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invasion los angeles

They live
Usa - 1988 - 1h33
sorti en France le 19 avril 1989
film - version originale sous-titrée en français
de

John Carpenter

scénario : Frank Armitage (John Carpenter)
d'après l'oeuvre de : Ray Faraday Nelson
direction de la photographie : Gary B. Kibbe
musique ou chansons : John Carpenter, Alan Howarth
avec : Roddy Piper (John Nada), Keith David (Frank Armitage), Meg Foster (Holly Thompson), George Buck Flower (un sdf), Peter Jason (Gilbert), Raymond St. Jacques (le prêcheur de rue), Sy Richardson (le révolutionnaire noir)
séances : semaine du mercredi 30 décembre 2015
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
18:30*
séance spéciale :
* mardi fantastique : rencontres… d’ailleurs ? - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "The Visit, une rencontre extraterrestre") - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

John Nada parcourt les routes à la recherche de travail comme ouvrier sur les chantiers. Embauché à Los Angeles, il fait la connaissance de Frank Armitage qui lui propose de venir loger dans son bidonville. John va y découvrir une paire de lunettes de soleil hors du commun : elles permettent de voir le monde tel qu'il est réellement, à savoir gouverné par des extraterrestres ayant l'apparence d'humains et maintenant ces derniers dans un état apathique au moyen d'une propagande subliminale omniprésente. Après avoir tué à l'arme à feu quelques extra-terrestres, il s'efforce de convaincre Frank de la réalité de cette invasion. Tous deux entrent ensuite en contact avec un groupe de rebelles organisés et décidés à éradiquer les envahisseurs...

notes de production

Au fil d’une carrière cinématographique longue de trente-cinq ans, John Carpenter n’aura jamais battu sa coulpe, multipliant les films autour d’une certaine idée du cinéma qui ne se sera jamais éloignée d’une vision sociale et politique du monde - une tendance qui lui aliène, aujourd’hui encore, une bonne partie du public, mais dont l’intransigeance intellectuelle et artistique lui assure un vivier d’admirateurs. À la vision de ses premiers brûlots paranoïaques (Assaut, The Thing, Halloween ou New York 1997), il apparaît que le réalisateur charge avec une bonne santé anarchiste dans les brancards de la société occidentale. Cet aspect, loin de s’être atténué avec le temps dans les errements de sa filmographie, reste un facteur central pour appréhender l’ampleur intellectuelle de l’œuvre d’un réalisateur des plus singuliers...
http://www.critikat.com/panorama/dossier/les-relations-sociales-chez-john.html

Inspiré de la nouvelle Les Fascinateurs (8 o’clock in the morning) de Ray Faraday Nelson. John Carpenter l’adapte lui-même, mais utilise le pseudonyme de Frank Armitage (1), emprunté à l’un des héros du romancier H. P. Lovecraft (2).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Armitage
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Phillips_Lovecraft

Invasion Los Angeles est selon l’aveu de John Carpenter un western existentiel qui traite de la loyauté et de la moralité, un film politique et fondamentalement moral .
Une note d’intention qui n’a malheureusement pas fait sens chez les critiques US de l’époque, probablement trop peu concernées par la charge subversive assénée par un Carpenter vraiment très énervé.

Avec Prince des ténèbres (3), ce film fait partie des deux productions aux budgets plus modestes réalisées par Carpenter à la suite de l’échec commercial des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (4).
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Prince_des_t%C3%A9n%C3%A8bres_%28film%29
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_de_Jack_Burton_dans_les_griffes_du_Mandarin

Le tournage n’a duré que deux mois, de mars à fin avril 1988.

Dans la version originale, le personnage principal est crédité Nada (rien ou personne en espagnol) parce que son nom n’a jamais été donné ou prononcé dans le film, et le seul nom de famille qu’on entend est celui de Holly (Thomson).

Il a également influencé le jeu vidéo Duke nukem 3D (5) de 3D Realms sorti en 1996. Dans le scénario du jeu, Los Angeles est envahi d’extraterrestres venus s’emparer du monde, certains en uniforme de policiers du LApd (6). Le héros est grand, blond, musclé, toujours avec des lunettes de soleil. Certaines répliques récurrentes du héros dans le jeu sont également des références, comme (I have come here)… to kick ass and to chew bubble gum, and I’m all out of gum ! Cette réplique ayant également été reprise dans Fallout (7).
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Duke_Nukem_3D
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Los_Angeles_Police_Department
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fallout

