béliers - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > béliers

béliers

Hrútar
Islande - 2015 - 1h33
sorti en France le 9 décembre 2015
Prix un Certain regard Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Grímur Hákonarson

scénario : Grímur Hákonarson
direction de la photographie : Sturla Brandth Grøvlen
musique ou chansons : Atli Örvarsson
avec : Sigurður Sigurjónsson (Gummi), Theodór Júlíusson (Kiddi), Charlotte Bøving (Katrin), Gunnar Jónsson (Grímur), Jon Benonysson (Runólfur), Þorleifur Einarsson (Sindri), Sveinn Ólafur Gunnarsson (Bjarni), Ingrid Jónsdóttir (Eygló), Jörundur Ragnarsson (Villi), Viktor Már Bjarnason (Finnur), Jenný Lára Arnórsdóttir (Þórey), Þorsteinn Gunnar Bjarnason (Beggi Lögga)
séances : semaine du mercredi 9 décembre 2015
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
18:30
20:35
20:35
18:30
21:00
18:30
11:00
16:15
20:50
20:35
18:30
séances : semaine du mercredi 16 décembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
18:30
20:50
20:45
18:30
14:00
21:00
18:30
20:50
18:30
séances : semaine du mercredi 23 décembre 2015
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
14:00
16:30

synopsis

Dans une vallée isolée en Islande, Gummi et Kiddi vivent l'un à côté de l'autre et élèvent des moutons. Bien qu'ils partagent la même terre et le même mode de vie, Gummi et Kiddi ne s'adressent plus la parole depuis quatre décennies. Leur équilibre est mis en péril lorsqu'une maladie touche les moutons de Kiddi...

notes de production

Béliers a été auréolé du prix Un Certain regard (1) au Festival de Cannes 2015. En Islande, le film a suscité beaucoup d’intérêt après avoir remporté ce prix et c’est pour cette raison qu’il est sorti dans ce pays juste après le festival.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_certain_regard

Grímur Hákonarson, qui a grandi en milieu rural islandais, s’est inspiré de son propre vécu et des gens qu’il a connus pour mettre en scène ce film : mes deux parents ont été élevés à la campagne et j’y ai passé la majorité de mes vacances d’été, pour y vivre et y travailler, jusqu’à mes dix-sept ans. De ce fait, j’ai développé un goût pour les récits, les personnages et les paysages ruraux d’Islande. J’ai toujours été attiré par les histoires se déroulant à la campagne et Béliers n’est pas le premier film que je tourne dans cet environnement.

Le père du réalisateur a également été une grande source d’inspiration pour Béliers - notamment sur le fonctionnement de l’administration dans le domaine de l’agriculture et sur l’évolution du monde agricole au fil du temps - puisqu’il a travaillé pendant un temps pour le Ministère de l’Agriculture.

L’élevage des moutons est, en Islande du nord depuis le début du 20ème siècle, à la fois le moyen de subsistance de la population et le fondement de leur culture : dans un sens, les moutons islandais ont été et sont toujours « bénis » pour beaucoup d’habitants : cela représente leur fierté et un mode de vie « à l’ancienne ». Les moutons ont joué un rôle central dans la survie en campagne au travers des siècles, ils font partie du paysage islandais et sont profondément emblématiques de l’esprit islandais. Notre pays s’est construit autour de la pêche et de l’élevage, précise Grímur Hákonarson.

Béliers a été tourné à Bardardalur (2), au nord ouest de l’Islande, qui est un endroit très sauvage où l’élevage est encore le premier secteur d’activité de la population.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%BA%C3%B0ardalur

La plupart des fermiers que Grímur Hákonarson connait ont une connexion importante avec les moutons, plus encore qu’avec les autres animaux. C’est autour de ce phénomène mystérieux tranchant avec la modernité que le cinéaste a voulu travailler : des gens qui vivent seuls avec leurs moutons, dans la nature et qui développent une connexion émotionnelle très intense avec leur cheptel. C’est quelque chose qui devient très rare dans notre société moderne, et ces gens, qui ressemblent à mes personnages principaux Gummi et Kiddi, meurent doucement. Je trouve que c’est honteux. J’aime l’excentricité et la bizarrerie et je voudrais que cela subsiste, même à notre époque moderne.

Les deux personnages principaux sont éleveurs de moutons, voisins et frères, mais ils ne sont pas adressés la parole depuis 40 ans. Grímur Hákonarson explique que les querelles de voisinages sont très fréquentes en Islande du fait que les habitants de ce pays sont très indépendants : ils veulent ne dépendre de personne et se méfient de tout ce qui vient de l’étranger. Le réalisateur a voulu dans son film traiter cette thématique parfois tragique sur un ton humoristique : c’est un bon point de départ pour un film tragi-comique, ou un drame rempli d’humour islandais, et c’est exactement le genre d’histoires qui m’attire. (...) Mais même si Béliers peut être perçu comme une comédie amère, je voulais raconter une histoire universelle, liée à la nature humaine.

Les deux acteurs principaux incarnant des fermiers, ils ont dû effectuer en amont du tournage un travail de documentation sur le milieu rural, que ce soit sur le terrain ou non. Ils devaient tout faire pour être crédibles dans la peau de leurs personnages.

