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a une heure incertaine

A Uma hora incerta
Portugal - 2015 - 1h15
sorti en France le 10 février 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Carlos Saboga

scénario : Carlos Saboga
direction de la photographie : Mario Barroso
musique ou chansons : Alain Jomy
avec : Joana Ribeiro (Ilda), Paulo Pires (Vargas), Judith Davis (Laura), Grégoire Leprince-Ringuet (Boris), Filipa Areosa (Deolinda), Pedro Lima (Jasmin), Ana Padrao (Marta), Joana de Verona (Madalena), João Paulo Santos (Pide), Filipe Crawford (narrateur)
séances : semaine du mercredi 13 avril 2016
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
14:00
21:00
11:00*
20:45
14:00
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 avril 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
16:15
14:00
16:15
16:15*
séance spéciale :
* dimanche 16h15 dernière séance

synopsis

1942. Dans le Portugal de Salazar, deux réfugiés Français suspects, Boris et Laura, sont arrêtés. L’inspecteur Vargas, séduit par la jeune femme, décide de les cacher chez lui : un hôtel désert où il vit avec sa fille Ilda et sa femme gravement malade. Ilda découvre leur présence et, rongée par la jalousie, s’attache à les faire disparaître coûte que coûte…

notes de production

Scénariste depuis 1984, Carlos Saboga s’est lancé dans la réalisation en 2012 et n’a pour le moment réalisé "que" deux longs-métrages. Pour Photo (1) et A une heure incertaine, le cinéaste a choisi comme décor le Portugal car pour lui, c’est une langue et une mémoire. Néanmoins, dans ses films, il s’intéresse plus à l’époque qu’au pays.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1062

Pour le titre de son film, A Uma hora incerta en portugais, Carlos Saboga s’est inspiré du poème de Primo Levi (2) intitulé Ad ora incerta.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi

A une heure incertaine a été présenté au Festival de Arras (3) en novembre 2015 dans la catégorie Découvertes européennes aux côtés de notamment My skinny sister (4) de Sanna Lenken et A Perfect day (5) réalisé par Fernando Leon de Aranoa.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arras_Film_Festival
(4) http://www.avoir-alire.com/my-skinny-sister-la-critique-du-film-31869
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1647

La toile de fond est la Deuxième guerre mondiale (6), vue depuis un pays qui s’en tient à l’écart, le Portugal. Soumis à une dictature impitoyable (7), ce pays devient alors, paradoxalement, un refuge et un espace de liberté pour des milliers de personnes qui, autrement, l’auraient perdue, avant de perdre la vie.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dictature_nationale

L’essentiel de l’action se déroule dans l’enceinte d’un hôtel désaffecté, en un huis-clos semblable à la situation du pays pendant la dictature, isolé et du reste du monde, et de l’histoire en marche.

Un décor unique donc, crépusculaire, fait de longs couloirs sombres, déserts, de portes closes, de salles plongées dans la pénombre, peuplé par les fantômes livides des meubles recouverts de draps. Les rubans de papier qui quadrillent les vitres des fenêtres, pour prévenir les éclats d’hypothétiques bombardements aériens, filtrant la lumière extérieure, concourent à créer une atmosphère oppressante d’aquarium, accentuée par les photos d’eau (mer, fleuves, lacs, cascades) accrochées aux murs de l’hôtel. A l’intérieur, les personnages semblent dériver entre deux eaux, à la faveur de désirs exacerbés par l’enfermement.

Un univers en clair-obscur où seuls les bruits extérieurs font parvenir des échos sporadiques de la vie urbaine et, à travers la radio et les bribes de la bande sonore des actualités du cinéma voisin, le fracas de la guerre qui se poursuit ailleurs.

