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je vous souhaite d’être follement aimée

France - 2015 - 1h40
sorti en France le 6 janvier 2016
film - film francophone
de

Ounie Lecomte

scénario : Ounie Lecomte, Agnès De Sacy
direction de la photographie : Caroline Champetier
musique ou chansons : Ibrahim Maalouf
avec : Céline Sallette (Elisa), Anne Benoit (Annette), Elyes Aguis (Noé), Françoise Lebrun (Renée), Louis-Do de Lencquesaing (Alex), Pascal Elso (Roger), Micha Lescot (Fabio), Catherine Mouchet (Mme Kubiak)
séances : semaine du mercredi 6 avril 2016
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
16:15
11:00*
16:15
14:00
16:15
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 13 avril 2016
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
20:45
20:45
14:00
16:15*
séance spéciale :
* mardi 16h15 dernière séance

synopsis

Elisa, kinésithérapeute, part s’installer avec son jeune fils, Noé, à Dunkerque, ville où elle est née sous X. Quelques mois plus tôt, elle y a entrepris des recherches sur sa mère biologique, mais cette femme a refusé de dévoiler son identité. À la recherche d’une mère inconnue, de son passé et de leur histoire, Élisa ne renonce pas et veut comprendre. Le hasard va bouleverser ses attentes…

notes de production

Dans le film, une mère qui a accouché sous X et sa fille se rencontrent par hasard, sans savoir qui elles sont l’une pour l’autre. La réalisatrice Ounie Lecomte explique que l’idée d’une telle coïncidence lui est venue avec l’image mentale hantant les gens qui ne connaissent pas l’identité de leurs parents ou de leur enfant. Mais surtout de par la lecture d’un fait divers sur une infirmière à New York dont le père avait quitté le foyer quand elle était toute petite et lequel s’est, plusieurs années après, retrouvé hospitalisé dans l’hôpital où elle travaille...

Ounie Lecomte a voulu questionner la thématique de l’accouchement sous X parce qu’il permet d’explorer la question de l’identité : peut-on se construire « pleinement » sans cette part manquante de son histoire ? Ici, la question se pose aussi bien pour la fille que pour la mère.

Les personnages d’Elisa et Annette établissent un lien dans un cabinet de kinésithérapie, donc un lien qui passe essentiellement par le corps : le toucher, la sensation, la perception de l’autre et de soi… Finalement n’est-ce pas ce qui se joue dans les tout premiers « corps à corps » entre la mère et l’enfant ? Peut-être Elisa et Annette vivent dans les séances de kiné quelque chose de ces contacts qui leur ont manqués, de manière inversée. Et puis le corps est fait de points, de nœuds, de zones qui se bloquent, se débloquent. Dans l’intimité des soins, il y a l’idée que des choses vont se délier à l’intérieur du corps et résonner chez l’une et l’autre, l’une sur l’autre. Est-ce qu’une « mémoire de leurs corps » se (re)construit ? Est-ce qu’au contact de l’une et l’autre, elles vont pouvoir se reconnaître ? C’est effectivement cette tension et ces questions qui se jouent, précise Ounie Lecomte.

Le premier film d’Ounie Lecomte, Une Vie toute neuve (1), avait aussi pour héroïne quelqu’un d’abandonné. Mais de manière différente, puisque dans ce dernier il s’agissait d’une fille de neuf ans placée dans un orphelinat. Dans ce deuxième et nouveau film, il est question d’un abandon dans la toute petite enfance.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_vie_toute_neuve

Le personnage d’Elisa est kinésithérapeute et la réalisatrice Ounie Lecomte a rencontré pendant l’écriture plusieurs kinés. De même, son interprète Céline Sallette s’est préparée deux mois avant le tournage avec une kiné qui a été ensuite consultante sur le plateau : Anne Benoit a rejoint la préparation de Céline en tant que « patiente-cobaye ». Les séances ont été filmées et montées pour permettre à Céline de mémoriser les gestes et les rythmes. Pour elle, c’était un peu comme une chorégraphie. Mais au-delà de l’enjeu d’authenticité documentaire, je voulais donner à voir et sentir chez ces deux femmes quelque chose qui se produit ailleurs, de manière organique. Avec une part sinon inconsciente, en tout cas mystérieuse

Céline Sallette a été choisie par le producteur Laurent Lavolé et la cinéaste Ounie Lecomte pour se glisser dans la peau d’Elisa : quand on s’est rencontrées après qu’elle ait lu le scénario, étonnamment, elle n’a pas évoqué son personnage mais celui de la mère et cette famille, qui la renvoyait à quelque chose de sa propre expérience. Ça m’a plu qu’elle ne se focalise pas du tout sur son rôle !

En ce qui concerne Anne Benoit, c’est surtout après l’avoir vue dans Les Adieux à la reine (2) dans un rôle bien différent (Rose Bertin) de celui qu’elle tient dans Je vous souhaite d’être follement aimée qu’Ounie Lecomte s’est dit qu’elle ferait l’affaire pour le personnage de la mère de Salette.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Adieux_%C3%A0_la_reine_(film)

Le film se déroule à Dunkerque (3). Il s’agit d’un choix à mettre en parallèle avec le passé industriel de la ville. Derrière l’histoire de cette mère et sa fille, Ounie Lecomte ambitionnait de raconter en arrière-fond une histoire sociale et économique. Dunkerque (3), ville qui a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale avec ses longues plages, ses docks, ses raffineries, est devenue un lieu idéal pour cela. Ounie Lecomte ajoute même que le cadre spatial du film est révélateur de l’état d’esprit d’Elisa qui habite dans le quartier du Grand Large, construit sur les friches industrielles et portuaires, suivant une politique de réhabilitation et symbole d’un élan vers l’avenir.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dunkerque

En compagnie de sa directrice de la photographie Caroline Champetier, Ounie Lecomte voulait donner forme à une image douce dans sa lumière, sans rajouter de la noirceur, comme pour adoucir la douleur et la rage contenue propres au personnage d’Elisa.

