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les héritiers

France - 2014 - 1h45
sorti en France le 3 décembre 2014
César 2015 du meilleur espoir masculin (Ahmed Dramé)
film - film francophone
de

Marie-Castille Mention-Schaar

scénario : Ahmed Dramé, Marie-Castille Mention-Schaar
direction de la photographie : Myriam Vinocour
musique ou chansons : Ludovico Einaudi
avec : Ariane Ascaride (Anne Gueguen, professeur d'histoire), Ahmed Dramé (Malik), Noémie Merlant (Mélanie), Geneviève Mnich (Yvette Thomas, documentaliste), Stéphane Bak (Max), Amine Lansari (Rudy), Wendy Nieto (Jamila), Aïmen Derriachi (Said), Mohamed Seddiki (Olivier / Brahim), Naomi Amarger (Julie), Alicia Dadoun (Camélia), Adrien Hurdubae (Théo), Raky Sall (Koudjiji), Koro Dramé (Léa), Xavier Maly (le proviseur), Lionel Cecilio (Joe), Léon Zyguel (lui-même)
séances : semaine du mercredi 27 janvier 2016
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 31 lundi 1er mardi 2
20:30*
séance spéciale :
* séance à l'initiative de la Ligue de l'enseignement de la Charente (Fcol) - tarif 3,50 €

synopsis

Une enseignante du lycée Léon-Blum de Créteil (Val-de-Marne), décide de faire passer à ses élèves un concours national qui a pour thème : "les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi". D'abord houleuse et frustrante, l'atmosphère va bientôt évoluer au contact d'un rescapé des camps et sous l'intensité dégagée lors de la visite d'un musée dédié à cette période noire de l'histoire. Cette expérience va changer leurs vies...

notes de production

Avant de s’appeler Les Héritiers, le troisième film de Marie-Castille Mention-Schaar s’intitulait La Morale de l’histoire (1).
(1) http://cinema.jeuxactu.com/film-la-morale-de-l-histoire-2014-47085.htm

En 2012, Ahmed Drame vit Ma première fois (2) de Marie-Castille Mention-Schaar au cinéma. Touché par le film, il décida d’envoyer à la réalisatrice une ébauche d’un scénario qu’il écrivit. A la lecture du scénario, la réalisatrice découvrit l’histoire d’Ahmed et de ses camarades durant l’année de seconde (soit deux ans auparavant), pendant laquelle un professeur décida de tirer ses élèves vers le haut en leur proposant ce concours (Concours de Lettres). Désireuse d’en savoir plus, Marie-Castille Mention-Schaar rencontra Ahmed et se rendit alors compte à quel point la vie du lycéen avait été bouleversée ainsi que celle de tous les élèves de sa classe de seconde, après avoir fait et gagné le concours national de la résistance et de la déportation. Réaliser ce film est ainsi devenu pour elle une évidence, avec Ahmed dans le rôle principal.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma_premi%C3%A8re_fois

Anne Anglès, professeure d’histoire au lycée Léon Blum de Créteil, a décidé contre toute attente d’inscrire l’une de ses classes au concours national de résistance et de la déportation 2008-2009. Concours que la classe d’Ahmed a remporté dans la 2ème catégorie "Réalisation d’un travail collectif". Très vite intéressée par le projet, Marie-Castille Mention-Schaar a pris contact avec cette enseignante un peu spéciale. Elle était très surprise qu’un de ses élèves soit à ce point porté par l’année qu’ils avaient passé ensemble, se souvient la cinéaste. Ensemble, ils se sont mis à écrire le scénario des Héritiers.

L’histoire de cette classe de seconde du lycée Léon Blum a tout d’un récit de cinéma. Considérée comme la pire seconde du lycée, Ahmed Drame et ses camarades font vivre un enfer à l’enseignante d’histoire remplaçante. A la surprise générale, lorsque leur professeure Anna Anglès revient, elle leur propose le concours national de la résistance et de la déportation. Les avis sont mitigés, les lycéens sceptiques. On avait peur de ne pas être à la hauteur, se souvient Ahmed, avant de continuer : assez vite, on a senti qu’on lui devait le concours. Il fallait qu’elle soit fière de nous. On allait bosser. La classe de seconde remporta le concours, passa en première et tous eurent leur baccalauréat.

