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au-delà des montagnes

Shan he gu ren
Chine, France - 2015 - 2h06
sorti en France le 23 décembre 2015
compétition officielle Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Zhang-ke Jia

scénario : Zhang-ke Jia
direction de la photographie : Nelson Yu Lik-wai
musique ou chansons : Yoshihiro Hanno
avec : Zhao Tao (Tao), Sylvia Chang (Mia), Dong Zijian (Dollar), Zhang Yi (Zhang Jinsheng), Jing Dong Liang (Liangzi), Han Sanming (l’ami de Liangzi)
séances : semaine du mercredi 23 décembre 2015
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
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séance spéciale :
* matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 30 décembre 2015
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
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séance spéciale :
* matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 6 janvier 2016
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:30
16:00
20:45*
séance spéciale :
* dernière séance

synopsis

Chine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d'une station-service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar. Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie comme promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin...

notes de production

Ce film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2015. Le réalisateur Zhang-ke Jia est extrêmement habitué du prestigieux festival et pour preuve il était par exemple membre du jury de la sélection officielle au festival de 2014 et a remporté le Prix du scénario en 2013 pour le sombre et réaliste A Touch of sin (1), brillant reflet de la situation actuelle en Chine.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1193

Zhang-ke Jia explique que Au-delà des montagnes a eu un temps de maturation très long et vient en partie de séquences accumulées durant le tournage des films précédents du cinéaste : depuis 2001, lorsque j’ai eu ma première caméra numérique, mon chef opérateur Yu Lik-wai et moi avons beaucoup circulé, en filmant un peu au hasard. Nous avons tourné des images qui n’étaient pas exactement des tests, plutôt des notes, sans savoir ce qu’on en ferait. Il y a 4 ans, nous avons fait plus ou moins la même chose avec une nouvelle caméra, beaucoup plus perfectionnée, l’Arriflex Alexa (2). La mise en relation de ces deux ensembles d’images, à 10 ans d’intervalle, m’a donné l’idée du film. J’ai été frappé à quel point les images de 2001 me semblaient lointaines, comme venues d’un monde disparu. Je me suis demandé comment j’étais moi-même à cette époque, et si j’étais capable de renouer avec celui que j’ai été il y a si longtemps… dix ans qui semblent un gouffre.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arriflex_Alexa

Quand on est jeune on ne pense pas à la vieillesse, quand on se marie on ne pense pas au divorce, quand on a ses parents on n’envisage pas qu’ils vont disparaître, quand on est en bonne santé on ne pense pas à la maladie, Mais à partir d’un certain âge, on entre dans ce processus, qui est celui du présent mais aussi de projections dans l’avenir, note Zhang-ke Jia, qui voit Au-delà des montagnes comme un film dont le sujet central est la relation des sentiments avec le temps. Cet angle fait écho avec son propre parcours puisque le cinéaste né en 1970 qui a 45 ans maintenant est davantage sensible à ces questions liées à la temporalité qu’il ne l’était avant.

Au-delà des montagnes repose sur la comparaison entre les étapes d’une vie et des paysages successifs qui défilent (d’où l’importance de l’idée de voyage en voiture, train, etc.) : il y a ce déplacement permanent, et en même temps il y a ce qui se répète, ce qui est stable dans le quotidien - ne serait-ce, de manière très triviale, que le fait de manger : on a fait des raviolis, on fait des raviolis, on fera des raviolis…, souligne Zhang-ke Jia.

Si le film parcourt différents paysages, un point fixe demeure, celui de la petite ville provinciale de Fenyang, où vit le personnage de Tao. C’est aussi là que Zhang-ke Jia est né, a grandi et a tourné Xiao-wu, Platform et plus tard une partie du pessimiste A Touch of sin. Il s’agit d’un point d’ancrage affectif puisque le cinéaste y a ses attaches, mais également esthétique et social propice au cinéma, la ville étant représentative de la vie en Chine.

Dans le film, le cadre devient de plus en plus grand, passant du 1,33 au 1,85 puis au format scope (3). Cette évolution technique traduit autant une perte de repères qu’une ouverture pour le réalisateur : j’ai suivi les contraintes des techniques successives utilisées quand nous avions filmé, techniques qui correspondent elles-mêmes aux différentes périodes. Les scènes dans la boite de nuit, ou celles avec le camion de charbon enlisé, ont été tournées en 1,33 à l’époque, j’ai tenu à les conserver dans ce format. Avec l’Alexa et le format plus large, c’est tout le rapport à l’espace qui change, pas seulement la taille du cadre. Et puis à nouveau avec les images en scope, pour lesquels on a utilisé des objectifs anamorphiques, donc qui déforment l’espace même si on ne s’en rend pas compte.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_d’image

La partie future du film se déroule en Australie. Zhang-ke Jia a choisi ce pays parce qu’il semble encore beaucoup plus lointain que les Etats-Unis et le Canada où la plupart des Chinois émigrent. Dans cette partie, le cinéaste a dû diriger des acteurs en anglais, ce qui ne lui a pas posé de problème même s’il ne maîtrise pas totalement la langue.

