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dégradé

France, Palestine, Quatar - 2015 - 1h23
sorti en France le 27 avril 2016
semaine de la critique Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Arab Nasser, Tarzan Nasser

scénario : Arab Nasser, Tarzan Nasser
direction de la photographie : Eric Devin
musique ou chansons : Benjamin Grospiron
avec : Hiam Abbass (Eftikhar, la divorcée amère), Victoria Balitska (Christine, la gérante russe du salon), Manal Awad (Safia, la droguée), Mirna Sakhla (Zeinab, la religieuse), Maisa Abd Elhadi (Wedad, l’assistante de Christine), Nelly Abou Sharaf (Natalie, la fille de Christine), Wedad Al Naser (Sawsan, la femme divorcée), Dina Shebar (Salma, la future mariée), Reem Talhami (Wafaa, la mère de la mariée), Huda Al Imam (Sameeha, la belle-mère de la mariée), Raneem Al Daoud (Mariam, la fille de Sameeha), Samira Al Aseer (Fatima, la femme enceinte), Raya Al Khateeb (Ruba, la soeur de la femme enceinte), Tarzan Nasser (Ahmed, le mafieux)
séances : semaine du mercredi 1er juin 2016
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
21:00
11:00*
16:15
21:00
18:30*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l'affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d'un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales...

notes de production

Dégradé est inspiré d’un fait divers survenu en 2007 : une intervention militaire du gouvernement du Hamas visant à neutraliser une des familles armées les plus influentes de Gaza (1) qui avait, comme dans le film, volé un lion pour le montrer et ainsi rendre compte de son pouvoir... Le lion a servi de prétexte à cette intervention militaire qui s’est terminée dans un bain de sang.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaza
A partir de cette histoire tragique qui témoigne du contexte irrationnel de la vie à Gaza (1), Arab Nasser et Tarzan Nasser ont imaginé le salon de coiffure en face du lieu d’affrontement entre les militaires et la famille, et dans lequel une douzaine de femmes se retrouvent coincées.

Par le biais de personnages féminins authentiques, excentriques, modernes et appartenant à des catégories sociales différentes, le film traite de la violence en Palestine (2). Dégradé est ainsi un film engagé, qui n’entend pas uniquement se concentrer sur l’occupation israélienne mais aussi sur nos propres démons, notre propre identité. Qui sont les femmes palestiniennes ? Qui sont les Gazaouis ? Comment vivent-ils ? À quoi pensent-ils ? Quel est leur quotidien ? En tant que cinéastes, notre travail s’inspire de la tragédie et de l’absurdité qui se sont abattues sur la Palestine, et, tout particulièrement, sur la bande de Gaza (1), afin d’alerter au mieux les consciences collectives sur les conditions de vie aberrantes de notre société.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_(%C3%89tat)

La raison principale ayant poussé les cinéastes à faire ce film réside dans le fait d’aller à l’encontre des clichés et représenter les femmes autrement que voilées et soumises. Dans Dégradé, les personnages féminins sont au centre du film et ont des joies, des peines, des problèmes quotidiens, des relations amoureuses et des opinions. Arab et Tarzan Nasser souhaitaient davantage parler de la vie en s’éloignant des sujets les plus médiatisés, comme le conflit israélo-palestinien (3).
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_isra%C3%A9lo-palestinien

Les jeunes réalisateurs jumeaux Arab et Tarzan Nasser ont choisi de situer l’action du film dans un salon de coiffure parce qu’il s’agit d’un lieu assimilé à un petit coin de paradis dans un monde extérieur en plein chaos. C’est également un espace féminin par excellence dans une société palestinienne patriarcale. Ils expliquent : or, nous pensons que les femmes ont un rôle à jouer dans notre société plus important que les hommes et qu’on ne leur accorde pas suffisamment de place. Du coup, nous avons réuni treize archétypes de femmes différents : une bourgeoise, une religieuse, une étrangère qui a fini par apprécier Gaza et par s’y installer, et d’autres encore. En venant au salon de coiffure, elles sont dans un havre de paix dédié au plaisir et à la beauté, mais le contexte environnant va vite les rattraper.

Le titre du film fait référence à la coupe de cheveux en escaliers et qui amène l’idée d’un crescendo, d’une avancée par paliers comme l’expliquent les frères réalisateurs : chaque élément a été pensé en « dégradé » : la narration, la lumière, les cadrages, le montage, le son, l’impact de la situation extérieure sur le salon, le sentiment d’enfermement, les enjeux des personnages, etc. Au fur et à mesure que le film avance, les murs du salon semblent se refermer sur ces femmes, et donc sur le spectateur, pris au piège. Le huis-clos est une symbolique de la situation de tous les Gazaouis qui regardent le monde extérieur sans pouvoir en sortir.

Arab et Tarzan Nasser ne souhaitaient pas faire un film politique mais voulaient montrer que la politique tient une place importante dans la société palestinienne, par le biais des femmes du salon qui sont très critiques vis-à-vis du monde oppressant dans lequel elles évoluent.

