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le coeur régulier

Belgique, France, Canada - 2015 - 1h35
sorti en France le 30 mars 2016
film - film francophone
de

Vanja D'Alcantara

scénario : Vanja D'Alcantara, Gilles Taurand, Emmanuelle Beaugrand-Champagne
d'après l'oeuvre de : Olivier Adam
direction de la photographie : Ruben Impens
musique ou chansons : Serge Nakauchi-Pelletier
avec : Isabelle Carré (Alice), Jun Kunimura (Daïsuke), Niels Schneider (Nathan), Fabrizio Rongione (Léo), Mugi Kadowaki (Hiromi), Masanobu Ando (Jirô)
séances : semaine du mercredi 4 mai 2016
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
16:15
16:15
séances : semaine du mercredi 11 mai 2016
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
11:00*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 25 mai 2016
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 31
16:30
16:30
16:30*
séance spéciale :
* dimanche 16h30 dernière séance

synopsis

Trop longtemps séparée de son frère, Alice se rend sur ses traces au Japon, dans un village hors du temps, au pied des falaises. Ici, Nathan avait retrouvé l'apaisement auprès d'un certain Daïsuke. C'est au tour d'Alice de se rapprocher du vieil homme, et de ses hôtes. Dans une atmosphère toute japonaise, elle se remet à écouter son cœur…

notes de production

Le village hors du temps dont parle le synopsis du film se nomme Tojinbo (1). En effet, cet endroit du Japon est connu pour ses hautes falaises et ses paysages somptueux. Mais ces précipices sont également tristement célèbres pour être le théâtre de nombreux suicides de personnes venant se jeter du haut de ces ravins. Toutefois, un homme veille et tente d’empêcher ces suicides en parlant et en écoutant les âmes en peine. Il se nomme Yukio Shige (2), policier à la retraite. C’est de cet homme qu’est inspiré Daisuke, interprété dans Le Cœur régulier par Jun Kunimura. La réalisatrice Vanja D’Alcantara a d’ailleurs rencontré le vrai Shige pour les besoins du film : la rencontre avec le vrai Yukio Shige a d’ailleurs été très inspirante pour concevoir le personnage, car, contre toute attente, c’est un homme plutôt rustre. Rien à voir avec l’image du moine bouddhiste que l’on pourrait se faire. Au contraire, c’est un type pragmatique qui fait ce qu’il a à faire, par utilité et par devoir, raconte la cinéaste.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C5%8Djinb%C5%8D
(2) http://www.nipponconnection.fr/yukio-shige-ce-policier-retraite-qui-a-empeche-500-tentatives-de-suicides-au-japon/

Le Cœur régulier est le second long-métrage de la réalisatrice belge Vanja D’Alcantara après Beyond the steppes (3), tourné en 2010. Cette fois, la cinéaste a décidé de poser sa caméra au Japon : la préparation du film m’a permis d’aller souvent là-bas, de mieux connaître la mentalité japonaise. Sans ces séjours, il est probable que je serais restée à la surface, alors que, là, je n’avais plus à me poser la question de savoir comment j’allais présenter le pays. J’ai arpenté le pays pour m’éloigner de plus en plus de la civilisation, pour finalement trouver ces îles Oki (4) en pleine mer du Japon, où j’ai découvert les spectaculaires Red cliffs, falaises vertigineuses aux couleurs volcaniques. La magie des lieux s’est révélée avec force et évidence, comme s’ils avaient été conçus pour accueillir notre histoire, révèle Vanja.
(3) http://www.cinenews.be/fr/films/beyond-the-steppes/
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Oki
Le Cœur régulier a été tourné dans des îles méconnues des japonais eux-mêmes, les îles Oki (4), loin de l’effervescence de villes touristiques comme Tokyo. Le film montre un pays du Soleil Levant (5) rural et modeste. L’archipel se situe dans la Mer du Japon et il est constitué de 4 îles habitées et 180 petites îles inhabitées.

