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ady gasy

Madagascar, France - 2014 - 1h24
sorti en France le 8 avril 2015
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Lova Nantenaina

scénario : Lova Nantenaina, Eva Lova-Bely
direction de la photographie : Lova Nantenaina, Lanto Tiana Rabearison, Nantenaina Fifaliana, Eva Lova-Bely
musique ou chansons : Rejao Refaralahy Joela, Roland Dieudonné Rabearison, Falnto Rabearison, Mario Reynald Rakotomalala y Mila
voix : Florentine Razafiharisoa, Rado Harivelo
séances : semaine du mercredi 4 novembre 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
20:30*
séance spéciale :
* mar 10 à 20h30 - en présence de Marie-Clémence Paes (productrice du film) - soirée en partenariat avec la Mpp, Cyclofficine d'Angoulême, CréaLab - tarif unique 3,50 €

synopsis

« Les Chinois fabriquent les objets, les Malgaches les réparent. » Il y a ceux qui font des chaussures à partir de pneus, ceux qui fabriquent des lampes à partir de boîtes de conserves, ceux qui transforment les os de zébus en savon et en médicaments… Rien ne se perd, tout se transforme. À Madagascar, les gens défient la crise avec inventivité sans jamais rien perdre de leur identité et de leur sens de l’humour. En s’appuyant sur une tradition orale toujours digne, souvent enjouée ou cocasse, parfois désemparée ou révoltée, mais jamais amère...

notes de production

Sorte de satire douce-amère du système de surproduction et de surconsommation mondial, la forme est un jeu de miroir qui oppose aux discours insistants et bien rodés de certains agents de développement (banque mondiale, Fmi) ceux des orateurs malgaches. La vie sur cette terre est comme une roue de charrette, le haut peut se retrouver en bas, et le bas, en haut.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_mondiale
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_mon%C3%A9taire_international

Ady gasy est né de l’envie du réalisateur de montrer aux autorités que catégoriser la population malgache dans la pauvreté ou la richesse n’est pas la réalité. Il explique : les hommes politiques de mon pays et surtout les experts économistes internationaux jugent si tu es pauvre ou si tu es riche en fonction d’un seuil arbitraire, et je tenais à leur dire que les choses sont plus compliquées au quotidien parce qu’on ne peut pas tout mesurer, et notamment la solidarité entre les gens. (...) À force de répéter aux Malgaches qu’ils sont pauvres, avec des chiffres à l’appui et des classements mondiaux, ils finissent par accepter cette idée de pauvreté et d’infériorité, et là ça me semble plus dangereux que la pauvreté matérielle…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Malgache

Il a été facile pour Lova Nantenaina de trouver les débrouillards de son film. En effet, les habitants, qui vivent tous de petits travaux ici et là, ont tout de suite été enthousiastes à l’idée de participer au documentaire. Etre valorisé était une étape forte dans leur vie.

Dès 2010, alors que l’écriture du projet n’était pas encore aboutie, Lova Nantenaina a commencé à collaborer avec l’artiste local Jao sur la musique du film, comme le veut la tradition.
https://alternatiba.eu/limousin/wp-content/uploads/sites/32/2015/09/DOSSIER-DE-PRESSE-FILM-ADY-GASY.pdf

Afin de construire son film, Lova Nantenaina a tenu à suivre les traditions malgaches. Il explique : j’ai cherché à construire le film comme on construit un kabary, l’art oratoire traditionnel malgache. Créer un kabary consiste à observer le quotidien afin d’énoncer, sous forme de proverbes, des vérités fondées sur l’expérience. Ces proverbes sont le socle de l’argumentation, ils conduisent à l’exposé d’un point de vue à partager.
http://www.coursdemalgache.com/kabary/

Le film tire son nom de l’expression malgache ady gasy, qui regroupe des pratiques culturelles, médicinales et culturales de Madagascar. Comme l’explique Jean-Pierre Randriamampandry : l’expression ady gasy a pu recouvrir divers sens, suivant les époques et les circonstances. Généralement, elle renvoie aux valeurs - pratiques, morales, esthétiques, philosophiques - spécifiquement malgaches.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar

Pour son premier long-métrage, Lova Nantenaina met en scène la pauvreté telle qu’il l’a vécue durant son enfance, avant de partir faire des études à Toulouse.

