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mad max : au-delà du dôme du tonnerre

Mad Max : beyond thunderdome
Australie, Usa - 1985 - 1h47
sorti en France le 25 septembre 1985
film - version originale sous-titrée en français
de

George Miller, George Ogilvie

scénario : George Miller, Terry Hayes
direction de la photographie : Dean Semler
musique ou chansons : Maurice Jarre
avec : Mel Gibson (Max Rockatansky), Tina Turner (Entité), Bruce Spence (Jedediah, le pilote), Adam Cockburn (Jedediah Jr.), Frank Thring (le collectionneur), Angelo Rossitto (Master, le nain), Paul Larsson (Blaster, le colosse), Angry Anderson (Ironbar), Robert Grubb (le tueur de cochons), George Spartels (Blackfinger), Edwin Hodgeman (Dr Dealgood), Bob Hornery (le marchand d'eau), Andrew Oh (Ton Ton Tattoo), Helen Buday (Savannah Nix), Mark Spain (M. Skyfish)
séances : semaine du mercredi 9 décembre 2015
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
18:00*
séance spéciale :
* "Mad Max, la totale" - tarif préférentiel : 4 films = 10 € (sinon, tarifs habituels) - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Max, de retour, s'est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l'engage pour qu'il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N'ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d'où il ressurgit à la tête d'une troupe d'enfants pour faire exploser la Ville du Troc...

notes de production

Le film est le premier Mad Max à se faire sans le producteur Byron Kennedy qui s’est tué dans un accident d’hélicoptère. À la fin du film, juste avant le générique, on peut lire un hommage « ... for Byron ».

Miller coréalise le film avec George Ogilvie avec lequel il avait déjà travaillé sur The Dismissal (1), une mini-série australienne de 1983. Ils ont utilisé la même équipe de techniciens avec les mêmes techniques de répétitions qu’ils avaient déjà développées.
(1) https://en.wikipedia.org/wiki/The_Dismissal_%28miniseries%29

Le principal lieu de tournage s’est fait dans la ville minière de Coober Pedy (2). La production a construit le plateau de tournage de la ville de Bartertown dans une ancienne briqueterie de la banlieue ouest de Sydney (3). Le camps des enfants perdus a été tourné dans les Blue mountains (4).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Coober_Pedy
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sydney
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Montagnes_Bleues_%28Australie%29

Il faut souligner la présence d’Angry Anderson dans le rôle d’Acier. Il est le chanteur du groupe de hard rock Rose tattoo (5). Le personnage joué par Bruce Spence, Jedediah le pilote, est différent de celui joué dans Mad Max 2 (6) où il est le pilote de l’autogire (Gyro Captain). De plus, les appareils dans les deux films sont différents.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rose_Tattoo
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1578

En plus de la bande originale composée par le français Maurice Jarre, Tina Turner a enregistré des chansons spécifiquement pour le film. Tina Turner venait de renouer avec le succès avec son album précédent Private dancer (7), après des années de galères après son divorce avec Ike Turner (8).
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Private_Dancer
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ike_Turner
En 2010, la partition complète de Maurice Jarre a été éditée en une double édition de luxe. L’album contient également des compositions non utilisées pour le film, en raison de la présence des titres de Tina Turner.

Le titre We don’t need another hero (9) devient rapidement un tube en se classant 2e aux États-Unis et 3e au Royaume-Uni. Il est nommé au Golden globe (10) de la meilleure chanson originale et vaut à la chanteuse une nomination au Grammy award (11) de la meilleure chanteuse pop en 1986. Le second titre est One of the living (12), qui n’atteindra que la 15e du Billboard Hot 100 (13).
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/We_Don’t_Need_Another_Hero
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Globes
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grammy_Awards
(12) https://en.wikipedia.org/wiki/One_of_the_Living
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Billboard_Hot_100