Le film est une adaptation du roman éponyme écrit par Olivier Adam : le cœur régulier, c’est (...) une sorte de miracle. En le découvrant, outre sa très grande beauté plastique et sa justesse, j’ai été frappé par sa proximité, gémellaire presque, avec ma pulsation interne, mon rapport intime au temps, au cadre, au silence, aux gestes, à la géographie, aux éléments… Le film de Vanja d’Alcantara constitue à mes yeux une parfaite et lumineuse épure, au sens le plus noble du terme, japonais donc, du roman qui en a été la source. Elle en a fait surgir le coeur secret. J’ai eu la sensation très nette de découvrir sur l’écran, dénudés, étincelants, les paysages et les visages mêmes qui ont guidé son écriture, confie l’écrivain.

Isabelle Carré nous parle du caractère d’Alice, son personnage : j’ai été très heureuse que Vanja me propose ce personnage : il est arrivé à un moment où j’en avais besoin. J’ai longtemps eu l’impression que les rôles qu’on me propose devaient être des morceaux de bravoure, qu’ils passaient forcément par des états de rupture, se brisaient ou étaient dans le drame. Alors que j’ai toujours été attirée par des rôles moins véhéments, plus silencieux. J’adore les acteurs qui parviennent à incarner une intériorité, donner l’impression qu’on peut partager les pensées des personnes qu’ils jouent. (...) J’étais à une période où j’avais besoin de travailler dans cette absence de résultat, de ne plus céder à mon côté bon élève en faisant plaisir au metteur en scène. Là, je voulais être totalement dans le moment présent et voir ce qu’il se passe. Vanja m’a répondu que c’était exactement ce qu’elle cherchait, affirme la comédienne.

L’actrice principale du film, Isabelle Carré, a un rapport particulier avec le pays du Soleil Levant (5). En effet, le père de cette dernière, designer, partait souvent travailler au Japon : petit à petit, ma maison d’enfance s’est japonisée. Les portes étaient couvertes de tissu, on mangeait dans des bols en raku (6), le garde manger était suspendu par des câbles comme dans les temples, on s’habillait en kimono… Ça a rendu le Japon traditionnel mythique à mes yeux, relate la comédienne.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_levant
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Raku

L’acteur japonais Jun Kunimura, qui incarne le personnage de Daisuke dans Le Cœur régulier, est notamment connu pour avoir prêté ses traits à Boss Tanaka dans Kill Bill (7) de Quentin Tarantino. Rappelez-vous, il se faisait décapiter par O’Ren Ishii (Lucy Liu) après avoir critiqué avec véhémence les origines sino-japonaises de cette dernière. L’artiste de 60 ans a également tourné sous la direction de Takeshi Kitano dans Outrage (8) ou dans Tel père, tel fils (9) de Hirokazu Kore-Eda.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kill_Bill
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film523
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1178

Vanja D’Alcantara a voulu traiter de thèmes forts avec Le Cœur régulier pour nous amener à réfléchir sur notre condition : le film invite à faire ce voyage en évoquant la vie, la mort, le chemin initiatique vers une nouvelle forme de liberté, une ouverture, un éveil. C’est toute ma quête. Et je ne pouvais pas rêver d’un meilleur terrain que le Japon ! La force de la nature, le rapport au silence, la conscience de l’éphémère sont très imprégnés là-bas. C’est ce qu’on retrouve dans la philosophie bouddhiste (10), explique l’artiste.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_bouddhiste

Le chef-opérateur du film est Ruben Impens, le technicien fétiche de Félix Van Groeningen avec lequel il a fait Alabama Monroe (11) ou Belgica (12). C’est la seconde fois qu’il travaille avec la réalisatrice Vanja D’Alcantara après Beyond the steppes (3) : nous avons adopté un langage libre, dans l’idée de recréer ce mouvement de traversée qu’effectue Alice d’un monde à l’autre. La caméra adopte bien sûr le point de vue d’Alice dans la majorité des séquences, mais nous nous permettons également l’audace du point de vue radicalement extérieur, pour accentuer son rapport au monde, sa solitude dans sa vie en France, et sa condition d’étrangère au Japon, analyse la cinéaste.
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1090
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1638

