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la peau de bax

Schneider vs. Bax
Pays-bas - 2015 - 1h36
sorti en France le 18 novembre 2015
compétition Locarno 2015 - Grand prix "nouveau genre" Étrange festival 2015
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Alex Van Warmerdam

scénario : Alex Van Warmerdam
direction de la photographie : Tom Erisman
musique ou chansons : Alex Van Warmerdam
avec : Tom Dewispelaere (Schneider), Alex Van Warmerdam (Ramon Bax), Maria Kraakman (Francisca), Gene Bervoets (Mertens), Annet Malherbe (Gina), Eva van de Wijdeven (Nadine), Pierre Bokma (Bolek), Henri Garcin (Gérard), Loes Haverkort (Lucy), Ali Zijlstra (Loetje), Mike Reus (supervisor), Bart Harder (Jules)
séances : semaine du mercredi 6 janvier 2016
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:30
21:00
18:30
séances : semaine du mercredi 13 janvier 2016
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
16:15*
séance spéciale :
* dernière séance

synopsis

Le matin de son anniversaire, Schneider, tueur à gages et père de famille dévoué, est missionné pour abattre Ramon Bax. Écrivain solitaire vivant au milieu des marécages, c’est une cible facile. Schneider accepte, il sera rentré pour dîner. Mais la tâche se révèle plus compliquée que prévue...

notes de production

Alex Van Warmerdam a écrit et réalisé La Peau de Bax directement après la sortie de son étrange thriller Borgman (1). Le cinéaste a pour habitude de mettre en scène des pièces de théâtre entre deux longs-métrages mais a voulu cette fois-ci casser ce rythme, autrement dit réaliser deux films à la suite. Actuellement, il travaille sur un spectacle de théâtre dont les répétitions commencent en janvier 2016. Mais en même temps, Alex Van Warmerdam prend des notes pour son prochain film.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1176

Alex Van Warmerdam ne réalise jamais de films qui ne sont pas issus de ses propres scénarios. La Peau de Bax ne fait pas exception à la règle comme ses propos en rendent compte : pendant longtemps, je réfléchis, je gribouille, je note. Puis je commence à écrire. Je me mets à la place des personnages, je les mets en difficulté, en imaginant des obstacles. En même temps, les espaces dans lesquels se situent les personnages se dessinent et ainsi de suite. En tournant le scénario de quelqu’un d’autre je devrais sauter toutes ces étapes. Quel serait alors le sens de mon travail ?

Si son précédent film, Borgman, était un thriller mystérieux, ambigu, métaphysique, Alex Van Warmerdam n’a pas voulu avec La Peau de Bax refaire la même chose. Avec ce dernier, le metteur en scène a pu exprimer son envie de donner forme à un film plus léger, comportant peu de dialogues.

L’acteur allemand Waldemar Kobus (2) devait jouer Ramon Bax mais il ne pouvait se mettre à niveau en langue hollandaise. Le réalisateur décida donc d’incarner lui-même le personnage sur les conseils de sa femme Annet Malherbe qui est directrice de casting.
(2) http://www.imdb.com/name/nm0462201/

Même si Alex Van Warmerdam n’a pas voulu réaliser un western à proprement parler, La Peau de Bax comporte néanmoins de par son histoire quelques éléments propres au genre, notamment le fait qu’il soit question de deux hommes armés qui sont seuls dans un endroit éloigné : je voulais faire quelque chose avec un tueur à gages, un lac, beaucoup de roseaux. Dans cette idée, on aperçoit déjà l’univers du western. On peut interpréter le roseau et l’eau comme des substitutions de la prairie. Et un tueur à gages est en fait un chasseur de primes. Mais La Peau de Bax est également un jeu d’erreurs, de malchance et de hasard, confie-t-il.

Contrairement à ses films précédents où des choses ont été construites (maison, forêt, etc.), la majeure partie du tournage de La Peau de Bax a eu lieu dans une réserve naturelle dans le nord des Pays-Bas. Ce qui a engendré des difficultés de tournage : j’ai vu à peu près tous les champs de roseaux des Pays- Bas, mais ce qui était effectivement fatigant, c’est qu’on obtenait chaque fois presque l’autorisation de tourner, et au dernier moment cette autorisation nous était refusée, toujours pour la même raison : nous étions en pleine période de reproduction du rossignol des rivières, un oiseau menacé. Chaque fois qu’on nous autorisait à tourner, ce rossignol apparaissait et, du coup, nous n’avions plus le droit de tourner. Cette bête est devenue mon ennemi. Je voyais devant moi un énorme oiseau avec un air méchant : en fait il s’agissait d’un petit oiseau insignifiant, se rappelle Alex Van Warmerdam.

Ces grands espaces peuplés de roseaux est un environnement qu’Alex Van Warmerdam connait bien puisqu’il y a grandi. Parce qu’on y est invisible et qu’on y avance en faisant du bruit, ce cadre a été idéal pour y situer l’intrigue de La Peau de Bax : quand on se trouve au milieu des roseaux, c’est le chaos, surtout au soleil, qui crée des milliers de petites ombres. On s’y perd vite, on manque d’orientation. Le roseau est un obstacle visuellement intéressant.

