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vers l’autre rive

岸辺の旅, Kishibe no tabi
Japon, France - 2015 - 2h07
sorti en France le 30 septembre 2015
prix Un Certain regard Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Kiyoshi Kurosawa

scénario : Kiyoshi Kurosawa, Takashi Yujita
d'après l'oeuvre de : Kazumi Yumoto
direction de la photographie : Akiko Ashizawa
musique ou chansons : Yoshihide Otomo, Naoko Eto
avec : Eri Fukatsu (Mizuki), Tadanobu Asano (Yusuke), Yû Aoi (Tomoko), Akira Emoto (Mr Hoshitani), Masao Komatsu (Mr Shimakage)
séances : semaine du mercredi 16 décembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
14:00
18:30
21:00
18:30
20:50
18:30*
séance spéciale :
* dernière séance

synopsis

Mizuki, veuve depuis trois ans, vit seule en donnant des cours de piano aux enfants. Un soir, son mari revient à la maison. Il lui annonce que son corps a bien disparu en mer, mangé par les crabes, mais que depuis il a parcouru le Japon et sympathisé avec des vivants et d'autres personnes « comme lui ». Il demande à Mizuki de l’accompagner pour découvrir tout ce qu’il a fait et vu…

notes de production

Kiyoshi Kurosawa est un réalisateur réputé pour ses films d’horreur et fantastique souvent en rapport avec les fantômes. Pour Vers l’autre rive, il a choisi de traiter ce sujet avec plus de romance et de mélodrame. Un défi pour lui de retranscrire cette histoire d’amour sur grand écran sous forme de road movie (1).

Vers l’autre rive n’est pas un scénario original. Kiyoshi Kurosawa a choisi d’adapter le roman Kishibe no tabi de Kazumi Yumoto. Tout au long de l’écriture, il s’est entretenu avec l’auteure afin de se rapprocher au plus près de l’intrigue du livre. Il s’est d’ailleurs grandement inspiré de l’œuvre, mais a quand même ajouté sa touche personnelle.

Un retour dans le monde des vivants est une histoire qui a été racontée de nombreuses fois au cinéma, mais pour Kiyoshi Kurosawa, l’idée de la narrer sous forme de road movie (1) est novateur. Le personnage de Yusuke ne se confronte pas avec son passé. Il redécouvre toutes les connexions qu’il a eues avec des vivants, mais en étant déjà décédé et c’est ce qui a beaucoup plu au réalisateur.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Road_movie

L’exercice du road movie (1) est tout nouveau pour Kiyoshi Kurosawa. Lors d’une interview au Festival de Cannes, il a émis la crainte que les spectateurs ne perçoivent pas ce voyage des personnages à travers le Japon. Ils ont tourné à la campagne et dans la ville, mais les contrastes entre les différents paysages ne sont pas flagrants. Cette adaptation a donc été un défi pour Kiyoshi Kurosawa.

Pour Kiyoshi Kurosawa, le corps et l’esprit existent à des niveaux différents. Le réalisateur explique : il m’a toujours semblé hâtif de penser que la mort emportait l’un et l’autre simultanément. Dans Vers l’autre rive, nous pouvons découvrir un type de mort totalement différent. Le personnage de Yusuke reste trois ans de plus dans notre monde afin de se préparer à son véritable départ, qui est en quelque sorte la disparition de son esprit.

La mise en scène de Kiyoshi Kurosawa est assez discrète et modeste. Le réalisateur a beaucoup joué avec la lumière, les couleurs et a surtout voulu capturer la beauté de la nature. Par contre, il n’avait aucune idée de comment éviter les termes trop sentimentaux dans les dialogues pour que Vers l’autre rive ne devienne pas un film à l’eau de rose.

Le nom de Tadanobu Asano ne vous dit peut-être rien. Pourtant, l’acteur a quand même joué dans trois blockbusters : Thor (2) et Thor : le monde des ténèbres (3) dans lequel il interprète le rôle de Hogun et dans Battleship (4). Il y joue le personnage de Capitaine Yugi Nagata, l’ennemi d’Alex Hopper. Un peu moins d’action et plus d’amour donc pour Tadanobu Asano avec Vers l’autre rive.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thor_(film)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thor_:_Le_Monde_des_t%C3%A9n%C3%A8bres
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Battleship_(film)

