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nous nous sommes tant aimés

ciné répertoire
C'eravamo tanto amati
Italie - 1974 - 2h04
César 1977 du meilleur film étranger
film - version originale sous-titrée en français
de

Ettore Scola

scénario : Age-Scarpelli, Ettore Scola
direction de la photographie : Claudio Cirillo
musique ou chansons : Armando Trovajoli
avec : Nino Manfredi (Antonio), Vittorio Gassman (Gianni Perego), Stefania Sandrelli (Luciana Zanon), Stefano Satta Flores (Nicola Palumbo), Giovanna Ralli (Elide Catenacci, fille de Romolo), Fiammetta Baralla (Maria), Aldo Fabrizi (Romolo Catenacci), Federico Fellini (lui-même), Marcello Mastroianni (lui-même), Vittorio De Sica (lui-même), Mike Bongiorno (lui-même), Isa Barzizza (Elena)
séances : semaine du mercredi 16 mars 2016
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "Ettore, nous l’avons tant aimé" - film couplé avec "Affreux, sales et méchants" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - soirée animée avec Hidden circle

synopsis

Italie, 1944. Gianni, Nicola et Antonio se lient d'amitié alors qu'ils ont pris le maquis pour combattre les Allemands. Lorsque sonne l'heure de la libération, un monde nouveau s'offre à eux. Militants fervents, pleins de rêves et d'illusions, les voici prêts à faire la révolution. Alors que tous trois, à des périodes différentes, vont avoir une aventure avec Luciana, aspirante actrice, la vie les sépare après la chute du régime fasciste et l'avènement de la République. Gianni, avocat en quête de clients, épouse Elide, la fille d'un grossier parvenu, puis se retrouve veuf. Nicola, qui se vouait à être critique de cinéma, devient enseignant en province où il abandonne sa famille pour Rome. Antonio restera brancardier dans un hôpital romain mais lui finira par épouser Luciana. Par hasard, tous trois se rencontrent mais la communication entre eux est devenue bien différente de celle de leur jeunesse : « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! », déclare l'un des protagonistes…

notes de production

La première fois que j’ai débarqué à Rome, un été, au petit matin, c’était sur la Piazza del Popolo (1). La place où le personnage de Nino Manfredi retrouve celui de Vittorio Gassman, son ami qu’il n’a pas vu depuis très longtemps. Gassman fait semblant d’être gardien de parking alors qu’il est devenu un bourgeois, donc qu’il a trahi. Pour moi, le film, c’est d’abord cette Rome-là, cette place du Peuple. Manfredi incarne le vrai peuple de gauche, issu de la résistance, mû par des valeurs de solidarité et d’honnêteté. Il est bafoué, mais il reste debout. Il a toujours raison. Ce peuple-là s’est dissous et nous manque cruellement dans des luttes que la société néglige, comme l’éducation. Ce n’est pas un hasard si l’une des dernières scènes se situe devant une école où des parents réclament des places pour leurs enfants...
Robert Guédiguian
http://www.telerama.fr/cinema/robert-guediguian-sur-nous-nous-sommes-tant-aimes-d-ettore-scola,137182.php
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Piazza_del_Popolo_(Rome)

La première version organisait tout le film autour de celui qui, ensuite, n’est resté qu’un des trois personnages du film : le personnage du critique cinématographique explique Ettore Scola. Il ajoute : en réalité, il ne s’agissait pas d’un critique : on pensait à l’histoire d’un professeur de province qui, après avoir participé à la Résistance, était frappé par Le Voleur de bicyclette (2) pendant une séance de ciné-club. Le film de De Sica fut très attaqué en Italie lorsqu’il sortit sur les écrans : De Gasperi (3) et Andreotti (4) [les chefs du gouvernement italien] dirent qu’il s’agissait de linge sale, d’une mauvaise chose à ne pas montrer à l’étranger. (...) Le personnage abandonnait donc son travail, et allait à Rome pour essayer de rencontrer De Sica. Le film devait être seulement l’histoire d’une longue filature qui durait trente ans.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voleur_de_bicyclette
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alcide_De_Gasperi
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Andreotti

