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dieu, ma mère et moi

El apóstata
Espagne, France, Uruguay - 2015 - 1h20
sorti en France le 4 mai 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Federico Veiroj

scénario : Federico Veiroj, Nicolas Saad, Gonzalo Delgado, Álvaro Ogalla
direction de la photographie : Arauco Hernández Holz
musique ou chansons : Federico García Lorca, Lisabö, Enrique Morente, Serguei Prokofiev
avec : Álvaro Ogalla (Gonzalo Tamayo), Marta Larralde (Pilar), Bárbara Lennie (Maité), Vicky Peña (mère), Juan Calot (évêque Jorge), Kaiet Rodríguez (Antonio), Andrés Gertrudix (Carlos), Jaime Chavarri (Père Quirós), Joaquín Climent (Père), Rafael Rodríguez Hidalgo (guitariste), Israel Fernández (Cantaor)
séances : semaine du mercredi 1er juin 2016
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
14:00
21:00
18:30
18:30
11:00*
21:00*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* lundi 21h00 dernière séance

synopsis

Gonzalo Tamayo, madrilène d’une trentaine d’années, poursuit toujours ses études de philosophie, sans grande conviction. Au tournant de sa vie d’adulte, Gonzalo pense qu’un obstacle entrave son aspiration à réinventer sa vie : on ne lui a jamais demandé son consentement pour être baptisé ! Il décide donc d’apostasier et entreprend des démarches pour être radié des livres de l’Eglise. Il voit dans cette rupture radicale la fin de ses tourments et de son attachement à sa mère. Il entre alors dans une course folle, de prélat en cardinal, entraînant dans son sillage un doux chaos. A travers cette quête irraisonnée aux yeux de tous, il revisite son passé et est envahi par de drôles de visions...

notes de production

C’est après avoir entendu parler de la tentative d’apostasie (1) de son ami Álvaro Ogalla que Federico Veiroj a eu l’idée du film. Apostasier signifiait pour le cinéaste avoir l’intention de changer son passé, autrement dit un fantasme qui relève de l’impossible. Il explique : c’est devenu un défi intérieur très tentant : créer un conte fictionnel avec des touches de fable. J’ai alors construit le personnage de Tamayo, qui à travers ses actes allait représenter une nouvelle façon d’être en conflit avec les institutions. Je sentais que cette histoire pourrait facilement être transposée dans d’autres pays.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Apostasie

Le personnage principal est joué par l’ami de Federico Veiroj, Alvaro lui-même, qui n’a aucune formation d’acteur. Dès lors, le réalisateur savait que le résultat serait aussi étrange que son interprète...

Ses gestes, son regard, son désir et sa violence contenus, son apparence juvénile étaient des ingrédients puissants avec lesquels je pouvais travailler afin de donner vie à son personnage. J’ai essayé de montrer l’extrême variété de ses expressions et de ses émotions. Tamayo transforme sa propre vie en une course d’obstacles. Personnellement, je crois que Tamayo est un personnage inoubliable. Durant l’écriture, je savais que je voulais faire un film drôle, plein d’espoir, lumineux mais qui ne perdrait jamais sa profondeur. Nous avons travaillé sur un récit qui pourrait inclure tous ces aspects, sans oublier la conviction absolue de Tamayo, fil conducteur de l’intrigue. Chaque fois que son passé ou ses délires fantaisistes affluent, nous avons cherché à ne pas perdre ce qui le motive : son désir de changement. Une volonté qui se manifeste par ses grands renoncements, et des conquêtes épiques, confie-t-il.

L’intrigue se déroule en Espagne. Ce pays tourmenté colle en effet parfaitement à cette crise de maturité de Tamayo et sa relation avec les institutions traditionnelles. Federico Veiroj avait par ailleurs envie de faire son film à Madrid qui est sa vraie patrie puisqu’il y a vécu une partie importante de sa vie.

Pendant l’écriture du scénario, il y a eu divers apports, comme les lettres d’Alvaro Ogalla à l’origine de cette histoire, la contribution du scénariste Nicolás Saad à la structure lors la phase du traitement, et la réflexion avec un autre scénariste, Gonzalo Delgado, pour donner de la profondeur au personnage principal.

Les différents styles de musique ont été pensés comme des couches composant la personnalité de Tamayo. Ainsi, nous pouvons entendre le morceau de piano de Federico Garcia Lorca Romance de los Pelegrinitos en ouverture du film et qui introduit le personnage principal. De la musique classique orchestrale, une chanson moderne du groupe basque Lisabö, des fragments d’œuvres du compositeur russe Prokofiev et des morceaux de flamenco composent l’ensemble de la bande originale du film.

