les nerfs à vif (1962) - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > les nerfs à vif (1962)

les nerfs à vif (1962)

ciné répertoire
Cape fear
Usa - 1962 - 1h45
sorti en France le 31 octobre 1962
film - version originale sous-titrée en français
de

J. Lee Thompson

scénario : James R. Webb
d'après l'oeuvre de : John D. MacDonald
direction de la photographie : Sam Leavitt
musique ou chansons : Bernard Herrmann
avec : Gregory Peck (Sam Bowden), Robert Mitchum (Max Cady), Polly Bergen (Peggy Bowden), Lori Martin (Nancy Bowden), Martin Balsam (inspecteur Mark Dutton), Jack Kruschen (Dave Grafton), Telly Savalas (Charles Sievers), Barrie Chase (Diane Taylor), Paul Comi (George Garner), Edward Platt (le juge)
séances : semaine du mercredi 6 avril 2016
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi dans le cadre du Festival Play it again (2ème édition) - film couplé avec "Les Nerfs à vif" (Martin Scorsese) - tarif préférentiel 2 films = 7 € - soirée animée avec Hidden circle - le Festival Play it again est organisé en partenariat avec l’Adfp (Association des distributeurs de films de patrimoine).

synopsis

Condamné pour le viol d'une fillette, Max Cady parvient à être libéré pour bonne conduite. Huit années de travaux forcés semblent avoir terriblement endurci cet homme au tempérament pervers. Dès sa sortie, la vie paisible que mènent Sam Bowden, son épouse et leur fille Nancy devient un véritable cauchemar. Avocat talentueux et réputé, Bowden a, en effet, contribué à la lourde condamnation de Max Cady, lors de son procès. Or, celui-ci est bien décidé à se venger...

notes de production

Le film est tiré d’un roman de John D. MacDonald, The Executioners, paru en 1959 aux Usa et traduit en 1963 en France sous le titre Un Monstre à abattre (1).
(1) http://www.le-rayon-populaire.com/node/7307

Les Nerfs à vif fut tournée dans l’Etat de Georgie (2), où Robert Mitchum avait été incarcéré, dans sa jeunesse, pour vagabondage. Lorsque le tournage commença, un journal local jugea d’ailleurs opportun de publier, en première page, la photo de l’acteur prise lors de son arrestation...
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9orgie_(%C3%89tats-Unis)

Si sa sortie ne souleva aucune protestation aux Usa, Les Nerfs à vif connut davantage de problèmes en Grande-Bretagne. La censure, jugeant le film malsain, exigea en effet pas moins de... 161 coupures ! Grâce à la farouche opposition du réalisateur John Lee Thompson, seules six minutes furent finalement absentes de la version britannique, sortie en janvier 1963.

Les Nerfs à vif bénéficie d’une musique due à un prestigieux compositeur : Bernard Herrmann, notamment connu pour sa collaboration avec Orson Welles Citizen Kane (3) et La Splendeur des Amberson (4) et Alfred Hitchcock (neuf films dont Sueurs froides (5) et Psychose (6). Il avait déjà travaillé avec Martin Scorsese sur Taxi driver (7), mais mourut quelques heures à peine après ce dernier enregistrement.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Citizen_Kane
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Splendeur_des_Amberson_(film)
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sueurs_froides
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_(film)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_Driver

C’est à l’acteur Gregory Peck que l’on doit l’idée d’adapter au cinéma le livre de John D. MacDonald, ainsi que le choix du réalisateur John Lee Thompson. Les deux hommes, qui avaient déjà collaboré avec succès sur Les Canons de Navarone (8) se retrouvèrent encore par la suite pour L’Or de MacKenna (9) et L’ Homme le plus dangereux du monde (10).
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Canons_de_Navarone
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Or_de_MacKenna
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_le_plus_dangereux_du_monde