Après avoir exploré le western, George Miller revisite le péplum. Le film paraît plutôt aseptisé par rapport aux deux premiers opus, mais cela correspond aussi à la renaissance d’un monde civilisé. Au-delà du dôme du tonnerre, on trouve une communauté isolée d’enfants, qui pourrait être inspirée par Sa Majesté des mouches (14) de William Golding, et qui incarne un espoir de fonder un monde neuf sans le passif qui aurait été transmis par les adultes.
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film201

Par ailleurs, George Miller situe pour la première fois clairement le lieu de l’action, l’Australie, puisque l’on aperçoit les ruines de l’Opéra de Sydney (15). Deux références plus discrètes figuraient toutefois déjà dans Mad Max 2 : un cadavre de kangourou était visible au début du film et un personnage exhibait, pour prouver l’existence d’une terre promise, un dépliant publicitaire de la Sunshine coast (16)(tronçon de la côte est australienne).
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra_de_Sydney
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sunshine_Coast

Le film comporte plusieurs références au premier épisode de la série, comme le joueur de saxophone (la femme de Max jouait du saxophone), ou bien l’évocation du métier de Max avant la guerre nucléaire (j’étais un flic en bagnole) ; il se conclut par la chanson de Tina Turner, We don’t need another hero (9) (nous n’avons pas besoin d’un nouveau héros), qui fait écho à la phrase du capitaine de la police « Fif » McAfee dans le premier film : we’re gonna giv’em back their heroes (on va leur rendre leurs héros).

Le film comporte quelques références à la culture française : un des gardiens de Bartertown chante l’air du toréador du Carmen de Georges Bizet (17) ;
le disque écouté par les enfants lors de la fuite de Bartertown est un cours de français (mais dans la version française, il s’agit d’un cours d’italien).
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Carmen_%28op%C3%A9ra%29

Le nom du pilote dont le retour est attendu par les enfants est Captain Walker. Or, ce nom est celui du pilote, père de Tommy, dans l’opéra-rock (18) du même nom des Who. Coïncidence à noter : Tina Turner jouait aussi dans le film (19) issu de cet album.
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommy_%28album%29
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommy_%28film%29

Le rappeur Tupac Shakur (20) s’est inspiré du film pour son clip California love.
Thunderdome (21), concept de festival de musique gabber (22) et constituant une des bases de la culture gabber aux Pays-Bas, tire son nom du film.
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tupac_Shakur
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thunderdome
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabber_%28musique%29

(...) Le passage de l’état de barbarie à l’état de civilisation en devenir ne se fait pas sans dommages pour le film, qui accuse alors une baisse de rythme d’autant plus sensible que, jusque là, Max n’a guère laissé au spectateur le temps de respirer. Cette évolution, en même temps qu’elle paraît marquer une volonté de se tourner vers les couches les plus jeunes du public, forces vives de l’industrie cinématographique depuis plusieurs années, signifie également la fin de la série. On voit mal en effet Max faire le trajet inverse de celui qu’il a suivi depuis son apparition.
Il reste que ce troisième volet, tout en marquant, donc, une certaine spielbergisation du thème, demeure fidèle aux principes édictés dans les deux premiers films. Dès Mad Max 2 (6), le rapport de connivence établi avec le spectateur déterminait une modification de l’approche de la violence. Celle-ci n’était plus livrée telle quelle, mais bien comme un élément constitutif du produit, dont elle était en quelque sorte la griffe. Ici, la poursuite finale fonctionne, de la même façon, en référence à celle du précédent film et, comme dans toute série, réussie ou non, le plaisir du spectateur est avant tout un plaisir de reconnaissance.
Sur ce point, il est probable que personne ne sera déçu, d’autant que George Miller y va aussi de son petit clin d’œil à Spielberg (23), en faisant une ou deux fois clairement référence à Indiana Jones (24). L’évolution de son style évoque également Spielberg. Au caractère extrêmement frustre de la mise en scène du premier Mad Max (25) répond ici l’extrême mobilité de la caméra, le film privilégiant, avant tout le mouvement, notamment dans la première partie. Le dynamisme du film n’est plus lié à à la vitesse à laquelle évoluent les véhicules sur les routes, mais aux déplacements incessants des personnages à l’intérieur du cadre et, donc, à la mobilité de la caméra. Le metteur en scène fait ainsi la preuve qu’il est parvenu à une maturité qui permet d’espérer beaucoup de ses prochains films.
Pascal Mérigeau in La Revue du cinéma n° 409 (octobre 1985)
(23) http://www.citebd.org/spip.php?film542
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Indiana_Jones
(25) http://www.citebd.org/spip.php?film1576

