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la montagne sacrée

ciné répertoire
Mexique, Usa - 1973 - 1h54
sorti en France le 4 mai 1973
avant-première hors compétition festival de Cannes 1973
copie 35mm
film - version originale sous-titrée en français
de

Alejandro Jodorowsky

scénario : Alejandro Jodorowsky
d'après l'oeuvre de : René Daumal
direction de la photographie : Rafael Corkidi
musique ou chansons : A. Jodorowsky, Ronald Frangipane, Don Cherry
avec : Alejandro Jodorowsky (l'alchimiste), Horácio Salinas (le voleur vagabond), Ramona Saunders (la disciple), Juan Ferrara (Fon), Adriana Page (Isla), David Silva (le père de Fon)
séances : semaine du mercredi 4 mai 2016
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "l’univers de Jodo" - film couplé avec "Jodorowsky's Dune" - tarif préférentiel 2 films = 7 € - soirée animée avec Hidden circle

synopsis

Un homme ressemblant au Christ s'introduit dans une tour et y affronte un maître alchimiste. Après l'avoir vaincu, ce dernier lui fait parcourir les premières étapes d'une initiation, puis lui présente sept personnes qui font partie des puissants de ce monde, chacun d'entre eux étant associé à une planète (au sens astrologique). Ces hommes et ces femmes sont prêts à tout abandonner pour obtenir le secret de l'immortalité. Le maître leur a promis de les conduire jusqu'aux neuf sages qui le détiennent au sommet de la Montagne sacrée…

notes de production

Le film est librement inspiré du roman inachevé du poète René Daumal, Le Mont analogue (1).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mont_Analogue

Dans la première partie, on traverse, à la suite de l’innocent au visage de Christ, des scènes qui illustrent la violence, la luxure et la cupidité d’une société mexicaine marquée par la destruction initiale de la civilisation indienne par les Espagnols. Les images, surréalistes, font penser à Luis Buñuel (2) et plus encore à certains films de Fellini (Roma) (3).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Bu%C3%B1uel
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fellini_Roma

Mais c’est la rencontre avec le maître alchimiste qui révèle le véritable propos de l’auteur : faire partager une quête initiatique. Loin d’être révoltés contre les injustices du monde, ceux qu’il a choisis pour accomplir cette quête sont de puissants capitaines d’industrie prêts à tout pour satisfaire des désirs monstrueux. Il les a pêchés grâce à l’appât que représente pour eux l’immortalité et va les conduire à renoncer au monde et à découvrir la Vie. Un message d’espoir tempéré par la surprise finale…

Les clés de compréhension du film se retrouvent dans les rituels initiatiques de la secte de l’Ordo templi orientis (4) (O.T.O.). Plusieurs scènes du film schématisent et mettent en scène des rituels de l’O.T.O.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordo_Templi_Orientis

Avec La Montagne sacrée, j’ai essayé de faire un film qui aurait la profondeur d’un Evangile ou d’un texte bouddhiste, explique Alejandro Jodorowsky. J’ai voulu rompre avec tous les codes du cinéma industriel. Pas d’acteurs connus, pas d’histoire construite comme un conte, pas d’effets spéciaux, pas de dialogues théâtraux... Je pensais qu’en utilisant les véritables gens de la rue, une prostituée interprétée par une prostituée, un millionnaire par un millionnaire, un nazi par un tyran... ils parviendront à transcender leur condition au final de cette expérience cinématographique.

Emporté par son désir d’écrire un film qui aurait la puissance d’un Evangile, Alejandro Jodorowsky a fait un voyage de quarante jours à travers le Mexique en écrivant dans chaque village une scène du film : petit à petit, durant les quarante jours de ce périple, avec mes ambitions mystiques diurnes et mes coïts nocturnes, je fus comme transformé en une espèce d’extra-terrestre raconte le réalisateur.

Le tournage de La Montagne sacrée à Mexico s’est déroulé sans autorisation. Afin de bloquer la circulation pour permettre les prises de vue, l’équipe utilisa un acteur habillé en policier : le Ministre du Gouvernement m’appela en me menaçant de mort si j’utilisais encore des uniformes ou si je m’attaquais à l’Église, raconte le réalisateur. J’ai quitté précipitamment le Mexique avec tout le matériel. Je me suis alors installé à New York pour y monter le film et enregistrer la musique. Longtemps après, je fus reçu au Mexique par un ministre qui me félicita et me confia que La Montagne sacrée avait été sélectionnée avec d’autres films pour représenter le pays autour du monde. Dans cette liste figurait à mes côtés certains films du réalisateur Emilio Fernandez (5) qui, des années auparavant, avait juré de me tirer dessus !
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Emilio_Fern%C3%A1ndez

Pendant de nombreuses années, les droits de El Topo (6) et de La Montagne sacrée furent détenus par l’homme d’affaires Allen Klein (7) (collaborateur des Rolling stones (8) et des Beatles (9)). Suite à un conflit avec Alejandro Jodorowsky, la distribution de ces films ne fut plus assurée jusqu’en 2006.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Topo
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Allen_Klein
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rolling_Stones
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beatles

La Montagne sacrée a été présenté en avant-première hors compétition au festival de Cannes en 1973 (10).
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1973

