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l’etreinte du serpent

El Abrazo de la serpiente
Colombie, Vénézuela, Argentine - 2015 - 2h05
sorti en France le 23 décembre 2015
Art cinema award Quinzaine des réalisateurs Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Ciro Guerra

scénario : Ciro Guerra, Jacques Toulemonde Vidal
direction de la photographie : David Gallegos
musique ou chansons : Nascuy Linares
avec : Jan Bijvoet (Théo), Brionne Davis (Evan), Nilbio Torres (Karamakate jeune), Antonio Bolivar (Karamakate âgé), Yauenkü Migue (Mancusa), Nicólas Cancino (Anizetto), Luigi Sciamanna (père Gaspar)
séances : semaine du mercredi 3 février 2016
mercredi 3 jeudi 4 vendredi 5 samedi 6 dimanche 7 lundi 8 mardi 9
18:30
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synopsis

Karamakate, un chaman amazonien puissant, dernier survivant de son peuple, vit isolé dans les profondeurs de la jungle. Des dizaines d’années de solitude ont fait de lui un chullachaqui, un humain dépourvu de souvenirs et d’émotions. Sa vie est bouleversée par l’arrivée d’Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu d’apprendre à rêver. Ils entreprennent ensemble un voyage jusqu’au cœur de la forêt Amazonienne au cours duquel, passé, présent et futur se confondent, et qui permettra à Karamakate de retrouver peu à peu ses souvenirs perdus...

notes de production

Un tournage en forêt amazonienne (1) est bien souvent synonyme de grosses difficultés, ce qui a été le cas sur L’Étreinte du serpent. Le metteur en scène Ciro Guerra avoue même qu’il a failli abandonner le tournage tant les problèmes affluaient : alors qu’on terminait la première semaine de tournage, je me suis senti submergé par une profonde inquiétude. On avait trop de problèmes, le plan de tournage était trop serré. Il était clair que l’on n’arriverait jamais à terminer ce film. On avait eu des rêves démesurés, on avait voulu aller trop loin. On avait pêché par excès d’optimisme et les dieux et la forêt nous puniraient pour cela. En ayant cela à l’esprit, comme un capitaine qui est le premier à constater que son bateau coule, je me suis assis, bien confortablement, et je me suis préparé à affronter l’inévitable. Mais j’ai finalement assisté à un miracle.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Amazonie#Amazonie_colombienne

Ciro Guerra explique que, bien qu’au départ un peu méfiants devant l’équipe de tournage, les gens vivant dans la forêt amazonienne sont très chaleureux et ont un grand cœur. A travers ce film, le réalisateur a cherché à rendre hommage à ces populations et laisser une trace de ces dernières (dont les modes de vies sont menacés) dans la mémoire collective.

Ce processus de recherche et d’apprentissage des cultures indiennes qui a accompagné la totalité du tournage du film a complètement changé la manière de voir le monde pour Ciro Guerra et le reste de l’équipe : on s’immerge dans ce flot de connaissances et tous les jours on apprend quelque chose de nouveau. On a senti que tout était source de savoir, depuis les pierres jusqu’aux plantes, aux insectes ou au vent. Cela nous a procuré un grand sentiment de satisfaction. Cela change tout l’univers. Évidemment, il est très difficile de changer de vie pour les gens comme nous, qui ont grandi au sein de ce système, mais cela nous a quand même permis de voir de près d’autres façons de vivre et de comprendre qu’il y a de multiples façons d’être humain et de vivre. Je crois que celle-ci est tout à fait valable et belle, et qu’il est important d’en avoir conscience et de la respecter.

Pendant le tournage, les journées de travail étaient à la fois longues et intenses, pouvant atteindre 15 à 16 heures. L’acteur belge Jan Bijvoet a bien sûr eu du mal à encaisser ce rythme éprouvant, mais insiste sur le côté enrichissant de cette expérience unique que de jouer avec des acteurs indiens : le travail des deux acteurs a été fantastique. Mieux que le travail de nombreux professionnels. Ils ont beaucoup préparé leur rôle, beaucoup répété, mais surtout, ils savaient de façon innée quel regard, quels gestes avoir. Non seulement ils savaient leur texte par coeur, mais ils avaient du charisme. En réalité, ils n’avaient presque pas à jouer, tout ce qu’ils faisaient coulait de source.