Entretien avec Vanja d’Alcantara
Quand avez-vous découvert le roman d’Olivier Adam ? (13)
D’abord, il y a eu ma découverte de Yukio Shige. Il y avait comme une espèce de magie autour de ce "sauveur des falaises", qui en faisait une belle promesse de cinéma. Mais je ne me voyais pas la légitimité de raconter l’histoire d’un japonais. J’ai mis cela de côté mais, à la longue, j’ai bien senti que cette histoire de falaise m’obsédait. Par pur hasard, je suis tombé sur le roman d’Olivier Adam dans une petite librairie suisse. Je m’aperçois qu’il est inspiré par l’histoire de Shige mais sous l’angle exact que je cherchais : un point de vue occidental sur l’étranger, un voyage vers une terre inconnue... J’ai eu l’impression que certaines pages étaient écrites pour moi. Je pensais que ce ne serait pas simple d’acquérir les droits mais j’ai envoyé un message à Olivier Adam, accompagné de Beyond The steppes (3), mon premier film. Il semble que cela lui ait parlé…
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/le-coeur-regulier,337569-note-139565
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_C%C5%93ur_r%C3%A9gulier

Vanja D’Alcantara
http://www.sacd-scam.be/Vanja-d-Alcantara

Gilles Taurand
voir fiche du film Une Histoire de fou
http://www.citebd.org/spip.php?film1564

Emmanuelle Beaugrand-Champagne
http://www.imdb.com/name/nm0064490/

Olivier Adam
Né le 12 juillet 1974 à Paris.
Son premier roman, Je vais bien, ne t’en fais pas, adapté avec brio par Philippe Lioret, obtient la reconnaissance de la critique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Adam

Ruben Impens
voir fiche du film Alabama Monroe
http://www.citebd.org/spip.php?film1090

Serge Nakauchi-Pelletier
http://www.imdb.com/name/nm3907768/

Isabelle Carré
voir fiche du film Paris-Willouby
http://www.citebd.org/spip.php?film1518

Jun Kunimura
voir fiche du film Tel père, tel fils
http://www.citebd.org/spip.php?film1178
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jun_Kunimura

Niels Schneider
voir fiche du film Les Amours Imaginaires
http://www.citebd.org/spip.php?film522

Fabrizio Rongione
voir fiche du film Deux jours, une nuit
http://www.citebd.org/spip.php?film1254

Mugi Kadowaki
http://www.imdb.com/name/nm5282266/

Masanobu Ando
Né le 19 mai 1975 à Kawasaki (Japon).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Masanobu_And%C5%8D

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Avec lyre et passion, Vanja d’Alcantara offre à Isabelle Carré, formidable de sensibilité, l’une de ses meilleures composition et délivre, loin de tout matérialisme, un message providentiel qui éblouit par sa beauté. Tout simplement magnifique.
Le Parisien - Isabelle Carré était la bonne personne pour incarner ce personnage funambule. C'est pour elle un rôle aussi fort que "Se souvenir des belles choses" et ce film est une belle chose dont on se souviendra.
Télérama - Elle restitue avec délicatesse l'intensité de cette renaissance par le deuil et l'exil. Les regards et les gestes esquissés du film mutique en disent long sur le vertige d'exister.
Critikat - La réalisatrice signifie clairement qu’une renaissance s’opère dans la quiétude de ce lieu où morts et vivants se côtoient, celle-ci s’effectuant à travers une série de rencontres qui la renvoient à sa propre peine et lui permettent de la dépasser...
Comme au cinéma - C'est un film maîtrisé d'un bout à l'autre, humaniste et lumineux, débarrassé de toute prétention et justement universel...
Abus de ciné - Le Cinéma aime définitivement beaucoup Olivier Adam. Après "Je vais bien, ne t'en fais pas" et "Welcome" mis en images par Phillipe Lloret...
Utopia - Alice va entreprendre un voyage qui la conduira tout au bord des falaises de Tojimbo, que son frère arpenta, là où l'espoir peut renaître parfois. Au bout de son cheminement elle trouvera quelque chose qu'elle n'attendait pas. Un roulement de plus en plus régulier, comme celui d'un cœur qui bat…