(...) Dans le troisième Mad Max, plus que dans le deuxième (6), réalisateur, scénariste, décorateur, costumier se sont coordonnés pour, jusque dans les moindres détails, pratiquer l’art du mélange, du collage, de la récupération, et du détournement d’objets fonctionnels pour créer d’autres utilisations. Les cultures, les époques et les usages sont distribués et combinés pour construire un univers de demain qui soit universel et sans référence temporelle.
Ce mélange était déjà sensible à l’origine dans le costume de Max lui-même, et est encore accentué : sa ceinture et ses bretelles sont celles de la cavalerie américaine, ses bottes celles des cow-boys, son pantalon de cuir celui des rockers-hard, sa cravache peut-être arabe, tandis que son manteau-cape à la nature indéfinie n’a pas d’époque ni d’origine géographique. Son pistolet à double canon est typiquement une arme de pirate, à l’opposé de l’incaractérisable pistolet-arbalète d’Entity, maîtresse de Bartertown. Entity a la crinière qu’affectent certains punks (26) de Soho (27), et porte une cotte de mailles moyenâgeuse dont la découpe sollicite les amateurs de lingerie féminine qui achètent Playboy (28). Les gardes, hommes ou femmes, ont l’air autant de footballeurs américains que de gladiateurs romains tandis que leur chevelure est hérissée à l’image des punks (26), ou tondue comme les skinheads (29) de Manhattan. Le Dr. Dealgood, Monsieur Loyal (30) des jeux du cirque de Bartertown est, suivant la déclaration même de George Miller, un croisement de la sorcière de Blanche-neige (31), de Bela Lugosi (32) et d’Ivan le terrible (33)...
Hubert Niogret in Positif n° 298 (décembre 1985)
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mode_punk
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Soho_%28Londres%29
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Playboy
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Skinhead
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Monsieur_Loyal
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Reine-sorci%C3%A8re_%28Disney%29
(32) http://www.citebd.org/spip.php?film1335
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_le_Terrible_%28film%29

Cette troisième mouture des aventures de Mad Max marque incontestablement une nette évolution du personnage vers une réhumanisation rédemptrice. Si la première moitié du film reste en tout point digne des épisodes précédents, la partie centrale est plutôt décevante et semble par trop sacrifier à la désormais inévitable présence d’enfants qui caractérise à présent tout film anglo-saxon contemporain. La violence se fait plus feutrée, plus discrète et l’hémoglobine de plus en plus rare. La poursuite finale, si spectaculaire soit elle, est loin d’égaler l’intensité et l’impact de celles des films précédents. Restent malgré tout des décors et des costumes fabuleux sans oublier les prestations étonnantes de Tina Turner et Angry Anderson, chanteur du groupe rock Rose tattoo (5), qui volent presque le show à un Mel Gibson toujours aussi peu loquace.
En dépit de ses défauts, ce Mad Max 3 reste malgré tout un spectacle étonnant et détonnant dont l’originalité ébouriffée constitue un des attraits essentiels.
Philippe Ross in La Saison cinématographique 1986

