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nanouk l’esquimau

ciné môme
Nanook of the north
Usa, France - 1922 - 1h10
à voir en famille, enfants à partir de 5 ans
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Robert Flaherty

scénario : Robert Flaherty
direction de la photographie : Robert Flaherty
musique ou chansons : L. Levy
avec : Nanook (Nanouk l’esquimau), Nyla (sa femme), Allegoo (la fille), Cunayou (le garçon), Arc-en-Ciel (le bébé) et le chien Comok
séances : semaine du mercredi 21 janvier 2009
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
14:30
14:45
14:45
séances : semaine du mercredi 6 janvier 2016
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
14:00*
14:00*
14:00*
séance spéciale :
* séance suivie d’un débat en présence d'enseignants du dispositif "Ecole et cinéma" - tarif 3,50 €
* film inscrit au dispositif "Ecole et cinéma" - tarif 3,50 €

synopsis

La vie quotidienne de Nanouk et de sa famille, dans la région d’Ungawa, sur la rive orientale de la baie d’Hudson. La recherche perpétuelle de nourriture exige une vie nomade. L’été durant, ils voyagent sur le fleuve pour pêcher le saumon et le morse. L’hiver, ils trouvent à manger après avoir bien souvent frôlé la famine. La nuit, toute la famille construit l’igloo, puis ils se glissent dans des vêtements de fourrure pour dormir, utilisant leurs habits de jour en guise d’oreiller. Le lendemain, la quête reprend et la vie continue…

notes de production

Nanouk en langue esquimau signifie ours.
Le film montre le mode de vie d’une famille Inuit (1) de la région de Port Harrison (aujourd’hui Inukjuak) (2) sur la côte Est de la baie d’Hudson au Canada : méthodes de navigation, de chasse et de pêche, fabrication d’un igloo... Il montre aussi la visite du poste de traite : dépôt de fourrures, découverte du gramophone (3).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Inuits
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Inukjuak
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gramophone

En 1910, Robert J. Flaherty part explorer la côte est de la Baie d’Hudson (nord du Canada), pour le compte d’un constructeur de chemin de fer. Il découvre la vie des Esquimaux.
Entre 1910 et 1912, il entreprend deux explorations qui lui permettent de cartographier la région, de photographier et de lier des relations avec les indigènes.
En 1913, son commanditaire lui suggère d’emmener une caméra (une Bell and Howell, pour les amateurs). Lors de l’expédition suivante, il tourne quelque chose comme 17 heures de rushes, en marge de ses prétextes officiels.

A son retour, alors qu’il a amorcé le travail de montage, Flaherty oublie (par inadvertance comme souvent quand on oublie) un mégot dans ces bandes, qui enflamme le négatif nitrate. Il ne reste de ces premiers films qu’une copie positive. Plus tard, Flaherty a précisé que ce malheur n’en était pas un, tant la qualité des rushes était douteuse et le montage rendu difficile par son amateurisme.
Finalement, Flaherty trouve dans le fourreur français Revillon (4) un mécène qui lui permet de repartir filmer. En 1920, il gagne à nouveau la Baie d’Hudson : cette fois il s’agit explicitement de tourner un film. Son séjour durera 16 mois. C’est ce film qui est resté : la vie de l’Esquimau Nanook et de sa famille, la lutte contre les éléments impitoyables, et pour nous, une forme assez radicale (mais pas absolue - et en un sens c’est ce qui fait problème avec de film) d’altérité. Film ethnologique, réalisé par un scientifique de formation, tournant d’abord de manière amateur sur son terrain d’exploration, Nanook of the north, a story of life and love in the actual Arctic est généralement présenté comme le premier documentaire de l’histoire (ce qui évidemment n’a pas grand intérêt mais soulève de passionnantes questions : quid des enregistrements Lumière ?).
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Revillon_Fr%C3%A8res

Comme dit André Bazin (5), Nanook, malgré son grand âge, supporte encore admirablement l’épreuve. Le critique avance les qualités majeures du genre : une authenticité poétique qui n’a pas vieilli ». Je ne me prononcerais pas sur "l’authenticité poétique, si ce n’est pour reformuler l’hypothèse et prétendre que Nanook, le film, est sauvé par ses images - ce sont elles qui, contre tout attente, n’ont pas vieilli. Et en cela on peut légitimement parler de documentaire, dans le sens le plus noble du terme. Les images parviennent à absenter la lourdeur humaniste du propos, l’ethnologie naïve, la construction narrative ou dramatique, le (nécessaire) travail de reconstitution, les projections phantasmatiques du filmeur-monteur Flaherty. Le film suinte quelque chose d’infiniment précieux, qui a à voir avec le temps, le grain des choses et la survivance des êtres à travers l’enregistrement mécanique. Pensez au tout premier plan sur l’étendue arctique, où l’eau et la glace luisent sous un ciel plombé.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bazin