Le film se déroule pendant une journée ensoleillée : il n’y a pas de scènes de nuit et les scènes sont très claires, que ce soit au niveau des décors et des personnages. Plus encore que pour ses précédents films, Alex Van Warmerdam a voulu retranscrire le fait que la violence est représentée de manière plus intéressante au soleil. Un peu comme dans le terrifiant remake de La Colline a des yeux (3) par Alexandre Aja qui se déroule presque complètement de jour.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_colline_a_des_yeux_(film,_2006)

Alex van Warmerdam fait de nouveau équipe avec le directeur de la photographie Tom Erisman qui a travaillé sur plusieurs de ses films. Ils commencent toujours par dessiner ensemble le storyboard (4) et ensuite Erisman pose des questions permettant de faire évoluer le scénario (ainsi tout ce qui est superflu saute). Egalement en ce qui concerne les retrouvailles, le chef monteur Job ter Burg (5) collabore quant à lui pour la troisième fois avec Alex Van Warmerdam.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Storyboard
(5) http://www.imdb.com/name/nm0003102/

Bien qu’il parle de bien et de mal, La Peau de Bax est un film dépourvu de moralité, Alex Van Warmerdam ayant voulu montrer les événements nus, sans dramatisation, sans sentiments, sans jugement de valeur. Le but est de laisser le spectateur interpréter lui-même les choses.

Les films réalisés par Alex Van Warmerdam sont une sorte d’entreprise familiale puisque son frère Marc les produit et sa femme comédienne Annet Malherbe est à présent responsable du casting. Ses enfants et son autre frère sont également parfois sollicités : c’est un processus qui s’est développé au cours des années. Marc et moi travaillions déjà ensemble au théâtre, depuis notre enfance. Annet est une très bonne comédienne et elle s’est révélée comme directrice du casting. Elle m’assiste également pour le maquillage et les costumes. Vincent a composé la musique de la plupart de mes films, c’est logique car il le faisait déjà pour mes spectacles. Et mes fils, tous les deux musiciens, ont composé des sonneries, avec leur groupe Zoutmus, ainsi que plusieurs chansons qu’on entend dans le film à la radio.

Le plus grand défi du film a été l’absence de nuit parce qu’il est impossible d’obtenir la continuité d’une seule journée ensoleillée lors d’un tournage qui dure 45 jours, avec des jours de soleil et sans soleil, avec des jours de pluie.

La Peau de Bax a obtenu le Grand prix "nouveau genre" à l’Étrange festival (6) début septembre. Par ailleurs, le film a été sélectionné aux prestigieux festivals de Toronto, Londres et Sitges.
(6) http://www.forumdesimages.fr/les-programmes/etrange-festival-2015

Entretien avec Alex Van Warmerdam
Vous n’avez jamais tourné un film à partir d’un scénario de quelqu’un d’autre. Vous n’y pensez simplement pas ou s’agit-il d’une volonté de tout contrôler ?
Faire un film commence pour moi par le début. Ce début n’est rien d’autre que la décision de faire un film, pour le reste il n’y a que le grand vide, un vide blanc et pur. Puis les premiers personnages et des situations surgissent. Pendant longtemps, je réfléchis, je gribouille, je note. Puis je commence à écrire. Je me mets à la place des personnages, je les mets en difficulté, en imaginant des obstacles. En même temps, les espaces dans lesquels se situent les personnages se dessinent et ainsi de suite. En tournant le scénario de quelqu’un d’autre je devrais sauter toutes ces étapes. Quel serait alors le sens de mon travail ?
http://www.gncr.fr/films-recommandes/dans-la-peau-de-bax

Alex Van Warmerdam
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176

Tom Erisman
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176

Tom Dewispelaere
http://www.imdb.com/name/nm0212423/

Maria Kraakman
http://www.imdb.com/name/nm0469083/

Gene Bervoets
Né le 26 mars 1956 à Anvers.
http://www.imdb.com/name/nm0078517/

Annet Malherbe
voir fiche du film Les Habitants
http://www.citebd.org/spip.php?film998

Eva van de Wijdeven
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176
http://www.imdb.com/name/nm1235052/

Pierre Bokma
http://www.imdb.com/name/nm0092592/

Henri Garcin
Né Anton Albersle 11 avril 1928 à Anvers.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Garcin

Loes Haverkort
http://www.imdb.com/name/nm2156780/

Ali Zijlstra
http://www.imdb.com/name/nm7216007/

Mike Reus
http://www.imdb.com/name/nm0720642/
http://www.citebd.org/spip.php?film812

Bart Harder
http://www.imdb.com/name/nm3417880/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) petite perle d’humour noir, qui, derrière son aspect ludique et désopilant, cache une recherche esthétique méticuleuse.
Critikat - Après l’étonnant "Borgman", au récit truffé d’ellipses et de zones d’ombre, Alex van Warmerdam revient avec un film bien plus simple et direct, guidé avant tout par le plaisir du jeu et de la narration.
Le Nouvel obs - C'est Kafka chez les pistoleros : jouissif.
Première - La mise en scène est géométrique, le rire métaphysique et l’émotion viscérale.
Télérama - Le film d'Alex van Warmerdam (Les Habitants, Borgman) a une grande qualité : il ne va jamais là où on l'attend. Le récit se joue des apparences, multiplie les coups de théâtre et les ruptures de ton.
Tf1 news - A l'arrivée, on prend un vrai plaisir à regarder les gesticulations burlesques de ces messieurs-mesdames très méchants s'engluant dans un marécage humain. Et ça fait du bien de rire de cet esprit de mauvais.
Culturopoing - Un thriller moins paradoxal que lucide, buissonnier, où le danger s'incarne dans un clapotis et la tension monte comme une onde sur le marais.
Mondociné - Un vrai régal et une belle surprise !