Je vous souhaite d’être follement aimée est le second film d’Ounie Lecomte et son premier à être tourné en France. Son premier, Une Vie toute neuve (1), avait été tourné en Corée.

Si Céline Sallette a suivi une préparation de kiné assez dense, elle n’a pas rencontré des femmes qui ont accouché sous X ou des enfants nés sous X. La comédienne explique pour quelle raison : je pense qu’on est tous, sinon des enfants abandonnés, du moins blessés. C’est normal. On naît pur et parfait et ensuite, on voyage à travers d’où l’on vient, de ces années de vie qui nous ont précédés et qui nous sont transmises, sans qu’on ait toujours les moyens d’en avoir conscience. En tout cas jusqu’à récemment car aujourd’hui, je trouve qu’on vit une époque assez réparatrice, qui a conscience de ces problématiques de transmission. Notre société encourage à la révolution intérieure et je pense que beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier au chemin d’Elisa.

Entretien avec Ounie Lecomte
Dans "Je vous souhaite d’être follement aimée", une mère qui a accouché sous X et sa fille se rencontrent par hasard, sans savoir qui elles sont l’une pour l’autre… D’où vous est venue l’idée d’une telle coïncidence ?
La première idée était que la fille et la mère se rencontrent trente ans après l’abandon. Mais comment ? Avec Agnès De Sacy, co-scénariste, nous avons imaginé toutes sortes d’hypothèses. Mais une chose nous troublait : l’image mentale qui hante lorsqu’on ne connaît pas l’identité de ses parents ou de son enfant - ce que j’ai pu lire ou voir dans des témoignages notamment dans le documentaire de Sophie Bredier, La Tête de mes parents (4). Et ces questions : « est-ce qu’on se ressemble ? Comment se reconnaître ? »… La possibilité que leurs chemins se croisent sans qu’elles le sachent et qu’« elles se ratent » nous a semblé un puissant vecteur d’émotion et de dramaturgie. Un autre élément déclencheur a été la lecture d’un fait divers sur une infirmière à New York dont le père avait quitté le foyer quand elle était toute petite. Des années plus tard, celui-ci se retrouve hospitalisé dans l’hôpital où elle travaille alors qu’il est en phase terminale de cancer. Je trouvais la coïncidence extraordinaire. Dans le film, le fait qu’Elisa et Annette se découvrent avant de savoir qui elles sont l’une pour l’autre leur permet de nouer un lien « librement », en dehors de toute attente et de toute convention sociale...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/je-vous-souhaite-d-etre-follement-aimee,326066
(4) http://television.telerama.fr/television/la-tete-de-mes-parents-un-documentaire-sur-l-abandon-et-les-retrouvailles,85908.php

Ounie Lecomte
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ounie_Lecomte

Agnès De Sacy
http://www.imdb.com/name/nm0755389/

Caroline Champetier
voir fiche du film Hannah Arendt
http://www.citebd.org/spip.php?film1080

Ibrahim Maalouf
Né le 5 novembre 1980 à Beyrouth.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf

Céline Sallette
voir fiche du film Ici-bas
http://www.citebd.org/spip.php?film770

Anne Benoit
voir fiche du film Je suis un soldat
http://www.citebd.org/spip.php?film1565

Elyes Aguis
http://www.imdb.com/name/nm5619260/

Françoise Lebrun
voir fiche du film Trois souvenirs de ma jeunesse
http://www.citebd.org/spip.php?film1470

Louis-Do de Lencquesaing
voir fiche du film La Rançon de la gloire
http://www.citebd.org/spip.php?film1378

Pascal Elso
voir fiche du film Les Innocentes
http://www.citebd.org/spip.php?film1620
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Elso

Micha Lescot
https://fr.wikipedia.org/wiki/Micha_Lescot

Catherine Mouchet
Née le 21 août 1959 à Paris.
Inoubliable Thérèse dans le beau film d’Alain Cavalier...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Mouchet

extrait(s) de presse

Le Parisien - Ce film nous touche au plein sens du terme.
L'Humanité - Au-delà du sujet, traité avec émotion et dignité, la justesse du regard sur le quotidien de quelques personnes modestes fait tout le prix de ce film social.
Critikat - Le film n’est jamais aussi beau que lorsque la réalisatrice cherche à capter un sentiment, un état d’âme, notamment à travers une série de séquences floues, entre souvenir et sensation.
La Croix - La beauté du film d’Ounie Lecomte tient à la subtilité avec laquelle elle présente ses personnages, les dévoile doucement, montre leurs laconiques états d’âme et leurs imperceptibles cheminements.
France tv info - Bouleversant mais inégal, ce film bénéficie de la prestation bluffante d'une Céline Sallette, comme sur un fil, entre assurance et vulnérabilité.
Télérama - Face à Anne Benoît (vue dans "Je suis un soldat"), parfaite dès qu'il s'agit d'incarner la gêne des petites gens, Céline Sallette fait penser à Gena Rowlands. C'est beau de la voir errer dans un Dunkerque qui ressemble à Los Angeles la nuit.