L’une des difficultés principales du film a été le casting des moutons : après beaucoup de recherches infructueuses, Grímur Hákonarson et son équipe ont finalement trouvé leur bonheur : il s’avère que les tempéraments des moutons varient considérablement d’une ferme à l’autre. Nous avons été dans une ferme où les moutons n’étaient pas du tout dociles, où ils s’enfuyaient dès que nous les approchions. Après beaucoup de recherches, nous avons trouvé la ferme Halldorsstaoir où Begga, la fermière, traite ses moutons avec amour et affection. Les béliers courraient vers nous et nous donnaient des petits coups, comme s’ils voulaient une caresse derrière l’oreille. Cela a été fantastique de travailler avec ces moutons, à vrai dire, cela a même été plus facile que de travailler avec les acteurs ! se rappelle-t-il.

Mais la principale difficulté de tournage a été la météo, celle-ci changeant fréquemment et rapidement en Islande, obligeant l’équipe à s’adapter sans cesse comme en témoignent les propos de Grímur Hákonarson : le planning de tournage a été complètement remis en question quand il s’est mis à pleuvoir abondamment en novembre, que toute la neige a fondu en deux jours et que nous avons dû repousser les six derniers jours de tournage à janvier. Il n’avait pas plu en novembre dans cette région depuis des décennies !

Béliers traite de la tremblante du mouton (3) qui est la maladie la plus néfaste à laquelle l’Islande ait eu à faire face : contagieuse, incurable, elle attaque le cerveau et la moelle épinière des moutons. Grímur Hákonarson a pu constater les ravages de l’épidémie lorsque des animaux de sa nièce en furent les victimes. Dans le film, cette maladie est le point de départ de l’intrigue puisque c’est pour y faire face et sauver le troupeau ancestral que les deux frères font équipe.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblante_du_mouton

La présidente du jury, l’actrice et réalisatrice italo-américaine Isabella Rossellini (4) a déclaré que le prix avait été décerné au réalisateur islandais pour avoir traité magistralement, à travers le tragi-comique, l’indéniable lien qui réunit la nature humaine et la nature animale.
Grimur Hakonarson est diplômé de l’école de cinéma de Prague. Il est passé en 2005 par la Cinéfondation (5) à Cannes, section qui révèle de nouveaux talents issus d’écoles de cinéma, avec son film Slavek the shit...
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/cannes-le-prix-un-certain-regard-a-hrutar-de-grimur-hakonarson-23-05-2015-4796879.php
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film808
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9fondation

Entretien avec Grímur Hákonarson
Pouvez-vous nous raconter la genèse de votre film ?
Béliers est un scénario original basé sur ma connaissance du monde rural et de sa culture. Mes deux parents ont grandi à la campagne et j’y ai été envoyé chaque été jusqu’à mes 17 ans pour travailler. Je pense ainsi avoir une bonne aptitude pour développer des histoires, des personnages et un langage visuel en rapport avec l’Islande rurale...
http://www.festival-cannes.fr/fr/article/61642.html

Grímur Hákonarson
http://www.imdb.com/name/nm1963886/

Sturla Brandth Grøvlen
voir fiche du film Victoria
http://www.citebd.org/spip.php?film1488

Atli Örvarsson
https://fr.wikipedia.org/wiki/Atli_%C3%96rvarsson

Sigurður Sigurjónsson
http://www.citebd.org/spip.php?film29
http://www.imdb.com/name/nm0797610/

Theodór Júlíusson
http://www.imdb.com/name/nm0433763/

Charlotte Bøving
http://www.imdb.com/name/nm0100628/

Gunnar Jónsson
http://www.imdb.com/name/nm0433603/

extrait(s) de presse

Film de culte - Le très beau dénouement de "Béliers" transporte le film du sympathique pittoresque à une dimension mythique. Cette amertume inattendue fait reconsidérer ce que l'on a vu. Jolie découverte.
La Voix du nord - Bonne pioche ! Catégorie feel good movie, solidaire et réconciliateur. Genre qui fait du bien.
Le Nouvel obs - Tandis que l’hiver s’empare du paysage, somptueusement filmé, Grímur Hákonarson noue le drame avec une belle maîtrise, dessinant des personnages forts, servis par des comédiens expérimentés (...).
Première - Il n’en faut pas plus au réalisateur islandais de ce premier film justement primé à Un certain regard pour poser les bases d’un drame puissant, qui commence comme une comédie grinçante, mais change de registre et ménage des surprises constamment sur un rythme posé mais inéluctable.
Télérama - Comme ses personnages, ce film a de la gueule. Tout en jouant la chronique villageoise et les querelles de clocher à l'ancienne, le jeune réalisateur, Islandais de souche, déploie une mise en scène actuelle et stylée.
Tf1 news - Grímur Hákonarson plaide la chaleur dans la froideur de l'arrière-pays islandais. La pudeur et la discrétion de son beau film fraternel font du bien, d'autant qu'il y a une surprise, comme un trésor caché. Un plan final déchirant qui devrait hanter le spectateur longtemps après la projection.
Le Parisien - Ce drame rude et rêche comme les paysages islandais ou les pull-overs des héros - des frères ennemis aussi têtus que leurs bêtes - s'avère finalement très poignant dans sa dimension humaine.