Deux chansons jouent un rôle important dans le film, Go west des Pet shop boys (4) et une chanson de variétés en cantonais intitulée Take care. La première a été extrêmement populaire en Chine dans les années 90 à une époque où des discothèques ouvraient un peu partout et la seconde est un morceau peu connu de la chanteuse Sally Yeh (5), une star de la cantopop. Zhang-ke Jia explique : la musique populaire m’a toujours beaucoup intéressé, ces chansons m’ont aidé à comprendre la vie et elles sont un très bon témoignage de la mentalité collective, elles racontent la société.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pet_Shop_Boys
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sally_Yeh

La comédienne et femme de Zhang-ke Jia, Zhao Tao, est une grande habituée du cinéma de son mari puisqu’elle a joué dans tous ses films depuis Platform (6) en 2001. Elle livre cependant dans Au-delà des montagnes une prestation qui a surpris le réalisateur : au début de la préparation, elle m’a demandé si je pouvais lui donner des indications sur le personnage, je lui ai donné seulement deux mots : « explosif » pour la première partie et « océan » pour la deuxième. A partir de là, elle a énormément travaillé de son côté, elle a rempli plusieurs cahiers de notes sur le personnage, sur tout ce que je n’avais pas écrit dans le scénario, qui comme d’habitude est surtout constitué de grands repères, en laissant beaucoup de place à l’initiative durant le tournage, se rappelle-t-il.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Platform

Shanghai film group est coproducteur de Au-delà des montagnes. Le studio avait perdu beaucoup d’argent du fait que A Touch of sin n’était pas sorti en Chine mais il a néanmoins choisi d’accompagner à nouveau Zhang-ke Jia sur son nouveau film. Le metteur en scène espère qu’Au-delà des montagnes pourra permettre au studio de récupérer l’argent qu’il a perdu.

Entretien avec Jia Zhang-Ke
Vous avez la nostalgie d’un rapport plus profond et plus durable entre les personnes.
Oui, mais pas seulement entre les personnes, cela peut être avec des lieux, et surtout avec des souvenirs. Dans la vie quotidienne des Chinois d’aujourd’hui, je constate une perte profonde de cette relation d’engagement réciproque, et elle affecte aussi les souvenirs. Même si une relation entre des personnes se défait, il ne devrait y avoir aucune raison pour ne pas continuer de respecter ce qui a été partagé. Si on abandonne cela, tout peut se défaire, même « les montagnes peuvent s’en aller »...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/au-dela-des-montagnes,339416

Zhang-ke Jia
voir fiche du film A touch of sin
http://www.citebd.org/spip.php?film1193

Nelson Yu Lik-wai
voir fiche du film A touch of sin
http://www.citebd.org/spip.php?film1193

Yoshihiro Hanno
http://www.imdb.com/name/nm0360463/

Zhao Tao
voir fiche du film A touch of sin
http://www.citebd.org/spip.php?film1193

Sylvia Chang
Née le 21 juillet 1953 à Taipei (Taïwan).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvia_Chang

Dong Zijian
http://www.imdb.com/name/nm6039993/

Jing Dong Liang
http://www.imdb.com/name/nm0508644/

Han Sanming
http://www.imdb.com/name/nm2385917/

extrait(s) de presse

Film de culte - L’histoire de Tao, génialement interprétée par Tao Zhao, l’épouse du réalisateur, traverse les décennies et même les formats d’images (qui changent en cours de route), pour nous atteindre en plein cœur.
Première - (...) on retient notre souffle jusqu’au dernier plan, merveilleux.
Cinéphilia - Un des meilleurs films - si ce n’est pas le meilleur de cette compétition 2015.
Studio ciné - En nous invitant à regarder vers l'avenir, "Au-delà des montagnes" est une façon fort agréable de changer d'année et de se retrouver en 2016.
Arte - Beau et triste à pleurer, magnifiquement interprété par Zhao Tao la muse de Jia, "Au-delà des montagnes" est un chef-d’œuvre, une fresque intimiste qui parvient à mêler émotion pure et regard critique...
La Croix - Avec ce film retenu en compétition lors du dernier Festival de Cannes, Jia Zhang-Ke, cinéaste de la mémoire et de l’oubli, livre une œuvre majeure.
Libération - Que Jia Zhangke soit l’un des quelques immenses cinéastes vivants au monde est une chose quasi évidente. Mais le plus surprenant face à son cinéma, c’est qu’il ne nous exclut jamais. On est happés dans son monde de fiction comme on l’est dans le comté de Yoknapatawpha de Faulkner, le faubourg Saint-Germain de Proust ou le Japon médiéval de Mizoguchi.
Tf1 news - Grand mélodrame, d'une ampleur sidérante, qui bouleverse le regard et le cœur. Son absence au palmarès du dernier Festival de Cannes demeure une énigme.