Film synthèse, Vers l’autre rive reprend la structure en épisodes de Shokuzai (5) sous la forme d’un road-movie (1) et intègre des éléments fantastiques comme dans Real (6) qui était aussi une histoire de fantômes entre la vie et la mort. Plus nettement encore, Vers l’autre rive s’ouvre sur une scène de piano qui est comme un écho à la scène finale de Tokyo sonata (7). Quelques notes sont péniblement exécutées au piano par une fillette qui se retourne craignant une réprimande. Mizuki lui dit seulement de recommencer de jouer à son rythme. C’est Mizuki qui se fera réprimander par la mère de la fillette pour ne pas faire progresser sa fille. Il ne s’agit pas ici comme dans Tokyo sonata (7) de sublimer un quotidien qui se délite par la prestation formidable de Kenji. Il s’agit plutôt de ne pas blesser : moins d’agir pour rétablir un monde déliquescent que d’aimer le monde tel qu’il est...
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/kurosawakiyoshi/verslautrerive.htm
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shokuzai
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Real_(film)
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film233

En Japonais, il existe un verbe qui désigne le fait d’accompagner une personne mourante, autrement dit de veiller sur elle jusqu’à son trépas : mitoru. Reste à savoir s’il est possible de traduire avec subtilité toutes les nuances de ce mot dans une langue étrangère... Rares sont ceux qui ont vécu l’expérience de rester au chevet d’une personne sur le point de partir, de prendre délicatement sa main et de partager une émotion en ne quittant pas son visage des yeux. Par chance, je n’y ai moi-même encore jamais été confronté, mais aux dires de ceux qui l’ont été, ces quelques jours, ces quelques heures de face-à-face sont un moment de partage précieux et véritablement sacré. À l’intérieur de ce moment, le passé qu’ont partagé les deux personnes, le passé de chacun qui jusque-là demeurait inconnu de l’autre, mais aussi le futur que les deux personnes seront un jour amenées à expérimenter, tous ces instants sont évoqués, évalués et compris...
Kiyoshi Kurosawa
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/vers-l-autre-rive,339431-note-129008

Kiyoshi Kurosawa
Né le 19 juillet 1955 à Kōbe.
Considéré comme l’un des artistes marquants du renouveau du cinéma japonais...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiyoshi_Kurosawa

Kazumi Yumoto
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazumi_Yumoto

Akiko Ashizawa
http://www.imdb.com/name/nm0038978/

Yoshihide Otomo
Né le 1er août 1959 à Yokohama.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshihide_%C5%8Ctomo

Eri Fukatsu
http://www.imdb.com/name/nm0297938/

Tadanobu Asano
Né Tadanobu Satō (佐藤 忠信, Satō Tadanobu ?), né le 27 novembre 1973 à Yokohama.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tadanobu_Asano

Yû Aoi
Née le 17 aout 1985 à Kasuga.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C5%AB_Aoi

Akira Emoto
Né le 3 novembre 1948 à Tokyo.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Akira_Emoto

Masao Komatsu
http://www.imdb.com/name/nm0464591/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) une mise en scène d’une poésie à transporter l’âme.
La Voix du nord - L’impossible deuil, l’absolue nécessité pour les protagonistes de se résigner à la perte et à l’absence, Kurosawa les filme avec une simplicité et un naturel déconcertants. Mise en scène décharnée. Photo dépigmentée. Nul effet. Sérénité à la Ozu.
Le Monde - Figure de l'épouvante japonaise, Kyoshi Kurosawa livre un film magnifique sur l'idéalité du couple.
Le Parisien - Faire simple sur un sujet improbable, envelopper son propos de délicatesse, poser avec douceur la question du destin entre ces deux parenthèses qu'est l'existence : Kurosawa parvient à tout cela.
L'Express - Ce mélo poétique évolue sur un fil ténu entre réalisme et surnaturel, avec cet art de faire surgir l'extraordinaire sans écraser l'ordinaire par une mise en scène subtile (...) Et l'infinie douceur de ce film hante longtemps après son ultime image.
Libération - Kiyoshi Kurosawa imagine un mélo sans excès et néanmoins déchirant dont le pouvoir de désordre et d’apaisement s’enracine dans la fiction du retour de celui qui ne peut pas, ne doit pas revenir.
Télérama - La logique des rêves est superbement restituée par cette alternance de moments suaves et de brusques accès de noirceur. (...) Si le film brille dans la zone frontalière entre la réalité et l'inconscient, il impressionne aussi par l'entre-deux qu'il suggère entre la vie et la mort.
Positif - De l'ouverture à l'épilogue, il s'avère parfaitement prévisible dans le fond et la forme. Cependant, ce roulis de paquebot lui confère aussi un charme particulier. Les personnages prennent le temps d'exister et les sentiments de s'épanouir. (...) Goûter, toucher, voir, entendre le présent, toute la beauté d’ici-bas. Le cinéma sert aussi à ça.