Pour appuyer les sujets sérieux que Dégradé aborde, Arab et Tarzan Nasser ont ponctué le film d’humour : l’humour est le meilleur moyen d’évoquer les sujets les plus complexes et les plus épineux. Les femmes prennent la vie avec humour. C’est particulièrement vrai lorsqu’elles se demandent comment sortir de Gaza. L’une d’entre elles répond, « Où veux-tu aller ? Même si tu réussis à passer les trois checkpoints - celui du Hamas, celui du Fatah et celui d’Israël -, on finira par te prendre pour une terroriste et par t’envoyer en prison ! », expliquent-t-elles.

Les metteurs en scène voulaient pour le casting des femmes aux visages peu connus. Ils ont ainsi passé cinq mois à repérer des femmes dans des théâtres et dans la rue pour ensuite répéter pendant un mois et demi avec celles qui ont été choisies. Le but était d’éviter les clichés dans le jeu des comédiennes et faire en sorte qu’elles s’expriment dans l’arabe parlé à Gaza.

Le film n’a pas pu être tourné à Gaza comme le souhaitaient Arab et Tarzan Nasser, mais dans la banlieue d’Amman (4), en Jordanie, qui présente une architecture un peu différente de celle que l’on peut trouver à Gaza : on a déniché un garage et on y a construit nous-mêmes le décor du salon, avec des parois amovibles pour faciliter nos déplacements sur le plateau. Nous avions préparé tous nos mouvements d’appareil à l’avance pour gagner du temps. S’agissant des couleurs, nous avons choisi des teintes symboliques, comme le bleu des murs qui rappelle la couleur du ciel.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Amman

Dégradé a été tourné dans des conditions psychologiques très difficiles puisqu’au moment d’entrer en préparation du tournage, en juillet 2014, une nouvelle guerre s’est abattue sur Gaza et l’armée israélienne a tué des milliers de civils en trois semaines. Cette tragédie a eu des répercussions sur le film, puisque des investisseurs ont quitté le projet parce qu’il ne parlait pas directement du conflit israélo-palestinien. Mais Arab et Tarzan Nasser ne voulaient pas faire un film centré sur la mort à Gaza : ils souhaitaient parler de la vie et ont persisté dans cette voie. Le film a ensuite été tourné en cinq semaines.

Le film a été présenté en compétition à la Semaine de la critique (5) en 2015.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Semaine_de_la_critique

Entretien avec Tarzan & Arab Nasser
Comment est né ce film ?
La plupart des gens, hors de nos frontières, ne savent rien de la vie des Gazaouis et s’imaginent qu’ils ne connaissent que la souffrance. Même les femmes de Gaza, on se les représente voilées de la tête aux pieds et sans aucun point de vue sur le monde. Or, ici comme ailleurs, elles ont des joies, des peines, des problèmes quotidiens, des relations amoureuses et des opinions. Nous voulions donc, mon frère et moi, faire un film qui parle de la vie, et nous éloigner ainsi des sujets les plus médiatisés, comme le conflit israélo-palestinien. Nous pensons en effet que parler de la vie est plus important que de parler de la guerre. Aussi, le monde attend des Palestiniens qu’ils parlent de leurs souffrances, plus qu’ils ne parlent de leurs vies. C’est pour cela que nous voulions parler d’un point de vue inattendu. Dans Dégradé, se posent des questions existentielles sur le vieillissement, le rapport homme/femme, l’amour, la famille, bref, tout ce qui concerne la vie...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/degrade,339630-note-124794

Tarzan Nasser
http://www.imdb.com/name/nm5657422/

Arab Nasser
http://www.imdb.com/name/nm5584045/

Eric Devin
http://www.imdb.com/name/nm2109387/

Hiam Abbass
voir fiche du film De guerre lasse
http://www.citebd.org/spip.php?film1277

Manal Awad
http://www.imdb.com/name/nm1538148/

Maisa Abd Elhadi
http://www.imdb.com/name/nm3949541/

Huda Al Imam
http://www.imdb.com/name/nm4387498/

Samira Al Aseer
http://www.imdb.com/name/nm7478283/

Raya Al Khateeb
http://www.imdb.com/name/nm6658310/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Ce huis-clos féministe et politique ne manque pas de verve et de finesse malgré des ruptures de rythme, et révèle deux cinéastes palestiniens inspirés.
Télérama - Le fait de se concentrer sur les luttes fratricides et les dissensions ­sociales à Gaza (et non sur le rapport de force avec Israël) fait tout l'intérêt de ce premier film...
Positif - Si "Dégradé" ne convaincra pas tous les spectateurs, loin s'en faut, force est de reconnaître que quelque chose se passe pour le cinéma en Palestine...
Film de culte - S’il y a un écho à chercher au film, on le trouve plutôt dans "Caramel" de Nadine Labaki, au parti pris scénaristique très similaire
Les Inrocks - Ce film revigorant est comme ses auteurs, interdit à Gaza : une sorte de César ou de Palme d’or involontairement décerné par le Hamas, un hommage de la bêtise obscurantiste à la liberté joyeuse, insolente et éternelle des artistes.
Abus de ciné - Un huis-clos braillard et généreux...
L'Express - La force de l'engagement, le charme du naturel, l'humilité des plus grands... L'actrice palestinienne Hiam Abbass irradie dans le film "Dégradé"...
Cinéma teaser - La force de "Dégradé" tient à la justesse des sentiments évoqués, à la simplicité avec laquelle les réalisateurs exposent leur propos et à la manière dont ils se jouent des idées préconçues...