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evolution

France, Espagne, Belgique - 2015 - 1h21
sorti en France le 16 mars 2016
film - film francophone
de

Lucile Hadzihalilovic

scénario : Lucile Hadzihalilovic, Alanté Kavaité, Geoff Cox
direction de la photographie : Manuel Dacosse
musique ou chansons : Zacarias M. de la Riva, Jesus Diaz, Michel Redolfi, Marcel Landowski, Cyclobe
avec : Max Brebant (Nicolas), Julie-Marie Parmentier (la mère), Roxane Duran (l'infirmière), Nissim Renard (Frank), Nathalie Le Gosles (le docteur), Mathieu Goldfeld (Victor), Pablo-Noé Étienne (Lucas)
séances : semaine du mercredi 1er juin 2016
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
21:00*
séance spéciale :
* mardi fantastique : "enfance et démence" - couplé avec "Les Innocents" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Nicolas, onze ans, vit avec sa mère dans un village isolé au bord de l’océan, peuplé uniquement de femmes et de garçons de son âge. Dans un hôpital qui surplombe la mer, tous les enfants reçoivent un mystérieux traitement. Nicolas est le seul à se questionner. Il a l’impression que sa mère lui ment et il voudrait savoir ce qu’elle fait la nuit sur la plage avec les autres femmes. Au cours des étranges et inquiétantes découvertes qu’il fera, Nicolas trouvera une alliée inattendue en la personne d’une jeune infirmière de l’hôpital…

notes de production

La réalisatrice a imaginé Évolution, son second film, comme une expérience onirique mêlant plusieurs de ses propres fascinations : les profondeurs marines et le milieu hospitalier transformé en centre d’expérimentations. Elle raconte ce choix : j’ai juxtaposé ces deux mondes pour en faire l’écrin des deux principaux thèmes du film : le rapport à l’enfantement et le passage à la puberté, traités sus l’aspect d’un conte fantastique.
Elle reprend également le thème de la puberté et du passage à l’âge adulte, déjà évoqué dans Innocence.

Lucile Hadzihalilovic a puisé dans son enfance de nombreux éléments se retrouvant dans Évolution. Malgré son caractère onirique, le projet vient certainement d’un séjour que j’ai fait à l’hôpital à l’âge de onze ans. Il ne s’agissait que d’une opération de l’appendicite, mais cet épisode a eu un fort impact émotionnel et fantasmagorique, se souvient-elle. Pour la première fois, des adultes inconnus regardaient et touchaient mon corps, et même l’ouvraient ! [...] Sous une forme stylisée et déformée, ce film est tout entier imprégné d’éléments de mon enfance.

Afin que le spectateur se retrouve dans la même situation émotionnelle que le personnage principal, Lucile Hadzihalilovic a volontairement gommé tout repère dans Évolution : cet univers clos, situé dans une réalité parallèle, a sa propre logique. Le spectateur, perdant ses repères, s’y retrouvera dans la même position incertaine que Nicolas qui ne peut jamais deviner ce qui va se passer et doute de ce qu’il voit, explique-t-elle. Le film joue sur une marge d’interprétation qui pousse le spectateur à s’y investir, à s’approprier les personnages, leurs purs et leurs désirs.

La cinéaste a travaillé sans storyboard (1) au préalable, définissant seulement quelques contraintes esthétiques avant le tournage avec Manu Dacosse, directeur de la photographie : nous nous sommes fixés un certain nombre de règles comme le format cinémascope, les plans fixes, ou le refus de tout éclairage artificiel en dehors de celui présent dans le décor.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Storyboard

Lucile Hadzihalilovic a tourné Évolution entièrement en numérique ; toutefois, elle a modifié l’image en post-production pour lui donner un aspect plus authentique. Je craignais que le résultat aille à l’encontre de la sensation mentale et abstraite que je cherchais, explique-t-elle. Cette abstraction, nous l’avons obtenue en redonnant de la texture à l’image par l’utilisation ponctuelle de fumée sur le tournage, et par l’ajout de grain en post-production.