Antonio Bolívar, qui joue Karamakate vieux, habite dans la ville de Leticia (2) située au sud de la Colombie près des frontières du pays avec celles du Brésil et du Pérou. Il avait déjà travaillé sur d’autres films, qu’il préfère oublier parce qu’il estime qu’ils n’ont pas respecté sa culture. Antonio n’a pas seulement joué dans L’Étreinte du serpent, il a fait office de traducteur pour l’équipe et a aussi servi de coach aux acteurs étrangers. Il a accepté de travailler sur le long métrage parce qu’il montre selon lui l’Amazonie et sa culture de manière juste.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Leticia

Le cinéaste s’affronte avec des mythes d’Amérique Latine, selon Edouard Waintrop (3), délégué général de la Quinzaine des réalisateurs.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Waintrop

Le film raconte l’histoire de deux temporalités différentes, s’inspirant des récits de deux membres d’expédition qui ne se sont jamais rencontrés. Ciro Guerra explique comment s’est déroulée la phase d’écriture et comment il est parvenu à trouver le fil conducteur pour raconter cette histoire.

Entretien avec Ciro Guerra
D’où est née cette histoire ?
De ma curiosité pour l’Amazonie colombienne, qui représente la moitié de la surface du pays, et qui m’est toujours aussi peu connue et aussi mystérieuse, alors que je suis colombien et que j’ai vécu toute ma vie dans ce pays...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/l-etreinte-du-serpent,339689

Ciro Guerra
Né le 6 février 1981 à Río de Oro.
http://www.imdb.com/name/nm1458734/

Jacques Toulemonde Vidal
http://www.imdb.com/name/nm2662166/

David Gallegos
http://www.imdb.com/name/nm4592968/

Nascuy Linares
http://www.imdb.com/name/nm0511038/

Jan Bijvoet
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176

Brionne Davis
http://www.imdb.com/name/nm1542362/

Nicólas Cancino
http://www.imdb.com/name/nm4307624/

Luigi Sciamanna
http://www.imdb.com/name/nm0778402/

extrait(s) de presse

Libération - Voyage vers ce monde irrémédiablement disparu, filmé dans un magnifique noir et blanc, riche d’une infinité de nuances, "L’Etreinte du serpent" est aussi un grand film d’aventures, une sorte de bande dessinée parcourue par d’étranges personnages (...).
France tv info - "L'Etreinte du serpent" est l'un de ces films dont l'empreinte vous poursuit pendant les heures qui suivent la projection...
La Voix du nord - Difficile de n’être pas envoûté par cette expérience sensorielle rare. Majestueuse. Vertigineuse. Du pur cinéma !
Paris match - Aussi authentique qu’un documentaire, aussi palpitant qu’un film d’aventure, "L’Etreinte du serpent" rampe sur les traces hallucinées d’un Aguirre en y ajoutant la beauté plastique et ethnologique d’un film de Jean Rouch.
La Croix - Ce film stupéfiant autant qu’envoûtant d’un cinéaste colombien explore, en noir et blanc, la relation initiatique entre deux scientifiques et les Indiens d’une Amazonie inconnue.
L'Humanité - Les trames de cette double équipée picaresque – l’une en 1907, l’autre dans les années 1940 – sont curieusement mêlées, ce qui souligne l’intemporalité de cet univers végétal. Geste fascinante, non seulement sur le plan ethnographique, mais aussi plastique, grâce à un noir et blanc méticuleux, qui confère beauté et véracité à cette féerie tropicale, quelque part entre "Dead man" de Jarmusch et "Tristes tropiques" de Lévi-Strauss.
Télérama - "L'Etreinte du serpent" est un film d'aventures, dont le parcours sinueux, contemplatif et hypnotique glisse vers les confins de la folie, dans une Amazonie hantée.
Le Monde - C’est peu de dire que, lors du dernier Festival de Cannes, le troisième long-métrage du cinéaste colombien Ciro Guerra (né en 1981) fit vive impression, non seulement par la solidité de son propos historique, mais aussi par l’ampleur de son ambition formelle.