les ogres - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > les ogres

les ogres

France - 2014 - 2h24
sorti en France le 16 mars 2016
film - film francophone
de

Léa Fehner

scénario : Léa Fehner, Catherine Paillé, Brigitte Sy
direction de la photographie : Julien Poupard
musique ou chansons : Philippe Cataix
avec : Adèle Haenel (Mona), Marc Barbé (monsieur Déloyal), Lola Dueñas (Lola), Inès Fehner (Inès), François Fehner (François), Marion Bouvarel (Marion), Patrick d'Assumçao (l'amant de Marion), Philippe Cataix (Chignol), Christelle Lehallier (Mireille), Thierry de Chaunac (De Chaunac), Nathalie Hauwelle (Krista), Jérôme Bouvet (Pierro), Simon Poulain (le jeune), Ibrahima Bah (Joss), Daphné Dumons (la sauterelle), Florian Labriet (Régis), Eva Ordonez-Benedetto (Gisèle), Mélanie Leray (Marie), Anthony Bajon (le jeune de la caravane), Margot Ballay (enfant de la troupe), Cerise Ballay (enfant de la troupe), Lucien Ballay (enfant de la troupe), Adèle Dauriac (enfant de la troupe), Altarik Labriet (enfant de la troupe), Naïm Chigot (enfant de la troupe), Léonie de Chaunac (enfant de la troupe), Capucine Labriet (enfant de la troupe)
séances : semaine du mercredi 25 mai 2016
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 31
20:45
21:00
11:00*
20:45*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 20h45 dernière séance

synopsis

Ils vont de ville en ville, un chapiteau sur le dos, leur spectacle en bandoulière. Dans nos vies ils apportent le rêve et le désordre. Ce sont des ogres, des géants, ils en ont mangé du théâtre et des kilomètres. Mais l’arrivée imminente d’un bébé et le retour d’une ancienne amante vont raviver des blessures que l’on croyait oubliées. Alors que la fête commence !

notes de production

Léa Fehner a grandi dans le milieu dont parle le film et qui est celui du théâtre itinérant. Dans les années 1990, ses parents se sont embarqués dans cette aventure avec une dizaine de caravanes, un chapiteau, une troupe et ils ont sillonné la France pour faire du théâtre. C’est par peur des conditions de travail difficiles propres à ce métier que la future cinéaste s’est dirigée vers le septième art. Jusqu’à ce qu’elle en perçoive davantage les points positifs, comme le courage de ses artisans et la proximité avec le spectateur, la poussant à réaliser Les Ogres.

Le titre du film est à mettre en parallèle avec une volonté de Léa Fehner de souligner ce fort appétit de vivre caractérisant les gens du théâtre itinérant, sans cacher la part de monstruosité résidant dans cet appétit. La réalisatrice explique : ces ogres de vie sont aussi capables de bouffer les autres et de prendre toute la place ! Mais c’est aussi ça qui peut devenir passionnant : donner à voir des êtres puissants et drôles, indignes et inconséquents, foutraques et amoureux. Traquer l’ambivalence. D’une certaine manière, parler des ogres c’est aussi se rendre compte que cette question de la démesure a autant à voir avec le théâtre itinérant qu’avec l’intimité des familles : comment certains y occupent toute la place, comment l’amour peut être dévorant…

Au moment de la phase d’écriture, Léa Fehner a commencé par récolter beaucoup d’histoires sur la troupe de ses parents et sur d’autres troupes de théâtre itinérant. À partir de cette matière brute, en compagnie de sa co-scénariste Catherine Paillé, elle a fictionnalisé les évènements réels pour en faire du cinéma. Le but était d’éviter le portrait du milieu pour plutôt se diriger vers une histoire épique. Dans cette logique, Festen (1) et Milou en mai (2) sont deux films qui ont beaucoup aidé Léa Fehner pour leur côté films de groupe alliant la cruauté des sentiments à la tendresse du regard.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festen
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Milou_en_mai