Le tournage des prises sous-marines constituaient une véritable difficulté pour la réalisatrice, n’ayant pas de visuel direct sur la scène en train d’être jouée : nous n’avions pas de retour caméra. Je parvenais plus ou moins à voir ce qu’ils faisaient pendant la prise, mais pas le cadre. Pour regarder les plans, on devait sortir la caméra de l’eau et la décharger. Et recommencer si nécessaire. Ça prenait beaucoup de temps.
Les courants marins rendaient également difficiles les positionnements des acteurs, qui évoluaient de surcroît en apnée.

Entretiens avec Lucile Hadzihalilovic
Quand l’idée du film "Évolution" a germé et quelles ont été les différentes étapes de son évolution justement ?
C’est un projet que j’ai depuis très longtemps. C’était avant Innocence. J’avais fait une petite version qui n’était pas encore un scénario. Cela commençait par un enfant que sa mère amène à l’hôpital et là on lui fait des choses étranges. J’avais envie de faire un film de genre, un film fantastique, presque d’horreur. Ensuite, je suis tombée sur la nouvelle qui a donné lieu à Innocence et je l’ai réalisé. Donc j’ai laissé le projet de côté pour le reprendre plus tard. A ce moment là, il y a eu effectivement plusieurs étapes d’écriture. Cela partait plus d’émotions, d’images, d’une situation plus que d’une histoire. J’ai donc essayé d’écrire une histoire ou des histoires afin que ces éléments là surgissent. Ce qui a été très long, ce n’était pas de l’écrire mais de trouver l’argent pour le faire. Je pensais que le fait que ce soit un film de genre, ça aiderait un peu, ça permettrait de l’identifier mieux par rapport à un film comme Innocence où c’est plus difficile de coller une étiquette dessus. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Je pense que c’est très difficile en France de faire un film de genre. La difficulté de celui-ci c’est que c’est aussi un film d’auteur. Ce n’est pas un film très commercial et pour un film de genre, ce n’est pas le film habituel très frontal, très explicatif et narratif. Pour les gens du cinéma d’auteur, qui était le circuit par lequel il fallait le faire financer, le genre est considéré, il me semble, comme quelque chose de pas assez intelligent, de pas assez sérieux. Du coup, ça coinçait tout le temps à ce niveau là...
http://www.avoir-alire.com/evolution-entretien-avec-la-realisatrice-lucile-hadzihalilovic
Il y a dans "Évolution" ce moment où un personnage dit à l’autre « Tu veux que je te montre un secret ? ». A tes yeux est-ce un dialogue qui s’applique à ta filmographie ou à ton rapport au cinéma en général ?
Oui c’est bien trouvé en effet ! En fait c’est drôle parce que cette réplique a fait rire un certain nombre de gens, parce que c’est un moment de révélation mais ce qu’on montre n’est finalement pas si évident à comprendre. Sinon oui j’aime beaucoup l’idée du secret, du mystère. Pas forcément le secret pour le secret. Mais c’est le sentiment du mystère qui m’intéresse, c’était déjà le cas dans Innocence. Ça peut être des choses inconnues mais très simples et quotidiennes, et qui ont leur part de mystère. C’est ce rapport à l’inconnu qui m’intéresse dans les films que je fais...
http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Lucile-Hadzihalilovic-22501.html
"Évolution" a-t-il été difficile à produire ?
Le film a été très difficile à financer. C’est une coproduction entre la France, l’Espagne et la Belgique. La personne qui a vraiment donné l’impulsion pour que le film se fasse, c’est Sylvie Pialat (2). Je pensais que ce serait plus facile parce que c’était un film de genre mais ça n’a pas été le cas, car en fait c’est un film de genre atypique. Il a été financé dans un système de films d’auteurs pour qui le fantastique n’est pas assez sérieux ni intelligent. On me disait que c’était impossible d’obtenir de l’argent du Cnc (3) ou des institutions européennes pour ce type de films. Les gens ne comprenaient pas le film, je pensais qu’Innocence m’aiderait pour cela mais ça n’a pas été le cas...
http://www.versatile-mag.fr/2016/03/evolution-entretien-avec-lucile-hadzihalilovic/
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvie_Pialat
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_national_du_cin%C3%A9ma_et_de_l%27image_anim%C3%A9e
Qu’est-ce que le terme « hallucinations collectives » évoque pour toi ?
C’est pour moi la définition la plus pure de ce qu’est le cinéma. Pour moi, le cinéma est avant tout fait pour rêver, pour halluciner, de manière collective, dans une salle obscure avec plein d’inconnus autour de soi. Tout simplement...
http://www.courte-focale.fr/cinema/entretiens/interview-lucile-hadzihalilovic-evolution-2016/
et aussi
http://www.culturopoing.com/cinema/entretiens-cinema/entretien-avec-lucile-hadzihalilovic-je-pense-que-les-spectateurs-peuvent-en-savoir-tout-autant-que-moi/20160315

