ferda la fourmi - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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ferda la fourmi

ciné môme
République tchèque - 2015 - 0h40
sorti en France le 19 février 2016
accessible aux enfants à partir de 3 ans
film d'animation - version française
de

Hermina Tyrlova

séances : semaine du mercredi 20 avril 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
17:00*
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17:00*
14:00*
15:00*
17:00*
séance spéciale :
* tarif jeune (- 18 ans) 3,50 € - adulte accompagnant 6,00 €
séances : semaine du mercredi 27 avril 2016
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
14:00*
15:00*
séance spéciale :
* tarif jeune (- 18 ans) 3,50 € - adulte accompagnant 6,00 €

synopsis

Le programme est constitué de 5 courts métrages : les histoires qui s’y racontent exaltent tendrement l’amitié, l’amour, la solidarité, mais ces valeurs positives sont toujours associées à la maladresse, la malchance, la méchanceté, ou la douleur –toutes ces imperfections de la vie qui exigent, pour l’embellir, qu’on donne le meilleur de soi-même...

notes de production

Je pense que les enfants ressentent le besoin de beauté, du sentiment et surtout de la joie. C’est ce que j’essaie de leur procurer par mes films.
Hermina Tyrlova

Ferda aide ses amis
1977, 10’
Ferda la fourmi a ici une mission : sauver ses amis de la forêt de différents tracas. Les paysages sont majoritairement en papiers découpés tandis que notre héroïne et les animaux ressemblent à des figurines articulées. Avec l’appui d’une musique entraînante, on passe d’un tableau verdoyant à une anecdote aquatique sans s’ennuyer une seconde !

Un sacré garnement
1973, 8’
On nous conte ici l’histoire d’un petit garçon malveillant qui met de la colle sur les rambardes de la ferme afin de piéger les oiseaux, mais il ne s’arrête pas là et s’en prend aussi au chien. La Nature étant revancharde, le garçon va alors vite comprendre son erreur...
Ce court est conçu en papier feutré découpé légèrement laineux et ce choix de matériaux apporte une douceur qui tranche avec la rudesse du propos de la première partie de l’histoire. En effet, la délicatesse d’exécution ne m’a pas empêchée de prendre le gamin en grippe. On a l’impression de voir défiler l’histoire comme dans un livre pop-up où les animaux et végétaux surgissent de manière naïve et expressive, ce qui en fait un moment très ludique, tout en étant dans la plus pure tradition des œuvres moralisatrices de l’époque.

Les farces du diablotin
1980, 6’
C’est certainement le court le plus classique de cette anthologie : l’action se déroule sur un sapin de Noël où une famille d’objets en pâte à pain se fait chahuter par un diablotin. Ce dernier tourne de manière insistante autour du nouveau né...
On est ici dans un ensemble de cadres fixes qui compose un sapin en tissu bleu accompagné de fine neige, évoquant notre calendrier de l’avent. Le récit se déroule de manière tellement calme qu’on se croirait dans une publicité pour des chocolats, aspect renforcé par l’aspect très « art décoratif » lié aux fêtes de Noël. Cette ambiance de conte traditionnel dénote dans la sélection des courts, bien que la matière et l’innocence y soient tout autant à l’honneur. Je m’y suis quelque peu ennuyé du coup, malgré le fait que ce court soit l’un des plus… courts, justement !

Les féeries du corail
1968, 10’
Nous nous rendons maintenant sous l’océan pour découvrir les aventures de deux poissons. Ils vont croiser des coquillages mesquins et d’autres surprises...
L’environnement aquatique se dévoile par un travail raffiné, fait de perles et de nacre en accord avec le caractère changeant de l’eau. L’osmose entre décor et musique donne un aspect hypnotique à cette histoire aquatique se déroulant sous nos yeux, qui n’est pas sans rappeler le célèbre Ballet des poissons de Fantasia. Par son aspect abstrait très assumé qui laisse au public la lecture de l’image, ce court est mon coup cœur de cette anthologie.

Conte de la corde à linge
1986, 8’
On change de décor pour se retrouver dans une ferme où l’on assiste à une scène entre des vêtements séchant au soleil. La salopette bleue est malicieuse et tente de perturber le tablier rose et la gigoteuse en leur jetant des cailloux. Les différents habits sont vocalisés par des timbres vocaux caractéristiques : la salopette s’affirme par du chahut masculin tandis que le tablier rose dégage des expressions plus maternelles...
Le Conte de la corde à linge est, avec Ferda la fourmi, le court le plus abouti de cette anthologie car il mêle cette approche très instinctive de la réalisatrice sur les objets du quotidien à une utilisation plus fine de l’environnement. Le plan sur les bulles volant au loin surprend par son côté contemplatif et une plus grande maîtrise de la mise en scène, avec une caméra plus mobile que sur les autres courts. J’ai d’ailleurs apprécié ce sentiment d’innocence qui s’en dégage et aussi cette attention touchante de ces petits objets, plein d’humanité.

Le personnage de Ferda fut créé par l’auteur et dessinateur de gauche Ondřej Sekora (1899-1967) en 1933 et devint rapidement extrêmement populaire : d’abord héros d’un feuilleton pour adultes, puis d’une bande dessinée, il est apparu dans une série de livres pour enfants qui reste à ce jour une des plus populaires de Bohême. Au moment du Congrès de Munich lors duquel la France et l’Angleterre vendent la Tchécoslovaquie à Hitler, Ferda prend part à la campagne satirique antinazie. Lorsque Týrlová tourne sa première adaptation de Ferda la fourmi en 1943, Sekora a été licencié du journal pour lequel il avait créé le personnage à cause des origines juives de son épouse, et en 1944, il sera déporté au camp de travail Kleinstein et son épouse au camp de concentration de Terezín. Après la prise de pouvoir par les communistes en 1948, Ferda sera mise au service de la propagande du régime.
En 1984, Ferda fut également l’héroïne d’une série de vingt-six dessins animés tournés en Allemagne de l’Ouest. Elle continue d’être fréquemment adaptée aujourd’hui au théâtre de marionnettes.

Hermina Tyrlova
https://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%ADna_T%C3%BDrlov%C3%A1

Ondřej Sekora
Né le 25 septembre 1899 à Brno et décédé le 4 juillet 1967 à Prague.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ond%C5%99ej_Sekora

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) l’artiste qui aime créer des univers d’une beauté artisanale pure, (...) parvient dans chacun de ces 5 courts à soutirer notre admiration nostalgique d’une féerie simple et touchante, loin des dogmes capitalistes qui ont troqué la simplicité du message pour de vilaines formules.
Critikat - Týrlová s’essaie à toutes les techniques dans la mise en scène des messages publicitaires ou de personnages populaires.
Le Monde - (...) ce petit programme bien ficelé donne à voir la variété de ses techniques et la vaste étendue de son imaginaire...