Comme El Topo (6), mais dans un registre différent, La Montagne sacrée est un film étonnant. L’action est menée avec véhémence, une rapidité extrême, foisonnante d’incidents, de détails révélateurs. Elle s’inscrit dans des décors aux couleurs symboliques, extrêmement travaillés par leur composition, peintures, sculptures y jouent un rôle. Les décors naturels sont déréalisés soit par la présence de personnages étranges ou monstrueux, soit par les cadrages...
El Topo (6), moins accessible dans ses significations premières, plus rigoureux dans sa forme, dans sa construction, paraissait receler plus d’originalité, plus de réflexion personnelle. La Montagne sacrée est, par contre, une œuvre plus maîtrisée et d’une richesse dans l’imagination picturale, dans le détail visuel, absolument étonnante.
Jacqueline Lajeunesse in La Saison cinématographique 1973

La Montagne sacrée est le film le plus ambitieux d’Alejandro Jodorowsky. Après le succès d’El Topo (6), Allen Klein (7) le producteur des Beatles (9) produit le troisième film du cinéaste sous l’impulsion de John Lennon (11). Jodorowsky veut réaliser un film sur la recherche de l’immortalité. On y suit un groupe de voleurs être initiés par un maître spirituel vers l’immortalité et la quête de la Montagne sacrée où est caché le secret de l’immortalité. Le film se déroule dans un univers décadent et protéiforme. On y trouve des spectacles de crapauds et de caméléons se faisant la guerre, des massacres d’étudiants, des défilés avec des carcasses de chiens crucifiés etc…
Et dans ce monde il y a une très grande tour, celle du maître spirituel où les décors se font totalement bariolés et picturaux. Là, les neufs voleurs nous seront présentés et le maître commencera leur initiation à travers toute une série de tests. Enfin, ils partiront dans la montagne à la recherche de la Montagne sacrée. C’est donc un film d’une très grande richesse, aussi bien formellement (le nombre de décors est hallucinant) que sur le plan narratif (cette coupure dans le film où les personnages se présentent, cette construction en trois actes bien distincts)...
http://www.dvdclassik.com/critique/la-montagne-sacree-jodorowski
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Lennon

Nous ferons quelque chose parce que nous sommes prodigieux. Nous allons faire une œuvre fantastique. Nous ne referons pas ce monde créé par des gens qui souffrent. Toutes les sociétés sont bâties par des individus malheureux parce que privés de liberté. Ils ont la religion, la politique, la morale, toutes ces merdes. On peut bâtir de merveilleuses cités. Cela peut être une chose admirable et heureuse.
Alejandro Jodorowsky in Penthouse (repris dans La Revue du cinéma n° 281 - février 1974)

Alejandro Jodorowsky
voir fiche du film La Danza de la realidad
http://www.citebd.org/spip.php?film1189

René Daumal
Né à Boulzicourt (Ardennes) le 16 mars 1908 et décédé à Paris le 21 mai 1944.
Né quatre mois et demi après la mort d’Alfred Jarry, il sera un grand admirateur de sa personne et de ses idées...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Daumal

Rafael Corkidi
Né Rafael Corkidi Acriche le 20 mai 1930 à Puebla et décédé le 18 septembre 2013 à Veracruz.
http://www.imdb.com/name/nm0179924/

Ronald Frangipane
http://www.imdb.com/name/nm0290786/

Don Cherry
Né le 18 novembre 1936 à Oklahoma City, décédé le 19 octobre 1995 à Malaga.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Cherry_(musicien)

Horácio Salinas
http://www.imdb.com/name/nm0758360/

Juan Ferrara
http://www.imdb.com/name/nm0273988/

Adriana Page
http://www.imdb.com/name/nm0656096/

David Silva
http://www.imdb.com/name/nm0798270/

extrait(s) de presse

Les Inrocks - Spectaculaire, filmé en technicolor, "La Montagne sacrée" offre une expérience de spectateur assez unique, impressionnante par l'ampleur de son délire visuel et la beauté convulsive de ses images, obscénité, onirisme et vérité se mêlant dans un vaste champ poétique.
àVoir-àLire - Cadrage, montage et réalisation, tout relève d'un sens aigu du cinéma (...)
Critikat - Pour beaucoup de bonnes et de mauvaises raisons, mystiques, psychédéliques, cinéphiliques, exotiques, zygomatiques, on ira faire grimpette du côté de "La Montagne sacrée"...
Télérama - Mysticisme et surréalisme sont les deux mamelles d'Alejandro Jodorowsky. Dans sa poignée de films psychédéliques comme dans ses bandes dessinées de SF (écrites pour Moebius, Beltran, Bess), l'imagination et la provocation de l'illuminé chilien n'ont pas de limites.
Il était une fois le cinéma - Au croisement d’"Un Chien Andalou" (Luis Bunuel, 1929) et de "Freaks" (Tod Browning, 1932) à la sauce chamanique, mâtiné de peintures daliesques et de borborygmes à la Artaud, "La Montagne sacrée" est tout cela et bien plus encore...
Dvd classik - L’insuccès du film est fort dommageable car avec ce film, Alejandro Jodorowsky réalise son œuvre à ce jour la plus ambitieuse...
Utopia - Un trip halluciné, bourré de symboles détournés, qui brasse les mythes et les religions, la métaphysique et la psychanalyse. Esprits trop cartésiens, l'air de La Montagne va vous faire tourner la tête !
Naveton cinéma - En vérité, "La Montagne sacrée" n'appartient à aucun genre particulier et oscille entre fantastique, comédie, horreur, drame, aventure et les hallucinogènes...