Lucile Hadzihalilovic
Née le 7 mai 1961 à Lyon.
Fonde avec Gaspar Noé la société de production cinématographique Les Cinémas de la zone...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucile_Hadzihalilovic

Alanté Kavaité
voir fiche du film Summer
http://www.citebd.org/spip.php?film1495
https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Alant%C3%A9_Kava%C3%AFt%C3%A9&veaction=edit&vesection=2

Manuel Dacosse
voir fiche du film Alleluia
http://www.citebd.org/spip.php?film1349
https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Dacosse

Zacarias M. de la Riva
Né le 12 août 1972 à Barcelone.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zacar%C3%ADas_M._de_la_Riva

Jesus Diaz
http://www.imdb.com/name/nm3005047/

Michel Redolfi
Né le 8 décembre 1951 à Marseille.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Redolfi

Marcel Landowski
Né le 18 février 1915 à Pont-l’Abbé, décédé le 23 décembre 1999 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Landowski

Julie-Marie Parmentier
voir fiche du film Les Neiges du Kilimandjaro
http://www.citebd.org/spip.php?film733

Roxane Duran
Née le 27 janvier 1993 à Paris.
Obtient son premier rôle dans Le Ruban blanc de Michael Haneke...
http://www.citebd.org/spip.php?film273
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roxane_Duran

Nissim Renard
http://www.imdb.com/name/nm5856828/

Nathalie Le Gosles
http://www.imdb.com/name/nm4174585/

extrait(s) de presse

Culturopoing - "Evolution" brille d’un éclat singulier : alchimiste de génie, Lucile Hadžihalilovic parvient à faire advenir une œuvre précieuse, encore inouïe, qui relève tout à la fois du cinéma d’horreur, du conte de fées et de la robinsonnade.
Libération - Précise et magistrale, la composition de chaque plan est d’autant plus tirée au cordeau qu’il s’agit, peu à peu, d’approcher le risque de l’informe et de ce qui n’a pas encore de nom.
Tf1 news - Douze ans après son sublime "Innocence", Lucile Hadzihalilovic poursuit ses expérimentations en vase clos, sa description du monde dans un monde. Chez elle, le mystère n'est pas effrayant, il est beau, inspirant, fascinant. Il aide à avancer, à se surpasser, à survivre.
Positif - Comment ne pas souligner (...) l'intelligence du casting et la finesse de son interprétation ? Du jeu somnambule des enfants au charme immédiatement étrange de Roxane Duran et de Julie-Marie Parmentier, l'ensemble relève du sans-faute.
L'Humanité - Grille psychanalytique mise à part et visions chirurgicales exceptées, on retiendra l’élégance formelle, le travail épuré sur le décor, la couleur, le cadre, la musique et, en prime, les féeriques séquences sous-marines. Le plus singulier des films français actuels.
àVoir-àLire - Une oeuvre singulière qui nous immerge jusqu’au malaise, dans un monde délicieusement ouateux, mais profondément vénéneux...
Les Inrocks - Entre ses chorégraphies de corps martyrisés, ses plongées sous-marines virant à l’abstraction technoïde et ses fabuleuses compositions paysagères aux teintes bleu métallique, "Évolution" explore un territoire formel inédit, à la croisée de l’art macabre de Lucio Fulci et des installations de Bill Viola.
Cinéma teaser - "Evolution" fonctionne comme cette phase intermédiaire entre rêve et réveil, lorsque la certitude vacille.