Léa Fehner a, grâce à une subvention de la région Midi-Pyrénées, pu faire improviser une dizaine de comédiens de la troupe de ses parents et les embaucher pour jouer dans Les Ogres. Un processus à la fois bénéfique pour le film mais aussi risqué. C’était mettre en danger des relations qui sont vivantes et fragiles. C’était mettre mon père dans la position d’être dirigé par sa fille. C’était s’amuser à écrire à partir d’une histoire qui est encore en train de s’écrire. C’était prendre le risque tout d’un coup que quelque chose d’intime m’empêche de me sentir le droit d’aller trop loin. Mais je crois que j’avais besoin de cet inconfort de la réalité qui se mélange à la fiction pour ce film-là. Sur le tournage, j’ai été troublée par leur abandon. Et troublée par leur capacité à se trahir, à se réinventer un personnage. De toutes façons, est-ce si compliqué que ça de filmer ses proches ? confie-t-elle.

Le fils de Léa Fehner et les enfants de sa sœur jouent dans le film. Son mari, Julien Chigot (3), en est le monteur. Au sujet du reste du casting, la cinéaste a fait appel à différentes personnes en provenance d’horizons variées comme la compagnie de ses parents, le cinéma, mais aussi le cirque, d’autres compagnies...
(3) http://www.imdb.com/name/nm2591493/

Pour donner à la mise en scène une fluidité s’apparentant à un bateau ivre sur lequel les spectateurs sont embarqués, un plateau à 360 degrés a été construit pour faciliter les déplacements de caméra. Pour l’éclairer, on a utilisé ce qui était déjà présent naturellement dans le décor : les guirlandes d’ampoules et les projecteurs de théâtre, de manière à ce que les comédiens soient capables d’inventer sans être arrêtés pour des questions d’éclairage ou de machinerie. J’ai essayé de travailler selon un des mantras du théâtre itinérant : pauvreté des moyens, pertinence de l’effet ! ajoute Léa Fehner.

Adèle Haenel a été choisie pour sa capacité à jouer une femme pouvant être à la fois monstrueuse et en même temps capable de véhiculer un amour fou. Léa Fehner explique ainsi que le terme ogre ne concerne pas seulement les hommes mais aussi les femmes et c’est dans cette logique qu’elle a choisi des comédiennes qu’elle juge puissantes comme également Lola Dueñas, Marion Bouvarel, Inès Fehner pour porter ces femmes.

Philippe Cataix a composé la musique de plusieurs spectacles des parents de Léa Fehner. Sur Les Ogres, le compositeur a décidé d’improviser sa musique lors des répétitions en compagnie des comédiens, avec son accordéon. Sa musique s’est ainsi petit à petit déplacée vers le tango (4) ce qui s’est finalement révélé cohérent par rapport au mouvement d’attraction-répulsion entre les hommes et les femmes que raconte le film.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tango_%28danse%29

Entretien avec Léa Fehner
D’où vous est venu le désir de réaliser ce film ?
J’ai grandi dans le milieu dont parle mon film, le milieu du théâtre itinérant. Dans les années 90, mes parents se sont embarqués dans cette aventure avec une dizaine de caravanes, un chapiteau, une troupe bigarrée et fantasque et ils ont sillonné la France pour faire du théâtre. Étrangement, quand j’ai décidé à mon tour de raconter des histoires, je crois que j’ai quitté ce milieu pour celui du cinéma parce que j’avais la trouille. La trouille des rues vides où l’on parade mal réchauffés. La trouille de la truculence d’une vie où pour parler au spectateur tu lui postillonnes dessus, où les enfants sont au courant de la moindre histoire de fesse, où tu grandis au milieu des cris, du théâtre et des ivrognes. Et c’est sans parler de l’ingérence de tous dans la vie de chacun, du manque de tunes viscéral dont on clame que cela n’a aucune importance, des frustrations qu’on ressent face à ceux qui réussissent mieux… Mais récemment, tout s’est inversé. Là où je voyais des galères, je me suis mise à voir du courage, cette proximité avec le spectateur m’a fait envie. Les débordements se sont mis à s’inscrire pour moi dans la fête, dans la vie...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/les-ogres,343049