À l’époque de la sortie du film (6), Christian K. Nelson inventa une friandise (une barre de glace, semblable à une sucette, enrobée de chocolat) qu’il a commercialisé pendant les projections sous le nom de Eskimo-pics. L’idée fut exploitée en France par l’entreprise Gervais (7) sous la marque déposée Esquimau à partir de l’exposition coloniale internationale en 1931 (8). La marque est depuis largement utilisée comme nom en France.
(6) la première eut lieu le 11 juin 1922 au Capitol theater à New York
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gervais_(entreprise)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_coloniale_internationale_(1931)

Godard (9) raconte : quand on lit le récit du tournage de Nanouk de Flaherty, qu’on prend pour un documentaire, on apprend que Flaherty a payé ses Esquimaux, il s’est disputé avec eux, il les a forcés à pêcher du poisson tous les jours alors qu’ils n’en avaient pas envie, bref, il a fait une équipe de cinéma avec eux et ce fut du coup un ethnologue formidable...
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1030

Une nouvelle musique a été réalisée par le compositeur Thierry Pécou (10) et créée le 8 décembre 2006 à Paris.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_P%C3%A9cou
L’album Apostrophe de Frank Zappa (11) fut entièrement écrit et composé dans le but de raconter musicalement l’histoire du film de Flaherty, c’est pour cela que dans la première chanson de l’album (Don’t eat the yellow snow), on entend le prénom de Nanouk à deux reprises, tandis que dans la seconde chanson de l’album, le prénom en question se trouve directement dans le titre (Nanook rubs it).
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa
Le film Kabloonak (12) évoque le tournage du film Nanook of the north.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kabloonak

Avant d’aborder le film il convient en premier lieu de lever deux malentendus au sujet du cinéaste. On parle souvent de Flaherty comme du père du documentaire, raccourci historiquement faux que l’on peut facilement démentir en consultant n’importe quelle encyclopédie consacrée au cinéma. D’un autre côté, Flaherty fut longtemps critiqué (et encore de nos jours) pour son approche du genre documentaire, accusé de recréer et d’inventer des séquences entières dans ses films. Ce point est important car tout l’art du cinéaste consiste justement dans ce rejet des courants et des dogmes du cinéma documentaire. Il filme comme il l’entend, refuse cette caméra censément objective, ce sacro-saint regard extérieur du documentariste que l’on sait être un leurre, la présence du réalisateur suffisant à conditionner le comportement des sujets filmés. Cette constatation faite, Flaherty préfère réaliser de véritables œuvres de cinéma et pour cela va s’employer à utiliser un langage filmique : travellings, contre plongées, gros plans, montage, musique, jeu des acteurs… En cela, il est indéniable que Flaherty est avant tout un cinéaste et que l’aspect documentaire de ses réalisations n’a artistiquement qu’une valeur secondaire, même si cet aspect conditionne la manière dont il fabrique ses films. C’est cette position ambivalente qui est la source de malentendus quant à sa geste de cinéaste tant il est courant de rejeter ce que l’on ne peut facilement circonscrire à une école. Ses descendants, comme Rouquier (13) ou Jean Rouch (14), n’auront pas à subir les mêmes foudres critiques, Flaherty étant le véritable pionner de cette conception du documentaire...
http://www.dvdclassik.com/critique/nanouk-l-esquimau-flaherty
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Rouquier
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rouch

Robert Flaherty
Né Robert Joseph Flaherty le 16 février 1884 à Iron Mountain (Michigan), décédé le 23 juillet 1951 à Vermont (Montana).
Souvent considéré, avec Dziga Vertov, comme l’un des pères du film documentaire...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Flaherty

extrait(s) de presse

Wikipedia - Flaherty est un des premiers à avoir fréquenté ses sujets avant de les filmer...
Arte - Chef d'oeuvre absolu, Nanouk l'Esquimau est la première "fiction du réel".
Evene - … Nanouk l’Esquimau est une oeuvre sans pareil, un voyage en terre inhospitalière aussi instructif que réussi…
Les Enfants de cinéma - Chaque fois qu’il est programmé dans un département, nous nous émerveillons de savoir que les aventures de Nanouk et sa famille vont toucher des milliers d’écoliers à travers toute la France.
Le Ciné-club de Caen - L'ensemble du film joue sur la proximité entre animalité et humanité...
Arte - Considéré comme le premier documentaire long format de l’histoire du cinéma, ce film à la poésie visuelle envoûtante embrasse le rythme quotidien des Inuits, dévoilant leurs rituels au cœur des étendues glacées.
Télérama - Le visage de Nanouk, dans sa modernité, est toujours aussi proche de nous.
Dvd classik - Flaherty s’est complètement intégré au monde qu’il filme et c’est là où son film peut être perçu comme le plus fidèle et sincère témoignage sur le peuple esquimau...