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le fils de saul

Saul fia
Hongrie - 2015 - 1h47
sorti en France le 4 novembre 2015
grand prix Cannes 2015
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

László Nemes

scénario : László Nemes, Clara Royer
direction de la photographie : Mátyás Erdély
musique ou chansons : László Melis
avec : Géza Röhrig (Saul Ausländer), Levente Molnár (Abraham), Urs Rechn (Biedermann), Todd Charmont (l’homme barbu), Sándor Zsótér (le docteur), Marcin Czarnik (Feigenbaum), Jerzy Walczak (rabbin du Sonderkommando), Uwe Lauer (SS Voss), Christian Harting (SS Busch), Kamil Dobrowolski (Mietek), Amitai Kedar (Hirsch ), István Pion (Katz), Levente Orban (Vassili), Juli Jakab (Ella)
séances : semaine du mercredi 20 janvier 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
14:00
20:30
18:30
16:15
11:00*
20:30*
séance spéciale :
* matinale 3,50 €
* dernière séance

synopsis

Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau. Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d’assister les nazis dans leur plan d’extermination. Il travaille dans l’un des crématoriums quand il découvre le cadavre d’un garçon dans les traits duquel il reconnaît son fils. Alors que le Sonderkommando prépare une révolte, il décide d’accomplir l’impossible : sauver le corps de l’enfant des flammes et lui offrir une véritable sépulture...

notes de production

Le film se centre sur un sujet méconnu de la Seconde guerre mondiale (1) : les Sonderkommando (2), des déportés choisis par les SS (3) pour accompagner les convois jusqu’aux chambres à gaz, les faire se déshabiller, les rassurer, les faire entrer dans les chambres, puis extraire les cadavres et les brûler tout en nettoyant les lieux : le tout rapidement car d’autres convois de déportés allaient arriver. Auschwitz- Birkenau (4) fonctionne comme une usine à produire des cadavres, puis à les éliminer. Lors de l’été 1944, elle fonctionne à plein régime : les historiens estiment que plusieurs milliers de Juifs y sont assassinés chaque jour. Les membres du Sonderkommando bénéficient, le temps de leur mission, d’un relatif traitement de faveur : nourriture prise aux convois, relative liberté de mouvement dans leur périmètre… Mais pour eux, la tâche est épuisante, et ils sont éliminés régulièrement par les SS, tous les trois ou quatre mois, car il ne doit rester aucune trace de l’extermination, explique le metteur en scène.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonderkommando_(camps_d%27extermination)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Waffen-SS
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz

Le sujet du film tient particulièrement à cœur au cinéaste László Nemes dans la mesure où une partie de sa famille a été assassinée à Auschwitz : c‘était un sujet de conversation quotidien. « Le mal était fait », avais-je l’impression quand j’étais petit. Cela ressemblait à un trou noir, creusé au milieu de nous ; quelque chose s’était brisé et me maintenait à l’écart. Longtemps, je n’ai pas compris. A un moment, il s’est agi pour moi de rétablir un lien avec cette histoire.

Il a par ailleurs voulu se centrer particulièrement sur les Sonderkommando pour aller à l’encontre des traditionnels films sur les camps montrant des histoires d’héroïsme et de survie. Selon László Nemes, ces thèmes se rattachent davantage à une conception mythique de l’histoire, contrairement aux témoignages des Sonderkommando très concrets décrivant le fonctionnement d’une usine de mort : je ne voulais pas héroïser qui que ce soit, pas choisir le point de vue du survivant, mais pas non plus tout montrer, trop montrer de cette usine de mort, termine-t-il.

Dans une optique d’authenticité, László Nemes a effectué un grand travail de documentation avec sa co-scénariste Clara Royer : "Nous avons lu d’autres témoignages, ceux de Shlomo Venezia (5) et Filip Müller (6), mais aussi celui de Miklós Nyiszli (7), un médecin juif hongrois affecté aux crématoriums. Bien sûr, Shoah (8) de Claude Lanzmann, notamment les séquences des Sonderkommando, avec le récit d’Abraham Bomba, reste une référence. Enfin, nous nous sommes également appuyé sur l’aide d’historiens comme Gideon Greif (9), Philippe Mesnard (10) et Zoltán Vági."
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shlomo_Venezia
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Filip_M%C3%BCller
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikl%C3%B3s_Nyiszli
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah_(film)
(9) https://en.wikipedia.org/wiki/Gideon_Greif
(10) http://www.babelio.com/auteur/Philippe-Mesnard/156377

László Nemes n’a pas voulu représenter l’horreur des massacres mais plutôt se focaliser sur les déplacements de Saul qui s’arrêtent devant la chambre à gaz. Le personnage y entre ensuite après l’extermination pour débarrasser les corps et laver l’endroit.