On peut également supposer une forte inspiration des concepteurs du jeu vidéo The Simpsons : Bart vs. the space mutants (8) (sorti en 1991 sur NES) dans lequel Bart Simpson utilise des lunettes pour identifier des extra-terrestres ayant pris l’apparence d’êtres humains et en débarrasser Springfield (9).
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Simpsons:_Bart_vs._the_Space_Mutants
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Springfield_%28Les_Simpson%29

À signaler une petite référence dans le jeu Saints Row IV (10). L’un des membres de l’équipe dirigée par le joueur n’est autre que... Keith David lui-même. Il doit être sauvé au cours d’une mission où, momentanément devenu fou, il prend le joueur et tous ceux qui l’entourent pour des extraterrestres. Le joueur est aidé dans sa mission de sauvetage par un homme en kilt disant s’appeler Roddy Piper.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Saints_Row_IV

En 1995, l’artiste Shepard Fairey (11) s’est inspiré du film pour sa série de travaux Obey.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shepard_Fairey

Dans leur clip illustrant le single Into your eyes d’Armand Van Helden (12), les frères Waverly rendent un hommage direct à Invasion Los Angeles : le thème des lunettes magiques est repris, mais aux effrayants extra-terrestres se substituent des danseuses en bikini.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_van_Helden

Le thème des lunettes est également repris dans le clip de la chanson American Jesus (13), du groupe américain Bad religion (14).
(13) http://www.paroles-musique.com/traduction-Bad_Religion-American_Jesus-lyrics,t11760
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bad_Religion

Roddy Piper vient du catch où il était connu pour ses prestations et ses arrivées en kilt, la cornemuse à la main. C’est à partir de là que big John l’a contacté pour qu’il campe le premier rôle de Invasion Los Angeles.

John Carpenter a dû filmer certains décors, comme le kiosque à journaux, de deux façons différentes : une fois, en couleur avec de vrais revues dedans, et une autre en noir et blanc avec simplement des pages blanches aux messages subliminaux évidents.

John Carpenter multiplie dans Invasion Los Angeles les références à l’univers tortueux et cynique de l’écrivain Philip K. Dick (15). Outre la description d’un univers totalitaire, on retrouve des thèmes communs (la paranoïa, la peur de l’étranger - ici, les extraterrestres envahisseurs -, les inventions révolutionnaires - les lunettes qui laissent apparaître des messages subliminaux). Les deux artistes établissent par ailleurs une critique virulente de leur pays en main à des hommes politiques malhonnêtes (ici Ronald Reagan (16)).
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film1557
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Reagan

Avancer qu’Invasion Los Angeles est un film militant n’a rien d’exagéré. C’est le gros coup de gueule de la filmographie de John Carpenter. Le projet qui lui a permis de s’exprimer sur son pays, en déguisant à peine son propos d’apparats propres aux films fantastiques. Cela dit, avancer qu’Invasion Los Angeles est un pur film d’action, n’est pas non plus exagéré. Après tout, tous les codes sont là : le mec super baraqué, les répliques qui claquent, la coolitude typique des années 80, les bastons, les fusillades… En plus de tout le reste, le film est d’une efficacité primaire jubilatoire. Il ne perd pas de temps, ose la nuance et les mélanges audacieux, ne va pas chercher midi à quatorze heure et fait montre d’une urgence en somme toute jouissive. C’est pour cela que les gamins qui découvrirent le métrage à sa sortie, n’y voyant probablement que la lutte d’une montagne de muscles contre des monstres venus de l’espace, lui vouent aujourd’hui un culte fervent. Entre temps, les fans ont grandi, et le film a dévoilé son autre visage. Le fait que notre société n’ait, au fond, pas tant changé que cela, rajoute ironiquement au fait qu’on cause ici d’une œuvre portée par une universalité bien particulière. Tous les niveaux de lecture fonctionnent à plein régime alors n’ayons pas peur des mots : non seulement Invasion Los Angeles est l’un des meilleurs films de son auteur, mais c’est aussi l’un des plus importants de son époque…
http://www.onrembobine.fr/star-video-club/critique-invasion-los-angeles