Je suis très fier d’avoir rendu cet hommage à mes camarades, au lycée, à Madame Anglès, insiste Ahmed Drame. Après la réussite au concours avec sa classe, il décida de courir les castings et obtint un premier rôle dans Les Petits princes (3). Il y découvrit le fonctionnement des films et la nécessité d’un scénario. Il se lança alors dans l’écriture de son propre scénario à 17 ans. Après plusieurs rejets de boîtes de production, Ahmed Drame rencontra Marie-Castille Mention-Schaar, ce qui constitua le début de l’aventure des Héritiers. En plus du concours, Ahmed a été le premier de sa famille à obtenir son baccalauréat. Le film est ainsi d’autant plus une belle revanche par rapport à tous les a priori des profs et du proviseur sur notre classe, la pire du lycée mais lauréate du concours.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Petits_Princes

Pour la distribution des Héritiers, la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar a fait appel à deux comédiens qu’elle avait déjà dirigés dans ses longs-métrages précédents : le mannequin et acteur Martin Cannavo (Ma Première fois) et l’actrice Geneviève Mnich (Bowling) (4).
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bowling_(film)

Plutôt que de rencontrer les anciens élèves de Mme Anglès et camarades d’Ahmed Drame, Marie-Castille Mention-Schaar s’est concentrée sur le regard de ce dernier. Et si Ahmed tient l’un des rôles principaux du film, Mention-Schaar explique : je me revois expliquer à Ahmed l’importance d’une certaine distance et d’un décalage entre lui et Malik, son personnage.

Les lycéens étant au centre du film, Marie-Castille Mention-Schaar leur a laissé la liberté d’improviser pour être plus naturels. Dans cette optique, elle filmait avec trois caméras, si bien qu’on s’est retrouvé avec des kilomètres de rushes, se rappelle-t-elle. De cette direction d’acteurs et du montage final, elle s’est surtout rendu compte d’une chose : il ne fallait jamais que je lâche la classe. D’ailleurs, plus on avance dans le film, moins on entend la prof. Les enfants s’emparent de l’Histoire. Ils s’approprient leur histoire.

Pour comprendre la façon de travailler d’Anne Anglès, cette enseignante que les élèves sont effrayés d’avoir à la rentrée car elle a la réputation d’être "dure" mais paradoxalement, toujours tristes de quitter à la fin de l’année, Marie-Castille Mention-Schaar l’a observée dans ses classes. Ce qui a surtout frappé la réalisatrice, c’est l’autorité naturelle de Mme Anglès, et le rapport qu’elle instaure entre elle et ses élèves. De cette méthode, Mention-Schaar a voulu faire un film optimiste : cette histoire est vraie, et prouve qu’il est possible de passionner les plus rétifs. A condition qu’on les mette au cœur du processus pédagogique.

Marie-Castille Mention-Schaar souhaitait absolument faire intervenir Léon Zyguel dans son film, comme il l’avait fait avec la classe d’Ahmed. Cet homme a été déporté à l’adolescence et a fait de son expérience le combat d’une vie. Cette rencontre les yeux dans les yeux avec l’Histoire incarnée est toujours, pour tous les élèves qui préparent ce concours, un moment de bascule, explique la réalisatrice. Après avoir longuement insisté, le vieil homme qui se méfiait un peu est intervenu devant la classe de comédiens des Héritiers. Mention-Schaar commente : je n’ai donné qu’une directive à mes acteurs : pour une fois, vous allez oublier qu’on tourne un film. Vous allez écouter Léon et partir faire ce voyage dans sa mémoire.

Comme Marie-Castille Mention-Schaar le pressentait, la rencontre des lycéens et Léon Zygel marqua un tournant dans le tournage. Parmi les 23 jeunes, comédiens et non-professionnels, certains venaient sur le tournage surtout par curiosité et pour un job d’été sympa, mais l’intervention de l’ancien déporté a créé une cohésion et un investissement nouveau dans le projet. En effet, lors de sa déportation, Zygel était à peine plus jeune qu’eux et à moindre mesure les jeunes gens y ont trouvé un écho à leur propre histoire. Il y a vraiment eu un avant et un après Léon, confie Ahmed Drame, élève de la classe et co-scénariste. Ariane Ascaride, qui interprète l’enseignante, raconte que les derniers mots de Zygel aux lycéens furent : ne dites jamais "sale juif, sale nègre, sale Arabe", car tout ce que j’aurais vécu n’aurait servi à rien. Un témoignage qui laissa une empreinte indélébile dans les esprits.

C’était une évidence pour la réalisatrice de venir tourner au lycée Léon Blum qui, en plus d’être le vrai lieu de l’histoire, est visuellement extrêmement intéressant dans sa conception et son implantation, mais aussi à Créteil qui est, selon Marie-Castille Mention-Schaar, une ville très cosmopolite, multi confessionnelle qui a toujours cultivé ses différences.

