoire Leprince-Ringuet
Vous avez commencé le métier d’acteur à l’adolescence. Le désir d’être réalisateur est-il arrivé lui aussi très tôt ?
Oui, tout de suite ! Quand j’ai tourné dans Les Egarés (12) de Téchiné, j’avais 14 ans et je voulais déjà être celui qui dit « Action ! ». J’avais compris que c’était celui qui prenait le plus de plaisir dans toute cette histoire. Ça s’est confirmé plus tard, quand j’ai travaillé avec d’autres grands cinéastes comme Honoré (13), Tavernier (14) ou Guédiguian (15). Ce qui était nécessaire pour passer au long métrage, c’était d’avoir une légitimité d’auteur. Je ne voulais pas écrire pour me donner un rôle. Il fallait que j’aie une histoire à raconter. C’est venu en écrivant de la poésie. La versification m’a donné cette légitimité à mes propres yeux...
http://www.laforetdequinconces-lefilm.com/fr/entretien.html
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_%C3%89gar%C3%A9s_(film,_2003)
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1533
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Tavernier
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film1564

Grégoire Leprince-Ringuet
voir fiche du film Une Histoire de fou
http://www.citebd.org/spip.php?film1564

David Chambille
http://www.imdb.com/name/nm2234719/

Clément Doumic
http://www.scenarioaulongcourt.com/Clement-DOUMIC

Pauline Caupenne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Caupenne

Amandine Truffy
https://fr.wikipedia.org/wiki/Amandine_Truffy

Marilyne Canto
voir fiche du film La Rançon de la gloire
http://www.citebd.org/spip.php?film1378

Antoine Chappey
voir fiche du film Les Cowboys
http://www.citebd.org/spip.php?film1604

Thierry Hancisse
Né le 20 novembre 1962 à Namur.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Hancisse

Héloïse Godet
voir fiche du film Adieu au langage
http://www.citebd.org/spip.php?film1276

Fatima Soualhia-Manet
http://www.camillasaraceni.com/site/index.php/compagnie/5-compagnie/51-fatima

Caterina Barone
http://www.imdb.com/name/nm1594807/

Olga Sékulic
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olga_S%C3%A9kulic

extrait(s) de presse

Télérama - La principale réussite du film tient à la façon dont il abandonne de manière fluide et répétée le réalisme pour basculer ailleurs, verbalement et visuellement (...).
La Voix du nord - Les acteurs déclament les vers avec un naturel qu’on leur envie. Les mots coulent, se transforment en musique. Et nous voilà entraînés dans un ballet sensible et unique.
Libération - "La Forêt de Quinconces" emprunte à la caractéristique du «film d’acteur» (...). Mais tout cela, Leprince-Ringuet l’orchestre d’une façon très singulière, ouvertement théâtralisée, et qui rend ce premier essai d’autant plus attachant.
Le Monde - Tourné à Paris du côté de Belleville, avec de modestes moyens, ce tableau d’un triangle amoureux banal assume une conception si radicale du texte qu’il en devient une excentricité...
Film de culte - "La Foret de Quinconces" n’a pas peur d’être différent, et c’est déjà une qualité...
Le Parisien - Romantiques des deux sexes et même du troisième, accourez ! Allez voir ce film en vers, délicieusement audacieux, délicatement ébouriffant, qui raconte une histoire d'amour consumée dans les sortilèges de la passion...
àVoir-àLire - (...) "La Forêt de Quiquonces" dévoile un charme réel et on ne saurait qu’encourager son auteur à poursuivre dans la voie du scénario et de la réalisation.
Cinéséries - Des mots sont échangés, des tirades sont déclarées, des vers sont déclamés. "La Forêt de Quinconces" a très peu de dialogues écrits au familier, de dialogues du réel. On y parle comme au théâtre et dans des poèmes...