Dans le but de toucher au maximum le spectateur, l’équipe a utilisé la pellicule argentique 35 mm (11) et un processus photochimique à toutes les étapes du film, et non le numérique. La lumière devait être simple, diffuse et industrielle, ce qui nécessitait de filmer avec le même objectif, le 40 mm et non le scope (13) qui écarte le regard.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/CinemaScope

Le metteur en scène a eu comme source d’inspiration le film Requiem pour un massacre d’Elem Klimov (1985) qui suit un garçon sur le front de l’Est en 1943 et reste avec lui à travers l’enfer de ses aventures d’une manière organique.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Requiem_pour_un_massacre

László Nemes a travaillé avec l’ingénieur du son, Tamás Zányi (13), qui a participé à tous ses films. Le son de Le Fils de Saul devait être très simple, brut, et aussi complexe, multiple : il faut rendre compte de l’atmosphère sonore de cette usine des enfers, avec de multiples tâches, des ordres, des cris, et tant de langues qui se croisent, entre l’allemand des SS, les langues multiples des prisonniers, dont le yiddish, et celles des victimes qui viennent de toute l’Europe. Le son peut se superposer à l’image, parfois aussi prendre sa place, puisque certaines manquent et doivent manquer. Je comparerais cela à des couches sonores diverses, contradictoires. Mais il faut garder toute cette matière sonore brute, surtout ne pas la refabriquer en la polissant trop.
(13) http://www.imdb.com/name/nm1014140/

L’interprète de Saul, Géza Röhrig, n’est pas un acteur mais un écrivain et un poète hongrois, qui vit à New York. László Nemes l’a rencontré il y a quelques années et lui a par la suite proposé le rôle pour les raisons suivantes : à un moment, j’ai pensé à lui. Sans doute car tout est mouvant et mouvement chez lui, sur son visage et son corps : impossible de lui donner un âge, il est à la fois jeune et vieux, mais il est aussi beau et laid, banal et remarquable, profond et impassible, très vif et très lent ; il bouge, remue vite, mais sait également très bien garder le silence et l’immobilité.

Entretien avec Laszloo Nemes
Comment est née en vous l’idée du "Fils de Saul" ?
Sur le tournage de L’Homme de Londres (14), à Bastia. Lors d’une interruption d’une semaine, j’ai trouvé dans une librairie un livre de témoignages publié par le Mémorial de la Shoah, Des voix sous la cendre, connu également sous le nom des « rouleaux d’Auschwitz ». Il s’agit de textes écrits par des membres des Sonderkommando du camp d’extermination, enterrés et cachés avant la rébellion d’octobre 1944, puis retrouvés des années plus tard. Ils y décrivent leurs tâches quotidiennes, l’organisation du travail, les règles de fonctionnement du camp et de l’extermination des Juifs, mais aussi la mise en place d’une forme de résistance...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/le-fils-de-saul,339418
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_de_Londres_(film,_2007)

László Nemes
Né à Budapest le 18 février 1977.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1szl%C3%B3_Nemes

Clara Royer
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/586754-clara-royer.html

Mátyás Erdély
http://www.imdb.com/name/nm0258799/

László Melis
http://www.imdb.com/name/nm0577805/

Géza Röhrig
Né à Budapest le 11 mai 1967.
https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9za_R%C3%B6hrig

Levente Molnár
http://www.imdb.com/name/nm4112928/

Urs Rechn
http://www.imdb.com/name/nm0714455/

Todd Charmont
http://www.imdb.com/name/nm1052273/

Sándor Zsótér
Né à Budapest le 20 juin 1961.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A1ndor_Zs%C3%B3t%C3%A9r
http://www.citebd.org/spip.php?film1348

Marcin Czarnik
http://www.imdb.com/name/nm1345937/

Jerzy Walczak
http://www.imdb.com/name/nm2447960/

Uwe Lauer
http://www.imdb.com/name/nm2752774/

Christian Harting
http://www.imdb.com/name/nm4389424/

Amitai Kedar
http://www.imdb.com/name/nm4649729/

Levente Orban
http://www.imdb.com/name/nm4799891/

Juli Jakab
http://www.imdb.com/name/nm3769837/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - "Le Fils de Saul" est assurément un film tendu et oppressant, on en ressort troublé mais conscient d’avoir assisté à un choc esthétique.
Femme actuelle - Ce film choc, brut et bouleversant, est essentiel.
La Croix - Le jeune cinéaste Laszlo Nemes affronte la question ultime du 7e art – peut-on filmer « l’inmontrable » ? – et formule une réponse d’une grande exigence.
Le Parisien - Ce film est un choc total (...) d'une puissance inouïe fait vivre de l'intérieur une tragédie qu'aucun cinéaste de fiction n'avait approché d'aussi près.
Paris match - Oppressant, dérangeant jusqu’à la nausée, ce film qui évite soigneusement tout voyeurisme et toute dimension spectaculaire, mérite de devenir une référence, voire un classique.
Positif - Il en résulte une poésie brute qui a la force d'un cauchemar et la bouleversante vérité d'un document arraché aux limbes de la mémoire.
Le Nouvel obs - La réussite de Nemes, dont l’expérience de cinéaste se limitait pourtant à quelques courts-métrages, réside dans la volonté de ne pas céder d’un pouce face à la vérité historique qu’ont transmise les rares survivants des Sonderkommando.
Télérama - Et c'est dans le hors-champ que l'enfer se déchaîne, évoqué par une bande-son peuplée de voix s'exprimant en différentes langues, de gémissements et de bruits de coups. En instituant ce procédé, et en s'y tenant scrupuleusement jusqu'aux ultimes secondes, Nemes réalise avant tout un film irréprochable.