Le personnage le plus hallucinant du film - il faut remercier Peck de l’avoir découverte et imposée - est celui de Diane Taylor, la jeune femme libre, indépendante, mais masochiste, qui succombe à la séduction terrifiante de Mitchum et en ressort broyée. L’actrice Barrie Chase tient en effet ici le rôle de sa vie : on ne la reverra plus guère mais elle reste à jamais dans la mémoire du spectateur comme un des grands attraits du film. D’autant que Jack Lee Thompson a le génie de ne pas montrer ce qu’elle subit mais simplement le résultat : ses yeux noirs terrifiés d’avoir vu ce qu’ils ont vu. La mise en scène de la terreur est alors augmentée d’un degré : la terreur du spectateur est à ce moment la peur de la terreur de Diane. Elle a enduré ce qu’avait enduré la victime de Cady - motif juridique de sa détention - et ce que risquent d’endurer l’épouse et la fille de Bowden. La menace obsédante du viol et des actes de barbarie commis par Cady renforce la puissance du suspense : ils sont attendus comme un retour du refoulé, avec un mélange absolu de terreur et de plaisir...
Techniquement, les morceaux de bravoure abondent : la chambre à coucher misérable au décor surchargé dans laquelle Cady torture Diane évoque celle où se réveille Janet Leigh dans La Soif du mal (11) ; la descente de l’escalier par Peggy est digne de Fritz Lang (12) ou de Jacques Tourneur (13), et les étudiants de la Femis (14) peuvent la visionner un carnet de notes à la main pour apprendre comment on déclenche la peur ; les scènes qualifiées traditionnellement de "statiques" - mais qui sont justement très dynamiques - de dialogue sont peut-être les plus géniales de toutes. L’économie de moyens alliée à la profondeur de la direction d’acteurs permet de rendre palpable la prégnance psychique de la peur. Film policier qui bascule régulièrement dans le fantastique le plus admirable, doté d’une photo expressionniste mais équilibrée, Cape fear est l’hommage éclatant mais réfléchi de Lee Thompson à Hitchcock et au Psycho (6) qu’il venait de réaliser.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soif_du_mal
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1244
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Tourneur
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%A9mis
Jack Lee Thompson filmera près de vingt ans plus tard l’impressionnant Ten to midnight (15) dans lequel il imaginera (le réalisateur est l’auteur de l’histoire originale) un personnage de tueur psychopathe assez proche de Cady par sa propension à utiliser le droit en sa faveur. Le film est tout différent par son esthétique et ses attendus thématiques - un croisement de la série initiée par Death wish (16) de Michael Winner avec le même Bronson, ici inspecteur de police - et il est d’une violence visuelle parfois insoutenable. Son scénario n’a pas la subtilité remarquable de celui de Cape fear : il est plus primitif quoique non moins efficace. Mais il est un peu, dans la filmographie de Lee Thompson, sa résurgence.
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Justicier_de_minuit
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_justicier_dans_la_ville

J. Lee Thompson
Né John Lee Thompson le 1er août 1914 à Bristol (Gb) et décédé le 30 août 2002 à Sooke (Canada).
Les Canons de Navarone et Les Nerfs à vif resteront ses meilleures réalisations...
https://fr.wikipedia.org/wiki/J._Lee_Thompson

James R. Webb
Né le 4 octobre 1910 à Denver et décédé le 27 septembre 1974 à Beverly Hills.
https://fr.wikipedia.org/wiki/James_R._Webb

John D. MacDonald
Né John Dann MacDonald le 24 juillet 1916 à Sharon (Pennsylvanie), décédé le 28 décembre 1986 à Milwaukee (Wisconsin).
À la fois détective, espion, cambrioleur et tombeur de femmes, son héros Travis McGee est un aventurier séduisant et musclé qui revient dans une vingtaine de titres...
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_D._MacDonald

Sam Leavitt
Né Samuel E. Leavitt le 6 février 1904 à New York, décédé le 21 mars 1984 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_Leavitt

Bernard Herrmann
voir fiche du film Fahrenheit 451
http://www.citebd.org/spip.php?film1411

Gregory Peck
voir fiche du film Ces garçons qui venaient du brésil
http://www.citebd.org/spip.php?film1542

Robert Mitchum
voir fiche du film La Nuit du chasseur
http://www.citebd.org/spip.php?film1012

Polly Bergen
Née Nellie Paulina Burgin le 14 juillet 1930 à Knoxville (Tennessee) et décédée le 20 septembre 2014 à Southbury (Connecticut).
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/stars/mort-de-polly-bergen-actrice-dans-les-nerfs-a-vif-et-les-sopranos-190329
https://fr.wikipedia.org/wiki/Polly_Bergen

Lori Martin
Née le 18 avril 1947 à Glendale (Californie), décédée le 4 avril 2010 à Oakhurst (Californie).
http://www.imdb.com/name/nm0552700/

Martin Balsam
Né le 4 novembre 1919 à New York et décédé le 13 février 1996 à Rome.
C’est Sur les quais d’Elia Kazan qu’il fait sa première apparition à l’écran...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Balsam

Jack Kruschen
http://www.imdb.com/name/nm0472816/

Telly Savalas
Né Aristotelis Savalas né le 21 janvier 1922 à Garden city et décédé le 22 janvier 1994 à Universal city (Californie).
Il restera l’inoubliable inspecteur Kojak dans la série du même nom...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Telly_Savalas

Barrie Chase
http://www.imdb.com/name/nm0153691/

Paul Comi
Né Paul Domingo Comi à Boston le 11 février 1932.
http://www.imdb.com/name/nm0173815/

Edward Platt
Né le 14 février 1916 à New York, et décédé le 19 mars 1974 à Santa Monica.
http://www.imdb.com/name/nm0686857/

extrait(s) de presse

Dvd classik - L’intelligence du scénario est de peindre un psychopathe qui retourne habilement la légalité de son côté et démontre à quel point on peut la pervertir aisément...
Télérama - La mécanique du suspense est impeccablement huilée. L'action, comprimée dans un crescendo insoutenable, explose en « stridences » éprouvantes...
Arte - (...) "Les Nerfs à vif" est déjà un film noir sécuritaire qui baigne dans une phobie inquiétante de l’Autre...
Les Inrocks - (...) Mitchum interprète avec gourmandise ce personnage de corrupteur, incarnation paillarde et brutale du Mal, souvent filmé torse nu, au cas où on n’aurait pas remarqué sa bestialité...
Brozkinos - (...) "Les nerfs à vif" est encore aujourd’hui un pur plaisir...