Le thème général qui sous-tend They live est l’un des thèmes majeurs de la science-fiction cinématographique des années cinquante : l’invasion de la Terre par des extra-terrestres. Carpenter l’a déjà employé en refaisant The Thing (17). Son aspect particulier - les extra-terrestres prennent une apparence humaine indécelable en principe - a aussi son histoire, de L’Invasion des profanateurs de sépulture (18) de Don Siegel à V (19), feuilleton télévisé de Kenneth Johnson. Cette histoire impose des épisodes et des péripéties qui nourrissent They live : le héros découvre par hasard l’invasion au sujet de laquelle il a reçu un avertissement (le prêcheur aveugle) ; il est poursuivi par les extra-terrestres en même temps qu’il essaie de lutter contre eux ; il parvient à les démasquer. Carpenter signale ses sources par le moyen d’extraits aperçus sur des postes de télévision : le premier provient de La Cité pétrifiée (20) de John Sherwood (les humains y sont transformés en pierres par des extra-terrestres ; le second des Survivants de l’infini (21) de Joseph M. Newman (des extra-terrestres se servent des humains dans leurs luttes intestines). Les deux extraits ont en même temps valeur de signe. En passant, car le procédé de la citation est courant chez lui, Carpenter justifie de façon humoristique tous les films de science-fiction, et le sien : ce sont des messages qui nous parlent de notre temps...
Alain Garsault in Positif n° 340 (juin 1989)
(17) http://www.citebd.org/spip.php?film1569
(18) http://www.citebd.org/spip.php?film586
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/V_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cit%C3%A9_p%C3%A9trifi%C3%A9e_(film)
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Survivants_de_l%27infini

Doté d’un rythme ébouriffant et d’une bagarre aussi anthologique que purement gratuite, Invasion Los Angeles n’est certes pas exempt de défauts. Le film, quelque peu bancal, semble ainsi constamment hésiter entre le pamphlet politique, la science-fiction et la comédie fantastique. Mais qu’importe : l’ensemble est hautement jubilatoire et nous démontre que Carpenter reste l’un des metteurs en scène les plus doués de sa génération.
Philippe Ross in La Saison cinématographique 1989

John Carpenter
voir fiche du film New york 1997
http://www.citebd.org/spip.php?film1544

Ray Faraday Nelson
Né le 3 octobre 1931 à New York.
Collaborateur de Philip K. Dick, il est l’inventeur de la célèbre casquette à hélice...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Faraday_Nelson

Gary B. Kibbe
http://www.imdb.com/name/nm0452123/

Alan Howarth
voir fiche du film New york 1997
http://www.citebd.org/spip.php?film1544

Roddy Piper
Né Roderick George Toombs le 17 avril 1954 à Saskatoon, décédé le 31 juillet 2015 à Hollywood.
Connu pour avoir interprété durant une grande partie de sa carrière de catcheur un personnage d’Écossais...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roddy_Piper

Keith David
voir fiche du film The Thing
http://www.citebd.org/spip.php?film1569

Meg Foster
Née le 10 mai 1948 à Reading (Pennsylvanie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Meg_Foster

George Buck Flower
Né le 28 octobre 1937 à Milton-Freewater (Oregon), décédé le 18 juin 2004 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Buck_Flower

Peter Jason
http://www.imdb.com/name/nm0419273/

Raymond St. Jacques
Né le 1er mars 1930 à Hartford (Connecticut), décédé le 27 août 1990 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_St._Jacques

Sy Richardson
http://www.imdb.com/name/nm0724784/

extrait(s) de presse

Devil dead - Critique de l’inégalité sociale et de l’abrutissement de masse, "Invasion Los Angeles" est un film coup de poing de la part d’un John Carpenter très énervé contre un système gouverné par l’argent...
àVoir-àLire - Restez l’oeil aux aguets, car peut-être sont-’Ils" déjà parmi nous !
Télérama - Critique ultraviolente des années Reagan, "Invasion Los Angeles" retrouve le ton alarmiste des grands films de science-fiction des années 50...
Cinéma fantastique - John Carpenter, en cinéaste rebelle, parvient à dresser un portrait particulièrement sombre et pessimiste de notre société de consommation, faisant de son métrage une excellente critique de cette dernière.
Citizen poulpe - Dans Invasion Los Angeles, ce n’est pas le spectre des russes qui se cachent derrière les visages hideux des extra-terrestres, mais bien l’Amérique de Reagan, que Carpenter désapprouvait totalement...
On rembobine - "Invasion Los Angeles" est une authentique bombe à retardement, déguisée en divertissement explosif...
Cinépsis - "Invasion Los Angeles" est un film subversif et décalé, entre science fiction et film politique...
Espace cinéma - "Invasion Los Angeles" est sans conteste le film le plus politiquement engagé de son metteur en scène bien que celui-ci a toujours dit avoir plus voulu faire un film d'action qu'une parabole sur la société. Une œuvre qui nous permet de réfléchir tout en nous offrant de grands moments de pur divertissement.