Ady gasy a reçu le Prix Fé nèt ocean indien au Festival international du film d’Afrique et des îles et le Grand prix Eden documentaire à Lumières d’Afrique.
http://reunion.orange.fr/actu/reunion/le-port-le-prix-fet-net-ocean-indien-attribue-a-ady-gasy.html
http://www.imagesfrancophones.org/ficheMurmure.php?no=16338

Entretien avec Lova Nantenaina
Après avoir écumé les festivals internationaux et remporté des prix, "Ady gasy", votre premier long métrage, sort en salle en France cette semaine et fait l’unanimité des critiques. Vous attendiez-vous à cela ?
Non, je ne m’attendais pas du tout à cela. Ce qui est incroyable c’est qu’il y a quelques années, je venais regarder les films de grands cinéastes, à l’espace Saint-Michel et aujourd’hui je présente mon film là. Ce n’est pas rien pour un malagasy comme moi. Le rêve de tout cinéaste en herbe c’est d’être diffusé en salle et il se réalise aujourd’hui. J’espère par ce biais sensibiliser les gens sur le fait que nous aussi on fait des films à Madagascar et on continuera à se battre pour faire exister notre cinéma, notre regard. C’est un travail de longue haleine mais on est content du résultat et on espère que les gens vont faire la démarche d’aller voir le film en salle...
http://agir.avec.madagascar.over-blog.com/2015/04/sortie-du-film-ady-gasy.html

Lova Nantenaina
Réalisateur et producteur malgache. Il est aussi scénariste et monteur.
Avec son premier long-métrage documentaire Made in Madagascar… avec presque rien (2013), Lova Nantenaina donne à voir la pauvreté comme il l’a vécue dans son enfance : un quotidien où difficultés et joie de vivre se côtoient.
Né en 1977, il a grandi à Antananarivo à l’époque des rationnements du régime socialiste. Les hasards de la vie l’ont amené à quitter son pays en 1999 pour étudier la sociologie et l’humanitaire en France. En 2001, il a été responsable associatif d’un projet de développement à Madagascar, et il a pris alors conscience que les conseils extérieurs sont souvent malvenus car ils ne reposent que sur une perspective de développement économique alors que les ancêtres ont appris "qu’il vaut mieux perdre de l’argent que le fihavanana", concept qui peut être traduit par "harmonie des relations avec ses proches"...
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=27082

Eva Lova-Bely
Née à 1979 à Castres.
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=30806

extrait(s) de presse

La Croix - Si parfois la parole prend un tour nationaliste un peu appuyé, pour combattre il est vrai le regard dévalorisant des instances économiques de la planète trop souvent intégré par les Malgaches eux-mêmes, le message est délivré avec le sourire et une belle sincérité.
Fiches du cinéma - “Ady gasy” propose une rencontre chaleureuse avec la culture malagache, et interroge les notions de richesse, de modernité et de vivre ensemble. Un film enjoué sur un mode de vie à méditer.
Le Monde - De l’art oratoire pour conjurer la misère et célébrer les vertus de la solidarité. Voilà l’argument de ce documentaire aussi humble que son sujet et qui nous montre, avec générosité et humour, les différentes facettes de la débrouille à Madagascar.
Première - À Madagascar, on a le verbe plus riche que le compte en banque. La preuve avec ce film qui met en lumière une tradition orale pour raconter un peuple débrouillard. Si le film ronronne, il captive quand il s’attarde sur le système D local.
Télérama - Lova Nantenaina construit un hommage vibrant à ses compatriotes — il recycle lui-même la parole des témoins, palabres, proverbes et professions de foi. Peu à peu, son film devient un manifeste de résistance et de solidarité.
L'Express - Le documentariste n'a pas peur de filmer ce qui peut choquer...
Africultures - A la recherche des valeurs fondatrices...
Le Mauricien - En fait, la pauvreté et l’illettrisme nécessitent au contraire de la réflexion et de l’intelligence, de la solidarité et un courage à toute épreuve sans lesquels la vie n’aurait aucun sens.