Avec Les Héritiers, Ariane Ascaride joue pour la première fois une enseignante. L’actrice, qui sentait tous les regards de ces jeunes lycéens, fut très mal à l’aise au début du tournage, à tel point que toutes les scènes tournées le premier jour durent être re-filmées. Finalement, confie Ascaride : on a lâché les armes, et eux et moi. On s’est mis à se parler, à jouer ensemble.

Les Héritiers a été projeté pour la première fois au Festival de Cannes 2014 dans le cadre des écrans juniors (5).
(5) http://www.cannes-cinema.com/index.php/ecran-ju

Dès le début du tournage, Ariane Ascaride a été épatée par la capacité d’improvisation des lycéens. Ils ont gardé cette liberté de l’enfance, cette capacité à se mettre immédiatement en situation, confie-t-elle. Au fil du film, un véritable rapport de prof à élève s’est créé, rendant les adieux aussi intenses que l’aventure partagée. On s’est apprivoisé. A la fin du tournage, ils se sont conduits comme une classe, ils m’ont fait des cadeaux, il y avait des larmes.

Entretien avec Marie-Castille Mention-Schaar
Comment avez‐vous choisi le titre "Les Héritiers" ?
Il s’est imposé une fois le film terminé. J’ai beaucoup de plaisir à ce que ce mot soit associé à la jeunesse d’aujourd’hui, multicommunautaire, multiconfessionnelle. Ce ne sont pas sur ces visages qu’on a coutume de mettre ce terme, et pourtant, il me semble que le film est tendu par la question de l’héritage. De quoi hérite t‐on ? Mais aussi que laisse t‐on à nos « Héritiers » ? Qu’est‐ce que l’on fait de son histoire ? Est‐il possible de l’ignorer, de comprendre l’héritage des autres ? Qu’est‐ce qu’on garde ?
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/les-heritiers,321809

Marie-Castille Mention-Schaar
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Castille_Mention-Schaar

Ahmed Dramé
Né le 2 avril 1993 à Issy-les-Moulineaux.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Dram%C3%A9

Myriam Vinocour
http://www.imdb.com/name/nm0899043/

Ludovico Einaudi
Né le 23 novembre 1955 à Turin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovico_Einaudi

Ariane Ascaride
voir fiche du film Au fil d’Ariane
http://www.citebd.org/spip.php?film1265

Noémie Merlant
voir fiche du film L’Orpheline avec en plus un bras en moins
http://www.citebd.org/spip.php?film857

Geneviève Mnich
voir fiche du film Post partum
http://www.citebd.org/spip.php?film1517

Stéphane Bak
Né le 19 septembre 1996 au Blanc-Mesnil.
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Bak

Amine Lansari
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/444536-amine-lansari.html

Wendy Nieto
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/479138-wendy-nieto.html

Aïmen Derriachi
http://www.imdb.com/name/nm4226109/

Mohamed Seddiki
http://www.imdb.com/name/nm5727775/

Alicia Dadoun
http://www.imdb.com/name/nm5640935/

Adrien Hurdubae
http://www.imdb.com/name/nm3760297/

Xavier Maly
voir fiche du film La Rançon de la gloire
http://www.citebd.org/spip.php?film1378

Lionel Cecilio
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/390302-lionel-cecilio.html

Léon Zyguel
Né en 1927 à Paris et décédé le 29 janvier 20151 à Montreuil.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Zyguel

extrait(s) de presse

France tv info - "Les Héritiers", une bouffée d'air frais. Pratiquement entièrement tourné dans le lycée où se déroule l'action, le film est habité d'une vitalité à toute épreuve.
Le Parisien - Le troisième long-métrage de Marie-Castille Mention-Schaar(...) est aussi un message d'espoir et un hommage à la noblesse de la mission des enseignants.
Le Jdd - "Les Héritiers", c’est une magnifique histoire vraie, émouvante, pédagogique, édifiante, portée par ses acteurs et sa réalisatrice, qui nous embarquent dès les premières minutes (...).
Elle - (...) les interrogations fusent jusqu'à ce que la classe soit confrontée à un véritable ancien déporté, Léon Zyguel. L'intensité de cette scène, filmée en une seule prise, marque un tournant bouleversant dans le film.
àVoir-àLire - Un film d’utilité publique, inspiré d’une histoire vraie, dont la force de réflexion n’a d’égal que celle des émotions procurées.
Paris match - Ce film citoyen, chargé d’espoir et d’émotion, devrait être inscrit dans les programmes scolaires.
La Croix - Ce film émouvant relate la métamorphose d'une classe en difficulté lorsqu'elle participe à un concours sur la Résistance et la Déportation.
Fiches du cinéma - (...) ce film grand public tourne le dos au cynisme et à la démagogie, et redonne le moral en brisant les préjugés racistes et générationnels.