Léa Fehner
voir fiche du film Qu’un seul tienne et les autres suivront
http://www.citebd.org/spip.php?film293

Catherine Paillé
voir fiche du film Une vie meilleure
http://www.citebd.org/spip.php?film762

Brigitte Sy
voir fiche du film L’Astragale
http://www.citebd.org/spip.php?film1447

Julien Poupard
http://www.imdb.com/name/nm2043592/

Philippe Cataix
http://www.imdb.com/name/nm5212329/

Adèle Haenel
voir fiche du film Les Combattants
http://www.citebd.org/spip.php?film1316

Marc Barbé
voir fiche du film La Religieuse
http://www.citebd.org/spip.php?film1004

Lola Dueñas
voir fiche du film Alleluia
http://www.citebd.org/spip.php?film1349

Inès Fehner
http://www.imdb.com/name/nm3727475/

François Fehner
http://www.imdb.com/name/nm0270449/

Marion Bouvarel
http://www.imdb.com/name/nm3727445/

Patrick d’Assumçao
voir fiche du film Journal d’une femme de chambre
http://www.citebd.org/spip.php?film1434

Christelle Lehallier
http://www.imdb.com/name/nm5754753/

Thierry de Chaunac
http://www.imdb.com/name/nm5213602/

Nathalie Hauwelle
http://www.imdb.com/name/nm1420394/

Ibrahima Bah
http://www.imdb.com/name/nm2798759/

Daphné Dumons
http://www.imdb.com/name/nm6712206/

Mélanie Leray
http://www.imdb.com/name/nm0503458/

Anthony Bajon
http://www.imdb.com/name/nm7557188/

extrait(s) de presse

Télérama - Extrêmement précis sous son apparente décontraction, le film (...) repose sur des angoisses, des peurs et des ressentiments qui progressent, enflent, explosent, puis s'évanouissent sans laisser de traces, laissant place au seul sentiment que l'être humain mérite : l'indulgence.
Femme actuelle - Une réalisation bluffante, des comédiens superbes et une belle ode à la liberté.
Le Nouvel obs - Alors bien sûr, les raisonneurs, les culs-pincés, les curistes, les sédentaires, les fans de cinéma congelé et les abonnés des salles en velours rouge trouveront ces ogres trop exubérants, trop rabelaisiens, trop felliniens, trop hurleurs, trop partageurs, trop généreux. Mais on les plaint. Ils sont déjà morts, et Léa Fehner est vivante. Applaudissements.
La Croix - Dans ce tableau collectif d’une remarquable fluidité percent des destins intenses, avec, en contrepoint à la chorale, des moments d’une bouleversante intimité (...).
Sud ouest - Deux heures et demi à fond de train, sur les routes de France : il faut bien du talent à Léa Fehner pour garder le cap, tenir les rênes de sa chevauchée, ériger puis affaisser son chapiteau en chansons. Du talent, une foi à toute épreuve et de la démesure. « Open your mind ».
Le Figaro - D’emblée, on est happé par l’énergie de celle qui la relate. Devant l’objectif et les lumières crues, les membres de cette famille haute en couleur se révèlent dans toute leur vérité. Ils jouent, s’aiment et se déchirent.
France tv info - Léa Fehner réussit son coup en nous embarquant dans sa bande de grandes gueules. Ce film étonnant, bourré de vie et d'énergie, mérite vraiment qu'on lui donne sa chance.
Les Inrocks - Un peu Renoir, un peu Pialat, un peu Cassavetes, un peu Kechiche, un peu Fellini et surtout très Fehner, "Les Ogres" déplaira peut-être aux tenants de l’épure, de la pudeur, de la ligne claire, aux amoureux d’un cinéma de la ténuité, des pointillés, dont un Mikhaël Hers serait l’incarnation du moment.