Si le réalisateur fait appel à de nombreux souvenirs, notamment d’enfance, il n’a cependant pas cherché à faire une œuvre autobiographique au sens étroit du terme. Il explique : je n’ai pas participé à la Résistance en 1944. J’avais douze ans...Cependant, comme idéologie et comme thématique, je dirais oui. J’ai participé aux premiers ciné-clubs, j’ai aimé les premiers films de De Sica ; je souffrais lorsque je voyais des films où il faisait l’acteur sottement. Je suis comme tous les auteurs de cinéma, d’extraction bourgeoise, et donc même si je n’ai pas épousé la fille d’un riche exploiteur, (...), il est clair que je fais partie de cette bourgeoisie italienne qui, dans les années soixante, a cru seulement au bien-être économique, au "boom", à la consommation. (...) Je peux dire qu’il y a un peu de moi dans chacun des trois personnages. En fait, ils sont trois aspects d’un personnage unique, celui d’un italien avec ses contradictions internes, des contradictions qu’aujourd’hui nous avons tous.

Lorsque Nous nous sommes tant aimés sort en France, en mai 1976, le film vient d’obtenir, quelques semaines auparavant, le Grand prix du premier festival du Film d’humour de Chamrousse (5) (où il était présenté sous le titre Jean, Nicolas, Antoine et Luciana). Mais Ettore Scola est encore relativement peu connu du grand public français, bien qu’un de ses films, Drame de la jalousie avec Marcello Mastroianni et Monica Vitti, ait fait partie de la compétition officielle, au festival de Cannes 1970. Nous nous sommes tant aimés est pourtant le 9ème long métrage de Scola, qui a été le scénariste de nombreuses comédies à succès, notamment celles de Dino Risi, comme Le Fanfaron (7) et Les Monstres (8). Le Prix de la mise en scène, que le réalisateur obtient pour Affreux, sales et méchants (9) au Festival de Cannes en 1976, va beaucoup contribuer à la renommée du cinéaste.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_com%C3%A9die_de_l%27Alpe_d%27Huez
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Drame_de_la_jalousie
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fanfaron
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Monstres_(film,_1963)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Affreux,_sales_et_m%C3%A9chants

L’histoire du film, qui s’inscit dans la période 1945-1975, se veut aussi un hommage rendu à l’évolution du cinéma italien. A commencer par un hommage au néoréalisme italien (10), à travers le grand cinéaste Vittorio De Sica. Puis le non moins célèbre Federico Fellini, que l’on voit durant les prises de vues de la La Dolce vita (11). Le troisième et dernier cinéaste est Michelangelo Antonioni (12), qui impose sa vision du monde : triste, désabusée, marquée par l’impossibilité de communiquer.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9or%C3%A9alisme_(cin%C3%A9ma)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_dolce_vita
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michelangelo_Antonioni

Nous nous sommes tant aimés est dédié à la mémoire de Vittorio De Sica, décédé alors que la fin du film était au mixage, mais qu’il avait eu le temps de voir dans une copie de travail. Le cinéaste apparaît dans un document enregistré par Ettore Scola lors d’une manifestation organisée par le journal Paese sera, dans laquelle De Sica explique à une foule d’enfants comment ils a réussi à faire pleurer le petit garçon dans le film Le Voleur de bicyclette (2).

Après Senza famiglia (13), l’acteur Vittorio Gassman a traversé deux années sombres, pendant lesquelles il n’a tourné que deux films : La Tosca (14), où il n’avait qu’un rôle secondaire, et Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? (15) de Sergio Corbucci. Il explique : un film dans lequel je ne me sentais pas bien : le scénario était approximatif ; nous avons dû continuellement inventer sur le plateau et pas toujours de façon heureuse. Après quoi, pendant deux ans, on ne m’a rien offert. Je commençais à croire que ma carrière était terminée. Je pensais cela même d’un point de vue philosophique : un jour ou l’autre, cela peut arriver dans le cinéma. (...) J’ai traversé une année pendant laquelle j’ai eu la tentation d’accepter des choses qu’on m’offrait à un niveau trivial : j’ai résisté et j’ai été récompensé par l’arrivé simultanée du film de Scola, Nous nous sommes tant aimés, et du film de Dino Risi, Parfum de femme (16).
(13) http://www.cinefiches.com/film.php?id_film=24976
(14) https://en.wikipedia.org/wiki/La_Tosca_(film)
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mais_qu%27est-ce_que_je_viens_foutre_au_milieu_de_cette_r%C3%A9volution_%3F
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parfum_de_femme