Tout au long de la conception de Dieu, ma mère et moi, Federico Veiroj et son équipe avaient en tête l’humour du livre de Benito Perez Galdos (2), El audaz, historia de un radical de antaño. Certains passages ont même été empruntés pour les scènes avec l’évêque.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Benito_P%C3%A9rez_Gald%C3%B3s

Toujours du côté des références, il y a La Prima Angélica (3) de Carlos Saura pour sa relation entre le passé, l’imaginaire et le présent ; Opera prima (4) de Fernando Trueba qui dépeint la relation d’un jeune homme avec sa cousine ; L’Audience (5) de Marco Ferreri pour comprendre le degré de conviction du personnage de Gonzalo Tamayo ; mais aussi La Route (6) de Omirbayev, les premiers films de Zanussi (7) et ceux de Buñuel (8) pour les expressions du visage de Fernando Rey (9).
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cousine_Ang%C3%A9lique
(4) http://www.unifrance.org/film/5064/cousine-je-t-aime
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Audience
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_(film,_2001)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Krzysztof_Zanussi
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Bu%C3%B1uel
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1551

Federico Veiroj
voir fiche du film La Vida útil
http://www.citebd.org/spip.php?film838

Nicolas Saad
http://www.imdb.com/name/nm0754244/

Gonzalo Delgado
http://www.imdb.com/name/nm0208508/

Álvaro Ogalla
http://www.imdb.com/name/nm6875286/

Arauco Hernández Holz
http://www.imdb.com/name/nm1473216/

Federico García Lorca
Né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros et assassiné le 19 août 1936 à Viznar par les milices franquistes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Garc%C3%ADa_Lorca

Lisabö
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lisab%C3%B6

Enrique Morente
Né Enrique Morente Cotelo à Grenade le 25 décembre 1942 et décédé le 13 décembre 2010 à Madrid.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Enrique_Morente

Serguei Prokofiev
Né Sergueï Sergueïevitch Prokofievn le 23 avril 1891 à Sontsovka, décédé le 5 mars 1953 à Moscou.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Prokofiev

Marta Larralde
http://www.imdb.com/name/nm1007458/

Bárbara Lennie
voir fiche du film La Nina de fuego
http://www.citebd.org/spip.php?film1502

Vicky Peña
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vicky_Pe%C3%B1a

Juan Calot
http://www.imdb.com/name/nm0130703/

Kaiet Rodríguez
http://www.imdb.com/name/nm3183434/

Andrés Gertrudix
http://www.imdb.com/name/nm0314980/

Jaime Chavarri
http://www.imdb.com/name/nm0161621/

Joaquín Climent
http://www.imdb.com/name/nm0166795/

extrait(s) de presse

Première - Entre fable absurde à la Buñuel et conte philosophique façon Italo Calvino, le troisième long du réalisateur de "La Vida Útil" est une réussite : il rend distrayante une crise existentielle !
Télérama - Son air juvénile et sa maladresse apportent à cette comédie existentielle, traversée çà et là par le fantôme de Luis Buñuel, un vrai charme, décuplé par l'éclectisme des choix musicaux, du punk basque à Prokofiev.
L'Humanité - Un nouveau ton dans la comédie espagnole, sans doute dû aux origines uruguayennes du cinéaste – dont divers compatriotes ont déjà démontré un sens de l’humour très décalé.
La Croix - Assumant ses sources d’inspiration - des premiers films de Kryzsztof Zanussi à "La Prima Angelica" de Carlos Saura en passant par "L’Audience" de Marco Ferreri -, le cinéaste livre une œuvre curieuse et inattendue, dont certains passages musicaux lui impriment le rythme du flamenco.
Utopia - La critique d’une société incapable de libérer quiconque du joug de l’Eglise et du poids familial trouve avec l’histoire de Gonzalo une formulation pleine de fraîcheur et d’esprit.
Abus de ciné - Un numéro de séduction involontaire qui fait mouche, puisque sans y prendre garde, nous voilà agréablement conquis par ce film qui comme son sujet ne ressemble à aucun autre.
Les Inrocks - Un très joli film.
Cinéchronicle - Quand la tragicomédie côtoie les frontières du réel, on obtient Dieu, ma Mère et moi, une aventure poétique, onirique, intriguante et fascinante. S’il est déjà difficile de rompre un pacte avec le Diable, avec Dieu, cela semble ici la croix et la bannière.