Entretien avec George Miller
Où avez-vous trouvé votre inspiration pour la création visuelle de Bartertown ?
Encore une fois, c’est une question de logique. Il a fallu se demander comment une hiérarchie de ce genre pouvait s’établir. Il semble que chez les nomades elle n’existait pas. Elle a commencé avec les sociétés agraires qui gardaient le bétail et accumulaient les récoltes. Les chefs sont nés, et les policiers avec eux, pour maintenir l’ordre. Le personnage de Tina Turner représente le leader qui aime trop ce qu’il a créé et devient tyrannique. Je crois beaucoup à l’expression le héros d’hier est le tyran d’aujourd’hui. C’est l’histoire de tous les pouvoirs. Nous sommes donc partis de considérations de ce genre pour évoquer Bartertown. Ensuite, nous avons inventé les porcs, les forces de l’ordre. Nous avons pensé qu’il y avait eu un guerre nucléaire limitée à l’ancien hémisphère et que les changements écologiques avaient amené la dégénérescence et la régression de l’Australie. Ceux qui survivraient pourraient être le personnage double que nous avons créé, ou un être puissant à l’intelligence limitée est complété par un homme au cerveau tr-s développé mais d’une constitution fragile...
Michel Ciment in Positif n° 298 (décembre 1985)

George Miller
voir fiche du film Mad Max
http://www.citebd.org/spip.php?film1576

George Ogilvie
Né le 5 mars 1931 à Goulburn (Nouvelle-Galles du sud).
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Ogilvie

Terry Hayes
voir fiche du film Mad Max 2
http://www.citebd.org/spip.php?film1578

Dean Semler
voir fiche du film Mad Max 2
http://www.citebd.org/spip.php?film1578

Maurice Jarre
Né le 13 septembre 1924 à Lyon, décédé le 29 mars 2009 à Malibu.
http://www.citebd.org/spip.php?film499
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Jarre

Mel Gibson
voir fiche du film Mad Max
http://www.citebd.org/spip.php?film1576

Tina Turner
Née Anna Mae Bullock le 26 novembre 1939 à Nutbush (Tennessee).
Sa prestation scénique à Altamont en 1969 a laissé Mick Jagger pantois...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tina_Turner

Bruce Spence
voir fiche du film Mad Max 2
http://www.citebd.org/spip.php?film1578

Adam Cockburn
http://www.imdb.com/name/nm0168284/

Frank Thring
voir fiche du film Les Vikings
http://www.citebd.org/spip.php?film1157

Angelo Rossitto
Né Angelo Salvatore Rossitto le 18 février 1908 à Omaha (Nebraska), décédé le 21 septembre 1991 à Los Angeles.
http://www.citebd.org/spip.php?film299
https://fr.wikipedia.org/wiki/Angelo_Rossitto

Paul Larsson
http://www.imdb.com/name/nm0489261/

Angry Anderson
http://www.imdb.com/name/nm0026353/

Robert Grubb
http://www.imdb.com/name/nm0344188/

George Spartels
http://www.imdb.com/name/nm0817120/

Edwin Hodgeman
http://www.imdb.com/name/nm0388122/

Bob Hornery
http://www.imdb.com/name/nm0395140/

Helen Buday
http://www.imdb.com/name/nm0118894/

extrait(s) de presse

Devil dead - (...) Pour George Miller, le renouveau viendra donc de l’innocence perdue des enfants plutôt que d’une société adulte livrée à de stériles luttes de pouvoirs...
Les Chroniques de... - Tina Turner est crédible en leader charismatique d’une communauté en manque d’affection maternelle, tandis que le combat dans le Thunderdome est l’une des scènes de duel les plus intéressantes de la décennie 80...
Filmosphère - "Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre" est un film d’une richesse infinie, légèrement handicapé par un triste coup du destin mais dont les trésors restent inexplorés...
Retro hd - (...) Miller est un as pour ce qui est de créer des univers vraisemblables et grandioses. Les décors de ce "Mad Max 3" sont ahurissants...
A la rencotre du 7ème art - (...) Ce troisième opus complète bien la trilogie grâce à son style qui lui est propre, lequel s’additionne à l’ensemble plus qu’il ne le gâche. Une bonne surprise, donc...
Ciné séries - (...) Perpétuant la gamme punk et la violence sauvage et quasi primale des deux premiers volets, "Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre" osera pourtant cultiver sa différence sur le point de vue émotionnel et notamment sur le profil et la psychologie de Max...