Entretien avec Ettore Scola
Vous avez écrit le scénario de "C’eravamo tanto amati" avec Age et Scarpelli ; aviez-vous rédigé un sujet avant de travailler avec vos collaborateurs ?
Non, en fait nous nous trouvions tous les trois et nous cherchions un film à écrire ensemble. Mon idée de départ était de faire un film sur notre génération, la génération des gens de quarante ans, même si Age et Scarpelli ont quelques années de plus.
C’est l’âge des bilans, des “check-up” physiques et psychologiques. Nous avons donc pensé réaliser un film sur ce bilan, sur ce que nous étions devenus, sur ce que l’Italie était devenue au cours des trente dernières années, de la Résistance à aujourd’hui. J’ai parlé de cette idée à Age et Scarpelli et nous avons commencé à chercher à l’habiller pour en faire un film...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/nous-nous-sommes-tant-aimes,13440

Ettore Scola
Né le 10 mai 1931 à Trevico, décédé le 19 janvier 2016 à Rome.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ettore_Scola

Age-Scarpelli
Pseudonyme désignant un tandem de scénaristes italiens...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Age-Scarpelli

Claudio Cirillo
http://www.imdb.com/name/nm0162743/

Armando Trovajoli
Né le 2 septembre 1917 à Rome où il est décédé le 28 février 2013.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armando_Trovajoli

Nino Manfredi
voir fiche du film Les Aventures de Pinocchio
http://www.citebd.org/spip.php?film573

Vittorio Gassman
Né à Gênes le 1er septembre 1922 et décédé à Rome le 29 juin 2000.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vittorio_Gassman

Stefania Sandrelli
Née le 5 juin 1946 à Viareggio.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefania_Sandrelli

Stefano Satta Flores
Né le 14 janvier 1937 à Naples et décédé le 22 octobre 1985 à Rome.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefano_Satta_Flores

Giovanna Ralli
Née le 2 janvier 1935 à Rome.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanna_Ralli

Fiammetta Baralla
Née Beatrice Bentivoglio le 2 mai 1943 à Rome et décédée dans cette même ville le 7 septembre 2013.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiammetta_Baralla

Aldo Fabrizi
Né le 1er novembre 1905 à Rome où il est décédé le 2 avril 1990.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aldo_Fabrizi

Federico Fellini
Né à Rimini le 20 janvier 1920 et décédé à Rome le 31 octobre 1993.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Fellini

Marcello Mastroianni
Né Marcello Vincenzo Domenico Mastroianni le 28 septembre 1924 à Fontana Liri, décédé le 19 décembre 1996 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcello_Mastroianni

Vittorio De Sica
Né à Sora (Italie) le 7 juillet 1901, et décédé à Neuilly-sur-Seine le 13 novembre 1974.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vittorio_De_Sica

Mike Bongiorno
Né Michael Nicholas Salvatore Bongiorno le 26 mai 1924 à New York et décédé le 8 septembre 2009 à Monaco.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Bongiorno

Isa Barzizza
Née le 22 novembre 1929 à San Remo.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isa_Barzizza

extrait(s) de presse

Télérama - Chaque fois, ce film foisonnant, qui embrasse avec ses héros tout un pan d'histoire de l'Italie, nous offre d'émouvantes retrouvailles. Scola propose un rendez-vous avec la mémoire : la sienne, celle de sa génération ; mais aussi la nôtre...
Critikat - Ettore Scola a toujours eu un faible pour l’entrelacement des histoires individuelles et collectives...
Ciné-club de Caen - Scola trouve dans ce film de quoi alimenter son goût de la caricature et sa tendresse pour les perpétuels floués de l'existence, les laissés pour compte des grands idéaux...
Dvd classik - Elégie du regret, le film de Scola entérine les défaites d’une génération, tout en déclarant sa flamme à un art populaire qui a su refléter les espérances de toute une nation. Plus de trente ans après sa réalisation, le film demeure un des sommets de cette comédie italienne que nous avons tant aimée, pour sa portée sociale autant que pour ses vertus humoristiques.
Positif - "Nous nous sommes tant aimés" est un film qu'il faut voir pour rire d'abord, pour s'émerveiller de la richesse du cinéma italien de divertissement ensuite..."