Entretien avec Carlos Saboga
Pour paraphraser Alexandre O’Neill, le Portugal est un sujet, une question, qui vous hante ?
De toute façon, et pour continuer à paraphraser O’Neill, « il ne s’agit pas de remords ». En effet, si les deux films que j’ai réalisés se déroulent l’un et l’autre au Portugal, il me semble, qu’au fond, l’un comme l’autre questionnent l’époque plutôt que le pays. Si j’ai encore un questionnement par rapport au Portugal ce n’est certainement pas un problème d’ordre identitaire ou de règlement de compte. Ça l’a été. Mais après tant d’années de séparation, le Portugal est, pour moi, avant tout une langue et une mémoire. Je dois ajouter que je ne suis pas supporter de Benfica (8), et que le fado (9) n’est pas, parmi d’autres, la musique je préfère...
http://www.aumahoraincerta.com/entretien.html
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Benfica_Lisbonne
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fado

Carlos Saboga
voir fiche du film Photo
http://www.citebd.org/spip.php?film1062
http://www.imdb.com/name/nm0754847/

Mario Barroso
voir fiche du film Photo
http://www.citebd.org/spip.php?film1062

Alain Jomy
Né le 23 avril 1941 à Nice.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Jomy

Joana Ribeiro
http://www.imdb.com/name/nm4940278/

Paulo Pires
Né le 26 février 1967 à Lisbonne.
http://www.imdb.com/name/nm0685142/

Judith Davis
voir fiche du film Viva la libertà
http://www.citebd.org/spip.php?film1258

Grégoire Leprince-Ringuet
voir fiche du film Une Histoire de fou
http://www.citebd.org/spip.php?film1564

Filipa Areosa
http://www.imdb.com/name/nm4669612/

Pedro Lima
http://www.imdb.com/name/nm0510694/

Ana Padrao
http://www.imdb.com/name/nm0655859/

Joana de Verona
http://www.imdb.com/name/nm2417108/

João Paulo Santos
http://www.imdb.com/name/nm1818984/

Filipe Crawford
http://www.imdb.com/name/nm0186767/

extrait(s) de presse

Télérama - Le film est élégant et morbide : une sorte de néo-Buñuel...
Sortir à Paris - "À une heure incertaine" est un film à tiroirs qui, in fine, se révèle être bien plus que ce qu'il semble de prime abord. Alors qu'on croit aller voir une oeuvre sur le Portugal salazariste, on découvre que le réalisateur interroge moins le pays que l'époque dans son ensemble. Dès lors, le thème de l'exil forcé prend le pas sur celui de la dictature. Le film traite finalement bien plus de désertion, de trahison et d'amour que du Portugal. D'où son caractère universel et éternel.
Le Monde - En nouant les fils d’une intrigue croisant réflexion politique et morale avec une peinture de sentiments complexes, le film construit délicatement ses personnages, tous attachants, tentant chacun de se trouver une issue, au cœur d’une société figée et autoritaire...
àVoir-àLire - Nous voilà enfermés dans un huis-clos symbolisant à la fois l’isolement du pays et la solitude des réfugiés qui ne doivent exister aux yeux de personne. Tout le film se déroule dans une maison sombre aux vastes pièces inhabitées et dont les meubles sont, pour la plupart, recouverts de draps...
Abus de ciné - (...) le cinéaste parvient à créer une sensation de tension tout au long du film.
Les Inrocks - Saboga fait exister ce huis clos avec une belle intensité romanesque et un vrai sens des puissances nues du cinéma : volets clos, couloirs vides, pièces sombres et inoccupées, monde extérieur qui ne parvient que par la lumière du jardin ou les discours de Salazar à la radio…
Toute la culture - Un beau titre, pour un film d’un romanesque limpide et inspiré... comme chez Preminger, Laura est une femme fatale et les désirs infusent de manière étrange. A découvrir...
Il était une fois le cinéma - Carlos Saboga sait tisser les fils d’un drame inexorable dans lequel on peut lire comme en filigrane le destin du monde fait de doutes, de trahisons et d’amours pas souvent partagées... Remarquable.